Comment se préparer à la rencontre du Seigneur?

Elie à l’Horeb
Lecture du 1er livre des Rois (19, 9-14)

Lorsque le prophète Élie fut arrivé à l’Horeb, la montagne de Dieu, il entra dans une caverne et y passa la nuit. La parole du SEIGNEUR lui fut adressée : « Que fais-tu là, Élie ? » Il répondit : « J’éprouve une ardeur jalouse pour toi, Seigneur, Dieu de l’univers. Les fils d’Israël ont abandonné ton Alliance, renversé tes autels, et tué tes prophètes par l’épée ; moi, je suis le seul à être resté et ils cherchent à prendre ma vie. »

Le Seigneur dit : « Sors et tiens-toi sur la montagne devant le Seigneur, car il va passer. »

A l’approche du SEIGNEUR, il y eut un ouragan, si fort et si violent qu’il fendait les montagnes et brisait les rochers, mais le SEIGNEUR n’était pas dans l’ouragan ; et après l’ouragan, il y eut un tremblement de terre, mais le SEIGNEUR n’était pas dans le tremblement de terre ; et après le tremblement de terre, un feu, mais le SEIGNEUR n’était pas dans ce feu, et, après ce feu, une voix de fin silence.

Aussitôt qu’il l’entendit, Élie se couvrit le visage avec son manteau, il sortit et se tint à l’entrée de la caverne. Alors il entendit une voix qui disait : « Que fais-tu là, Élie ? » Il répondit : « J’éprouve une ardeur jalouse pour toi, Seigneur, Dieu de l’univers. Les fils d’Israël ont abandonné ton Alliance, renversé tes autels, et tué tes prophètes par l’épée ; moi, je suis le seul à être resté et ils cherchent à prendre ma vie. »

 

La méditation de Françoise Cabrol

Elie est un prophète passionné, qui s’est dressé pour défendre la grandeur et la puissance de Dieu . Il vient d’opérer un coup d’éclat en manifestant que son Dieu est plus fort que les Baals, les divinités adorées par les païens… jusqu’à tuer tous les prophètes de Baal. Après cet épisode, la reine Jézabel s’est jurée de le faire mourir. Découragé, presque désespéré, Elie fuit au désert, prêt à se laisser mourir. Cependant, le Seigneur ne l’oublie pas : un ange lui apporte réconfort et nourriture. Elie se met en marche pendant 40 jours et 40 nuits vers l’Horeb, le lieu même où quelques siècles plus tôt le Seigneur apparut à Moïse. Ce long chemin a permis à Elie de se préparer à la rencontre du Seigneur.

Arrivé à l’Horeb Elie passe la nuit dans une caverne. Dans sa solitude, il se laisse interroger par le Seigneur : « que fais-tu là ? » ; il répond simplement, en disant ce qui le meut : « une ardeur jalouse pour le Seigneur, un feu intérieur qui le conduit à tout faire pour que le Seigneur seul soit adoré et servi. » Et le Seigneur le prévient qu’il va passer.

Elie va au devant du Seigneur avec ce qui l’habite, ce qu’il est.

Comment se préparer au passage et à la rencontre du Seigneur ?

A l’approche de Dieu, les éléments se déchaînent : ouragan violent, tremblement de terre, feu. Ces éléments rappellent la manifestation de Dieu à Moïse sur le Sinaï (Ex 19,16-19). Dans ces manifestations imposantes, Dieu n’est pas. Elie reconnaît la présence de Dieu « à la voix du fin silence absolu », un silence, c’est l’absence de son, précisément !

Nous sommes en présence d’un Dieu de douceur ,qui se manifestant par une divine discrétion nous invite à une intériorité.

Cette révélation, pourtant si nouvelle, Elie semble préparé à la reconnaître. « Aussitôt qu’il l’entendit, Élie se couvrit le visage avec son manteau, il sortit et se tint à l’entrée de la caverne » D’avance, il accepte de ne pas voir comme Moïse qui se « voila la face car il craignait de fixer son regard sur Dieu » ; il accepte que sa rencontre avec Dieu ne soit qu’une écoute. Ce calme ténu qui signale Dieu demeurera pour Elie, et pour tout croyant après lui, une invitation permanente à tendre l’oreille pour écouter sa voix, à entrer dans son intimité.

Au début et à la fin du récit, le dialogue ente Dieu et Elie sont en apparence les mêmes. Mais entre les deux le Seigneur a fait cheminer Elie. Celui ci, esclave de sa soif de pouvoir, de son image de Dieu vient de découvrir le vrai visage de Dieu. Un Dieu discret, caché, à peine perceptible. Un Dieu qui se fait proche, parle à l’homme, nous invite à une intériorité

Nous pouvons demander à Dieu qu’il nous fasse le don d’un cœur silencieux, qui apprenne à le reconnaître tel qu’il se donne et non tel que nous nous le représentons.