Être disponible, se préparer à la rencontre

Je fais souvent l’expérience de me tenir enfermée dans un ‘’mal-souffrance’’ qui me tient liée dans cet état. Concrètement : je refuse une partie de mon corps, qui est tendu voir douloureux, peut garder les traces d’une blessure.
Ou bien je n’accueille pas la tristesse, l’agacement, la frustration, la colère, la désespérance à l’intérieur de moi.

Ce sont parfois des pensées qui tournent en boucle dans ma tête, et prennent toute la place. Je suis incapable d’aucune rencontre, ni avec moi-même, ni avec l’autre, encore moins avec le Tout Autre. Je le constate avec douleur, impuissance, la vie est bloquée. Mon incapacité à accepter que ’’c’est comme ça pour l’instant’’ bouche la circulation de la vie. Si je vais d’un point à un autre dans la rue, je ne vois rien, n’entends rien ; si je prends un repas je ne goûte rien ; si je rencontre une personne, je ne reçois rien d’elle, je peux juste prendre ce dont j’ai besoin de l’autre. Cette situation est asséchante.

J’expérimente aussi de me prendre avec gentillesse, quel que soit mon état physique, moral, émotionnel. Je suis présente à moi-même sans jugement, même si je ne peux ouvrir la porte en grand, je reçois avec mes 5 sens et tout mon corps les objets, l’environnement qui m’entoure, les personnes près de moi. Je donne et je reçois de l’autre, nos différences enrichissent la vie qui circule. Je me tiens à ma place et permets à l’autre de se tenir à la sienne. Il y a toute la palette des relations, de la cordialité polie, de la sympathie à l’amitié, qui amène le plaisir d’être ensemble… ou bien les différends, l’incompréhension, la rancœur… et je consens que c’est comme ça pour l’instant, avec une pauvreté bienveillante qui rend la rencontre possible.

Que se passe-t-il quand je décide de prendre un temps de prière dans ma maison ou d’aller célébrer avec d’autres ? Comment puis-je recevoir Dieu si je ne me reçois pas moi-même ? Je constate que ça ne peut se faire.

Pour moi, la grande révélation pour être présente à moi-même, c’est de savoir que Jésus a connu la faim, la soif, le besoin de repos… il a éprouvé toute la palette des sentiments, il s’est réjoui, a été remué aux entrailles à la mort de Lazare, il a manifesté sa colère aux marchands du temple, il a connu la trahison, l’abandon de ses disciples… Il a tout traversé fidèlement affilié à son Père ! C’est un modèle, aussi je peux m’avancer telle que je suis, sans crainte d’être rejetée.

Il me propose de vivre avec moi toutes les couleurs et les teneurs de ma vie si je suis présente et m’ouvre à Sa Présence.

Le Père m’attend et guette ma disposition à le recevoir. Il vient chaque jour me dire, comme à chacun : ‘’que veux-tu ?’’ Il nous espère, nous relève, nous redresse nous fait confiance. Oui, je suis sûre de Son Amour fidèle. Alors je veux vouloir me tenir dans une présence sincère à moi-même, ouverte à Sa Présence, pour la Rencontre !