La méditation du Père Bernard
Au commencement était le don.
« Qu’as-tu que tu n’aies reçu ? »
— 1ère Lettre au Corinthiens 4,7
Émerveillement devant la vie qui éclot, l’aurore qui chasse la nuit, l’eau qui désaltère, le sourire qui illumine le visage, le regard de tendresse, la bonne nouvelle du pardon, la vie en plénitude, celle qui traverse la mort. Que ton émerveillement ne se limite pas à ce que tu as reçu, à ce tu reçois. Qu’il s’élargisse pour embrasser aussi ce que tu donnes, ce que tu es capable de donner. Ta vie n’est pas faite que de calcul, d’échanges marchants, elle est faite aussi de gratuité. Et tu le sais bien, lorsque tu fais un cadeau, que ce soit un sourire, une parole ou un objet ce n’est pas une « chose » que tu donnes, c’est un peu de toi même qui est offert. Ainsi se déploient les relations humaines, dans la gratuité du recevoir et du donner. Ainsi tu peux t’émerveiller de la vie en croissance. En cette méditation, nous sommes déjà dans l’eucharistie, c’est à dire dans l’action de grâce. Dimanche lorsque le pain et le vin seront portés à l’autel tu verras dans la patène et le calice la création que tu offres à Dieu et tu t’offriras toi-même à travers le geste du prêtre. Et Jésus, le Christ notre Seigneur, qui n’a rien d’autre à donner que lui-même, s’offrira à toi et à nous dans le pain partagé. Tu y reconnaîtras celui que les hommes ont crucifié mais qui a su offrir par amour la vie qu’on lui prenait. Tu y reconnaîtras celui que le Père a fait surgir de la mort et qui est devenu source de « vie vivante » pour notre chair.