En périgrination dans le désert, les hébreux étaient assaillis par des serpents venimeux. Dans notre monde d’aujourd’hui et depuis une année maintenant, nous sommes, nous aussi, assaillis par des serpents pernicieux, un virus et ses variants qui sèment l’angoisse et la mort, qui détruisent petit à petit notre monde d’avant et rendent difficile d’envisager notre monde d’après. Affrontés au problème de cette pandémie qui dure, nous n’avons plus de serpent de bronze suspendu à une perche comme les hébreux au désert qu’il suffisait de regarder pour être sauvé. Les masques, les vaccins, les distances ne sont pas des remèdes miracles mais des mesures sanitaires à respecter pour nous protéger les uns les autres. Moïse n’a pas dissuadé ses compatriotes à fabriquer un objet magique mais les incitant à lever les yeux, il les a invités à prier celui-là seul qui pouvait leur apporter le salut : le Dieu de l’Alliance.
Nous, nous avons la Croix du Christ dressée comme un pieu sur la colline du Golgotha.

Jésus s’applique à lui-même l’image du serpent : comme le serpent fut élevé par Moïse au désert, Il s’élève sur la croix afin que quiconque dirige son regard vers lui dans un acte de foi ait la vie éternelle. C’est peu de chose et cela suffit. Contempler le Christ en croix et percevoir dans son regard l’amour pur, l’amour vrai, l’amour miséricordieux qui nous est donné à jamais : telle est la richesse de grâce qui nous est offerte nous dit St. Paul en ce 4ème dimanche de carême.
Mais chacun est libre de croire que traverser l’épreuve de la Croix aboutit à la vraie vie de la Résurrection. Je peux détourner mon regard, je peux fermer les yeux en signe du refus de faire confiance, je peux ainsi paralyser la toute puissance de l’amour de Jésus venu me rendre la vie. Tel est l’enjeu de ce carême 2021 si particulier. Que notre démarche de foi nous aide à avancer dans la confiance. Lever les yeux et choisir la vie. Il a vaincu la mort.

Thérèse-Marie Potelle
Religieuses du Sacré-Coeur de Marie
Membre de l’Équipe d’Animation Pastorale