Fête de la conversion de St Paul Apôtre

Dimanche 25/01/2026, 3ème dimanche du Temps Ordinaire

Qui est aussi la fête de la conversion de St Paul Apôtre

(mais dont le dimanche, cette année, a la préséance sur cette fête).

 

Arrêtons-nous tout d’abord sur le saint de ce jour et sur sa conversion.

Rappelons-nous : sur la route de Damas le Christ ressuscité se révèle à Saul, intransigeant défenseur des traditions hébraïques ; le Seigneur Jésus Christ le change en l’Apôtre Paul, qui portera l’Evangile dans le monde jusqu’aux frontières de l’Inde en passant par l’Ethiopie.         

Dans la première lecture tirée du livre d’Isaïe, le peuple qui vivait dans les ténèbres découvre une grande lumière ; alors la joie éclate, l’allégresse s’empare des esprits, car le joug qui pesait sur lui, la barre qui meurtrissait son épaule, le bâton du tyran : tout cela fut brisé.

Le psaume 26 d’ailleurs exprime bien cette joie et cette confiance dans les bontés du Seigneur.

Dans la lettre de Saint Paul aux Corinthiens, Paul exhorte les évangélisés à avoir le même langage, à ne plus se disputer, car ils se disaient appartenir, l’un à Pierre, l’autre à Paul ou à d’autres encore… Alors Paul leur a tout simplement précisé que lui, appartenait au Christ. « Le Christ ne m’a pas envoyé pour baptiser mais pour annoncer l’Evangile ». Le Christ nous envoie nous aussi, comme les Apôtres, pour annoncer cette Bonne Nouvelle qui est pour tous.

Dans l’Evangile suivons notre Seigneur Jésus Christ en pays de Galilée, des territoires de Zabulon et de Nephtali, comme l’avait prédit Isaïe : « Une lumière s’est levée en Galilée ». Alors sur les bords de la mer de Galilée Jésus commença à choisir ses premiers disciples. Il demanda à Pierre et à André, à Jacques et à Jean de le suivre, de tout abandonner, de devenir pécheurs d’hommes. Et ainsi, à la suite de Jésus, ils enseignaient dans les synagogues, guérissaient les malades, chassaient les démons, proclamaient L’Evangile, répandaient la lumière, annonçaient le Royaume.

Alors, dans la joie et l’allégresse, répandons la lumière, à notre tour si nous en sommes dignes.

Aidons nos frères et sœurs à ouvrir les yeux sur notre humanité inondée de la lumière d’Amour de notre Seigneur Jésus Christ.

Chantons, dansons et crions d’allégresse et de joie dans la lumière et l’Amour de notre Père.

Henri CLEMENT 

Membre du CPP de Bonne Nouvelle

AIMER LA VIE

AIMER LA VIE

Les gens ne veulent pas entendre parler de spiritualité, car ils ne savent pas ce que ce mot recouvre ; ils ignorent qu’il signifie plus que la religiosité et qu’il ne s’identifie pas à ce que l’on entend traditionnellement par piété. «Spiritualité» signifie vivre une «relation vitale» avec l’Esprit de Dieu, et cela n’est possible que lorsque l’on fait l’expérience de Dieu comme «source de vie» dans chaque expérience humaine.

Comme l’a expliqué Jürgen Moltmann, vivre en contact avec l’Esprit de Dieu «ne conduit pas à une spiritualité qui se passe des sens, tournée vers l’intérieur, ennemie du corps, coupée du monde, mais à une nouvelle vitalité de l’amour de la vie». Face à ce qui est mort, pétrifié ou insensible, l’Esprit éveille toujours l’amour de la vie. C’est pourquoi vivre «spirituellement», c’est «vivre contre la mort», affirmer la vie malgré la faiblesse, la peur, la maladie ou la culpabilité. Celui qui vit ouvert à l’Esprit de Dieu vibre avec tout ce qui fait grandir la vie et se rebelle contre ce qui la blesse et la tue.

Cet amour de la vie engendre une joie différente, enseigne à vivre de manière amicale et ouverte, en paix avec tous, en se donnant la vie les uns aux autres, en s’accompagnant dans la tâche de rendre notre vie plus digne et plus heureuse. Jürgen Moltmann ose appeler «énergie érotisante» cette énergie vitale que l’Esprit insuffle à la personne, car elle fait vivre de manière joyeuse, attrayante et séduisante.

Cette expérience spirituelle élargit le coeur: nous commençons à sentir que nos attentes et nos aspirations les plus profondes se mêlent aux promesses de Dieu; notre vie finie et limitée s’ouvre à l’infini. Nous découvrons aussi que «sanctifier la vie» ne signifie pas la moraliser, mais la vivre à partir de l’Esprit Saint, c’est-à-dire la voir et l’aimer comme Dieu la voit et l’aime: bonne, digne et belle, ouverte au bonheur éternel.

Telle est, selon Jean-Baptiste, la grande mission du Christ: «nous baptiser dans l’Esprit Saint», nous apprendre à vivre en contact avec l’Esprit. Seul cela peut nous libérer d’une manière triste et rachitique de comprendre et de vivre la foi en Dieu.

José Antonio Pagola
Traductor: Carlos Orduña

ENSEMBLE PRIONS POUR L’UNITÉ DES CHRETIENS

ENSEMBLE PRIONS POUR L’UNITE DES CHRETIENS

 

        Les dates du 18 au 25 janvier de chaque année sont reconnues dans l’Eglise comme « semaine de prière pour l’unité des chrétiens ».  Cette semaine de prière est devenue un moment important dans la tradition de l’Eglise catholique qui invite tous les chrétiens à prier pour l’unité des chrétiens dans le but de répondre à la volonté du Seigneur qui a dit : « que tous soient un, comme toi, Père, tu es en moi et comme moi, je suis en toi… » (Jn 17, 21).

Face à la multitude des tendances et dénominations d’obédience chrétienne, il s’est imposé à travers l’histoire, la nécessité de l’unité de tous ceux qui se réclament chrétiens, c’est-à-dire disciples du Christ.

        C’est ainsi que les initiateurs de la semaine pour l’unité des chrétiens avaient voulu réveiller la conscience de tous les chrétiens en les invitant à prier pour l’unité qui est, en réalité, un signe concret de notre appartenance à l’unique troupeau sous la houlette de l’unique pasteur.

        A Béziers cette année, dans le cadre de cette semaine de prière, nous sommes invités à prier ensemble pour l’unité de l’Eglise lors de la célébration œcuménique du mercredi 21 janvier à 20h au St Curé d’Ars.

        Depuis 2017, année de mon intégration dans l’Animation Pastorale de Béziers, je loue la fidélité à l’organisation de la semaine de prière pour l’unité des chrétiens dans notre secteur qui prend en compte l’alternance de lieux de célébration de la prière œcuménique : temple, églises et synagogue.

        Pour souligner l’importance de l’unité et du respect de la diversité religieuse, Arnaud PETIT, lors d’une réunion en sous-groupe de l’Equipe Béziers 2035 réfléchissant sur le chantier « Dialogue avec la société » (les croyants, les non croyants et les autres religions), disait : « Ensemble vers la paix est un groupe interreligieux fondé en 2006 au quartier de la Devèze à Béziers. Il rassemble des chrétiens (catholiques et protestants) et des musulmans qui souhaitent favoriser des moments de rencontres et d’échanges entre les différentes communautés. J’ai la joie d’en faire partie depuis septembre dernier. A noter que le groupe Ensemble pour la Paix participera le 15 février prochain à la salle Albert Camus de la Devèze à la journée de la Fraternité en collaboration avec la Cimade et la Ligue des Droits de l’Homme sur le thème « Les frontières favorisent-elles la fraternité ?».

        L’unité des chrétiens ne peut toutefois se construire sur de simples bonnes intentions, mais avec un engagement de tous et de chacun. Que l’Esprit Saint nous aide à dépasser nos divisions pour témoigner d’une foi vivante et fraternelle. Ainsi, unis dans l’espérance, nous rendrons le Christ plus visible au cœur du monde.

 

Sœur Béatrice NTABAJANA   Membre du CPP de Bonne Nouvelle

Fête du baptême de Jésus

En ce dimanche, fête du baptême de Jésus,

Revisitons son baptême et, par là même, notre propre baptême :

Messie ou Fils ? A diverses reprises dans l’Ancien Testament, Dieu a promis d’envoyer un serviteur pour relever son peuple. Le prophète Isaïe nous en offre un exemple dans la première lecture. Ce Messie, à la fois envoyé de Dieu et consacré par l’onction pour mener à bien sa mission, est attendu surtout à l’époque de Jésus en raison de l’occupation romaine Mais, le baptême du Christ est avant tout l’occasion d’entendre une voix venue du ciel et qui le déclare Fils de Dieu.

Jésus, qui n’a pas besoin du pardon des péchés, se fait quand même baptiser pour associer l’humanité tout entière à sa démarche. En célébrant cette fête, nous ravivons l’esprit de notre baptême.

 

Tu es mon Fils bien-aimé : Jean-Baptiste proclame un baptême de conversion. Lorsque Jésus se fait baptiser, ce n’est pas pour se convertir, mais pour se mêler au peuple des chrétiens et signifier qu’il est venu pour les sauver.

Le baptême de Jean n’est pas encore le baptême chrétien. Mais, nous ne pouvons pas célébrer le baptême du Christ sans évoquer notre propre baptême. En effet, par le baptême, nous sommes devenus fils ou fille du même Père. La Parole que Jésus entend de son Père : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé en qui je trouve ma joie » s’adresse aussi à chacun des baptisés que nous sommes. En célébrant le baptême du Seigneur, nous sommes invités à rendre vivant notre propre baptême.

 

– Comment entretenir notre baptême ? D’abord, en prenant chaque jour un temps pour parler à Dieu et pour l’écouter dans sa Parole. N’hésitez pas à demander des choses pour vous et pas seulement pour les autres, afin de puiser l’énergie pour tenter de se conformer à l’exemple de la vie du Christ. De plus, pour alimenter et vivifier votre foi, participer à l’eucharistie et recevoir le sacrement de réconciliation est fondamental : vous y puiserez force et pureté pour la route. Cette démarche doit être régulière et ne pas dépendre juste de votre envie.

 

– Assumer sa responsabilité : Nous ne sommes pas chrétiens seulement pour nous-mêmes, mais surtout pour les autres. Dieu compte sur nous pour que nous soyons les relais de l’action divine. Chaque baptisé doit retrousser ses manches et pas seulement les prêtres. En tant que laïcs, notre travail constitue le premier lieu où nous pouvons exercer nos efforts de charité, en veillant par exemple à nous respecter les uns les autres.

 

Eliane RIBOT et Danielle RUIZ, Membres du C. P. P. de Bonne Nouvelle

(Extraits de Prions en Eglise et de l’Hebdomadaire La Vie

Lire aussi

Prédication

Sonner juste avec Dieu
par Frère Luc Devillers
 

Pour montrer en Jésus le nouveau Moïse, le nouveau Passeur de Dieu qui nous fait franchir les eaux du baptême, saint Matthieu construit son évangile sur cinq grands discours entrecoupés d’épisodes narratifs. L’épisode qui nous intéresse aujourd’hui, la scène du baptême de Jésus, se situe au début de sa vie publique. L’évangéliste y manifeste son souci pédagogique dans sa manière de raconter les choses. Ainsi, lui seul en fait le lieu d’une annonce solennelle adressée à tous les croyants, comme le rappelait l’oraison du début de cette messe : Quand le Christ fut baptisé dans le Jourdain, et que l’Esprit Saint descendit sur lui, tu l’as manifesté solennellement comme ton Fils bien-aimé.

En effet, seul saint Matthieu dit que la voix du Père s’est adressée aux assistants – et non pas à Jésus, dans le secret de son cœur – pour leur dire : Celui-ci est mon Fils bien-aimé. C’est ainsi que le Père a « manifesté solennellement » son Fils. Et nous qui sommes réunis ce matin dans l’écoute attentive de cet évangile, considérons-nous comme les assistants de cette scène : c’est bien à nous qu’est adressée aujourd’hui cette parole du Père. Nous sommes invités à reconnaître en Jésus son Fils bien-aimé, celui qu’Isaïe, dans la première lecture, appelait aussi mon Serviteur et mon Élu.

Mais saint Matthieu a encore une autre manière de rendre la communauté des croyants présente au bord du Jourdain, puisque lui seul rapporte cette réaction de Jean-Baptiste : C’est moi qui ai besoin d’être baptisé par toi, et c’est toi qui viens à moi ! Lorsqu’il voit Jésus s’avancer pour se faire baptiser par lui, Jean est déconcerté : pourquoi le Seigneur, le Juste, le Saint, le sans péché, pourquoi veut-il recevoir le baptême, tel un pécheur ? N’est-ce pas l’inverse qui devrait se faire ? Jean n’a-t-il pas raison de proposer à Jésus qu’ils échangent leurs places ?

Jésus répond : Laisse faire pour le moment, car il convient que nous accomplissions ainsi toute justice. Mais « accomplir toute justice », qu’est-ce que cela veut dire ? N’entendons pas ce terme de justice avec notre mentalité moderne, pour laquelle il signifie attention aux petits, aux plus défavorisés, souci de l’équité, du respect des autres, souci aussi des règles de la vie en société. Tout cela, nous avons bien raison de le chercher, mais chaque jour aussi, cette justice nous échappe. C’est particulièrement vrai, tragiquement vrai, en ce moment, dans le pays de Jésus, la Terre sainte.

Cependant, la Bible fait de la justice quelque chose de plus vaste encore, et de plus essentiel : c’est l’ajustement de l’être humain à la volonté de Dieu, une volonté qui veut notre bien, notre salut. En musique, on dit que quelqu’un chante juste ou faux, ou que cela sonne juste ou faux. Être juste, c’est s’ajuster, se mettre au diapason du plan de Dieu. Être en harmonie, en parfait accord avec sa volonté. Marcher à la suite de Jésus, devenir son disciple par le baptême d’eau et d’Esprit, c’est accepter de se laisser accorder par lui, pour sonner juste, en même temps que lui et nos frères et sœurs. Et nous n’avons pas de trop de toute une vie pour apprendre à sonner juste comme Dieu est juste.

Quand on apprend le violon ou le violoncelle, on doit s’exercer à jouer des unissons. C’est-à-dire à produire la même note à partir de deux cordes différentes. Un professeur de violon disait à ses élèves : « Lorsque vous vous sentez seul(e), jouez des unissons… Vous serez bien vite deux ! » Car il est difficile de faire sonner ensemble deux cordes avec des doigtés différents, de façon à produire le même son sur l’une et sur l’autre. Il en va de même dans notre vie spirituelle. Dieu est le maître de nos vies : c’est lui qui nous donne le la de la vie, le la de la sainteté. Mais à nous, baptisés, d’apprendre à sonner juste par rapport à ce la que Dieu nous donne. À nous de nous ajuster à lui.

Dans la nuit de Noël, Dieu s’est fait l’un de nous. Mais, en recevant le baptême des pécheurs, Jésus exprime encore davantage son amour et sa solidarité avec notre humanité fragile et blessée. Qu’il nous aide alors à jouer tous ensemble notre partition de musique, pour que notre vie sonne juste, à l’unisson avec celle de Dieu. Amen.

 

Le jour de l’Épiphanie…

Le jour de l’Épiphanie l’Église célèbre la révélation, la « manifestation » du Messie à toutes les nations.

La recherche des mages venus d’Orient illustre l’universalité du salut dans le Christ. L’astre du roi nouveau-né a guidé ces fins astrologues de leur terre natale jusqu’en Judée. Mais pour quelle raison sont-ils passés par Jérusalem ? L’étoile s’est éclipsée, et ne réapparaîtra qu’après leur passage à Jérusalem, en les précédant de nouveau jusqu’au domicile où réside l’enfant recherché. Pourquoi un tel jeu de cache-cache, un tel caprice de la part de l’astre du Messie annoncé ?

 

Si l’étoile a disparu, c’est afin que les mages passent par Jérusalem, où résidaient les savants versés dans l’Écriture. Et nous assistons alors à une double manifestation : tout d’abord au profit des mages auxquels Jésus se révèle non plus par le moyen d’un astre, mais par celui des Saintes Écritures : la prophétie du Livre Saint leur fait saisir qu’il ne s’agit plus d’abord d’une affaire d’astrologie, mais que Dieu a gratifié son peuple d’une révélation d’amour. Le Messie a été annoncé par une parole d’amour, qui court tout au long de la Bible, avant de l’être par une étoile dans le ciel. C’est à partir de ce moment que la conversion de ces mages issus du paganisme les conduira à se prosterner devant un enfant qu’ils reconnaîtront alors comme leur Dieu.

 

L’autre manifestation occasionnée par le passage des mages à Jérusalem, est celle dont eux-mêmes se font involontairement les messagers en annonçant à toute la ville mise en émoi, ce que les habitants de Jérusalem n’ont pas su voir, au milieu du brouhaha citadin et des richesses des palais, ni dans les Écritures, ni dans les astres : la naissance du Messie tant attendu. Et même alors, une fois l’émotion passée, cette révélation ne laissera que de la haine dans le cœur d’Hérode, ou de l’indifférence pour la plupart…

 

L’amour doit se dire, se déclarer. À nous qui avons été favorisés par l’étoile de la Foi, il nous appartient, tout comme les mages, de poursuivre cette manifestation de l’amour de Dieu dans un monde encore plus aveugle que la Jérusalem d’alors !

L’étoile du Christ et de son Église est la seule à pouvoir éclairer tous les hommes. Mais sommes-nous assez saints pour la faire briller aux yeux des hommes ? Il ne suffit pas que la foi chrétienne soit la vérité pour qu’elle attire, il faut encore la rendre désirable. Il faut des évangélisateurs qui soient des saints ! »

 

Chanoine Paul Le Brethon

SUIVRE JÉSUS À PARTIR DE LA FAMILLE

SUIVRE JÉSUS À PARTIR DE LA FAMILLE

Est-il possible de prendre ensemble la décision de suivre Jésus en famille? Ce n’est pas facile. C’est une décision qui doit être préparée et mûrie lentement, dans le respect de chacun, car il s’agit d’une décision personnelle. Ce sont les parents croyants qui sont les premiers responsables de la création d’un climat approprié.

Dès le début, il doit être clair que suivre Jésus ne signifie pas copier un modèle en reproduisant passivement, de manière enfantine et sans aucune créativité, les traits d’un Maître du passé. C’est une aventure beaucoup plus passionnante. Les évangiles ne parlent jamais d’imiter Jésus, mais de le suivre. Jésus n’est pas un miroir, mais un chemin. Jésus ressuscité est vivant parmi nous, au centre de la famille. Plus encore, son Esprit est en chacun de nous, soutenant, encourageant et inspirant nos vies. Nous devons écouter son appel à le suivre aujourd’hui de manière créative, en faisant toujours confiance à sa force.

«Suivre Jésus» est une métaphore tirée de son habitude de marcher quelques pas devant ses disciples. C’est pourquoi l’évangéliste nous rappelle que suivre Jésus exige de «faire des pas»: prendre une première décision, se mettre en route, se laisser guider par l’Évangile, se relever quand on est tombé, se réorienter quand on s’est égaré. Pour donner une impulsion réaliste à la suite de Jésus, je crois que nous devons redécouvrir la lecture de l’Évangile en famille, d’abord entre parents, puis, si possible, avec nos enfants.

Les évangiles ne sont pas des livres didactiques qui exposent une doctrine sur Jésus. Ce ne sont pas des catéchismes. La première chose que l’on apprend dans les évangiles, c’est le style de vie de Jésus: sa manière d’être au monde, sa façon de rendre la vie plus humaine, sa manière de penser, de ressentir, d’aimer, de souffrir.

Les évangiles ont été écrits pour susciter de nouveaux disciples et de nouveaux adeptes. Ce sont des récits qui invitent à changer, à suivre Jésus de près, à s’identifier à sa cause, à collaborer avec lui en ouvrant des chemins vers le royaume de Dieu. C’est pourquoi ils doivent être lus, médités et partagés en écoutant leur appel à entrer dans un processus de changement et de conversion.

Ne pensons pas à quelque chose de très compliqué. Il s’agit de lire les récits très lentement, en s’arrêtant sur la personne de Jésus, en prêtant attention à ce qu’il dit et à ce qu’il fait. Ensuite, tous ensemble, nous pouvons nous aider à nous poser quelques questions: quelle vérité Jésus nous enseigne-t-il ou nous rappelle-t-il par son action? À quoi nous appelle-t-il? Comment nous encourage-t-il et nous stimule-t-il par ses paroles?

Une famille commence à suivre véritablement Jésus lorsqu’elle introduit la vérité de l’Évangile dans son foyer. Nous ne devons pas avoir peur de nommer les choses. Nous devons oser discerner ce qui est évangélique et ce qui est anti-évangélique dans les coutumes de la famille, dans la vie commune, dans les gestes, dans la manière de vivre. Non pas pour nous rejeter la faute les uns sur les autres, mais pour nous encourager à vivre à la manière de Jésus.

José Antonio Pagola

Traductor: Carlos Orduña

Joseph, l’Homme juste

Dans le récit de l’annonce faite à Joseph, deux mentions éclairent en quoi Joseph est juste et elles encadrent le message divin : Joseph résout d’abord de répudier secrètement Marie qui lui a été accordée comme épouse et qui est enceinte avant le mariage ; mais il met ensuite en œuvre ce que l’ange du Seigneur lui a prescrit en songe de faire. Entre ces deux mentions, Matthieu relève que l’intervention de l’ange permet à l’Écriture de s’accomplir.

 

L’homme juste dans la Bible est l’homme fidèle, qui se positionne d’abord face à la Loi. Or, la répudiation signalait un adultère et devait être rendue publique. La précision « secrètement » signale que Joseph ne veut pas assumer la paternité d’un enfant qui n’est pas le sien mais qu’il a confiance en Marie. Il a résolu, et non réagi impulsivement. Il contourne alors la Loi parce qu’il comprend que quelque chose le dépasse. Il cherche donc le moindre mal pour Marie, pour lui, et pour l’entourage.

En accomplissant ce que l’ange du Seigneur lui a demandé en songe, et qui va contre son projet, Joseph place Dieu au-dessus de la Loi et des on-dit. La citation d’Isaïe 7, 14 confirme cette disposition de l’homme juste.

Ne crains pas !

Marie sera l’épouse de Joseph, fils de David, qui assumera la paternité légale de l’enfant en lui donnant son nom et en l’inscrivant dans la lignée davidique. Il faut parfois une intervention forte du Seigneur pour que nous comprenions ce qui est juste à ses yeux et surmontions nos craintes les plus légitimes. Il en va ainsi dans les récits de vocation et de conversion. Une nouvelle route est à prendre, dans la foi et l’espérance en Dieu. L’homme au cœur pur, aux mains innocentes (Ps 23, 4) s’éveille à la voix de Dieu.

 

Pourquoi craindre de prendre Marie chez nous en ce temps béni de l’Avent ? Marie a contribué à l’engendrement du Fils de Dieu en elle, dans notre humanité, par l’action de l’Esprit Saint. En saint Luc, l’annonce faite à Marie est aussi un récit de vocation, qui révèle sa mission dans le plan de salut de Dieu.

 

Le nom de Jésus, Yehoshua, « le Seigneur sauve », explicite le nom d’Emmanuel, « Dieu avec nous », que l’on trouve en Isaïe 7, 14. L’Avent nous prépare à accueillir et à reconnaître la présence de Dieu parmi nous, en nous, une présence active, vivifiante, qui nous sauve personnellement et nous rassemble tous en lui.

 

Sœur Marie-Hélène ROBERT

MAGNIFICAT – Parole de Dieu pour le dimanche 21 décembre 2025

Préparez le chemin du Seigneur…

Préparez le chemin du Seigneur…

Toutes les lectures de l’avent nous annoncent la venue du Seigneur. Nous n’adorons pas un Dieu lointain, perdu dans les nuages. Il est celui qui vient. Il est venu à Noël, il vient dans notre vie et il reviendra à la fin des temps. Avec lui, plus rien ne peut être comme avant.

 

L’Évangile nous ramène à une période bien précise de l’histoire. À cette époque le cruel Ponce Pilate était le gouverneur romain de Judée. La plupart des gens se sont trouvés affrontés à la famine et aux privations. Il fallait lutter pour survivre. Et c’est là précisément que Dieu intervient. La parole de Dieu est adressée à Jean. Dieu intervient en appelant les hommes. Et quand les hommes entendent cet appel, il peut faire de grandes choses avec eux.

La parole de Dieu fut adressée à Jean « dans le désert » ; pour l’entendre, il faut que nous l’écoutions. C’est pour cette raison que Jean va au désert. C’est dans le silence que nous commençons à entendre. C’est pour cette raison aussi que nos églises doivent être des lieux de silence et de recueillement (même avant la messe) ; Dieu ne demande qu’à parler au cœur de chacun.

 

L’Évangile dit que Jean proclamait un baptême pour la conversion. Cette conversion à laquelle il nous appelle, c’est vraiment un changement de toute notre vie. Il s’agit de plonger sous les eaux toute notre vie antérieure pour la noyer et la faire mourir ; c’est alors que pourra renaître « l’homme nouveau ».

 

Cette conversion pour le pardon des péchés est offerte à tous. Mais elle ne peut devenir efficace que si nous l’accueillons librement. Ce n’est pas d’abord un passage du vice à la vertu ; c’est surtout un passage du fatalisme à l’espérance, du doute à la foi, du repli sur soi à l’ouverture. L’espérance chrétienne c’est de croire que Dieu est à l’œuvre. Même quand tout va mal il est là. Il agit dans le cœur des hommes. Nous en avons des signes dans les gestes de dévouement et de solidarité des uns et des autres. À travers eux c’est Dieu qui est là. Son amour est plus fort que la haine. Il triomphera en sauvant le monde.

 

Cet appel à l’espérance s’adresse à nous qui nous lamentons si souvent sur les événements. Il nous invite à lire l’histoire ou les faits divers dans la foi et l’espérance. En ce temps de l’Avent nous le supplions : « Pour nous sortir de la tristesse de la misère et pour que tout homme voie le salut de Dieu, viens Seigneur Jésus. »

Jean-Jacques MAFFEZZONI

Membre du CPP Bonne Nouvelle

Fin des Temps

Dans l’Évangile de ce dimanche, face aux disciples qui admirent le temple, œuvre des hommes, Jésus prononce des paroles apocalyptiques.

Il annonce que ce magnifique temple sera détruit.

Et quand les disciples lui demandent quand, Jésus ne répond pas à leur question. Car il juge beaucoup plus important de les préparer, ainsi que tous les chrétiens, à vivre cette période dont nous ne connaissons pas la durée et qui s’étend entre son Ascension et son retour à la fin des temps.

Il répond aux disciples par une prédication, et annonce des guerres, des catastrophes, des signes effrayants.

En fait, il nous annonce que notre chemin de chrétiens sera semé d’embûches, et que nous devrons nous battre pour continuer à vivre notre foi, et persévérer malgré l’hostilité de ceux qui ne veulent pas entendre parler de Jésus, et qui ne supportent pas que nous croyions en lui.

Il nous fait comprendre que nous ne devons pas nous laisser décourager, que nous ne devons pas cacher notre foi, mais au contraire la clamer, pour que l’Évangile porte du fruit.

En effet, l’Évangile se réalise si nous sommes fidèles à la Parole du Christ, si nous ne laissons pas l’indifférence ambiante devenir plus forte que notre foi.

Mais Jésus dit aussi que nous ne devons pas être effrayés, et que même si certains de nous souffrent ou meurent à cause de son Nom, cela ne nous portera pas préjudice, car «pas un cheveu de votre tête ne sera perdu».

Il nous annonce ainsi une nouvelle naissance dans son Royaume.

Jésus nous exhorte donc à persévérer dans notre foi.

Pour cela, nous devons lui faire confiance, même dans les pires moments, car c’est lui qui nous donne la force et la sagesse dont nous avons besoin.

 

La persévérance est impossible sans cette confiance en lui, en son amour incommensurable, et sans cette espérance du ciel.

 

«Cette espérance continue à indiquer comme véritable horizon de la vie les « cieux nouveaux » et la « terre nouvelle » (2 P 3, 13), où l’existence de toutes les créatures trouvera son sens authentique, car notre véritable patrie est dans les cieux (cf. Ph 3, 20).» Message du Saint-Père pour la 9ème Journée Mondiale des Pauvres.

 

Anne-Marie Berthomieu

Membre du CPP de Bonne Nouvelle

L’humilité, une révolution silencieuse

L’humilité, une révolution silencieuse

Dans un monde qui célèbre la performance, l’image et la réussite, les paroles de Jésus résonnent comme une douce provocation : « Quiconque s’élève sera abaissé, qui s’abaisse sera élevé. » À contre-courant des logiques dominantes, l’Évangile nous propose une autre voie — celle de l’humilité, du service, et du don gratuit.

L’illusion des premières places… Nous vivons dans une société où l’on apprend très tôt à se battre pour les premières places : à l’école, au travail, dans les cercles sociaux. Être vu, reconnu, valorisé semble être une nécessité vitale. Pourtant, cette course effrénée nous éloigne souvent de nous-mêmes, et des autres. Jésus, lors d’un repas chez un notable, observe ce besoin de briller. Et il le déconstruit avec une simplicité désarmante.

S’abaisser, ce n’est pas disparaître… L’humilité n’est pas une posture de faiblesse. Elle est une force tranquille, une manière de se tenir dans le monde sans chercher à dominer. S’abaisser, c’est faire de la place à l’autre. C’est reconnaître que notre valeur ne dépend pas de notre rang, mais de notre capacité à aimer, à écouter, à servir.

Dans le regard de Dieu, les grandeurs humaines s’effacent. Ce qui compte, c’est la vérité du cœur. Et c’est là que l’humilité devient une révolution : elle renverse les hiérarchies, elle libère des masques, elle ouvre à une joie profonde.

L’amour sans retour… Jésus va plus loin : il nous invite à inviter ceux qui ne peuvent rien nous rendre. Les pauvres, les estropiés, les oubliés. Il nous appelle à une charité sans calcul, à une générosité qui ne cherche pas de retour. C’est dans ce don gratuit que se révèle la grandeur véritable.

À l’heure où tant cherchent à s’élever… peut-être est-il temps de redécouvrir la beauté de l’abaissement. Non pas pour s’effacer, mais pour laisser Dieu nous élever à sa manière — dans la discrétion, dans la fidélité, dans l’amour.

L’humilité n’est pas une stratégie. C’est une lumière. Et elle éclaire ceux qui marchent sans bruit, mais avec foi.