Une Église envoyée, portes ouvertes

Les disciples sont enfermés, les portes verrouillées, le cœur plein de peur. Jésus ressuscité ne frappe pas à la porte, il se tient au milieu de ses disciples. Il les rejoint tels qu’ils sont, enfermés et craintifs. Sa première parole n’est ni un reproche ni une leçon, mais un cadeau essentiel :

« La paix soit avec vous ».

Cette paix ne supprime pas toutes les difficultés, mais elle donne la force de les traverser autrement.

Aujourd’hui encore, le Christ ressuscité rejoint notre Église telle qu’elle est, avec ses fragilités, ses doutes, parfois ses découragements. Il ne nous attend pas dans une Église parfaite, mais dans une Église réelle. Et à chacun de nous, il redit : la paix.

Une paix à accueillir, puis à transmettre, car aussitôt après, Jésus envoie ses disciples :

« Comme le Père m’a envoyé, moi aussi je vous envoie. »

La Résurrection n’est pas un trésor à garder pour soi. Elle fait de nous des témoins. Une paroisse vivante n’est pas une communauté repliée derrière des portes closes, mais une communauté en sortie, attentive à celles et ceux qui n’osent plus franchir le seuil d’une église, à ceux qui doutent, qui cherchent, qui souffrent.

Jésus montre ses mains et son côté : le Ressuscité porte encore les blessures de la croix. Il nous révèle ainsi que l’annonce de l’Évangile passe par la vérité de nos vies. Nous n’annonçons pas une foi idéale, mais un Christ vivant qui rejoint l’homme là où il est. Le monde n’a pas besoin de discours parfaits : il a besoin de témoins habités par l’amour et la miséricorde.

La figure de saint Thomas nous est particulièrement proche. Son doute ressemble souvent au nôtre. Il ne se satisfait pas des paroles des autres, il veut voir, toucher, expérimenter. Jésus ne le condamne pas : il revient pour lui, patiemment. Thomas passe alors du doute à une foi profonde :

« Mon Seigneur et mon Dieu ! »

À travers Thomas, Jésus nous rejoint nous qui croyons sans avoir vu. Il nous dit que notre foi, parfois fragile, parfois hésitante, est précieuse à ses yeux. Heureux sommes‑nous, si malgré nos questions, nous faisons confiance à sa présence au milieu de nous. Quand une vie est transformée par la rencontre du Christ, elle devient déjà annonce de l’Évangile.

Cette parole s’adresse à nous tous aujourd’hui. Heureux sommes‑nous si, sans avoir vu, nous osons croire… et surtout osons témoigner.

Par nos paroles, nos gestes, notre accueil, notre engagement, nous pouvons ouvrir des portes là où tout semblait fermé, être missionnaires, joyeux et audacieux,  témoins simples et vrais :

Le Christ est vivant, et sa paix est pour tous.

Dimanche de la Divine Miséricorde.

Edito :                    

Dimanche de la Divine Miséricorde.

En ce dimanche de Pâques et de la Divine Miséricorde, nous devons nous approcher du Cœur de Jésus comme l’apôtre Thomas et faire l’expérience de l’Amour de Dieu. Par la foi, nous devons toucher le Cœur miséricordieux de Jésus présent dans ses sacrements de la Réconciliation de l’Eucharistie.

Aujourd’hui, 2ème dimanche de Pâques nous achevons l’octave de ce temps liturgique, l’une des deux octaves, avec celle de Noël, qui demeurent après le renouvellement de la liturgie opéré par le Concile Vatican II. Pendant huit jours nous avons contemplé le même mystère afin de l’approfondir sous la lumière de l’Esprit Saint.

Ce 2ème dimanche de Pâques, traditionnellement « in albis », dimanche en blanc, car c’était le dernier jour où les nouveaux baptisés pouvaient porter leur habit blanc, a été nommé « dimanche de la Miséricorde » par le Pape Saint Jean-Paul II en l’an 2000. Il voulait ainsi répondre à la demande explicite de Notre Seigneur lors d’une apparition à sainte Faustine Kowalska.

Lors de ses apparitions le Seigneur Jésus avait dit à sœur Faustine : « je désire que le premier dimanche après Pâques soit la fête de la Miséricorde.  Je désire que la fête de la Miséricorde soit le recours et le refuge pour toutes les âmes et surtout les pauvres pécheurs. En ce jour les entrailles de ma miséricorde sont ouvertes ; je déverse tout un océan de grâces sur les âmes qui s’approcheront de la source de ma miséricorde ; toute âme qui se confessera et communiera recevra le pardon complet de ses fautes et la remise de leur punition ; en ce jour sont ouvertes les sources divines par lesquelles s’écoulent les grâces ».

« Comme les apôtres autrefois, il est nécessaire que l’humanité d’aujourd’hui accueille elle aussi dans le cénacle de l’histoire, le Christ Ressuscité, qui montre les blessures de sa crucifixion et répète : Paix à vous ! (…) »

C’est avec ces mots que, le dimanche 30 avril 2000, le pape Jean-Paul II institua officiellement la fête de la Divine Miséricorde. Ce même jour, il canonisait sœur Faustine Kowalska, l’une de ses compatriotes, à qui le Seigneur avait confié une grande mission : rappeler au monde son Amour miséricordieux.

Texte proposé par Jean-Jacques MAFFEZZONI

Membre du CPP de Bonne Nouvelle

Il est ressuscité !

Edito  

Il est ressuscité !

La résurrection de Jésus n’est pas uniquement l’un des articles de la foi chrétienne. C’est son cœur.

De même que, pour le Judaïsme le but de la vie est la communion avec Dieu, pour les chrétiens l’objectif est aussi cette communion avec Dieu, cependant elle est rendue possible uniquement grâce à la mort et la résurrection de Jésus. Par sa résurrection, Jésus nous a transmis une autre manière de vivre, une autre qualité, une nouvelle dimension de la vie (en grec ZOE) qui nous permet d’entrer en Dieu. C’est exactement ce que saint Jean essaie de nous dire dans sa première lettre : « Oui, la vie s’est manifestée, nous l’avons vue, et nous rendons témoignage : nous vous annonçons la vie éternelle qui était auprès du Père et qui s’est manifestée à nous » (1J 1,2).

Pour cela, il n’y a rien de plus d’important dans notre foi que la résurrection du Christ, comme l’exprime saint Paul : «… Si le Christ n’est pas ressuscité, notre proclamation (en grec KERYGMA – autrement dit : la première annonce) est sans contenu, votre foi aussi est sans contenu » (1 Co 15, 14). La Bonne Nouvelle – EUANGELION – que proclame saint Paul est simple : Jésus Christ est ressuscité (2 Tm 2, 8). 

De ce fait, il y a beaucoup d’autres conséquences : nos péchés sont pardonnés (1 Co 15, 17 ; Ga 1, 1-4 ; Ac 10, 43) et ainsi nous pouvons déjà, dès maintenant, mener une nouvelle vie, nouvelle sur le plan moral ; nouvelle dans son principe, parce que c’est l’Esprit de Jésus Ressuscité qui nous anime et nous guide (Rm 6, 3-11 ; Rm 8, 1-16 ; Ga 5, 16-26). Oui, la présence et l’action de l’Esprit Saint sont une annonce, une promesse, les prémices de notre résurrection au dernier jour (2 Co 1, 22 ; Rm 8, 22-23).

La résurrection de Jésus, qui était mort, donne un sens à nos souffrances, plus encore, elle nous donne paradoxalement la force (en grec DYNAMIS) au milieu de nos épreuves. C’est ce que saint Paul expérimentait dans sa vie : « …. le Seigneur m’a déclaré :  » Ma grâce te suffit, car ma puissance donne toute sa mesure dans la faiblesse. » C’est donc très volontiers que je mettrai plutôt ma fierté dans mes faiblesses, afin que la puissance du Christ fasse en moi sa demeure.  C’est pourquoi j’accepte de grand cœur pour le Christ les faiblesses, les insultes, les contraintes, les persécutions et les situations angoissantes. Car, lorsque je suis faible, c’est alors que je suis for» (2 Co 12, 9-10).

Père Jan

L’Évangile de ce cinquième dimanche de Carême…

L’Évangile de ce cinquième dimanche de Carême
est celui de la résurrection de Lazare. (…)

 

Jésus aurait pu éviter la mort de son ami Lazare, mais il a voulu faire sienne notre douleur pour la mort de nos proches et surtout, il a voulu montrer la domination de Dieu sur la mort.

 

Dans ce passage de l’Evangile, nous voyons que la foi de l’homme et la toute-puissance de Dieu, de l’amour de Dieu, se cherchent et finalement se rencontrent. C’est comme un double chemin : la foi de l’homme et la toute-puissance de l’amour de Dieu qui se cherchent et finalement se rencontrent.

 

 Nous le voyons dans le cri de Marthe et de Marie et de nous tous avec elles: «Si tu avais été ici !…». Et la réponse de Dieu n’est pas un discours, non, la réponse de Dieu au problème de la mort c’est Jésus : « Je suis la résurrection et la vie… Ayez foi ! Au milieu des pleurs, continuez à avoir foi, même si la mort semble avoir gagné. Enlevez la pierre de votre cœur ! Laissez la Parole de Dieu ramener la vie là où il y a la mort. »

Aujourd’hui aussi, Jésus nous répète : « Enlevez la pierre ». (…) Le Christ est vivant et celui qui l’accueille et adhère à lui entre en contact avec la vie. (Pape François, Angélus, 29 mars 2020).

 

(…) Et, aujourd’hui encore, le Christ cherche des cœurs simples, des intelligences éclairées, des mains et des pieds prêts à s’engager pour croire en Lui et porter son message. Comme à Marthe, il nous demande : croyons-nous que la vie est plus forte que la mort ? Que nos choix, si modestes soient-ils, peuvent faire advenir son Royaume ? Que rien n’est jamais perdu et que l’espérance est un don à demander sans relâche ? Si nous répondons « oui », alors, déjà, la résurrection commence en nous. » (Extrait de : Grâce à la foi d’une femme par Karem Bustica, Rédactrice en chef de Prions en Eglise)

 

Belle montée vers Pâques à vous toutes et tous !

 

Eliane RIBOT et Danielle RUIZ

Membres du CPP de Bonne Nouvelle

« Si tu crois, tu verras la gloire de Dieu »

« Si tu crois, tu verras la gloire de Dieu »

L’Évangile de ce dimanche nous conduit à Béthanie, dans la maison de trois amis chers à Jésus : Marthe, Marie et Lazare. Leur cri rejoint souvent le nôtre : « Seigneur, celui que tu aimes est malade. » C’est le cri de la détresse humaine, celui que nous lançons lorsque la vie nous échappe, lorsque la souffrance ou la mort semblent prendre toute la place.

Et pourtant, au cœur de cette inquiétude, Jésus ne se précipite pas. Il demeure encore deux jours. Mystérieuse patience de Dieu, qui ne répond pas toujours selon nos urgences, mais selon son dessein de vie. Là où nous ne voyons que l’échec, Jésus discerne déjà la gloire du Père.

Lorsque Jésus arrive enfin à Béthanie, Marthe l’accueille avec une foi blessée mais tenace :
« Seigneur, si tu avais été ici… mais je sais que tout ce que tu demanderas à Dieu, il te l’accordera. »
Marthe met des mots sur ce que beaucoup de croyants osent difficilement avouer : la déception devant un Dieu qui semble ne pas avoir agi. Et pourtant, elle reste ouverte à l’espérance. Sa foi n’est pas parfaite, mais elle est vraie — et Jésus la rejoint là.

Alors retentit une parole unique dans l’histoire du monde :
« Moi, je suis la Résurrection et la Vie. »
Ce n’est pas seulement une promesse pour l’au-delà ; c’est une lumière pour aujourd’hui. Jésus ne vient pas seulement ressusciter un mort : il vient délier tout ce qui enferme, tout ce qui sent déjà la mort dans nos existences — nos peurs, nos découragements, nos enfermements, nos petits tombeaux intérieurs.

Devant le tombeau de Lazare, Jésus pleure. Dieu pleure avec nous : voilà le cœur du mystère. Avant d’agir, il compatit. Avant de relever, il rejoint. Ses larmes sont déjà une victoire, car elles révèlent un Dieu qui ne reste jamais indifférent.

Puis vient l’ordre qui fait éclater la mort :
« Lazare, viens dehors ! »
Et l’appel s’adresse aussi à nous. Quitter nos tombeaux. Laisser le Christ ouvrir ce que nous pensions définitivement scellé. Entendre sa voix plus forte que nos fatalismes. Le laisser délier ce qui nous entrave encore.

Croyons-nous vraiment que le Christ peut aujourd’hui encore faire surgir la vie là où nous ne voyons que l’ombre ?
Croyons-nous qu’il peut relever notre communauté, soutenir nos familles, guérir nos fractures intérieures, et nous envoyer — libres — vers la lumière ?

En ce temps de Carême, Jésus nous redit :
« Si tu crois, tu verras la gloire de Dieu. »

Ne cherchons pas d’abord à comprendre : ouvrons-lui simplement la pierre, laissons-le parler, laissons-le nous appeler. Avec Lui, la vie aura toujours le dernier mot.

 

« Réjouissez-vous avec Jérusalem, exultez en elle, Vous tous qui l’aimez ! »

Edito 

« Réjouissez-vous avec Jérusalem, exultez en elle, Vous tous qui l’aimez ! » (Is 66,10).

 

Aujourd’hui, dimanche de Lætare, l’Église nous invite à un moment de joie au cœur même du Carême. Au milieu de nos efforts, de nos jeûnes, de nos questionnements, une couleur rose apparaît sur l’autel : signe que la lumière approche, que Pâques n’est plus très loin.

Et justement, l’Évangile nous parle de lumière. Jésus rencontre un homme aveugle de naissance, un homme qui n’a jamais vu le jour, le visage de sa mère, les couleurs du monde. Les disciples posent la question habituelle : « Qui a péché ? » Jésus répond autrement : « Ni lui, ni ses parents. Mais c’était pour que les œuvres de Dieu se manifestent en lui. » Et il agit : un peu de boue, un envoi à la piscine de Siloé, et l’homme revient… voyant !

Mais le plus beau n’est pas seulement dans la guérison physique. C’est le chemin de foi que fait cet homme : D’abord, il dit : « L’homme qu’on appelle Jésus… » Puis : « C’est un prophète. » Ensuite : « Si cet homme n’était pas de Dieu, il ne pourrait rien faire. » Enfin, face à Jésus lui-même : « Je crois, Seigneur ! » et il se prosterne.

Pendant ce temps, les pharisiens, eux, deviennent de plus en plus aveugles : ils enquêtent, disputent, excluent… Ils « voient » selon leurs certitudes, et c’est ce qui les empêche de voir vraiment. 

Et nous ? Où en est notre propre regard ? Avons-nous des zones d’aveuglement ? Des jugements rapides sur les autres (« Qui a péché ? »), des habitudes qui nous empêchent de reconnaître la présence de Jésus dans les plus fragiles, dans ceux que la société met à l’écart ?

– Ou bien laissons-nous le Christ nous approcher, nous toucher, nous envoyer nous laver – dans le baptême renouvelé, dans le sacrement de réconciliation, dans la charité concrète ?

Ce dimanche, Jésus nous redit : « Moi, je suis la lumière du monde. » Il ne nous laisse pas dans nos ténèbres. Il nous invite à venir à Lui, à nous laisser transformer, à oser le témoignage simple de l’aveugle guéri : « Une chose je sais : j’étais aveugle, et maintenant je vois. »

En ce temps de Carême, demandons cette grâce : que nos yeux s’ouvrent davantage à la lumière du Christ. Et que, comme l’aveugle devenu disciple, nous soyons capables de dire simplement, par toute notre vie : « Je crois, Seigneur ! »

Belle montée vers Pâques.

Samuel Tallon

Membre du CPP de la Paroisse Bonne Nouvelle

Troisième dimanche de carême

Edito :                      

 En ce troisième dimanche de carême l’évangéliste Saint Jean nous relate le dialogue entre Jésus et la Samaritaine.

           

La samaritaine va puiser de l’eau au puits. Il est midi, il fait chaud. Elle y trouve Jésus assis. Il est fatigué du voyage. Il lui demande à boire.

Les juifs et les samaritains s’adressant rarement la parole, la samaritaine est étonnée.

   A partir de cette demande un dialogue se noue et  Jésus va lui offrir le salut.

Elle lui confie sa vie et lui pose des questions.  Jésus lui parle d’une « eau vive » qui va non seulement étancher sa soif mais deviendra en elle « source d’eau qui jaillit pour la vie éternelle ».  Il déclare ensuite à cette femme aux mœurs réprouvées, qu’il est le Messie,

La samaritaine se fait messagère

Bouleversée elle laisse sa cruche et court annoncer aux villageois qu’elle a trouvé le Christ et les invite à aller à sa rencontre. Son cœur est vivifié, elle devient elle-même disciple. Les habitants, intrigués par son témoignage, viennent à leur tour le rencontrer et beaucoup croient en lui grâce à son influence. Les samaritains disaient : « Maintenant que nous l’avons entendu, nous savons qu’il est un sauveur pour le monde ».  Cette rencontre au puits de Jacob est un exemple puissant de la manière dont Jésus apporte une vie nouvelle à ceux qui le rencontrent.

Mais comment avoir cette eau vive ?

Jésus est la source d’eau vive toujours offerte, qui répand en abondance l’amour gratuit de Dieu. Comme ce fut le cas pour la Samaritaine, il nous faut désirer boire à cette source, faire un détour pour nous approcher de Lui et, par l’écoute de sa parole, étancher notre soif.

Cette eau vive qui purifie, rafraîchit, fait vivre, c’est aussi l’eau du Baptême et la grâce de la vie nouvelle qui est reçue est la vie éternelle déjà commencée.

La samaritaine, après sa rencontre avec Jésus, va partager ce qu’elle a découvert. Baptisés, nous sommes transformés par Jésus, par le don de Dieu, Ce don, nous ne pouvons le garder pour nous, alors osons témoigner de lui à son exemple

 

En ce troisième dimanche de carême, demandons au Seigneur que ce temps soit pour nous un chemin de conversion

et de renouveau dans notre vie de personne baptisée.

Maïté Biau,

Membre du CPP de Bonne Nouvelle

Le programme exigeant de Jésus sur la pratique de la Loi du Seigneur

Edito :      Le  programme exigeant de Jésus sur la pratique de la Loi du Seigneur

 

Le ministère public de Jésus et sa prédication débutent dans l’évangile de Matthieu par ce que nous nommons « le sermon sur la montagne » qui commence avec les Béatitudes.

Moïse est monté sur la montagne pour y recevoir la Loi de Dieu, et Jésus monte sur la montagne pour faire savoir qu’il n’est pas venu pour modifier la Loi, mais pour l’accomplir. Il s’inscrit donc dans la continuité de la Loi de Moïse, qui indique ce que Dieu attend de nous. Jésus nous fait savoir que notre vie doit être en cohérence avec les commandements.

Aux disciples réunis autour de Lui, Il demande non seulement d’observer les principales lois de la religion juive, « Vous avez appris », mais également de les affiner, « Eh bien ! Moi je vous dis ». Les exemples donnés par le Christ ont pour but de rappeler le sens profond des commandements. En effet, si les premiers commandements avaient pour objectif de fixer des règles de vie en société : ne pas tuer, ne pas voler, ne pas tromper…Ils ont été étoffés et précisés par les rabbins, au fur et à mesure que les exigences morales progressaient.

Jésus s’inscrit dans cette progression : il ne supprime pas les acquis précédents, il les peaufine encore plus, nous indiquant comment être justes aux yeux de Dieu, et trouver ainsi le chemin qui mène vers le Royaume divin, en harmonie avec le Père et nos frères humains.

Car curieusement, mais c’est bien conforme à toute la tradition biblique, ces commandements renouvelés de Jésus visent tous les relations avec les autres.

Si l’on y réfléchit, ce n’est pas étonnant : si le dessein bienveillant de Dieu, comme dit saint Paul, c’est de nous réunir tous en Jésus-Christ, tout effort que nous tentons vers l’unité fraternelle contribue à l’accomplissement du projet de Dieu, c’est-à-dire à la venue de son Règne. Il ne suffit pas de dire « Que ton Règne vienne », Jésus nous dit comment, petitement mais sûrement, on peut y contribuer.

 

Anne-Marie Berthomieu

 

Fin des Temps

Dans l’Évangile de ce dimanche, face aux disciples qui admirent le temple, œuvre des hommes, Jésus prononce des paroles apocalyptiques.

Il annonce que ce magnifique temple sera détruit.

Et quand les disciples lui demandent quand, Jésus ne répond pas à leur question. Car il juge beaucoup plus important de les préparer, ainsi que tous les chrétiens, à vivre cette période dont nous ne connaissons pas la durée et qui s’étend entre son Ascension et son retour à la fin des temps.

Il répond aux disciples par une prédication, et annonce des guerres, des catastrophes, des signes effrayants.

En fait, il nous annonce que notre chemin de chrétiens sera semé d’embûches, et que nous devrons nous battre pour continuer à vivre notre foi, et persévérer malgré l’hostilité de ceux qui ne veulent pas entendre parler de Jésus, et qui ne supportent pas que nous croyions en lui.

Il nous fait comprendre que nous ne devons pas nous laisser décourager, que nous ne devons pas cacher notre foi, mais au contraire la clamer, pour que l’Évangile porte du fruit.

En effet, l’Évangile se réalise si nous sommes fidèles à la Parole du Christ, si nous ne laissons pas l’indifférence ambiante devenir plus forte que notre foi.

Mais Jésus dit aussi que nous ne devons pas être effrayés, et que même si certains de nous souffrent ou meurent à cause de son Nom, cela ne nous portera pas préjudice, car «pas un cheveu de votre tête ne sera perdu».

Il nous annonce ainsi une nouvelle naissance dans son Royaume.

Jésus nous exhorte donc à persévérer dans notre foi.

Pour cela, nous devons lui faire confiance, même dans les pires moments, car c’est lui qui nous donne la force et la sagesse dont nous avons besoin.

 

La persévérance est impossible sans cette confiance en lui, en son amour incommensurable, et sans cette espérance du ciel.

 

«Cette espérance continue à indiquer comme véritable horizon de la vie les « cieux nouveaux » et la « terre nouvelle » (2 P 3, 13), où l’existence de toutes les créatures trouvera son sens authentique, car notre véritable patrie est dans les cieux (cf. Ph 3, 20).» Message du Saint-Père pour la 9ème Journée Mondiale des Pauvres.

 

Anne-Marie Berthomieu

Membre du CPP de Bonne Nouvelle

L’humilité, une révolution silencieuse

L’humilité, une révolution silencieuse

Dans un monde qui célèbre la performance, l’image et la réussite, les paroles de Jésus résonnent comme une douce provocation : « Quiconque s’élève sera abaissé, qui s’abaisse sera élevé. » À contre-courant des logiques dominantes, l’Évangile nous propose une autre voie — celle de l’humilité, du service, et du don gratuit.

L’illusion des premières places… Nous vivons dans une société où l’on apprend très tôt à se battre pour les premières places : à l’école, au travail, dans les cercles sociaux. Être vu, reconnu, valorisé semble être une nécessité vitale. Pourtant, cette course effrénée nous éloigne souvent de nous-mêmes, et des autres. Jésus, lors d’un repas chez un notable, observe ce besoin de briller. Et il le déconstruit avec une simplicité désarmante.

S’abaisser, ce n’est pas disparaître… L’humilité n’est pas une posture de faiblesse. Elle est une force tranquille, une manière de se tenir dans le monde sans chercher à dominer. S’abaisser, c’est faire de la place à l’autre. C’est reconnaître que notre valeur ne dépend pas de notre rang, mais de notre capacité à aimer, à écouter, à servir.

Dans le regard de Dieu, les grandeurs humaines s’effacent. Ce qui compte, c’est la vérité du cœur. Et c’est là que l’humilité devient une révolution : elle renverse les hiérarchies, elle libère des masques, elle ouvre à une joie profonde.

L’amour sans retour… Jésus va plus loin : il nous invite à inviter ceux qui ne peuvent rien nous rendre. Les pauvres, les estropiés, les oubliés. Il nous appelle à une charité sans calcul, à une générosité qui ne cherche pas de retour. C’est dans ce don gratuit que se révèle la grandeur véritable.

À l’heure où tant cherchent à s’élever… peut-être est-il temps de redécouvrir la beauté de l’abaissement. Non pas pour s’effacer, mais pour laisser Dieu nous élever à sa manière — dans la discrétion, dans la fidélité, dans l’amour.

L’humilité n’est pas une stratégie. C’est une lumière. Et elle éclaire ceux qui marchent sans bruit, mais avec foi.