« Soyez dans la joie », « encouragez-vous », « vivez en paix ».

Edito :    

« Soyez dans la joie », « encouragez-vous », « vivez en paix ».

 

Les paroles de saint Paul et de l’Évangile nous invitent aujourd’hui à revenir à l’essentiel de notre vie chrétienne.

 

Saint Paul nous encourage avec des mots simples et concrets : « soyez dans la joie », « encouragez-vous », « vivez en paix ». Ces appels rejoignent notre quotidien, avec ses joies mais aussi ses tensions ou ses fatigues. Ils nous rappellent que la foi se vit concrètement dans nos relations, car la présence même de Dieu se manifeste là où la paix et l’unité grandissent : « et le Dieu d’amour et de paix sera avec vous ».

Dans nos communautés parfois marquées par les différences, les incompréhensions ou les fatigues, ces mots résonnent comme un appel à revenir à l’essentiel. L’unité n’est pas uniformité, mais communion. Elle se construit dans l’écoute, le pardon et les gestes simples du quotidien, jusqu’à ce signe concret évoqué par Paul : « saluez-vous les uns les autres par un baiser de paix ». Aujourd’hui encore, ce signe nous rappelle que la foi n’est pas seulement une conviction intérieure, mais une relation vivante entre nous.

 

Cette paix et cette joie ne viennent pas de nous seuls. Elles trouvent leur source dans l’amour de Dieu. L’Évangile nous le révèle avec force : « Dieu a tellement aimé le monde qu’il a donné son Fils unique ». Dieu ne vient pas condamner, mais sauver. Il aime le monde tel qu’il est, avec ses fragilités, ses blessures, ses refus parfois. Et il ne l’a pas fait pour condamner, mais « pour que, par lui, le monde soit sauvé ».

 

Croire en Jésus, c’est accueillir cet amour et s’y appuyer. C’est laisser transformer notre regard, pour devenir à notre tour porteurs de miséricorde, d’espérance et de paix.

En ce temps où notre monde cherche des repères et une espérance, notre mission est simple mais essentielle : être les témoins de cet amour. Dans nos familles, dans notre paroisse, dans nos lieux de travail, chacun de nous peut être un signe discret mais réel de la présence de Dieu.

 

Comme le dit saint Paul, appelons la grâce du Seigneur Jésus Christ, l’amour de Dieu et la communion de l’Esprit Saint, à nous accompagner dans notre vie, et à faire de nous des artisans de paix, enracinés dans un amour qui ne déçoit pas.

Édito du site Béziers Catholique

Une autre PRÉSENCE

Une autre PRÉSENCE

 

40 jours après Pâques nous célébrons la fête de l’Ascension. Jésus s’est manifesté plusieurs fois aux Apôtres, il leur a annoncé son départ au ciel, sa mission étant terminée. Il leur a promis une force celle de l’Esprit-Saint qui doit faire d’eux des témoins à Jérusalem et jusqu’aux extrémités de la terre.

 

La mission de Jésus sur cette terre s’achève, Jésus monte au ciel. Le ciel n’étant pas l’espace observé au-dessus de nos têtes mais bien plutôt un espace spirituel celui de l’immensité de Dieu, présence universelle et éternelle. Et voilà que Jésus passe le relai aux Apôtres. L’ascension est l’envoi en mission adressé aux apôtres comme aux hommes de tous les temps, il est l’articulation entre le désir du ciel et le service des hommes.

 

Le départ de Jésus au ciel ne veut pas dire abandon ou fin de règne. Certes Jésus n’est plus là physiquement mais il est là de bien d’autres manières, n’a-t-il pas dit : « moi, je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde. »

 

Jésus nous le rencontrons dans la Parole de Dieu, dans les sacrements, l’eucharistie en particulier, il est également auprès de ceux qui prient, seuls ou en communauté, il est là quand deux ou trois sont réunis en son nom ; il est là dans son Eglise.

 

Désormais ce sont les Apôtres qui vont devoir poursuivre la mission de Jésus : « Allez, proclamez la Bonne Nouvelle, faites des disciples » leur dit Jésus. Ils vont faire l’expérience d’un peu de la grandeur et de la magnificence de Dieu. Ils auront des joies mais aussi des peines, des réussites et des échecs.

 

 

Alors à notre tour comment vivre cette Ascension, sinon en étant le plus possible la présence de Jésus là où nous sommes. Peut-être en reprenant cette prière d’un anonyme du XV° siècle :

– Christ n’a pas de mains, il n’a que nos mains pour faire son travail d’aujourd’hui,

– Christ n’a pas de pieds, il n’a que nos pieds pour conduire les hommes sur son chemin,

– Christ n’a pas de lèvres, il n’a que nos lèvres pour parler de lui aux hommes.

Nous sommes la seule Bible que le public lit encore. Nous sommes le dernier message de Dieu écrit en actes et en paroles. 

 

Jésus a pris le risque de nous faire confiance ? Alors, Allons de l’Avant ; « Il est avec nous tous les jours jusqu’à la fin du monde. »

Belle montée vers la fête de Pentecôte.

Père Alain

« Je ne vous laisserai pas orphelins »

« Je ne vous laisserai pas orphelins »

 

« Moi, je prierai le Père, et il vous donnera un autre Défenseur » venons-nous d’entendre. Ce « Défenseur » est appelé couramment, dans l’évangile de saint Jean, le « Paraclet ». Ce mot « Paraclet » vient d’un mot grec qui veut dire « celui qui aide ». Jésus, avant de passer de ce monde au Père en mourant sur la croix, rassure ses disciples. Lorsqu’il ne sera plus visible pour eux, ils auront son aide continuellement, celle du Paraclet, que la tradition a identifié à l’Esprit Saint, l’Esprit du Père et du Fils. « Il demeurera en vous et il sera en vous… »

 
Jésus précise trois fonctions du Paraclet, de l’Esprit Saint, auprès de ses disciples que nous sommes et auprès de l’Église : enseigner, témoigner de lui et habiter le cœur des disciples. Le Paraclet, dit Jésus, est l’Esprit de vérité. Il enseigne à suivre Jésus, à garder ses commandements. Il rappelle ce qu’a dit Jésus. Il est une mémoire vivante des paroles reçues de Jésus. Il est lui-même inspiré par le Père et par le Fils et il redit à notre cœur tout ce qu’a dit Jésus. Il rend notre intelligence attentive aux enseignements de Jésus. Il nous les fait aimer et chérir.

Ces enseignements ne sont pas seulement des préceptes à mettre en pratique. Ils sont un chemin de vie, le chemin de la vraie vie, un chemin d’éternité

Le Paraclet, l’Esprit Saint, joue le rôle aussi d’un avocat et d’un défenseur envoyé par Jésus. Il témoigne ainsi de la vérité des enseignements de Jésus. Il les confirme. Il demeure auprès des disciples et il est en eux

Nous sommes ainsi amenés à entrer de plus en plus dans le mouvement d’amour de Dieu le Père qui a donné son Fils pour nous sauver. Malgré notre pauvreté et nos péchés qui nous éloignent de Dieu, nous ouvrons la porte à la rencontre personnelle de Jésus en gardant ses commandements qui se résument dans le « Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés »

 

Nous sommes encore dans la fête de Pâques qui se prolonge dans la joie de la présence vivante de Jésus ressuscité que nous fêtons pendant 40 jours.
Le Paraclet, l’Esprit Saint, qui se manifestera de façon éclatante à la Pentecôte que nous célébrerons dans quelques semaines est toujours à l’œuvre dans nos vies et dans l’Église. C’est lui cet autre Défenseur dont parle Jésus qui sera pour toujours avec nous. « Je ne vous laisserai pas orphelins ».

 

Extraits de l’homélie du 9 mai 2023

Mgr Hermann Giguère P.H. – Faculté de théologie de l’Université Laval

(Texte proposé par Danielle Ruiz et Eliane Ribot, membres du CPP de Bonne Nouvelle)

Marcher dans la confiance

Marcher dans la confiance

« Que votre cœur ne soit pas bouleversé. »

Ces paroles de Jésus, nous aimerions les entendre plus souvent tant nos cœurs sont parfois traversés par le doute, l’inquiétude ou la fatigue. Elles sont prononcées à un moment décisif : Jésus sait que la séparation approche, que ses disciples vont être déstabilisés, et il choisit de leur parler non pas de peur, mais de confiance.

La confiance n’est pas naïve. Jésus ne nie pas les difficultés ou les épreuves à venir. Il ne promet pas une route sans obstacles. Mais il affirme une certitude essentielle : Dieu est fidèle, et notre vie a un horizon. « Dans la maison de mon Père, il y a de nombreuses demeures » : nous ne sommes pas de passage par hasard sur cette terre. Chacun de nous est attendu, désiré, appelé à une communion plus grande que ce que nous pouvons imaginer.

Face à l’incompréhension de Thomas — « Comment pourrions-nous savoir le chemin ? » — Jésus ne donne ni explication compliquée, ni itinéraire détaillé. Il offre sa personne : « Moi, je suis le Chemin, la Vérité et la Vie. » La foi chrétienne ne consiste pas d’abord à maîtriser un savoir ou à réussir une performance spirituelle, mais à marcher avec le Christ, à lui faire confiance même lorsque la route semble obscure.

Être chrétien aujourd’hui, dans notre paroisse, ce n’est pas avoir toutes les réponses. C’est accepter d’avancer ensemble, à la lumière de l’Évangile, en laissant Jésus éclairer nos choix, nos relations, nos engagements. C’est aussi découvrir, à travers lui, le vrai visage de Dieu : non pas un Dieu lointain ou indifférent, mais un Père proche, présent au cœur de nos joies comme de nos fragilités.

Jésus va même plus loin : il nous confie une mission. « Celui qui croit en moi fera les œuvres que je fais. » Chacun, là où il est, peut devenir un témoin vivant de l’amour de Dieu : par un geste de service, une parole de réconfort, une présence attentive, un pardon offert. Ces petits actes, souvent invisibles, construisent l’Église et rendent le Christ présent aujourd’hui.

Acceptons de marcher derrière le Christ : il est le Chemin qui nous conduit, la Vérité qui nous éclaire, et la Vie qui ne déçoit pas.

Ensemble des paroisses Saint Guiraud

TROUVER LA BONNE PORTE

TROUVER LA BONNE PORTE

L’Évangile de Jean présente Jésus à travers des images originales et belles. Il veut que ses lecteurs découvrent que lui seul peut répondre pleinement aux besoins les plus fondamentaux de l’être humain. Jésus est «le pain de vie» : celui qui se nourrit de lui n’aura pas faim. Il est «la lumière du monde» : celui qui le suit ne marchera pas dans les ténèbres. Il est «le bon berger» : celui qui écoute sa voix trouvera la vie.

Parmi ces images, il en est une, humble et presque oubliée, qui recèle pourtant un contenu profond. «Je suis la porte». Tel est Jésus. Une porte ouverte. Ceux qui le suivent franchissent un seuil qui mène à un monde nouveau : une nouvelle façon de comprendre et de vivre la vie.

L’évangéliste l’explique en trois traits: «Quiconque entre par moi sera sauvé». La vie offre de nombreuses issues. Toutes ne mènent pas au succès ni ne garantissent une vie pleine. Quiconque, d’une manière ou d’une autre, se met en phase avec Jésus et cherche à le suivre, franchit la bonne porte. Il ne gâchera pas sa vie. Il la sauvera.

L’évangéliste ajoute quelque chose d’autre. Celui qui entre par Jésus «pourra entrer et sortir». Il est libre de ses mouvements. Il entre dans un espace où il peut être libre, car il ne se laisse guider que par l’Esprit de Jésus. Ce n’est pas le pays de l’anarchie ou de la débauche. Il «entre et sort» en passant toujours par cette «porte» qu’est Jésus, et il avance en suivant ses pas.

L’évangéliste ajoute encore un détail : celui qui entre par cette porte qu’est Jésus «trouvera des pâturages», il n’aura ni faim ni soif. Il trouvera une nourriture solide et abondante pour vivre.

Le Christ est la «porte» par laquelle nous devons entrer aujourd’hui aussi, nous chrétiens, si nous voulons raviver notre identité. Un christianisme formé de baptisés qui ont une relation avec un Jésus mal connu, vaguement rappelé, affirmé de temps en temps de manière abstraite, un Jésus muet qui ne dit rien de particulier au monde d’aujourd’hui, un Jésus qui ne touche pas les cœurs… est un christianisme sans avenir.

Seul le Christ peut nous conduire à un nouveau niveau de vie chrétienne, mieux fondée, motivée et nourrie par l’Évangile. Chacun de nous peut contribuer à ce que, dans l’Église des prochaines années, Jésus soit ressenti et vécu de manière plus vivante et plus passionnée. Nous pouvons rendre l’Église plus proche de Jésus.

José Antonio Pagola
Traducteur: Carlos Orduna

SE SOUVENIR DAVANTAGE DE JÉSUS

SE SOUVENIR DAVANTAGE DE JÉSUS

Le récit des disciples d’Emmaüs nous décrit l’expérience vécue par deux disciples de Jésus alors qu’ils marchent de Jérusalem vers le petit village d’Emmaüs, à huit kilomètres de la capitale. Le narrateur le fait avec une telle maîtrise qu’il nous aide à raviver aujourd’hui encore notre foi dans le Christ ressuscité.

Deux disciples de Jésus s’éloignent de Jérusalem, abandonnant le groupe de disciples qui s’était formé autour de lui. Jésus étant mort, le groupe se désagrège. Sans lui, il n’y a plus de raison de rester ensemble. Le rêve s’est évanoui. Avec la mort de Jésus, l’espoir qu’il avait suscité dans leurs coeurs meurt également. N’est-ce pas un peu ce qui se passe dans nos communautés? Ne sommes-nous pas en train de laisser mourir la foi en Jésus?

Cependant, ces disciples continuent à parler de Jésus. Ils ne peuvent l’oublier. Ils commentent ce qui s’est passé. Ils essaient de donner un sens à ce qu’ils ont vécu avec lui. «Tandis qu’ils conversaient, Jésus s’approcha et marcha avec eux». C’est le premier geste du Ressuscité. Les disciples ne le reconnaissent pas, mais Jésus est déjà présent, marchant à leurs côtés. Jésus ne marche-t-il pas aujourd’hui de manière voilée aux côtés de tant de croyants qui ont quitté l’Église mais continuent de se sou-venir de lui?

L’intention du narrateur est claire: Jésus s’approche lorsque les disciples se souviennent de lui et parlent de lui. Il se rend présent là où l’on commente son Évangile, là où l’on s’intéresse à son message, là où l’on parle de son style de vie et de son projet. Jésus n’est-il pas absent parmi nous parce que nous parlons peu de lui?

Jésus souhaite discuter avec eux: «De quoi parlez-vous en marchant?» Il ne s’impose pas en leur révélant son identité. Il leur demande de continuer à raconter leur expérience. En discutant avec lui, ils découvriront leur aveuglement. Leurs yeux s’ouvriront lorsqu’ils feront un cheminement intérieur guidés par sa parole. Il en est ainsi. Si, dans l’Église, nous parlons davantage de Jésus et discutons davantage avec lui, notre foi renaîtra.

Les disciples lui parlent de leurs attentes et de leurs déceptions; Jésus les aide à approfondir l’identité du Messie crucifié. Le coeur des disciples commence à brûler; ils ressentent le besoin que cet «inconnu» reste avec eux. Lors de la célébration de la Cène, leurs yeux s’ouvrent et ils le reconnaissent: Jésus est avec eux, nourrissant leur foi!
Nous, chrétiens, nous devons nous souvenir davantage de Jésus: citer ses paroles, commenter son style de vie, approfondir son projet. Nous devons ouvrir davantage les yeux de notre foi et le découvrir plein de vie dans nos eucharisties. Jésus n’est pas absent. Il marche à nos côtés.

José Antonio Pagola
Traductor: Carlos Orduña

Dans la crise de foi et l’espérance déçue, le Christ Ressuscité se fait Présent

Dans la crise de foi et l’espérance déçue,
le Christ Ressuscité se fait Présent

 

À l’heure où l’actualité mondiale semble n’être qu’une succession de crises sanitaires, climatiques, géopolitiques et économiques…la déception gagne facilement les cœurs. L’espérance paraît fragile, parfois même illusoire. Et pourtant, c’est précisément dans ce contexte troublé que la foi chrétienne est appelée à se manifester avec le plus de force et de clarté.

 

La déception, il faut bien l’admettre, fait partie intégrante de l’expérience humaine. Elle traverse nos engagements professionnels, nos relations et nos aspirations les plus profondes. Loin d’être une anomalie, elle constitue une épreuve presque inévitable. Mais c’est peut-être là un paradoxe fécond : ces moments de désillusion peuvent devenir des lieux de transformation.

Le récit des disciples d’Emmaüs, proposé ce dimanche, en est une illustration saisissante. Ces hommes marchent, accablés par l’échec de leurs espérances, incapables de reconnaître la présence même du Christ à leurs côtés. Leur aveuglement n’est pas un défaut, mais le reflet d’une condition universelle : celle de l’être humain qui cherche du sens au cœur de l’incompréhensible. Ce n’est qu’au fil du chemin, dans le dialogue et la relecture des événements, que la lumière se fait. La révélation ne surgit pas dans l’évidence immédiate, mais dans une lente maturation du regard.

Ce message trouve un écho particulier dans l’exhortation de l’épître de Saint Jacques : les épreuves, loin d’être absurdes, peuvent engendrer la persévérance et façonner la foi. Il ne s’agit pas de glorifier la souffrance, mais de reconnaître en elle une possibilité de croissance. La foi chrétienne ne relève pas d’un optimisme naïf ; elle s’enracine dans la conviction que, malgré les tempêtes, le Christ ressuscité est présent, car la présence divine demeure souvent discrète. Reconnaître l’invisible, même au cœur des nuits les plus épaisses, voilà ce qui peut transformer nos chemins d’errance en chemins d’espérance.

Joyeux temps pascal à tous.

Sœur Béatrice NTABAJANA
(Membre du CPP Bonne Nouvelle)

Une Église envoyée, portes ouvertes

Les disciples sont enfermés, les portes verrouillées, le cœur plein de peur. Jésus ressuscité ne frappe pas à la porte, il se tient au milieu de ses disciples. Il les rejoint tels qu’ils sont, enfermés et craintifs. Sa première parole n’est ni un reproche ni une leçon, mais un cadeau essentiel :

« La paix soit avec vous ».

Cette paix ne supprime pas toutes les difficultés, mais elle donne la force de les traverser autrement.

Aujourd’hui encore, le Christ ressuscité rejoint notre Église telle qu’elle est, avec ses fragilités, ses doutes, parfois ses découragements. Il ne nous attend pas dans une Église parfaite, mais dans une Église réelle. Et à chacun de nous, il redit : la paix.

Une paix à accueillir, puis à transmettre, car aussitôt après, Jésus envoie ses disciples :

« Comme le Père m’a envoyé, moi aussi je vous envoie. »

La Résurrection n’est pas un trésor à garder pour soi. Elle fait de nous des témoins. Une paroisse vivante n’est pas une communauté repliée derrière des portes closes, mais une communauté en sortie, attentive à celles et ceux qui n’osent plus franchir le seuil d’une église, à ceux qui doutent, qui cherchent, qui souffrent.

Jésus montre ses mains et son côté : le Ressuscité porte encore les blessures de la croix. Il nous révèle ainsi que l’annonce de l’Évangile passe par la vérité de nos vies. Nous n’annonçons pas une foi idéale, mais un Christ vivant qui rejoint l’homme là où il est. Le monde n’a pas besoin de discours parfaits : il a besoin de témoins habités par l’amour et la miséricorde.

La figure de saint Thomas nous est particulièrement proche. Son doute ressemble souvent au nôtre. Il ne se satisfait pas des paroles des autres, il veut voir, toucher, expérimenter. Jésus ne le condamne pas : il revient pour lui, patiemment. Thomas passe alors du doute à une foi profonde :

« Mon Seigneur et mon Dieu ! »

À travers Thomas, Jésus nous rejoint nous qui croyons sans avoir vu. Il nous dit que notre foi, parfois fragile, parfois hésitante, est précieuse à ses yeux. Heureux sommes‑nous, si malgré nos questions, nous faisons confiance à sa présence au milieu de nous. Quand une vie est transformée par la rencontre du Christ, elle devient déjà annonce de l’Évangile.

Cette parole s’adresse à nous tous aujourd’hui. Heureux sommes‑nous si, sans avoir vu, nous osons croire… et surtout osons témoigner.

Par nos paroles, nos gestes, notre accueil, notre engagement, nous pouvons ouvrir des portes là où tout semblait fermé, être missionnaires, joyeux et audacieux,  témoins simples et vrais :

Le Christ est vivant, et sa paix est pour tous.

Dimanche de la Divine Miséricorde.

Edito :                    

Dimanche de la Divine Miséricorde.

En ce dimanche de Pâques et de la Divine Miséricorde, nous devons nous approcher du Cœur de Jésus comme l’apôtre Thomas et faire l’expérience de l’Amour de Dieu. Par la foi, nous devons toucher le Cœur miséricordieux de Jésus présent dans ses sacrements de la Réconciliation de l’Eucharistie.

Aujourd’hui, 2ème dimanche de Pâques nous achevons l’octave de ce temps liturgique, l’une des deux octaves, avec celle de Noël, qui demeurent après le renouvellement de la liturgie opéré par le Concile Vatican II. Pendant huit jours nous avons contemplé le même mystère afin de l’approfondir sous la lumière de l’Esprit Saint.

Ce 2ème dimanche de Pâques, traditionnellement « in albis », dimanche en blanc, car c’était le dernier jour où les nouveaux baptisés pouvaient porter leur habit blanc, a été nommé « dimanche de la Miséricorde » par le Pape Saint Jean-Paul II en l’an 2000. Il voulait ainsi répondre à la demande explicite de Notre Seigneur lors d’une apparition à sainte Faustine Kowalska.

Lors de ses apparitions le Seigneur Jésus avait dit à sœur Faustine : « je désire que le premier dimanche après Pâques soit la fête de la Miséricorde.  Je désire que la fête de la Miséricorde soit le recours et le refuge pour toutes les âmes et surtout les pauvres pécheurs. En ce jour les entrailles de ma miséricorde sont ouvertes ; je déverse tout un océan de grâces sur les âmes qui s’approcheront de la source de ma miséricorde ; toute âme qui se confessera et communiera recevra le pardon complet de ses fautes et la remise de leur punition ; en ce jour sont ouvertes les sources divines par lesquelles s’écoulent les grâces ».

« Comme les apôtres autrefois, il est nécessaire que l’humanité d’aujourd’hui accueille elle aussi dans le cénacle de l’histoire, le Christ Ressuscité, qui montre les blessures de sa crucifixion et répète : Paix à vous ! (…) »

C’est avec ces mots que, le dimanche 30 avril 2000, le pape Jean-Paul II institua officiellement la fête de la Divine Miséricorde. Ce même jour, il canonisait sœur Faustine Kowalska, l’une de ses compatriotes, à qui le Seigneur avait confié une grande mission : rappeler au monde son Amour miséricordieux.

Texte proposé par Jean-Jacques MAFFEZZONI

Membre du CPP de Bonne Nouvelle

Il est ressuscité !

Edito  

Il est ressuscité !

La résurrection de Jésus n’est pas uniquement l’un des articles de la foi chrétienne. C’est son cœur.

De même que, pour le Judaïsme le but de la vie est la communion avec Dieu, pour les chrétiens l’objectif est aussi cette communion avec Dieu, cependant elle est rendue possible uniquement grâce à la mort et la résurrection de Jésus. Par sa résurrection, Jésus nous a transmis une autre manière de vivre, une autre qualité, une nouvelle dimension de la vie (en grec ZOE) qui nous permet d’entrer en Dieu. C’est exactement ce que saint Jean essaie de nous dire dans sa première lettre : « Oui, la vie s’est manifestée, nous l’avons vue, et nous rendons témoignage : nous vous annonçons la vie éternelle qui était auprès du Père et qui s’est manifestée à nous » (1J 1,2).

Pour cela, il n’y a rien de plus d’important dans notre foi que la résurrection du Christ, comme l’exprime saint Paul : «… Si le Christ n’est pas ressuscité, notre proclamation (en grec KERYGMA – autrement dit : la première annonce) est sans contenu, votre foi aussi est sans contenu » (1 Co 15, 14). La Bonne Nouvelle – EUANGELION – que proclame saint Paul est simple : Jésus Christ est ressuscité (2 Tm 2, 8). 

De ce fait, il y a beaucoup d’autres conséquences : nos péchés sont pardonnés (1 Co 15, 17 ; Ga 1, 1-4 ; Ac 10, 43) et ainsi nous pouvons déjà, dès maintenant, mener une nouvelle vie, nouvelle sur le plan moral ; nouvelle dans son principe, parce que c’est l’Esprit de Jésus Ressuscité qui nous anime et nous guide (Rm 6, 3-11 ; Rm 8, 1-16 ; Ga 5, 16-26). Oui, la présence et l’action de l’Esprit Saint sont une annonce, une promesse, les prémices de notre résurrection au dernier jour (2 Co 1, 22 ; Rm 8, 22-23).

La résurrection de Jésus, qui était mort, donne un sens à nos souffrances, plus encore, elle nous donne paradoxalement la force (en grec DYNAMIS) au milieu de nos épreuves. C’est ce que saint Paul expérimentait dans sa vie : « …. le Seigneur m’a déclaré :  » Ma grâce te suffit, car ma puissance donne toute sa mesure dans la faiblesse. » C’est donc très volontiers que je mettrai plutôt ma fierté dans mes faiblesses, afin que la puissance du Christ fasse en moi sa demeure.  C’est pourquoi j’accepte de grand cœur pour le Christ les faiblesses, les insultes, les contraintes, les persécutions et les situations angoissantes. Car, lorsque je suis faible, c’est alors que je suis for» (2 Co 12, 9-10).

Père Jan