Dans la crise de foi et l’espérance déçue,
le Christ Ressuscité se fait Présent
À l’heure où l’actualité mondiale semble n’être qu’une succession de crises sanitaires, climatiques, géopolitiques et économiques…la déception gagne facilement les cœurs. L’espérance paraît fragile, parfois même illusoire. Et pourtant, c’est précisément dans ce contexte troublé que la foi chrétienne est appelée à se manifester avec le plus de force et de clarté.
La déception, il faut bien l’admettre, fait partie intégrante de l’expérience humaine. Elle traverse nos engagements professionnels, nos relations et nos aspirations les plus profondes. Loin d’être une anomalie, elle constitue une épreuve presque inévitable. Mais c’est peut-être là un paradoxe fécond : ces moments de désillusion peuvent devenir des lieux de transformation.
Le récit des disciples d’Emmaüs, proposé ce dimanche, en est une illustration saisissante. Ces hommes marchent, accablés par l’échec de leurs espérances, incapables de reconnaître la présence même du Christ à leurs côtés. Leur aveuglement n’est pas un défaut, mais le reflet d’une condition universelle : celle de l’être humain qui cherche du sens au cœur de l’incompréhensible. Ce n’est qu’au fil du chemin, dans le dialogue et la relecture des événements, que la lumière se fait. La révélation ne surgit pas dans l’évidence immédiate, mais dans une lente maturation du regard.
Ce message trouve un écho particulier dans l’exhortation de l’épître de Saint Jacques : les épreuves, loin d’être absurdes, peuvent engendrer la persévérance et façonner la foi. Il ne s’agit pas de glorifier la souffrance, mais de reconnaître en elle une possibilité de croissance. La foi chrétienne ne relève pas d’un optimisme naïf ; elle s’enracine dans la conviction que, malgré les tempêtes, le Christ ressuscité est présent, car la présence divine demeure souvent discrète. Reconnaître l’invisible, même au cœur des nuits les plus épaisses, voilà ce qui peut transformer nos chemins d’errance en chemins d’espérance.
Joyeux temps pascal à tous.
Sœur Béatrice NTABAJANA
(Membre du CPP Bonne Nouvelle)
Cette paix ne supprime pas toutes les difficultés, mais elle donne la force de les traverser autrement.
Aujourd’hui, 2ème dimanche de Pâques nous achevons l’octave de ce temps liturgique, l’une des deux octaves, avec celle de Noël, qui demeurent après le renouvellement de la liturgie opéré par le Concile Vatican II. Pendant huit jours nous avons contemplé le même mystère afin de l’approfondir sous la lumière de l’Esprit Saint.
De même que, pour le Judaïsme le but de la vie est la communion avec Dieu, pour les chrétiens l’objectif est aussi cette communion avec Dieu, cependant elle est rendue possible uniquement grâce à la mort et la résurrection de Jésus. Par sa résurrection, Jésus nous a transmis une autre manière de vivre, une autre qualité, une nouvelle dimension de la vie (en grec ZOE) qui nous permet d’entrer en Dieu. C’est exactement ce que saint Jean essaie de nous dire dans sa première lettre : « Oui, la vie s’est manifestée, nous l’avons vue, et nous rendons témoignage : nous vous annonçons la vie éternelle qui était auprès du Père et qui s’est manifestée à nous » (1J 1,2).
Dans ce passage de l’Evangile, nous voyons que la foi de l’homme et la toute-puissance de Dieu, de l’amour de Dieu, se cherchent et finalement se rencontrent. C’est comme un double chemin : la foi de l’homme et la toute-puissance de l’amour de Dieu qui se cherchent et finalement se rencontrent.
Puis vient l’ordre qui fait éclater la mort :
Et justement, l’Évangile nous parle de lumière. Jésus rencontre un homme aveugle de naissance, un homme qui n’a jamais vu le jour, le visage de sa mère, les couleurs du monde. Les disciples posent la question habituelle : « Qui a péché ? » Jésus répond autrement : « Ni lui, ni ses parents. Mais c’était pour que les œuvres de Dieu se manifestent en lui. » Et il agit : un peu de boue, un envoi à la piscine de Siloé, et l’homme revient… voyant !
La samaritaine va puiser de l’eau au puits. Il est midi, il fait chaud. Elle y trouve Jésus assis. Il est fatigué du voyage. Il lui demande à boire.
Moïse est monté sur la montagne pour y recevoir la Loi de Dieu, et Jésus monte sur la montagne pour faire savoir qu’il n’est pas venu pour modifier la Loi, mais pour l’accomplir. Il s’inscrit donc dans la continuité de la Loi de Moïse, qui indique ce que Dieu attend de nous. Jésus nous fait savoir que notre vie doit être en cohérence avec les commandements.
Et quand les disciples lui demandent quand, Jésus ne répond pas à leur question. Car il juge beaucoup plus important de les préparer, ainsi que tous les chrétiens, à vivre cette période dont nous ne connaissons pas la durée et qui s’étend entre son Ascension et son retour à la fin des temps.