« Ne craignez pas ! »
Voilà les paroles que Jésus répète à trois reprises à ses Apôtres dans l’Évangile de ce dimanche. Trois fois, comme pour bien ancrer cette invitation au cœur de ceux qui le suivent. Cette injonction résonne avec les paroles de Saint Jean-Paul II à la jeunesse lors des JMJ de Paris : « N’ayez pas peur ». Nous vivons pourtant dans un monde où la peur prend bien des visages : peur de l’avenir, peur du regard des autres, peur de témoigner de sa foi, peur de l’indifférence ou des moqueries, peur parfois même de l’hostilité. Jésus ne nous dit pas que ces peurs sont imaginaires. Il nous dit simplement qu’elles ne doivent pas nous paralyser.
Il nous rappelle une vérité fondamentale : nous ne sommes pas abandonnés. Le Père, qui veille sur chaque moineau, connaît même le nombre de cheveux sur notre tête. Nous avons une valeur infinie à ses yeux. Cette certitude change tout.
C’est pourquoi Jésus nous invite à une double attitude :
- Parler sans crainte. Ce que nous avons reçu dans l’intimité de la prière et de l’écoute de la Parole, nous sommes appelés à le vivre au grand jour. Notre foi n’est pas une affaire privée, elle est faite pour être proclamée « sur les toits ».
- Rester fidèle. Celui qui reconnaît le Christ devant les hommes sera reconnu par lui devant le Père. L’enjeu est grand, mais la grâce l’est encore davantage.
Dans nos familles, nos lieux de travail, nos engagements, nous sommes parfois tentés de taire notre foi pour éviter les conflits ou par simple timidité. L’Évangile de ce dimanche nous libère : la peur n’a pas le dernier mot. Le Seigneur nous précède et nous accompagne.
Puissions-nous, en cette semaine, oser un petit pas supplémentaire : un geste de charité visible, une parole d’espérance donnée, un témoignage simple et vrai. Car là où nous osons parler de Lui, c’est Lui qui parle à travers nous.
Que la Vierge Marie, qui a dit « oui » sans crainte malgré les incertitudes, nous obtienne la grâce d’une foi courageuse et joyeuse.
Bon dimanche à toutes et à tous .
Samuel Talon
Membre du CPP de Bonne Nouvelle
Nous avons besoin d’écouter à nouveau les paroles de Jésus pour redécouvrir la véritable mission des croyants au sein de cette société. C’est ainsi que l’évangéliste Matthieu rapporte son mandat: «Allez et proclamez que le royaume des cieux est proche. Guérissez les malades, ressuscitez les morts, purifiez les lépreux, chassez les démons. Vous avez reçu gratuitement, donnez gratuitement».
Saint Paul nous encourage avec des mots simples et concrets : « soyez dans la joie », « encouragez-vous », « vivez en paix ». Ces appels rejoignent notre quotidien, avec ses joies mais aussi ses tensions ou ses fatigues. Ils nous rappellent que la foi se vit concrètement dans nos relations, car la présence même de Dieu se manifeste là où la paix et l’unité grandissent : « et le Dieu d’amour et de paix sera avec vous ».
Le départ de Jésus au ciel ne veut pas dire abandon ou fin de règne. Certes Jésus n’est plus là physiquement mais il est là de bien d’autres manières, n’a-t-il pas dit : « moi, je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde. »
Jésus précise trois fonctions du Paraclet, de l’Esprit Saint, auprès de ses disciples que nous sommes et auprès de l’Église : enseigner, témoigner de lui et habiter le cœur des disciples. Le Paraclet, dit Jésus, est l’Esprit de vérité. Il enseigne à suivre Jésus, à garder ses commandements. Il rappelle ce qu’a dit Jésus. Il est une mémoire vivante des paroles reçues de Jésus. Il est lui-même inspiré par le Père et par le Fils et il redit à notre cœur tout ce qu’a dit Jésus. Il rend notre intelligence attentive aux enseignements de Jésus. Il nous les fait aimer et chérir.
Ces paroles de Jésus, nous aimerions les entendre plus souvent tant nos cœurs sont parfois traversés par le doute, l’inquiétude ou la fatigue. Elles sont prononcées à un moment décisif : Jésus sait que la séparation approche, que ses disciples vont être déstabilisés, et il choisit de leur parler non pas de peur, mais de confiance.
L’Évangile de Jean présente Jésus à travers des images originales et belles. Il veut que ses lecteurs découvrent que lui seul peut répondre pleinement aux besoins les plus fondamentaux de l’être humain. Jésus est «le pain de vie» : celui qui se nourrit de lui n’aura pas faim. Il est «la lumière du monde» : celui qui le suit ne marchera pas dans les ténèbres. Il est «le bon berger» : celui qui écoute sa voix trouvera la vie.
Deux disciples de Jésus s’éloignent de Jérusalem, abandonnant le groupe de disciples qui s’était formé autour de lui. Jésus étant mort, le groupe se désagrège. Sans lui, il n’y a plus de raison de rester ensemble. Le rêve s’est évanoui. Avec la mort de Jésus, l’espoir qu’il avait suscité dans leurs coeurs meurt également. N’est-ce pas un peu ce qui se passe dans nos communautés? Ne sommes-nous pas en train de laisser mourir la foi en Jésus?
Cette paix ne supprime pas toutes les difficultés, mais elle donne la force de les traverser autrement.