TOUT N’EST PAS VALABLE

TOUT N’EST PAS VALABLE

 

Jésus est en route vers Jérusalem. Sa marche n’est pas celle d’un pèlerin qui monte au temple pour y accomplir ses devoirs religieux. D’après Luc, Jésus parcourt villes et hameaux «en enseignant». Il a besoin de communiquer quelque chose à ces gens-là: Dieu est un Père bon qui offre à tous son salut. Tous sont invités à accueillir son pardon.
Son message surprend tout le monde. Les pécheurs sont remplis de joie en l’entendant parler de la bonté insondable de Dieu: eux aussi peuvent espérer le salut. Dans les cercles pharisiens, par contre, on critique son message ainsi que l’accueil qu’il réserve aux collecteurs d’impôts, aux prostituées et aux pécheurs: Jésus, n’est-il pas en train d’ouvrir le chemin vers un relâchement moral et religieux inacceptable?
D’après Luc, un inconnu interrompt sa marche et lui pose la question de savoir le nombre de ceux qui seront sauvés: seront-ils peu, beaucoup? seront-ils tous sauvés? ou seulement les justes? Jésus ne répond pas directement à sa question. Ce n’est pas le fait de savoir le nombre de ceux qui seront sauvés qui est important. Ce qui est décisif, c’est de vivre dans une attitude lucide et responsable afin d’accueillir le salut offert par ce Dieu Bon. Jésus le rappelle à tous: «Efforcez-vous d’entrer par la porte étroite».
C’est ainsi qu’il coupe court à la réaction de ceux qui comprennent son message comme une invitation au laxisme. Ce serait se moquer du Père. Le salut n’est pas quelque chose que l’on reçoit de façon irresponsable d’un Dieu permissif. Ce n’est pas non plus le privilège de quelques élus. Il ne suffit pas d’être des fils d’Abraham ou d’avoir connu le Messie.
Pour accueillir le salut de Dieu il faut faire des efforts, lutter, imiter le Père et croire à son pardon. Jésus ne rabaisse pas ses exigences: «Soyez miséricordieux comme votre Père est miséricordieux». «Ne jugez pas et vous ne serez pas jugés»; «Pardonnez jusqu’à soixante-dix-sept fois sept fois»comme votre Père; «Cherchez le royaume de Dieu et sa justice».
Pour comprendre correctement l’invitation à «entrer par la porte étroite», nous devons rappeler les paroles de Jésus que nous pouvons lire dans l’évangile de Jean: «Je suis la porte: si quelqu’un entre par moi il sera sauvé» (Jean 10,9). Entrer par la porte étroite c’est «suivre Jésus»; apprendre à vivre comme lui; prendre sa croix et faire confiance au Père qui l’a ressuscité.
Dans cette suite de Jesus, tout n’est pas valable ou indifférent: il nous faut répondre à l’amour du Père avec fidélité. Ce que Jésus demande n’est pas un rigorisme légaliste mais un amour radical envers Dieu et envers son frère. C’est pourquoi, son appel est source d’exigence et non d’angoisse. Jésus Christ est une porte toujours ouverte. Personne ne peut la fermer, sauf nous seuls si nous nous fermons à son pardon.

José Antonio Pagola
Traducteur: Carlos Orduna

NE PAS VIVRE ENDORMIS

NE PAS VIVRE ENDORMIS

L’un des risques qui nous menacent aujourd’hui est de tomber dans une vie superficielle, mécanique, routinière, massifiée…
Il n’est pas facile d’y échapper. Au fil des années, les projets, les objectifs et les idéaux de nombreuses personnes finissent par s’estomper.
Nombreux sont ceux qui finissent par se lever chaque jour rien que pour «vivoter».
Où trouver un principe humanisant, un principe qui puisse nous libérer de la superficialité, de l’encombrement, de la routine ou du vide intérieur?
L’insistance avec laquelle Jésus parle de vigilance est surprenante. On peut dire qu’il comprend la foi comme une attitude vigilante qui nous libère de ce non-sens qui domine beaucoup d’hommes et de femmes, qui marchent dans la vie sans but ni objectif.
Habitués à vivre la foi comme une tradition familiale, un héritage ou une coutume de plus, nous ne sommes pas capables de découvrir tout le pouvoir qu’elle contient pour nous humaniser et donner un nouveau sens à notre vie.
C’est pourquoi il est triste d’observer combien d’hommes et de femmes abandonnent une foi vécue de manière inconsciente et irresponsable pour adopter une attitude de non-croyance aussi inconsciente et irresponsable que leur position précédente.
L’appel de Jésus à la vigilance nous invite à nous réveiller de l’indifférence, de la passivité ou de l’insouciance avec lesquelles nous vivons souvent notre foi. Pour la vivre lucidement, nous avons be-soin de la connaître plus profondément, de la confronter à d’autres attitudes possibles face à la vie, d’en être reconnaissants et d’essayer de la vivre avec toutes ses conséquences.
La foi est alors la lumière qui inspire nos critères d’action, la force qui anime notre engagement pour construire une société plus humaine, une espérance qui anime toute notre vie quotidienne.

José Antonio Pagola
Traductor: Carlos Orduña

D’UNE MANIÈRE PLUS SAINE

D’UNE MANIÈRE PLUS SAINE

«Couche toi, mange, bois et mène la belle vie»: cette devise de l’homme riche de la parabole de l’Évangile n’est pas nouvelle. Elle a été l’idéal de beaucoup au cours de l’histoire, mais aujourd’hui elle est vécue à si grande échelle et sous une pression sociale si forte qu’il est difficile de cultiver un style de vie plus sobre et plus sain.
La société moderne a depuis longtemps institutionnalisé la consommation: presque tout est orienté vers la jouissance de produits, de services et d’expériences toujours nouvelles. Le slogan du bien-être est clair: «Mène la belle vie». La publicité nous propose la jeunesse, l’élégance, la sécurité, le naturel, la puissance, le bien-être, le bonheur. La vie doit être nourrie par la consommation.
Un autre facteur décisif dans la société actuelle est la mode. Dans l’histoire de l’humanité, il y a toujours eu des tendances et des goûts fluctuants. Ce qui est nouveau, c’est «l’empire de la mode», qui est devenu le principal guide de la société moderne. Ce ne sont plus les religions ou les idéologies qui guident le comportement de la majorité. La publicité et la séduction de la mode remplacent l’église, la famille ou l’école. C’est la mode qui nous apprend à vivre et à satisfaire les «besoins artificiels» du moment.
Une autre caractéristique du style de vie moderne est la séduction des sens et le soin de l’extérieur. Nous devons faire attention à notre corps, à notre silhouette, à notre poids, à la gymnastique et aux contrôles; nous devons apprendre de nouvelles thérapies et de nouveaux remèdes; nous devons suivre de près les conseils médicaux et culinaires. Il faut apprendre à «se sentir bien» dans sa peau et dans les relations avec les autres; il faut savoir se conduire habilement dans le domaine de la sexualité: connaître toutes les formes de plaisir possibles, jouir et accumuler de nouvelles expériences.
Ce serait une erreur de «diaboliser» cette société qui offre tant de possibilités de prendre soin des différentes dimensions de l’être humain et de développer une vie intégrale et intégratrice. Mais il serait tout aussi erroné de se laisser entraîner frivolement par n’importe quelle mode ou revendication, en réduisant l’existence à un bien-être purement matériel. La parabole de l’Évangile nous invite à découvrir la stupidité que peut contenir cette manière d’envisager la vie.
Pour réussir dans la vie, il ne suffit pas de se la couler douce. L’être humain n’est pas seulement un animal avide de plaisir et de bien-être. Il est aussi fait pour cultiver l’esprit, pour connaître l’amitié, pour expérimenter le mystère de la transcendance, pour être reconnaissant de la vie, pour vivre dans la solidarité. Il est inutile de se plaindre de la société actuelle. L’important est d’agir de manière intelligente.

José Antonio Pagola
Traductor: Carlos Orduña

« Le Kit du Missionnaire »

Le kit du missionnaire

Frères et sœurs, Amis en Christ,

Ils étaient 72. Pas des apôtres de « première ligne » comme Pierre, Jacques, Jean ou Matthieu. Non, de ces 72 là, on a oublié le nom. Et pourtant ce sont eux que Jésus a envoyés pour porter son message. Des gens de la base, des visages ordinaires. Un peu comme toi, comme moi. Nous ne sommes pas des stars de l’Évangile, ni des Mère Teresa, ni des sœur Emmanuelle… Plutôt des Jeanne, des Sébastien, des Louane… Et pourtant, aujourd’hui, les 72 c’est nous.

Quelle confiance folle Jésus nous fait, en nous envoyant là où nous vivons : sur nos lieux de travail, d’études, de loisirs, de courses, dans nos immeubles, nos maisons de retraite. La mission commence dès qu’on passe la porte de chez soi. C’est fou, non ?

Jésus nous confie son message, à nous, malgré nos fragilités, nos blessures, nos limites, pour être ses ambassadeurs. Mais que voulez-vous, Dieu est amoureux de l’humanité. Et pour le manifester, il a besoin de nos mains, de nos voix, de nos cœurs. Mais la toute première chose qu’il nous demande c’est de prier. Oui prier, parce que nous sommes associés aux préoccupations du « Patron », le Seigneur de la moisson. Et ce n’est pas tout : Jésus nous demande même de sensibiliser le Patron au recrutement ! Prier pour que d’autres se lèvent et prennent part à la mission.

C’est beau, non ? Même ceux qui ne peuvent plus rien offrir, si ce n’est leur prière unie à leur souffrance, font déjà œuvre de missionnaire. Prier c’est déjà annoncer l’Evangile. Et on l’a trop oublié.

Puis vient l’envoi, un envoi un peu déroutant « comme des agneaux au milieu des loups ». Tu parles d’une offre d’emploi… !

Imaginez une boîte qui recrute en disant « on cherche des hommes ou des femmes prêts à se faire dévorer par plus forts qu’eux ». Et pourtant c’est bien ça.

Dans un monde d’indifférence, d’individualisme et de violence, témoigner devient un vrai défi. Mais Jésus ne nous envoie pas pour convaincre ou convertir à coups de discours, Il nous envoie pour aimer, pour témoigner simplement, avec tendresse, dans le respect de l’autre.

Et il va encore plus loin : pas de sac, pas d’argent, pas de sandale de rechange. Même le kit de survie du voyageur, il l’écarte. Pourquoi ? Parce qu’il veut qu’on fasse confiance à l’hospitalité des frères rencontrés en chemin. Qu’on vive léger, simple, accueillant.

Frères et sœurs, quelle remise en question pour nos communautés d’aujourd’hui, parfois lentes et lourdes à bouger, trop structurées, avec nos réunions bien ficelées, nos plannings bien remplis. Mais attention, à force de tout vouloir cadrer dans une bureaucratie cléricale, on risque d’étouffer le souffle de l’Esprit, coincé entre deux classeurs ou perdu dans un tableau Excel. Et vous remarquez, Jésus ne leur précise aucun contenu du message à annoncer, pas de dogme à répéter, rien à imposer. Notre monde n’a pas besoin de grandes déclarations, il a soif de paix, pas la paix des armes, mais la paix de Dieu.

Et quand Jésus nous dit : « mangez ce qu’on vous servira », il nous invite à nous adapter, à rejoindre l’autre tel qu’il est, dans sa culture, son mode de vie, à ne pas laisser nos différences paralyser l’amour. En nous demandant de « guérir les malades », il nous demande d’être proche de ceux qui souffrent, d’accompagner les solitudes. Le christianisme n’est pas une religion de « vœux pieux », mais une religion de fraternité, d’entraide, de partage.

Et vous savez quoi ? Les 72 reviennent tout joyeux. Peut-être un peu trop fiers d’eux. Mais Jésus les recentre: ce que vous avez fait, vous ne l’avez pas fait seuls. C’est la tendresse de Dieu qui a agi à travers vous et la vraie joie c’est que « vos noms soient inscrits dans le cœur de Dieu ».

Alors oui, frère, sœur, ami, toi aussi tu fais partie des 72. A toi de discerner ton don, ton charisme, ta manière unique d’être envoyé. A toi d’avoir l’audace, l’initiative, la créativité pour aimer à ta manière et devenir une preuve vivante que Dieu n’est pas mort.

Ami, en ce début de vacances, prépare ton sac de missionnaire. Glisse dedans une pincée de prière, une vague de douceur, un zeste de simplicité, un parfum de paix et cette proximité qui fait toute la différence: c’est ça le kit du missionnaire.

Alors belle baignade, bonne plongée dans le réel et surtout belles rencontres.

Amen

Homélie du6 juillet à Valras-Plage

Absence ou Présence ?

Absence ou Présence  ?

« Je m’en vais, je pars vers le Père » nous dit St Jean dans l’Évangile de ce jour, préparant la grande Fête de l’Ascension, qui rappelle la montée au ciel de Jésus, son départ définitif de cette terre.
Jésus s’en va. Il le sait, il le dit : « Vous me chercherez, mais comme je l’ai dit aux juifs, là où je vais, vous ne pouvez venir maintenant. Plus tard vous viendrez, je m’en vais vous préparer une place et là où je suis vous y serez aussi. »

Le monde contemporain se pose avec acuité le problème de l’absence apparente de Dieu. Jésus va laisser ses Apôtres seuls, sans sa présence physique, sensible, humaine et visible. Ce sera le temps de l’absence, mais pour une présence différente et plus forte. Au fond, Jésus s’en va pour laisser place à l’Esprit-Saint et à l’Église.

 

Aujourd’hui Jésus est présent dans son Église, Corps du Christ, où chaque baptisé est membre de ce Corps et donc présence vivante de Jésus. Jésus, nous le savons, est présent dans sa Parole, la Bonne Nouvelle de l’Évangile. Jésus est présent dans les sacrements et tout particulièrement dans l’Eucharistie : présence réelle de Jésus au milieu de nous et pour nous. Jésus est présent quand nous sommes réunis en son nom comme le Dimanche à la messe. Et Jésus est présent aussi dans le Frère. Comme disent les Pères du désert :« en Dieu, vois ton frère, en ton frère vois Dieu » ! Chaque personne est pour moi signe de la présence de Dieu. Mais moi, suis-je signe de la présence de Dieu pour les autres ?

 

Absence apparente de Dieu dans notre monde pour certains, mais présence réelle de Dieu dans notre monde pour d’autres. Des millions de personnes et pas que des cathos, ont suivi les funérailles du Pape François, des millions de personnes ont suivi avec attention l’élection du nouveau Pape.

 

L’Église serait-elle finie ? L’Esprit Saint ne serait-il plus au travail ? Bien sûr que non ! Dieu est bien là, présent discret et caché certes, mais bien là à l’œuvre aujourd’hui et il compte sur nous pour continuer la mission de Jésus. L’Église n’a pas besoin de « missionnaires spécialisés ». C’est chaque chrétien qui, de par son baptême et sa confirmation, est mandaté pour annoncer la Bonne Nouvelle du salut. Alors, as-tu tendu la perche à ton voisin de palier, ton copain de classe, ton collègue de travail, ton ami, ton frère ou ta sœur ou même la personne rencontrée dans le bus ou le tram ?

 

Absence ou présence de Dieu ? Au fond cela dépend de moi, de toi, de nous tous. Aide-nous Seigneur, habité de ton Esprit d’amour, à être Ta présence, là où nous sommes, dans notre quotidien, à être un rayon de lumière et d’amour pour les autres, pour ceux qui ne te connaissent pas encore.

 

Merci Seigneur, de nous faire une telle confiance dans cette responsabilité de chrétien qui est la nôtre. Aide-nous à prendre notre part dans la vie de l’Église et dans le travail d’évangélisation – Sachant que nous ne sommes pas seuls mais que nous avançons ensemble, en Église.

Belle montée vers la Pentecôte.

Père Alain (St Joseph)

En ce 5ème dimanche de Pâques, les chrétiens sont dans la joie

En ce 5ème dimanche de Pâques, les chrétiens sont dans la joie : Le Christ est ressuscité et nous avons un pape !

 

Un pape qui nous demande de vivre dans la paix intérieure et de travailler à établir entre nous des liens de paix.

Ses paroles font écho aux textes du jour : Apocalypse 21 « Et celui qui siégeait sur le Trône déclara : Voici que je fais toutes choses nouvelles ».  Tout comme Jésus [nous] « donne un commandement nouveau : c’est de vous aimer les uns les autres. » Jean, 13, 34.

Nous pouvons nous demander en quoi tout cela est nouveau puisqu’après tout nous aimons notre famille, notre cercle d’amis et même notre entourage. Mais Jésus nous demande d’aller au-delà de ces relations proches et plutôt évidentes, comme Paul et Barnabé sont partis vers des villes lointaines, où ils étaient inconnus, pour apporter une foi nouvelle, au risque de la contradiction voire de la condamnation à mort.

Nous sommes appelés à aimer, sans nous soucier de la couleur de la peau, ni de l’éducation, ni de l’apparence sociale : à aimer sans condition comme Jésus nous a aimés.

Saint Jean, dans sa première lettre nous guide : 3, 16 Voici comment nous avons reconnu l’amour : lui, Jésus, a donné sa vie pour nous. Nous aussi, nous devons donner notre vie pour nos frères. 17 Celui qui a de quoi vivre en ce monde, s’il voit son frère dans le besoin sans faire preuve de compassion, comment l’amour de Dieu pourrait-il demeurer en lui ? 18 Petits enfants, n’aimons pas en paroles ni par des discours, mais par des actes et en vérité.

Aimer en vérité, c’est aimer non pas pour soi, pour améliorer son image sociale, pour une satisfaction personnelle, mais permettre à l’autre de grandir dans sa vie, dans sa foi.

Esprit Saint, apprends-nous à aimer en vérité, aide-nous à accomplir la volonté du Père.

Monique Tarayre, membre du CPP de Bonne Nouvelle

Mes brebis écoutent ma voix et elles me suivent

Editorial

 « Mes brebis écoutent ma voix et elles me suivent »

Jean 10, 27-30

 

Ce texte d’évangile est très court mais vient au-devant de nous avec un message d’espérance : Jésus notre berger nous invite à demeurer connectés à lui. Il est vrai que nous ne le voyons pas mais nous avons un moyen merveilleux de le rejoindre là où nous sommes ; il nous suffit de tendre l’oreille pour écouter sa voix. Ce n’est pas seulement une voix qui nous interpelle, c’est aussi une main qui nous tient et protège.

Nous ne savons pas toujours où la vie nous mène, toutes ces inconnues de notre existence terrestre ont de quoi nous déstabiliser parfois, mais Jésus nous redit que si nous restons au sein de son troupeau, il sera toujours là, il connait chacune de ses brebis par son nom.

 

Ecouter la voix du berger c’est bien sûr tout ce que nous pouvons vivre en Église, par l’Eucharistie, les temps de partage de la parole, d’adoration, et de prières.

Le suivre c’est se mettre à son service, l’imiter par des actes, c’est l’accueil de ceux qui rencontrent des difficultés et qui peinent à suivre le berger. Nous trouvons quelquefois que nous sommes bien au sein du troupeau, nous sommes entre nous. Mais il ne faut pas oublier de laisser une ouverture à celui qui veut s’y glisser et se réjouir des nouvelles brebis qui nous rejoignent, même si elles bousculent nos habitudes.

Cette vie éternelle, Jésus veut nous la donner dès maintenant. Non pas la vie pour demain, quand nous serons morts, mais la vie ressuscitée qui se construit aujourd’hui : une vie qui a du sens, qui porte du fruit, une vie qui n’en finira pas de se déployer par le don de nous -mêmes, jusqu’au jour où nous entrerons dans la vie en plénitude.

En ce 4e dimanche de Pâques qui est aussi la journée de prière pour les vocations n’oublions pas de demander au Seigneur de continuer à envoyer des missionnaires de sa Parole.

Mais moi, quelle est ma vocation ? Qu’est-ce que le berger attend de moi ?
Chacun a une place à prendre, pour être cet ami par qui le Seigneur passe, pour témoigner et semer la confiance en l’amour de Dieu autour de nous.

Maïté Biau catéchiste

Membre du CPP de Bonne Nouvelle

Jubilé des Jeunes à Rome

Homélie du dimanche 27 avril, Place St Pierre à Rome

Chers frères et sœurs,

Jésus ressuscité apparaît à ses disciples, alors qu’ils se trouvent dans le cénacle où ils se sont enfermés par peur, les portes verrouillées (Cf. Jn 20, 19). Leur état d’esprit est troublé et leur cœur est triste, car le Maître et le Pasteur qu’ils avaient suivi en abandonnant tout a été cloué sur la croix. Ils ont vécu des choses terribles et se sentent orphelins, seuls, perdus, menacés et sans défense.

L’image initiale que l’Évangile nous offre en ce dimanche peut aussi bien représenter l’état d’esprit de chacun de nous, de l’Église et du monde entier. Le Pasteur que le Seigneur a donné à son peuple, le pape François, a terminé sa vie terrestre et nous a quittés. La douleur de son départ, le sentiment de tristesse qui nous assaille, le trouble que nous ressentons dans notre cœur, le sentiment de désorientation : nous vivons tout cela, comme les apôtres affligés par la mort de Jésus.

Pourtant, l’Évangile nous dit que c’est précisément dans ces moments d’obscurité que le Seigneur vient à nous avec la lumière de la résurrection, pour éclairer nos cœurs. Le pape François nous l’a rappelé dès son élection et nous l’a répété souvent, en plaçant au centre de son pontificat cette joie de l’Évangile qui, comme il l’écrit dans Evangelii gaudium, « remplit le cœur et toute la vie de ceux qui rencontrent Jésus. Ceux qui se laissent sauver par lui sont libérés du péché, de la tristesse, du vide intérieur, de l’isolement. Avec Jésus Christ la joie naît et renaît toujours » (n° 1).

La joie pascale, qui nous soutient à l’heure de l’épreuve et de la tristesse, est aujourd’hui quelque chose que l’on peut presque toucher sur cette place ; elle est surtout imprimée sur vos visages, chers jeunes et adolescents venus du monde entier pour célébrer le Jubilé. Vous venez de partout : de tous les diocèses d’Italie, d’Europe, des États-Unis, d’Amérique latine, d’Afrique, d’Asie, des Émirats arabes… Avec vous, le monde entier est vraiment présent !

Je vous adresse un salut particulier, avec le souhait que vous ressentiez l’étreinte de l’Église et l’affection du pape François, qui aurait tant souhaité vous rencontrer, vous regarder dans les yeux, passer parmi vous pour vous saluer.

Face aux nombreux défis auxquels vous êtes appelés à faire face – je pense, par exemple, à celui de la technologie et de l’intelligence artificielle qui caractérise particulièrement notre époque –, n’oubliez jamais d’alimenter votre vie avec la véritable espérance qui a le visage de Jésus Christ. Avec lui, rien ne sera trop grand ni trop difficile ! Avec lui, vous ne serez jamais seuls ni abandonnés à vous-mêmes, même dans les moments les plus difficiles ! Il vient à votre rencontre là où vous êtes, pour vous donner le courage de vivre, de partager vos expériences, vos pensées, vos dons, vos rêves, de voir dans le visage de ceux qui sont proches ou lointains un frère et une sœur à aimer, à qui vous avez tant à donner et tant à recevoir, pour vous aider à être généreux, fidèles et responsables dans la vie qui vous attend, pour vous faire comprendre ce qui a le plus de valeur dans la vie : l’amour qui comprend tout et espère tout (cf. 1 Co 13, 7).

Aujourd’hui, deuxième dimanche de Pâques, dimanche in Albis, nous célébrons la fête de la Miséricorde.

C’est précisément la miséricorde du Père, plus grande que nos limites et nos calculs, qui a caractérisé le magistère du pape François et son intense activité apostolique, ainsi que son désir ardent de l’annoncer et de la partager avec tous – l’annonce de la Bonne Nouvelle, l’évangélisation – qui a été le programme de son pontificat. Il nous a rappelé que “miséricorde” est le nom même de Dieu et que, par conséquent, personne ne peut mettre une limite à son amour miséricordieux par lequel Il veut nous relever et faire de nous des personnes nouvelles.

Il est important d’accueillir comme un trésor précieux cette indication sur laquelle le pape François a tant insisté. Et – permettez-moi de le dire – notre affection pour lui, qui se manifeste en ces heures, ne doit pas rester une simple émotion du moment ; nous devons accueillir son héritage et le faire devenir vie vécue, en nous ouvrant à la miséricorde de Dieu et en devenant nous aussi miséricordieux les uns envers les autres.

La miséricorde nous ramène au cœur de la foi. Elle nous rappelle que nous ne devons pas interpréter notre relation avec Dieu et notre appartenance à l’Église selon des catégories humaines ou mondaines, car la bonne nouvelle de l’Évangile est avant tout la découverte d’être aimé par un Dieu qui a des entrailles de compassion et de tendresse pour chacun de nous, indépendamment de nos mérites ; elle nous rappelle également que notre vie est tissée de miséricorde : nous ne pouvons nous relever après nos chutes et regarder vers l’avenir que si nous avons quelqu’un qui nous aime sans limites et qui nous pardonne. C’est pourquoi nous sommes appelés à nous engager à vivre nos relations non plus selon des critères calculateurs ou aveuglés par l’égoïsme, mais en nous ouvrant au dialogue avec l’autre, en accueillant ceux que nous rencontrons sur notre chemin et en pardonnant leurs faiblesses et leurs erreurs. Seule la miséricorde guérit et crée un monde nouveau, éteignant les feux de la méfiance, de la haine et de la violence : c’est le grand enseignement du pape François.

Jésus nous montre ce visage miséricordieux de Dieu dans sa prédication et dans les gestes qu’il accomplit ; et, comme nous l’avons entendu, en se présentant dans le Cénacle après sa résurrection, il offre le don de la paix et dit : « À qui vous remettrez ses péchés, ils seront remis ; à qui vous maintiendrez ses péchés, ils seront maintenus » (Jn 20, 23). Ainsi, le Seigneur ressuscité établit que ses disciples, son Église, sont des instruments de miséricorde pour l’humanité, pour ceux qui désirent accueillir l’amour et le pardon de Dieu. Le pape François a été un témoin lumineux d’une Église qui se penche avec tendresse vers ceux qui sont blessés et les guérit avec le baume de la miséricorde ; et il nous a rappelé qu’il ne peut y avoir de paix sans la reconnaissance de l’autre, sans l’attention aux plus faibles et, surtout, il ne peut jamais y avoir de paix si nous n’apprenons pas à nous pardonner mutuellement, en utilisant entre nous la même miséricorde que Dieu a pour notre vie.

Frères et sœurs, en ce dimanche de la miséricorde, nous nous souvenons avec affection de notre bien-aimé Pape François. Ce souvenir est particulièrement vivant parmi les employés et les fidèles de la Cité du Vatican, dont beaucoup sont ici présents, et que je tiens à remercier pour le service qu’ils accomplissent chaque jour. À vous, à nous tous, au monde entier, le Pape François adresse son étreinte depuis le Ciel.

Nous nous confions à la Bienheureuse Vierge Marie, à laquelle Il était si pieusement attaché qu’Il a choisi de reposer dans la basilique Sainte-Marie-Majeure. Qu’Elle nous protège, intercède pour nous, veille sur l’Église, soutienne le cheminement de l’humanité dans la paix et la fraternité. Amen.

Année de Jubilé. L’indulgence plénière : Késako ?

Éditorial          Année de Jubilé.  L’indulgence plénière :   Késako ?

 

2025 marque la 27° année sainte ordinaire de l’Eglise, un Jubilé célébré tous les 25 ans afin que chaque génération puisse profiter de ce temps de conversion et de pardon des péchés. Ce Jubilé est l’occasion pour tous les catholiques de se tourner vers Dieu, de renouer sa relation avec Lui et de se convertir. Concrètement les fidèles sont invités à faire une démarche jubilaire, afin de bénéficier des grâces attenantes à cette année sainte et de faire selon le vœu du Pape François « l’expérience vivante de l’amour de Dieu. »

 

Un pèlerinage seul ou accompagné, des temps d’adoration, de méditation, l’accès aux sacrements de l’eucharistie et de la réconciliation, des actes de pénitence et de miséricorde sont proposés pour réaliser cette démarche jubilaire. Et cerise sur le gâteau, possibilité de recevoir l’indulgence plénière. Cette indulgence qui est pur don gratuit de Dieu et de sa miséricorde. De quoi s’agit-il ? Permettez-moi de prendre un exemple :  un petit garçon vient de casser une assiette dans la cuisine.  Tout penaud il va trouver sa maman, explique sa bêtise et demande pardon. La maman est furieuse mais prise de compassion elle va lui pardonner (c’est la confession).  Le petit garçon nettoie tout, ramasse les débris (c’est la pénitence proposée par le prêtre). Mais il n’en reste pas moins que l’assiette est cassée (les conséquences dues au péché, ces « résidus » qui appellent une réparation complète.

 

L’indulgence plénière répare tout, elle remet les conséquences du péché, alors que la confession nous réconcilie avec Dieu notre Père infiniment bon et miséricordieux.

L’indulgence est la remise devant Dieu de la peine temporelle due par les péchés dont la faute est déjà effacée, que le fidèle bien disposé, et à certaines conditions définies, obtient par le secours de l’Église.

 

Comment obtenir cette indulgence : en  se rendant en pèlerinage auprès d’un lieu lié au Jubilé, en participant à une messe et en communiant, en vivant le sacrement de pénitence, en participant aux œuvres dites de miséricorde et en priant aux intentions du Pape.

 

Tout cela nous pourrons le vivre ensemble le Dimanche 27 Avril dans une grande démarche jubilaire que nous vous proposerons pour les 3 clochers des Saint Curé d’Ars, Saint Étienne de Boujan et Saint Joseph. Réservez cette date, ce sera un grand moment pour notre ensemble paroissial. D’ici là faisons route avec Pierre, Jacques et Jean, allons sur la montagne à la rencontre du Transfiguré, plongeons-nous dans la lumière fulgurante de Jésus afin d’être transfiguré à notre tour et de répandre sa lumière autour de nous. Belle montée vers Pâques !

                                                                                                Père Alain (St Joseph)

Vaincre les tentations…

Vaincre les tentations…

Dans l’Évangile, nous retrouvons le récit des tentations de Jésus au désert. Le tentateur se présente à lui en commençant par le flatter : « Si tu es Fils de Dieu… » Lorsqu’il s’approche de nous, il utilise la même technique en flattant notre orgueil, notre désir de liberté et d’indépendance : « Fais donc ce qui te plait ; ainsi tu pourras retrouver ta dignité et ta liberté ». En fait, cette tentation nous conduit à une impasse qui nous détourne de l’amour de Dieu.

Aujourd’hui, Jésus nous apprend qu’être fils de Dieu, c’est nous laisser conduire par Dieu sans lui imposer nos moyens, c’est lui faire une totale confiance sans vouloir lui imposer des garanties, sans espérer de merveilleux prodiges qui nous détourneraient de nos luttes et de nos engagements. A chacune des tentations, Jésus répond par une parole de la Bible : « Il est écrit : L’homme ne vit pas seulement de pain… C’est devant le Seigneur ton Dieu que tu te prosterneras et à lui seul tu rendras un culte… ». « Il est dit : Tu ne mettras pas à l’épreuve le Seigneur ton Dieu… ».

C’est ainsi que Jésus a été victorieux face au tentateur. Pendant ce Carême, il veut nous associer à sa victoire. Il nous apprend à être entièrement tournés vers Dieu et à nous nourrir de sa Parole chaque jour. Le carême est là pour nous rappeler que nous sommes engagés dans un combat contre les forces du mal. Mais dans ce combat, nous ne sommes pas seuls. Le Seigneur est là et nous pouvons toujours compter sur Lui. Nous pouvons aussi nous tourner vers Marie, notre maman du ciel. Avec elle, il n’y a pas de situation désespérée. Quand tout va mal, nous pouvons toujours compter sur elle. Quand nous sommes en manque de paix et de joie, elle est là. Et comme à Cana, elle le dit à son Fils. Et Jésus nous invite à « puiser à la Source » de celui qui est l’amour, la paix et la joie. Et quand nous sommes tombés au plus bas, elle se baisse pour nous relever. Elle qui a misé toute sa vie sur l’amour, elle nous aide à nous remettre debout pour reprendre notre route à la suite du Christ.

Sur cette route, le Seigneur est là, il nous donne le vrai pain de vie qui vient renouveler notre cœur, il nourrit notre foi, fait grandir l’espérance et nous donne la force d’aimer ; apprenons à toujours avoir faim du Christ, seul pain vivant et vrai et de toute parole qui sort de sa bouche.

Bonne marche vers Pâques, bon carême.

Jean-Jacques Maffezzoni
membre du CPP de Bonne Nouvelle