L’Évangile de ce cinquième dimanche de Carême…

L’Évangile de ce cinquième dimanche de Carême
est celui de la résurrection de Lazare. (…)

 

Jésus aurait pu éviter la mort de son ami Lazare, mais il a voulu faire sienne notre douleur pour la mort de nos proches et surtout, il a voulu montrer la domination de Dieu sur la mort.

 

Dans ce passage de l’Evangile, nous voyons que la foi de l’homme et la toute-puissance de Dieu, de l’amour de Dieu, se cherchent et finalement se rencontrent. C’est comme un double chemin : la foi de l’homme et la toute-puissance de l’amour de Dieu qui se cherchent et finalement se rencontrent.

 

 Nous le voyons dans le cri de Marthe et de Marie et de nous tous avec elles: «Si tu avais été ici !…». Et la réponse de Dieu n’est pas un discours, non, la réponse de Dieu au problème de la mort c’est Jésus : « Je suis la résurrection et la vie… Ayez foi ! Au milieu des pleurs, continuez à avoir foi, même si la mort semble avoir gagné. Enlevez la pierre de votre cœur ! Laissez la Parole de Dieu ramener la vie là où il y a la mort. »

Aujourd’hui aussi, Jésus nous répète : « Enlevez la pierre ». (…) Le Christ est vivant et celui qui l’accueille et adhère à lui entre en contact avec la vie. (Pape François, Angélus, 29 mars 2020).

 

(…) Et, aujourd’hui encore, le Christ cherche des cœurs simples, des intelligences éclairées, des mains et des pieds prêts à s’engager pour croire en Lui et porter son message. Comme à Marthe, il nous demande : croyons-nous que la vie est plus forte que la mort ? Que nos choix, si modestes soient-ils, peuvent faire advenir son Royaume ? Que rien n’est jamais perdu et que l’espérance est un don à demander sans relâche ? Si nous répondons « oui », alors, déjà, la résurrection commence en nous. » (Extrait de : Grâce à la foi d’une femme par Karem Bustica, Rédactrice en chef de Prions en Eglise)

 

Belle montée vers Pâques à vous toutes et tous !

 

Eliane RIBOT et Danielle RUIZ

Membres du CPP de Bonne Nouvelle

« Si tu crois, tu verras la gloire de Dieu »

« Si tu crois, tu verras la gloire de Dieu »

L’Évangile de ce dimanche nous conduit à Béthanie, dans la maison de trois amis chers à Jésus : Marthe, Marie et Lazare. Leur cri rejoint souvent le nôtre : « Seigneur, celui que tu aimes est malade. » C’est le cri de la détresse humaine, celui que nous lançons lorsque la vie nous échappe, lorsque la souffrance ou la mort semblent prendre toute la place.

Et pourtant, au cœur de cette inquiétude, Jésus ne se précipite pas. Il demeure encore deux jours. Mystérieuse patience de Dieu, qui ne répond pas toujours selon nos urgences, mais selon son dessein de vie. Là où nous ne voyons que l’échec, Jésus discerne déjà la gloire du Père.

Lorsque Jésus arrive enfin à Béthanie, Marthe l’accueille avec une foi blessée mais tenace :
« Seigneur, si tu avais été ici… mais je sais que tout ce que tu demanderas à Dieu, il te l’accordera. »
Marthe met des mots sur ce que beaucoup de croyants osent difficilement avouer : la déception devant un Dieu qui semble ne pas avoir agi. Et pourtant, elle reste ouverte à l’espérance. Sa foi n’est pas parfaite, mais elle est vraie — et Jésus la rejoint là.

Alors retentit une parole unique dans l’histoire du monde :
« Moi, je suis la Résurrection et la Vie. »
Ce n’est pas seulement une promesse pour l’au-delà ; c’est une lumière pour aujourd’hui. Jésus ne vient pas seulement ressusciter un mort : il vient délier tout ce qui enferme, tout ce qui sent déjà la mort dans nos existences — nos peurs, nos découragements, nos enfermements, nos petits tombeaux intérieurs.

Devant le tombeau de Lazare, Jésus pleure. Dieu pleure avec nous : voilà le cœur du mystère. Avant d’agir, il compatit. Avant de relever, il rejoint. Ses larmes sont déjà une victoire, car elles révèlent un Dieu qui ne reste jamais indifférent.

Puis vient l’ordre qui fait éclater la mort :
« Lazare, viens dehors ! »
Et l’appel s’adresse aussi à nous. Quitter nos tombeaux. Laisser le Christ ouvrir ce que nous pensions définitivement scellé. Entendre sa voix plus forte que nos fatalismes. Le laisser délier ce qui nous entrave encore.

Croyons-nous vraiment que le Christ peut aujourd’hui encore faire surgir la vie là où nous ne voyons que l’ombre ?
Croyons-nous qu’il peut relever notre communauté, soutenir nos familles, guérir nos fractures intérieures, et nous envoyer — libres — vers la lumière ?

En ce temps de Carême, Jésus nous redit :
« Si tu crois, tu verras la gloire de Dieu. »

Ne cherchons pas d’abord à comprendre : ouvrons-lui simplement la pierre, laissons-le parler, laissons-le nous appeler. Avec Lui, la vie aura toujours le dernier mot.

 

« Réjouissez-vous avec Jérusalem, exultez en elle, Vous tous qui l’aimez ! »

Edito 

« Réjouissez-vous avec Jérusalem, exultez en elle, Vous tous qui l’aimez ! » (Is 66,10).

 

Aujourd’hui, dimanche de Lætare, l’Église nous invite à un moment de joie au cœur même du Carême. Au milieu de nos efforts, de nos jeûnes, de nos questionnements, une couleur rose apparaît sur l’autel : signe que la lumière approche, que Pâques n’est plus très loin.

Et justement, l’Évangile nous parle de lumière. Jésus rencontre un homme aveugle de naissance, un homme qui n’a jamais vu le jour, le visage de sa mère, les couleurs du monde. Les disciples posent la question habituelle : « Qui a péché ? » Jésus répond autrement : « Ni lui, ni ses parents. Mais c’était pour que les œuvres de Dieu se manifestent en lui. » Et il agit : un peu de boue, un envoi à la piscine de Siloé, et l’homme revient… voyant !

Mais le plus beau n’est pas seulement dans la guérison physique. C’est le chemin de foi que fait cet homme : D’abord, il dit : « L’homme qu’on appelle Jésus… » Puis : « C’est un prophète. » Ensuite : « Si cet homme n’était pas de Dieu, il ne pourrait rien faire. » Enfin, face à Jésus lui-même : « Je crois, Seigneur ! » et il se prosterne.

Pendant ce temps, les pharisiens, eux, deviennent de plus en plus aveugles : ils enquêtent, disputent, excluent… Ils « voient » selon leurs certitudes, et c’est ce qui les empêche de voir vraiment. 

Et nous ? Où en est notre propre regard ? Avons-nous des zones d’aveuglement ? Des jugements rapides sur les autres (« Qui a péché ? »), des habitudes qui nous empêchent de reconnaître la présence de Jésus dans les plus fragiles, dans ceux que la société met à l’écart ?

– Ou bien laissons-nous le Christ nous approcher, nous toucher, nous envoyer nous laver – dans le baptême renouvelé, dans le sacrement de réconciliation, dans la charité concrète ?

Ce dimanche, Jésus nous redit : « Moi, je suis la lumière du monde. » Il ne nous laisse pas dans nos ténèbres. Il nous invite à venir à Lui, à nous laisser transformer, à oser le témoignage simple de l’aveugle guéri : « Une chose je sais : j’étais aveugle, et maintenant je vois. »

En ce temps de Carême, demandons cette grâce : que nos yeux s’ouvrent davantage à la lumière du Christ. Et que, comme l’aveugle devenu disciple, nous soyons capables de dire simplement, par toute notre vie : « Je crois, Seigneur ! »

Belle montée vers Pâques.

Samuel Tallon

Membre du CPP de la Paroisse Bonne Nouvelle

Troisième dimanche de carême

Edito :                      

 En ce troisième dimanche de carême l’évangéliste Saint Jean nous relate le dialogue entre Jésus et la Samaritaine.

           

La samaritaine va puiser de l’eau au puits. Il est midi, il fait chaud. Elle y trouve Jésus assis. Il est fatigué du voyage. Il lui demande à boire.

Les juifs et les samaritains s’adressant rarement la parole, la samaritaine est étonnée.

   A partir de cette demande un dialogue se noue et  Jésus va lui offrir le salut.

Elle lui confie sa vie et lui pose des questions.  Jésus lui parle d’une « eau vive » qui va non seulement étancher sa soif mais deviendra en elle « source d’eau qui jaillit pour la vie éternelle ».  Il déclare ensuite à cette femme aux mœurs réprouvées, qu’il est le Messie,

La samaritaine se fait messagère

Bouleversée elle laisse sa cruche et court annoncer aux villageois qu’elle a trouvé le Christ et les invite à aller à sa rencontre. Son cœur est vivifié, elle devient elle-même disciple. Les habitants, intrigués par son témoignage, viennent à leur tour le rencontrer et beaucoup croient en lui grâce à son influence. Les samaritains disaient : « Maintenant que nous l’avons entendu, nous savons qu’il est un sauveur pour le monde ».  Cette rencontre au puits de Jacob est un exemple puissant de la manière dont Jésus apporte une vie nouvelle à ceux qui le rencontrent.

Mais comment avoir cette eau vive ?

Jésus est la source d’eau vive toujours offerte, qui répand en abondance l’amour gratuit de Dieu. Comme ce fut le cas pour la Samaritaine, il nous faut désirer boire à cette source, faire un détour pour nous approcher de Lui et, par l’écoute de sa parole, étancher notre soif.

Cette eau vive qui purifie, rafraîchit, fait vivre, c’est aussi l’eau du Baptême et la grâce de la vie nouvelle qui est reçue est la vie éternelle déjà commencée.

La samaritaine, après sa rencontre avec Jésus, va partager ce qu’elle a découvert. Baptisés, nous sommes transformés par Jésus, par le don de Dieu, Ce don, nous ne pouvons le garder pour nous, alors osons témoigner de lui à son exemple

 

En ce troisième dimanche de carême, demandons au Seigneur que ce temps soit pour nous un chemin de conversion

et de renouveau dans notre vie de personne baptisée.

Maïté Biau,

Membre du CPP de Bonne Nouvelle

Le programme exigeant de Jésus sur la pratique de la Loi du Seigneur

Edito :      Le  programme exigeant de Jésus sur la pratique de la Loi du Seigneur

 

Le ministère public de Jésus et sa prédication débutent dans l’évangile de Matthieu par ce que nous nommons « le sermon sur la montagne » qui commence avec les Béatitudes.

Moïse est monté sur la montagne pour y recevoir la Loi de Dieu, et Jésus monte sur la montagne pour faire savoir qu’il n’est pas venu pour modifier la Loi, mais pour l’accomplir. Il s’inscrit donc dans la continuité de la Loi de Moïse, qui indique ce que Dieu attend de nous. Jésus nous fait savoir que notre vie doit être en cohérence avec les commandements.

Aux disciples réunis autour de Lui, Il demande non seulement d’observer les principales lois de la religion juive, « Vous avez appris », mais également de les affiner, « Eh bien ! Moi je vous dis ». Les exemples donnés par le Christ ont pour but de rappeler le sens profond des commandements. En effet, si les premiers commandements avaient pour objectif de fixer des règles de vie en société : ne pas tuer, ne pas voler, ne pas tromper…Ils ont été étoffés et précisés par les rabbins, au fur et à mesure que les exigences morales progressaient.

Jésus s’inscrit dans cette progression : il ne supprime pas les acquis précédents, il les peaufine encore plus, nous indiquant comment être justes aux yeux de Dieu, et trouver ainsi le chemin qui mène vers le Royaume divin, en harmonie avec le Père et nos frères humains.

Car curieusement, mais c’est bien conforme à toute la tradition biblique, ces commandements renouvelés de Jésus visent tous les relations avec les autres.

Si l’on y réfléchit, ce n’est pas étonnant : si le dessein bienveillant de Dieu, comme dit saint Paul, c’est de nous réunir tous en Jésus-Christ, tout effort que nous tentons vers l’unité fraternelle contribue à l’accomplissement du projet de Dieu, c’est-à-dire à la venue de son Règne. Il ne suffit pas de dire « Que ton Règne vienne », Jésus nous dit comment, petitement mais sûrement, on peut y contribuer.

 

Anne-Marie Berthomieu

 

Fin des Temps

Dans l’Évangile de ce dimanche, face aux disciples qui admirent le temple, œuvre des hommes, Jésus prononce des paroles apocalyptiques.

Il annonce que ce magnifique temple sera détruit.

Et quand les disciples lui demandent quand, Jésus ne répond pas à leur question. Car il juge beaucoup plus important de les préparer, ainsi que tous les chrétiens, à vivre cette période dont nous ne connaissons pas la durée et qui s’étend entre son Ascension et son retour à la fin des temps.

Il répond aux disciples par une prédication, et annonce des guerres, des catastrophes, des signes effrayants.

En fait, il nous annonce que notre chemin de chrétiens sera semé d’embûches, et que nous devrons nous battre pour continuer à vivre notre foi, et persévérer malgré l’hostilité de ceux qui ne veulent pas entendre parler de Jésus, et qui ne supportent pas que nous croyions en lui.

Il nous fait comprendre que nous ne devons pas nous laisser décourager, que nous ne devons pas cacher notre foi, mais au contraire la clamer, pour que l’Évangile porte du fruit.

En effet, l’Évangile se réalise si nous sommes fidèles à la Parole du Christ, si nous ne laissons pas l’indifférence ambiante devenir plus forte que notre foi.

Mais Jésus dit aussi que nous ne devons pas être effrayés, et que même si certains de nous souffrent ou meurent à cause de son Nom, cela ne nous portera pas préjudice, car «pas un cheveu de votre tête ne sera perdu».

Il nous annonce ainsi une nouvelle naissance dans son Royaume.

Jésus nous exhorte donc à persévérer dans notre foi.

Pour cela, nous devons lui faire confiance, même dans les pires moments, car c’est lui qui nous donne la force et la sagesse dont nous avons besoin.

 

La persévérance est impossible sans cette confiance en lui, en son amour incommensurable, et sans cette espérance du ciel.

 

«Cette espérance continue à indiquer comme véritable horizon de la vie les « cieux nouveaux » et la « terre nouvelle » (2 P 3, 13), où l’existence de toutes les créatures trouvera son sens authentique, car notre véritable patrie est dans les cieux (cf. Ph 3, 20).» Message du Saint-Père pour la 9ème Journée Mondiale des Pauvres.

 

Anne-Marie Berthomieu

Membre du CPP de Bonne Nouvelle

L’humilité, une révolution silencieuse

L’humilité, une révolution silencieuse

Dans un monde qui célèbre la performance, l’image et la réussite, les paroles de Jésus résonnent comme une douce provocation : « Quiconque s’élève sera abaissé, qui s’abaisse sera élevé. » À contre-courant des logiques dominantes, l’Évangile nous propose une autre voie — celle de l’humilité, du service, et du don gratuit.

L’illusion des premières places… Nous vivons dans une société où l’on apprend très tôt à se battre pour les premières places : à l’école, au travail, dans les cercles sociaux. Être vu, reconnu, valorisé semble être une nécessité vitale. Pourtant, cette course effrénée nous éloigne souvent de nous-mêmes, et des autres. Jésus, lors d’un repas chez un notable, observe ce besoin de briller. Et il le déconstruit avec une simplicité désarmante.

S’abaisser, ce n’est pas disparaître… L’humilité n’est pas une posture de faiblesse. Elle est une force tranquille, une manière de se tenir dans le monde sans chercher à dominer. S’abaisser, c’est faire de la place à l’autre. C’est reconnaître que notre valeur ne dépend pas de notre rang, mais de notre capacité à aimer, à écouter, à servir.

Dans le regard de Dieu, les grandeurs humaines s’effacent. Ce qui compte, c’est la vérité du cœur. Et c’est là que l’humilité devient une révolution : elle renverse les hiérarchies, elle libère des masques, elle ouvre à une joie profonde.

L’amour sans retour… Jésus va plus loin : il nous invite à inviter ceux qui ne peuvent rien nous rendre. Les pauvres, les estropiés, les oubliés. Il nous appelle à une charité sans calcul, à une générosité qui ne cherche pas de retour. C’est dans ce don gratuit que se révèle la grandeur véritable.

À l’heure où tant cherchent à s’élever… peut-être est-il temps de redécouvrir la beauté de l’abaissement. Non pas pour s’effacer, mais pour laisser Dieu nous élever à sa manière — dans la discrétion, dans la fidélité, dans l’amour.

L’humilité n’est pas une stratégie. C’est une lumière. Et elle éclaire ceux qui marchent sans bruit, mais avec foi.

TOUT N’EST PAS VALABLE

TOUT N’EST PAS VALABLE

 

Jésus est en route vers Jérusalem. Sa marche n’est pas celle d’un pèlerin qui monte au temple pour y accomplir ses devoirs religieux. D’après Luc, Jésus parcourt villes et hameaux «en enseignant». Il a besoin de communiquer quelque chose à ces gens-là: Dieu est un Père bon qui offre à tous son salut. Tous sont invités à accueillir son pardon.
Son message surprend tout le monde. Les pécheurs sont remplis de joie en l’entendant parler de la bonté insondable de Dieu: eux aussi peuvent espérer le salut. Dans les cercles pharisiens, par contre, on critique son message ainsi que l’accueil qu’il réserve aux collecteurs d’impôts, aux prostituées et aux pécheurs: Jésus, n’est-il pas en train d’ouvrir le chemin vers un relâchement moral et religieux inacceptable?
D’après Luc, un inconnu interrompt sa marche et lui pose la question de savoir le nombre de ceux qui seront sauvés: seront-ils peu, beaucoup? seront-ils tous sauvés? ou seulement les justes? Jésus ne répond pas directement à sa question. Ce n’est pas le fait de savoir le nombre de ceux qui seront sauvés qui est important. Ce qui est décisif, c’est de vivre dans une attitude lucide et responsable afin d’accueillir le salut offert par ce Dieu Bon. Jésus le rappelle à tous: «Efforcez-vous d’entrer par la porte étroite».
C’est ainsi qu’il coupe court à la réaction de ceux qui comprennent son message comme une invitation au laxisme. Ce serait se moquer du Père. Le salut n’est pas quelque chose que l’on reçoit de façon irresponsable d’un Dieu permissif. Ce n’est pas non plus le privilège de quelques élus. Il ne suffit pas d’être des fils d’Abraham ou d’avoir connu le Messie.
Pour accueillir le salut de Dieu il faut faire des efforts, lutter, imiter le Père et croire à son pardon. Jésus ne rabaisse pas ses exigences: «Soyez miséricordieux comme votre Père est miséricordieux». «Ne jugez pas et vous ne serez pas jugés»; «Pardonnez jusqu’à soixante-dix-sept fois sept fois»comme votre Père; «Cherchez le royaume de Dieu et sa justice».
Pour comprendre correctement l’invitation à «entrer par la porte étroite», nous devons rappeler les paroles de Jésus que nous pouvons lire dans l’évangile de Jean: «Je suis la porte: si quelqu’un entre par moi il sera sauvé» (Jean 10,9). Entrer par la porte étroite c’est «suivre Jésus»; apprendre à vivre comme lui; prendre sa croix et faire confiance au Père qui l’a ressuscité.
Dans cette suite de Jesus, tout n’est pas valable ou indifférent: il nous faut répondre à l’amour du Père avec fidélité. Ce que Jésus demande n’est pas un rigorisme légaliste mais un amour radical envers Dieu et envers son frère. C’est pourquoi, son appel est source d’exigence et non d’angoisse. Jésus Christ est une porte toujours ouverte. Personne ne peut la fermer, sauf nous seuls si nous nous fermons à son pardon.

José Antonio Pagola
Traducteur: Carlos Orduna

NE PAS VIVRE ENDORMIS

NE PAS VIVRE ENDORMIS

L’un des risques qui nous menacent aujourd’hui est de tomber dans une vie superficielle, mécanique, routinière, massifiée…
Il n’est pas facile d’y échapper. Au fil des années, les projets, les objectifs et les idéaux de nombreuses personnes finissent par s’estomper.
Nombreux sont ceux qui finissent par se lever chaque jour rien que pour «vivoter».
Où trouver un principe humanisant, un principe qui puisse nous libérer de la superficialité, de l’encombrement, de la routine ou du vide intérieur?
L’insistance avec laquelle Jésus parle de vigilance est surprenante. On peut dire qu’il comprend la foi comme une attitude vigilante qui nous libère de ce non-sens qui domine beaucoup d’hommes et de femmes, qui marchent dans la vie sans but ni objectif.
Habitués à vivre la foi comme une tradition familiale, un héritage ou une coutume de plus, nous ne sommes pas capables de découvrir tout le pouvoir qu’elle contient pour nous humaniser et donner un nouveau sens à notre vie.
C’est pourquoi il est triste d’observer combien d’hommes et de femmes abandonnent une foi vécue de manière inconsciente et irresponsable pour adopter une attitude de non-croyance aussi inconsciente et irresponsable que leur position précédente.
L’appel de Jésus à la vigilance nous invite à nous réveiller de l’indifférence, de la passivité ou de l’insouciance avec lesquelles nous vivons souvent notre foi. Pour la vivre lucidement, nous avons be-soin de la connaître plus profondément, de la confronter à d’autres attitudes possibles face à la vie, d’en être reconnaissants et d’essayer de la vivre avec toutes ses conséquences.
La foi est alors la lumière qui inspire nos critères d’action, la force qui anime notre engagement pour construire une société plus humaine, une espérance qui anime toute notre vie quotidienne.

José Antonio Pagola
Traductor: Carlos Orduña

D’UNE MANIÈRE PLUS SAINE

D’UNE MANIÈRE PLUS SAINE

«Couche toi, mange, bois et mène la belle vie»: cette devise de l’homme riche de la parabole de l’Évangile n’est pas nouvelle. Elle a été l’idéal de beaucoup au cours de l’histoire, mais aujourd’hui elle est vécue à si grande échelle et sous une pression sociale si forte qu’il est difficile de cultiver un style de vie plus sobre et plus sain.
La société moderne a depuis longtemps institutionnalisé la consommation: presque tout est orienté vers la jouissance de produits, de services et d’expériences toujours nouvelles. Le slogan du bien-être est clair: «Mène la belle vie». La publicité nous propose la jeunesse, l’élégance, la sécurité, le naturel, la puissance, le bien-être, le bonheur. La vie doit être nourrie par la consommation.
Un autre facteur décisif dans la société actuelle est la mode. Dans l’histoire de l’humanité, il y a toujours eu des tendances et des goûts fluctuants. Ce qui est nouveau, c’est «l’empire de la mode», qui est devenu le principal guide de la société moderne. Ce ne sont plus les religions ou les idéologies qui guident le comportement de la majorité. La publicité et la séduction de la mode remplacent l’église, la famille ou l’école. C’est la mode qui nous apprend à vivre et à satisfaire les «besoins artificiels» du moment.
Une autre caractéristique du style de vie moderne est la séduction des sens et le soin de l’extérieur. Nous devons faire attention à notre corps, à notre silhouette, à notre poids, à la gymnastique et aux contrôles; nous devons apprendre de nouvelles thérapies et de nouveaux remèdes; nous devons suivre de près les conseils médicaux et culinaires. Il faut apprendre à «se sentir bien» dans sa peau et dans les relations avec les autres; il faut savoir se conduire habilement dans le domaine de la sexualité: connaître toutes les formes de plaisir possibles, jouir et accumuler de nouvelles expériences.
Ce serait une erreur de «diaboliser» cette société qui offre tant de possibilités de prendre soin des différentes dimensions de l’être humain et de développer une vie intégrale et intégratrice. Mais il serait tout aussi erroné de se laisser entraîner frivolement par n’importe quelle mode ou revendication, en réduisant l’existence à un bien-être purement matériel. La parabole de l’Évangile nous invite à découvrir la stupidité que peut contenir cette manière d’envisager la vie.
Pour réussir dans la vie, il ne suffit pas de se la couler douce. L’être humain n’est pas seulement un animal avide de plaisir et de bien-être. Il est aussi fait pour cultiver l’esprit, pour connaître l’amitié, pour expérimenter le mystère de la transcendance, pour être reconnaissant de la vie, pour vivre dans la solidarité. Il est inutile de se plaindre de la société actuelle. L’important est d’agir de manière intelligente.

José Antonio Pagola
Traductor: Carlos Orduña