« Si tu crois, tu verras la gloire de Dieu »
L’Évangile de ce dimanche nous conduit à Béthanie, dans la maison de trois amis chers à Jésus : Marthe, Marie et Lazare. Leur cri rejoint souvent le nôtre : « Seigneur, celui que tu aimes est malade. » C’est le cri de la détresse humaine, celui que nous lançons lorsque la vie nous échappe, lorsque la souffrance ou la mort semblent prendre toute la place.
Et pourtant, au cœur de cette inquiétude, Jésus ne se précipite pas. Il demeure encore deux jours. Mystérieuse patience de Dieu, qui ne répond pas toujours selon nos urgences, mais selon son dessein de vie. Là où nous ne voyons que l’échec, Jésus discerne déjà la gloire du Père.
Lorsque Jésus arrive enfin à Béthanie, Marthe l’accueille avec une foi blessée mais tenace :
« Seigneur, si tu avais été ici… mais je sais que tout ce que tu demanderas à Dieu, il te l’accordera. »
Marthe met des mots sur ce que beaucoup de croyants osent difficilement avouer : la déception devant un Dieu qui semble ne pas avoir agi. Et pourtant, elle reste ouverte à l’espérance. Sa foi n’est pas parfaite, mais elle est vraie — et Jésus la rejoint là.
Alors retentit une parole unique dans l’histoire du monde :
« Moi, je suis la Résurrection et la Vie. »
Ce n’est pas seulement une promesse pour l’au-delà ; c’est une lumière pour aujourd’hui. Jésus ne vient pas seulement ressusciter un mort : il vient délier tout ce qui enferme, tout ce qui sent déjà la mort dans nos existences — nos peurs, nos découragements, nos enfermements, nos petits tombeaux intérieurs.
Devant le tombeau de Lazare, Jésus pleure. Dieu pleure avec nous : voilà le cœur du mystère. Avant d’agir, il compatit. Avant de relever, il rejoint. Ses larmes sont déjà une victoire, car elles révèlent un Dieu qui ne reste jamais indifférent.
Puis vient l’ordre qui fait éclater la mort :
« Lazare, viens dehors ! »
Et l’appel s’adresse aussi à nous. Quitter nos tombeaux. Laisser le Christ ouvrir ce que nous pensions définitivement scellé. Entendre sa voix plus forte que nos fatalismes. Le laisser délier ce qui nous entrave encore.
Croyons-nous vraiment que le Christ peut aujourd’hui encore faire surgir la vie là où nous ne voyons que l’ombre ?
Croyons-nous qu’il peut relever notre communauté, soutenir nos familles, guérir nos fractures intérieures, et nous envoyer — libres — vers la lumière ?
En ce temps de Carême, Jésus nous redit :
« Si tu crois, tu verras la gloire de Dieu. »
Ne cherchons pas d’abord à comprendre : ouvrons-lui simplement la pierre, laissons-le parler, laissons-le nous appeler. Avec Lui, la vie aura toujours le dernier mot.
Et justement, l’Évangile nous parle de lumière. Jésus rencontre un homme aveugle de naissance, un homme qui n’a jamais vu le jour, le visage de sa mère, les couleurs du monde. Les disciples posent la question habituelle : « Qui a péché ? » Jésus répond autrement : « Ni lui, ni ses parents. Mais c’était pour que les œuvres de Dieu se manifestent en lui. » Et il agit : un peu de boue, un envoi à la piscine de Siloé, et l’homme revient… voyant !
La samaritaine va puiser de l’eau au puits. Il est midi, il fait chaud. Elle y trouve Jésus assis. Il est fatigué du voyage. Il lui demande à boire.
Moïse est monté sur la montagne pour y recevoir la Loi de Dieu, et Jésus monte sur la montagne pour faire savoir qu’il n’est pas venu pour modifier la Loi, mais pour l’accomplir. Il s’inscrit donc dans la continuité de la Loi de Moïse, qui indique ce que Dieu attend de nous. Jésus nous fait savoir que notre vie doit être en cohérence avec les commandements.
Et quand les disciples lui demandent quand, Jésus ne répond pas à leur question. Car il juge beaucoup plus important de les préparer, ainsi que tous les chrétiens, à vivre cette période dont nous ne connaissons pas la durée et qui s’étend entre son Ascension et son retour à la fin des temps.
Dans un monde qui célèbre la performance, l’image et la réussite, les paroles de Jésus résonnent comme une douce provocation : « Quiconque s’élève sera abaissé, qui s’abaisse sera élevé. » À contre-courant des logiques dominantes, l’Évangile nous propose une autre voie — celle de l’humilité, du service, et du don gratuit.
Jésus est en route vers Jérusalem. Sa marche n’est pas celle d’un pèlerin qui monte au temple pour y accomplir ses devoirs religieux. D’après Luc, Jésus parcourt villes et hameaux «en enseignant». Il a besoin de communiquer quelque chose à ces gens-là: Dieu est un Père bon qui offre à tous son salut. Tous sont invités à accueillir son pardon.
L’un des risques qui nous menacent aujourd’hui est de tomber dans une vie superficielle, mécanique, routinière, massifiée…
Un autre facteur décisif dans la société actuelle est la mode. Dans l’histoire de l’humanité, il y a toujours eu des tendances et des goûts fluctuants. Ce qui est nouveau, c’est «l’empire de la mode», qui est devenu le principal guide de la société moderne. Ce ne sont plus les religions ou les idéologies qui guident le comportement de la majorité. La publicité et la séduction de la mode remplacent l’église, la famille ou l’école. C’est la mode qui nous apprend à vivre et à satisfaire les «besoins artificiels» du moment.
Ami, en ce début de vacances, prépare ton sac de missionnaire. Glisse dedans une pincée de prière, une vague de douceur, un zeste de simplicité, un parfum de paix et cette proximité qui fait toute la différence: c’est ça le kit du missionnaire.