Marcher dans la confiance
« Que votre cœur ne soit pas bouleversé. »
Ces paroles de Jésus, nous aimerions les entendre plus souvent tant nos cœurs sont parfois traversés par le doute, l’inquiétude ou la fatigue. Elles sont prononcées à un moment décisif : Jésus sait que la séparation approche, que ses disciples vont être déstabilisés, et il choisit de leur parler non pas de peur, mais de confiance.
La confiance n’est pas naïve. Jésus ne nie pas les difficultés ou les épreuves à venir. Il ne promet pas une route sans obstacles. Mais il affirme une certitude essentielle : Dieu est fidèle, et notre vie a un horizon. « Dans la maison de mon Père, il y a de nombreuses demeures » : nous ne sommes pas de passage par hasard sur cette terre. Chacun de nous est attendu, désiré, appelé à une communion plus grande que ce que nous pouvons imaginer.
Face à l’incompréhension de Thomas — « Comment pourrions-nous savoir le chemin ? » — Jésus ne donne ni explication compliquée, ni itinéraire détaillé. Il offre sa personne : « Moi, je suis le Chemin, la Vérité et la Vie. » La foi chrétienne ne consiste pas d’abord à maîtriser un savoir ou à réussir une performance spirituelle, mais à marcher avec le Christ, à lui faire confiance même lorsque la route semble obscure.
Être chrétien aujourd’hui, dans notre paroisse, ce n’est pas avoir toutes les réponses. C’est accepter d’avancer ensemble, à la lumière de l’Évangile, en laissant Jésus éclairer nos choix, nos relations, nos engagements. C’est aussi découvrir, à travers lui, le vrai visage de Dieu : non pas un Dieu lointain ou indifférent, mais un Père proche, présent au cœur de nos joies comme de nos fragilités.
Jésus va même plus loin : il nous confie une mission. « Celui qui croit en moi fera les œuvres que je fais. » Chacun, là où il est, peut devenir un témoin vivant de l’amour de Dieu : par un geste de service, une parole de réconfort, une présence attentive, un pardon offert. Ces petits actes, souvent invisibles, construisent l’Église et rendent le Christ présent aujourd’hui.
Acceptons de marcher derrière le Christ : il est le Chemin qui nous conduit, la Vérité qui nous éclaire, et la Vie qui ne déçoit pas.
Ensemble des paroisses Saint Guiraud
L’Évangile de Jean présente Jésus à travers des images originales et belles. Il veut que ses lecteurs découvrent que lui seul peut répondre pleinement aux besoins les plus fondamentaux de l’être humain. Jésus est «le pain de vie» : celui qui se nourrit de lui n’aura pas faim. Il est «la lumière du monde» : celui qui le suit ne marchera pas dans les ténèbres. Il est «le bon berger» : celui qui écoute sa voix trouvera la vie.
Deux disciples de Jésus s’éloignent de Jérusalem, abandonnant le groupe de disciples qui s’était formé autour de lui. Jésus étant mort, le groupe se désagrège. Sans lui, il n’y a plus de raison de rester ensemble. Le rêve s’est évanoui. Avec la mort de Jésus, l’espoir qu’il avait suscité dans leurs coeurs meurt également. N’est-ce pas un peu ce qui se passe dans nos communautés? Ne sommes-nous pas en train de laisser mourir la foi en Jésus?
Cette paix ne supprime pas toutes les difficultés, mais elle donne la force de les traverser autrement.
Aujourd’hui, 2ème dimanche de Pâques nous achevons l’octave de ce temps liturgique, l’une des deux octaves, avec celle de Noël, qui demeurent après le renouvellement de la liturgie opéré par le Concile Vatican II. Pendant huit jours nous avons contemplé le même mystère afin de l’approfondir sous la lumière de l’Esprit Saint.
De même que, pour le Judaïsme le but de la vie est la communion avec Dieu, pour les chrétiens l’objectif est aussi cette communion avec Dieu, cependant elle est rendue possible uniquement grâce à la mort et la résurrection de Jésus. Par sa résurrection, Jésus nous a transmis une autre manière de vivre, une autre qualité, une nouvelle dimension de la vie (en grec ZOE) qui nous permet d’entrer en Dieu. C’est exactement ce que saint Jean essaie de nous dire dans sa première lettre : « Oui, la vie s’est manifestée, nous l’avons vue, et nous rendons témoignage : nous vous annonçons la vie éternelle qui était auprès du Père et qui s’est manifestée à nous » (1J 1,2).
Dans ce passage de l’Evangile, nous voyons que la foi de l’homme et la toute-puissance de Dieu, de l’amour de Dieu, se cherchent et finalement se rencontrent. C’est comme un double chemin : la foi de l’homme et la toute-puissance de l’amour de Dieu qui se cherchent et finalement se rencontrent.
Puis vient l’ordre qui fait éclater la mort :
Et justement, l’Évangile nous parle de lumière. Jésus rencontre un homme aveugle de naissance, un homme qui n’a jamais vu le jour, le visage de sa mère, les couleurs du monde. Les disciples posent la question habituelle : « Qui a péché ? » Jésus répond autrement : « Ni lui, ni ses parents. Mais c’était pour que les œuvres de Dieu se manifestent en lui. » Et il agit : un peu de boue, un envoi à la piscine de Siloé, et l’homme revient… voyant !