Le programme exigeant de Jésus sur la pratique de la Loi du Seigneur

Edito :      Le  programme exigeant de Jésus sur la pratique de la Loi du Seigneur

 

Le ministère public de Jésus et sa prédication débutent dans l’évangile de Matthieu par ce que nous nommons « le sermon sur la montagne » qui commence avec les Béatitudes.

Moïse est monté sur la montagne pour y recevoir la Loi de Dieu, et Jésus monte sur la montagne pour faire savoir qu’il n’est pas venu pour modifier la Loi, mais pour l’accomplir. Il s’inscrit donc dans la continuité de la Loi de Moïse, qui indique ce que Dieu attend de nous. Jésus nous fait savoir que notre vie doit être en cohérence avec les commandements.

Aux disciples réunis autour de Lui, Il demande non seulement d’observer les principales lois de la religion juive, « Vous avez appris », mais également de les affiner, « Eh bien ! Moi je vous dis ». Les exemples donnés par le Christ ont pour but de rappeler le sens profond des commandements. En effet, si les premiers commandements avaient pour objectif de fixer des règles de vie en société : ne pas tuer, ne pas voler, ne pas tromper…Ils ont été étoffés et précisés par les rabbins, au fur et à mesure que les exigences morales progressaient.

Jésus s’inscrit dans cette progression : il ne supprime pas les acquis précédents, il les peaufine encore plus, nous indiquant comment être justes aux yeux de Dieu, et trouver ainsi le chemin qui mène vers le Royaume divin, en harmonie avec le Père et nos frères humains.

Car curieusement, mais c’est bien conforme à toute la tradition biblique, ces commandements renouvelés de Jésus visent tous les relations avec les autres.

Si l’on y réfléchit, ce n’est pas étonnant : si le dessein bienveillant de Dieu, comme dit saint Paul, c’est de nous réunir tous en Jésus-Christ, tout effort que nous tentons vers l’unité fraternelle contribue à l’accomplissement du projet de Dieu, c’est-à-dire à la venue de son Règne. Il ne suffit pas de dire « Que ton Règne vienne », Jésus nous dit comment, petitement mais sûrement, on peut y contribuer.

 

Anne-Marie Berthomieu

 

Jubilé sacerdotal du Chanoine Hervé Dussel

CATHEDRALE SAINTS NAZAIRE ET CELSE

Jubilé sacerdotal

du Chanoine Hervé Dussel

28 janvier 2026.

 

 Chant d’entrée :

R/ Peuple de Dieu, cité de l´Emmanuel,

Peuple de Dieu, sauvé dans le sang du Christ,

Peuple de baptisés, Eglise du Seigneur,

Louange à toi !

1 – Peuple choisi pour être ami de Dieu,

Rappelle-toi l´Alliance avec Moïse,

Et la promesse faite à ceux qui croient dans le Seigneur.

2 – Peuple choisi pour être ami de Dieu,

Rappelle-toi l´annonce du Baptiste :

« Dieu va venir ! Prépare le chemin, change ton cœur ! »

3 – Peuple choisi pour être ami de Dieu,

Rappelle-toi Marie, comblée de grâce,

Humble servante nous montrant sa foi dans l´Eternel.

4 – Peuple choisi pour être ami de Dieu,

Rappelle-toi le temps de sa visite :

Chez les plus pauvres vient le Fils de Dieu, pour te sauver.

5 – Peuple choisi pour être ami de Dieu,

Rappelle-toi la croix du Fils unique :

Dans sa tendresse, Dieu nous a sauvés en Jésus Christ.

 

Refrain de la Prière Universelle :

Seigneur nous avons tant besoin de toi,

Tu nous aimes, nous sommes Tes enfants,

d’un même cœur et d’une même voix,

nous Te prions et savons que Tu entends.

 

Chant de communion :

R/ Recevez le Christ doux et humble

Dieu, caché en cette hostie

Bienheureux disciples du Seigneur

Reposez sur son cœur, apprenez tout de lui

 

  1. Voici le Fils aimé du Père Don de Dieu pour sauver le monde

Devant nous il est là, il se fait proche Jésus,

L’Agneau de Dieu !

  1. Jésus, jusqu’au bout tu nous aimes Tu prends la condition d’esclave

Roi des rois, tu t’abaisses jusqu’à terre

Pour nous laver les pieds.

  1. Seigneur, comme est grand ce mystère

Maître, comment te laisser faire ? En mon corps, en mon âme pécheresse

Tu viens pour demeurer.

  1. Je crois, mon Dieu, en toi j’espère Lave mes pieds et tout mon être

De ton cœur, fais jaillir en moi la source

L’eau vive de l’Esprit.

  1. Seigneur, tu m’appelles à te suivre Viens au secours de ma faiblesse

En mon cœur, viens, établis ta demeure

Que brûle ton amour.

 

Chant à la Vierge :

R/Chez nous soyez Reine, nous sommes à vous,

Régnez en souveraine Chez nous, Chez nous,

Soyez la madone qu’on prie à genoux,

Qui sourit et pardonne, Chez nous, Chez nous.

 

1.Salut, ô Notre-Dame, nous voici devant Vous,

Pour confier nos âmes A votre cœur si doux.

2.Vous êtes notre Mère, portez à votre Fils

La fervente prière de vos enfants chéris.

3.L’Archange qui s’incline Vous loue au nom du ciel.

Donnez la paix divine A notre cœur mortel.

4.Gardez, ô Vierge pure, O Coeur doux entre tous

Nos âmes sans souillure, Nos cœurs vaillants et doux.

Fête de la conversion de St Paul Apôtre

Dimanche 25/01/2026, 3ème dimanche du Temps Ordinaire

Qui est aussi la fête de la conversion de St Paul Apôtre

(mais dont le dimanche, cette année, a la préséance sur cette fête).

 

Arrêtons-nous tout d’abord sur le saint de ce jour et sur sa conversion.

Rappelons-nous : sur la route de Damas le Christ ressuscité se révèle à Saul, intransigeant défenseur des traditions hébraïques ; le Seigneur Jésus Christ le change en l’Apôtre Paul, qui portera l’Evangile dans le monde jusqu’aux frontières de l’Inde en passant par l’Ethiopie.         

Dans la première lecture tirée du livre d’Isaïe, le peuple qui vivait dans les ténèbres découvre une grande lumière ; alors la joie éclate, l’allégresse s’empare des esprits, car le joug qui pesait sur lui, la barre qui meurtrissait son épaule, le bâton du tyran : tout cela fut brisé.

Le psaume 26 d’ailleurs exprime bien cette joie et cette confiance dans les bontés du Seigneur.

Dans la lettre de Saint Paul aux Corinthiens, Paul exhorte les évangélisés à avoir le même langage, à ne plus se disputer, car ils se disaient appartenir, l’un à Pierre, l’autre à Paul ou à d’autres encore… Alors Paul leur a tout simplement précisé que lui, appartenait au Christ. « Le Christ ne m’a pas envoyé pour baptiser mais pour annoncer l’Evangile ». Le Christ nous envoie nous aussi, comme les Apôtres, pour annoncer cette Bonne Nouvelle qui est pour tous.

Dans l’Evangile suivons notre Seigneur Jésus Christ en pays de Galilée, des territoires de Zabulon et de Nephtali, comme l’avait prédit Isaïe : « Une lumière s’est levée en Galilée ». Alors sur les bords de la mer de Galilée Jésus commença à choisir ses premiers disciples. Il demanda à Pierre et à André, à Jacques et à Jean de le suivre, de tout abandonner, de devenir pécheurs d’hommes. Et ainsi, à la suite de Jésus, ils enseignaient dans les synagogues, guérissaient les malades, chassaient les démons, proclamaient L’Evangile, répandaient la lumière, annonçaient le Royaume.

Alors, dans la joie et l’allégresse, répandons la lumière, à notre tour si nous en sommes dignes.

Aidons nos frères et sœurs à ouvrir les yeux sur notre humanité inondée de la lumière d’Amour de notre Seigneur Jésus Christ.

Chantons, dansons et crions d’allégresse et de joie dans la lumière et l’Amour de notre Père.

Henri CLEMENT 

Membre du CPP de Bonne Nouvelle

L’Agneau de Dieu

Liturgie du dimanche 18 janvier 2026

« Voici l’Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde »
par Frère Franck Guyen Op

Jean le Baptiste a déclaré en voyant Jésus venir vers lui : « Voici l’Agneau de Dieu, qui enlève le péché du monde ». Cette déclaration est prononcée chaque jour dans le monde entier par le prêtre quand il présente aux fidèles l’hostie consacrée pendant la messe. Parvenus ici au cœur du mystère chrétien, nous devrions nous taire et adorer, mais puisqu’il faut parler, faisons-le avec l’humilité et la dévotion qui conviennent au cœur du mystère chrétien.

« L’Agneau de Dieu » renvoie d’abord à l’agneau qui était immolé pendant la Pâque juive. Rappelons que dans l’évangile de Jean, Jésus meurt à Pâques le jour de l’immolation des agneaux. Pendant cette fête, le peuple juif rendait grâce à Dieu qui a sorti son peuple réduit en esclavage de l’Égypte pour le faire entrer dans le pays béni de la Terre promise.

De même, par son sang versé sur la croix, Jésus libère l’humanité captive de l’esclavage du péché et de la mort et, en ressuscitant et en montant au Ciel, il ouvre le chemin vers le Royaume de Dieu à son Église.

« L’Agneau de Dieu » renvoie aussi à la figure du serviteur souffrant du prophète Isaïe. Isaïe le compare à un agneau qui ne dit rien alors qu’on le tond, à une brebis qui ne bronche pas alors qu’on la mène à l’abattoir. Dans la prophétie, les hommes méprisent et brutalisent le serviteur, et c’est seulement après l’avoir tué qu’ils comprennent sa véritable identité : il est le serviteur envoyé par Dieu pour sauver les multitudes de leur injustice et de leur méchanceté.

Cette figure, unique dans l’Ancien Testament, trouve son accomplissement en Jésus. Jésus garde le silence lors de son procès : les paroles sont inutiles face à ses détracteurs, et c’est au Père d’établir la justice de son Fils en le ressuscitant. « Voici l’homme », dira Ponce Pilate en exhibant un homme ligoté, bafoué, battu, fouetté. Jésus avait-il encore visage humain ?

« Seigneur, ils ne savent pas ce qu’ils font », dira Jésus à son Père à propos de ses bourreaux. Lui savait ce qu’il faisait, et quand il a prononcé les paroles sur le pain et le vin : « Ceci est mon corps, livré pour vous », « Ceci est mon sang, le sang versé pour vous », il savait ce qu’il allait endurer dans sa chair le lendemain et qui vaudrait le salut de beaucoup.

Nous voici de retour à la messe. Le prêtre élève l’hostie en disant : « Voici l’Agneau de Dieu qui enlève les péchés du monde ». Jésus vient vers nous. Il peut nous relever de nos péchés, de notre mort. Il a ce pouvoir, il est l’Agneau de Dieu.

AIMER LA VIE

AIMER LA VIE

Les gens ne veulent pas entendre parler de spiritualité, car ils ne savent pas ce que ce mot recouvre ; ils ignorent qu’il signifie plus que la religiosité et qu’il ne s’identifie pas à ce que l’on entend traditionnellement par piété. «Spiritualité» signifie vivre une «relation vitale» avec l’Esprit de Dieu, et cela n’est possible que lorsque l’on fait l’expérience de Dieu comme «source de vie» dans chaque expérience humaine.

Comme l’a expliqué Jürgen Moltmann, vivre en contact avec l’Esprit de Dieu «ne conduit pas à une spiritualité qui se passe des sens, tournée vers l’intérieur, ennemie du corps, coupée du monde, mais à une nouvelle vitalité de l’amour de la vie». Face à ce qui est mort, pétrifié ou insensible, l’Esprit éveille toujours l’amour de la vie. C’est pourquoi vivre «spirituellement», c’est «vivre contre la mort», affirmer la vie malgré la faiblesse, la peur, la maladie ou la culpabilité. Celui qui vit ouvert à l’Esprit de Dieu vibre avec tout ce qui fait grandir la vie et se rebelle contre ce qui la blesse et la tue.

Cet amour de la vie engendre une joie différente, enseigne à vivre de manière amicale et ouverte, en paix avec tous, en se donnant la vie les uns aux autres, en s’accompagnant dans la tâche de rendre notre vie plus digne et plus heureuse. Jürgen Moltmann ose appeler «énergie érotisante» cette énergie vitale que l’Esprit insuffle à la personne, car elle fait vivre de manière joyeuse, attrayante et séduisante.

Cette expérience spirituelle élargit le coeur: nous commençons à sentir que nos attentes et nos aspirations les plus profondes se mêlent aux promesses de Dieu; notre vie finie et limitée s’ouvre à l’infini. Nous découvrons aussi que «sanctifier la vie» ne signifie pas la moraliser, mais la vivre à partir de l’Esprit Saint, c’est-à-dire la voir et l’aimer comme Dieu la voit et l’aime: bonne, digne et belle, ouverte au bonheur éternel.

Telle est, selon Jean-Baptiste, la grande mission du Christ: «nous baptiser dans l’Esprit Saint», nous apprendre à vivre en contact avec l’Esprit. Seul cela peut nous libérer d’une manière triste et rachitique de comprendre et de vivre la foi en Dieu.

José Antonio Pagola
Traductor: Carlos Orduña

ENSEMBLE PRIONS POUR L’UNITÉ DES CHRETIENS

ENSEMBLE PRIONS POUR L’UNITE DES CHRETIENS

 

        Les dates du 18 au 25 janvier de chaque année sont reconnues dans l’Eglise comme « semaine de prière pour l’unité des chrétiens ».  Cette semaine de prière est devenue un moment important dans la tradition de l’Eglise catholique qui invite tous les chrétiens à prier pour l’unité des chrétiens dans le but de répondre à la volonté du Seigneur qui a dit : « que tous soient un, comme toi, Père, tu es en moi et comme moi, je suis en toi… » (Jn 17, 21).

Face à la multitude des tendances et dénominations d’obédience chrétienne, il s’est imposé à travers l’histoire, la nécessité de l’unité de tous ceux qui se réclament chrétiens, c’est-à-dire disciples du Christ.

        C’est ainsi que les initiateurs de la semaine pour l’unité des chrétiens avaient voulu réveiller la conscience de tous les chrétiens en les invitant à prier pour l’unité qui est, en réalité, un signe concret de notre appartenance à l’unique troupeau sous la houlette de l’unique pasteur.

        A Béziers cette année, dans le cadre de cette semaine de prière, nous sommes invités à prier ensemble pour l’unité de l’Eglise lors de la célébration œcuménique du mercredi 21 janvier à 20h au St Curé d’Ars.

        Depuis 2017, année de mon intégration dans l’Animation Pastorale de Béziers, je loue la fidélité à l’organisation de la semaine de prière pour l’unité des chrétiens dans notre secteur qui prend en compte l’alternance de lieux de célébration de la prière œcuménique : temple, églises et synagogue.

        Pour souligner l’importance de l’unité et du respect de la diversité religieuse, Arnaud PETIT, lors d’une réunion en sous-groupe de l’Equipe Béziers 2035 réfléchissant sur le chantier « Dialogue avec la société » (les croyants, les non croyants et les autres religions), disait : « Ensemble vers la paix est un groupe interreligieux fondé en 2006 au quartier de la Devèze à Béziers. Il rassemble des chrétiens (catholiques et protestants) et des musulmans qui souhaitent favoriser des moments de rencontres et d’échanges entre les différentes communautés. J’ai la joie d’en faire partie depuis septembre dernier. A noter que le groupe Ensemble pour la Paix participera le 15 février prochain à la salle Albert Camus de la Devèze à la journée de la Fraternité en collaboration avec la Cimade et la Ligue des Droits de l’Homme sur le thème « Les frontières favorisent-elles la fraternité ?».

        L’unité des chrétiens ne peut toutefois se construire sur de simples bonnes intentions, mais avec un engagement de tous et de chacun. Que l’Esprit Saint nous aide à dépasser nos divisions pour témoigner d’une foi vivante et fraternelle. Ainsi, unis dans l’espérance, nous rendrons le Christ plus visible au cœur du monde.

 

Sœur Béatrice NTABAJANA   Membre du CPP de Bonne Nouvelle

BÉZIERS 2035

 

 

 

 

Point d’étape début 2026

L’équipe Béziers 2035 travaille !

Les membres se sont retrouvés en visio mi-novembre afin d’échanger sur les axes de travail proposés par les équipes d’animations pastorales des différentes paroisses de Béziers.

À l’issue de cet échange, 4 pôles ont été formés :

Histoire, Géographie/démographie : pour avoir des données concrètes sur l’évolution, la situation géographique et démographique des fidèles à Béziers au long des années. (2 personnes)

Recherche de pépites : pour repérer et référencer ce qui marche bien dans nos Églises (3 personnes)

Dialogue de l’Église avec la société : pour faire l’état des lieux de la place de l’église sur notre territoire : relations interreligieuses, accueil, visibilité… (7 personnes)

Communication : pour vous tenir informé de l’avancée des travaux de l’équipe et pouvoir échanger avec vous. (1 personne)

 

Un pôle en plus, l’évangélisation, réunira les 13 membres de l’équipe. Ils réfléchiront ensemble sur le sujet lors de leur prochaine rencontre en présentiel. (février)

 

Une adresse e-mail a été créée afin que vous puissiez poser des questions, donner une information ou tout simplement échanger sur un sujet avec un ou des membres de l’équipe : beziers.2035@gmail.com

Lisa Bianco
Membre de l’équipe

Fête du baptême de Jésus

En ce dimanche, fête du baptême de Jésus,

Revisitons son baptême et, par là même, notre propre baptême :

Messie ou Fils ? A diverses reprises dans l’Ancien Testament, Dieu a promis d’envoyer un serviteur pour relever son peuple. Le prophète Isaïe nous en offre un exemple dans la première lecture. Ce Messie, à la fois envoyé de Dieu et consacré par l’onction pour mener à bien sa mission, est attendu surtout à l’époque de Jésus en raison de l’occupation romaine Mais, le baptême du Christ est avant tout l’occasion d’entendre une voix venue du ciel et qui le déclare Fils de Dieu.

Jésus, qui n’a pas besoin du pardon des péchés, se fait quand même baptiser pour associer l’humanité tout entière à sa démarche. En célébrant cette fête, nous ravivons l’esprit de notre baptême.

 

Tu es mon Fils bien-aimé : Jean-Baptiste proclame un baptême de conversion. Lorsque Jésus se fait baptiser, ce n’est pas pour se convertir, mais pour se mêler au peuple des chrétiens et signifier qu’il est venu pour les sauver.

Le baptême de Jean n’est pas encore le baptême chrétien. Mais, nous ne pouvons pas célébrer le baptême du Christ sans évoquer notre propre baptême. En effet, par le baptême, nous sommes devenus fils ou fille du même Père. La Parole que Jésus entend de son Père : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé en qui je trouve ma joie » s’adresse aussi à chacun des baptisés que nous sommes. En célébrant le baptême du Seigneur, nous sommes invités à rendre vivant notre propre baptême.

 

– Comment entretenir notre baptême ? D’abord, en prenant chaque jour un temps pour parler à Dieu et pour l’écouter dans sa Parole. N’hésitez pas à demander des choses pour vous et pas seulement pour les autres, afin de puiser l’énergie pour tenter de se conformer à l’exemple de la vie du Christ. De plus, pour alimenter et vivifier votre foi, participer à l’eucharistie et recevoir le sacrement de réconciliation est fondamental : vous y puiserez force et pureté pour la route. Cette démarche doit être régulière et ne pas dépendre juste de votre envie.

 

– Assumer sa responsabilité : Nous ne sommes pas chrétiens seulement pour nous-mêmes, mais surtout pour les autres. Dieu compte sur nous pour que nous soyons les relais de l’action divine. Chaque baptisé doit retrousser ses manches et pas seulement les prêtres. En tant que laïcs, notre travail constitue le premier lieu où nous pouvons exercer nos efforts de charité, en veillant par exemple à nous respecter les uns les autres.

 

Eliane RIBOT et Danielle RUIZ, Membres du C. P. P. de Bonne Nouvelle

(Extraits de Prions en Eglise et de l’Hebdomadaire La Vie

Lire aussi

Prédication

Sonner juste avec Dieu
par Frère Luc Devillers
 

Pour montrer en Jésus le nouveau Moïse, le nouveau Passeur de Dieu qui nous fait franchir les eaux du baptême, saint Matthieu construit son évangile sur cinq grands discours entrecoupés d’épisodes narratifs. L’épisode qui nous intéresse aujourd’hui, la scène du baptême de Jésus, se situe au début de sa vie publique. L’évangéliste y manifeste son souci pédagogique dans sa manière de raconter les choses. Ainsi, lui seul en fait le lieu d’une annonce solennelle adressée à tous les croyants, comme le rappelait l’oraison du début de cette messe : Quand le Christ fut baptisé dans le Jourdain, et que l’Esprit Saint descendit sur lui, tu l’as manifesté solennellement comme ton Fils bien-aimé.

En effet, seul saint Matthieu dit que la voix du Père s’est adressée aux assistants – et non pas à Jésus, dans le secret de son cœur – pour leur dire : Celui-ci est mon Fils bien-aimé. C’est ainsi que le Père a « manifesté solennellement » son Fils. Et nous qui sommes réunis ce matin dans l’écoute attentive de cet évangile, considérons-nous comme les assistants de cette scène : c’est bien à nous qu’est adressée aujourd’hui cette parole du Père. Nous sommes invités à reconnaître en Jésus son Fils bien-aimé, celui qu’Isaïe, dans la première lecture, appelait aussi mon Serviteur et mon Élu.

Mais saint Matthieu a encore une autre manière de rendre la communauté des croyants présente au bord du Jourdain, puisque lui seul rapporte cette réaction de Jean-Baptiste : C’est moi qui ai besoin d’être baptisé par toi, et c’est toi qui viens à moi ! Lorsqu’il voit Jésus s’avancer pour se faire baptiser par lui, Jean est déconcerté : pourquoi le Seigneur, le Juste, le Saint, le sans péché, pourquoi veut-il recevoir le baptême, tel un pécheur ? N’est-ce pas l’inverse qui devrait se faire ? Jean n’a-t-il pas raison de proposer à Jésus qu’ils échangent leurs places ?

Jésus répond : Laisse faire pour le moment, car il convient que nous accomplissions ainsi toute justice. Mais « accomplir toute justice », qu’est-ce que cela veut dire ? N’entendons pas ce terme de justice avec notre mentalité moderne, pour laquelle il signifie attention aux petits, aux plus défavorisés, souci de l’équité, du respect des autres, souci aussi des règles de la vie en société. Tout cela, nous avons bien raison de le chercher, mais chaque jour aussi, cette justice nous échappe. C’est particulièrement vrai, tragiquement vrai, en ce moment, dans le pays de Jésus, la Terre sainte.

Cependant, la Bible fait de la justice quelque chose de plus vaste encore, et de plus essentiel : c’est l’ajustement de l’être humain à la volonté de Dieu, une volonté qui veut notre bien, notre salut. En musique, on dit que quelqu’un chante juste ou faux, ou que cela sonne juste ou faux. Être juste, c’est s’ajuster, se mettre au diapason du plan de Dieu. Être en harmonie, en parfait accord avec sa volonté. Marcher à la suite de Jésus, devenir son disciple par le baptême d’eau et d’Esprit, c’est accepter de se laisser accorder par lui, pour sonner juste, en même temps que lui et nos frères et sœurs. Et nous n’avons pas de trop de toute une vie pour apprendre à sonner juste comme Dieu est juste.

Quand on apprend le violon ou le violoncelle, on doit s’exercer à jouer des unissons. C’est-à-dire à produire la même note à partir de deux cordes différentes. Un professeur de violon disait à ses élèves : « Lorsque vous vous sentez seul(e), jouez des unissons… Vous serez bien vite deux ! » Car il est difficile de faire sonner ensemble deux cordes avec des doigtés différents, de façon à produire le même son sur l’une et sur l’autre. Il en va de même dans notre vie spirituelle. Dieu est le maître de nos vies : c’est lui qui nous donne le la de la vie, le la de la sainteté. Mais à nous, baptisés, d’apprendre à sonner juste par rapport à ce la que Dieu nous donne. À nous de nous ajuster à lui.

Dans la nuit de Noël, Dieu s’est fait l’un de nous. Mais, en recevant le baptême des pécheurs, Jésus exprime encore davantage son amour et sa solidarité avec notre humanité fragile et blessée. Qu’il nous aide alors à jouer tous ensemble notre partition de musique, pour que notre vie sonne juste, à l’unisson avec celle de Dieu. Amen.