Minotaure de Andreï Zviagintsev
Ciné-débat au Kinépolis Béziers, 316 centre commercial Polygone, 3 carrefour de l’Hours
« Minotaure » d’Andreï Zviagintsev,
( film en avant-première)
dimanche 11 octobre à 17h
Pour la première fois chez Zviagintsev, le fait divers familial et la catastrophe géopolitique ne se contentent pas de se faire écho : ils s’articulent dans la chair même de l’intrigue. Le réalisateur établit un parallèle entre le dysfonctionnement du microcosme, un couple en crise et le macrocosme, l’Etat russe et sa police. Grand Prix du dernier festival de Cannes, Minotaure d’Andreï Zviaguintsev entremêle trajectoire conjugale et contexte politique russe.
Russie, 2022. Gleb, chef d’entreprise prospère, vit avec sa femme Galina et leur fils dans une ville de province. Il se retrouve confronté à des problèmes professionnels croissants, dans un monde de plus en plus instable.
L’effondrement d’une vie soigneusement construite bascule rapidement dans la violence.
Minotaure filme la ruine morale d’un homme et d’un pays, gangrenés par une soif de pouvoir et un besoin insatiable de domination, voire de possession: celle d’une femme par son mari ; d’un pays ennemi par la Russie.
Le récit pourrait ressembler à un thriller classique: Brillamment, Zviaguintsev transforme cette matière intime en tragédie politique. L’histoire conjugale, la désagrégation du lien amoureux devient le miroir exact d’un pays qui implose et se détruit. Les sentiments se corrompent comme les institutions, les âmes se fissurent, les riches, au-dessus des lois, jouissent et disposent du corps des pauvres. Il ne reste que le mensonge, la mort et l’effroi.
Andreï Zviaguintsev signe un très grand film (qui aurait mérité comme Fjord, la palme d’or à Cannes) d’une puissance sidérante, un réquisitoire qui culmine dans un habile dernier plan, prouvant qu’il n’a rien perdu de sa superbe ni de son courage politique. C’est un magnifique film hanté et crépusculaire.
Philippe Cabrol







