Edito :
« Réjouissez-vous avec Jérusalem, exultez en elle, Vous tous qui l’aimez ! » (Is 66,10).
Aujourd’hui, dimanche de Lætare, l’Église nous invite à un moment de joie au cœur même du Carême. Au milieu de nos efforts, de nos jeûnes, de nos questionnements, une couleur rose apparaît sur l’autel : signe que la lumière approche, que Pâques n’est plus très loin.
Et justement, l’Évangile nous parle de lumière. Jésus rencontre un homme aveugle de naissance, un homme qui n’a jamais vu le jour, le visage de sa mère, les couleurs du monde. Les disciples posent la question habituelle : « Qui a péché ? » Jésus répond autrement : « Ni lui, ni ses parents. Mais c’était pour que les œuvres de Dieu se manifestent en lui. » Et il agit : un peu de boue, un envoi à la piscine de Siloé, et l’homme revient… voyant !
Mais le plus beau n’est pas seulement dans la guérison physique. C’est le chemin de foi que fait cet homme : D’abord, il dit : « L’homme qu’on appelle Jésus… » Puis : « C’est un prophète. » Ensuite : « Si cet homme n’était pas de Dieu, il ne pourrait rien faire. » Enfin, face à Jésus lui-même : « Je crois, Seigneur ! » et il se prosterne.
Pendant ce temps, les pharisiens, eux, deviennent de plus en plus aveugles : ils enquêtent, disputent, excluent… Ils « voient » selon leurs certitudes, et c’est ce qui les empêche de voir vraiment.
Et nous ? Où en est notre propre regard ? Avons-nous des zones d’aveuglement ? Des jugements rapides sur les autres (« Qui a péché ? »), des habitudes qui nous empêchent de reconnaître la présence de Jésus dans les plus fragiles, dans ceux que la société met à l’écart ?
– Ou bien laissons-nous le Christ nous approcher, nous toucher, nous envoyer nous laver – dans le baptême renouvelé, dans le sacrement de réconciliation, dans la charité concrète ?
Ce dimanche, Jésus nous redit : « Moi, je suis la lumière du monde. » Il ne nous laisse pas dans nos ténèbres. Il nous invite à venir à Lui, à nous laisser transformer, à oser le témoignage simple de l’aveugle guéri : « Une chose je sais : j’étais aveugle, et maintenant je vois. »
En ce temps de Carême, demandons cette grâce : que nos yeux s’ouvrent davantage à la lumière du Christ. Et que, comme l’aveugle devenu disciple, nous soyons capables de dire simplement, par toute notre vie : « Je crois, Seigneur ! »
Belle montée vers Pâques.
Samuel Tallon
Membre du CPP de la Paroisse Bonne Nouvelle