« Nous n’avons que cinq pains et deux poissons »

« Nous n’avons que cinq pains et deux poissons »

 

Nous avons parfois le sentiment de manquer de quelque chose : manque de temps, d’énergie, de moyens, parfois même d’espérance. Les actualités nous parlent de crises, de tensions, d’incertitudes. Les familles jonglent avec des agendas chargés, les personnes âgées avec la solitude, les jeunes avec les questions sur leur avenir.

Face à tout cela, nous ressemblons souvent aux disciples,  nous regardons ce qui manque :« Nous n’avons là que cinq pains et deux poissons. »

Dans nos communautés chrétiennes, nous constatons la diminution des forces vives, la difficulté de trouver des bénévoles, le vieillissement de certaines assemblées, et nous pourrions être tentés de penser que nous n’avons plus les moyens de répondre aux attentes qui nous entourent.

Pourtant, Jésus ne demande pas aux disciples de résoudre seuls le problème. Il leur demande simplement de lui apporter ce qu’ils ont.

Le Christ ne nous demande pas d’être puissants, performants ou parfaits. Il nous demande d’offrir ce que nous sommes. Une heure donnée à une association. Une visite à une personne isolée. Une présence auprès d’un voisin en difficulté. Un engagement dans la paroisse. Une parole de réconciliation dans une famille. Un peu de notre temps, de notre écoute, de notre foi.

L’évangile nous rappelle que Dieu travaille avec les petits moyens et les gestes simples. Rien de spectaculaire, simplement la fidélité discrète de ceux qui acceptent de partager ce qu’ils ont.

La multiplication des pains est alors bien plus qu’un miracle du passé. Elle est une promesse pour aujourd’hui : lorsque nous mettons nos pauvretés, nos talents et nos ressources entre les mains du Christ, il peut en faire beaucoup plus que nous l’imaginons.

Au lieu de nous demander : « Que manque-t-il à notre monde ? », peut-être pourrions-nous commencer par une autre question : « Quel est le petit pain que je peux partager aujourd’hui ? »