Un chemin de fraternité

Diocèse de Montpellier – Eglise catholique

Jésus dans l’Évangile condamne la violence, mais en même temps il entend la colère du Peuple, le cri des pauvres et il réclame que justice leur soit rendue. Nous sommes ses disciples et nous marchons à sa suite. Il nous faut condamner avec la plus grande fermeté la violence qui met notre pays à feu et à sang.

Comment peut-on qualifier cette violence de légitime ?

– Est-ce légitime de détruire du mobilier urbain ?

– Est-ce légitime de piller des magasins et de réduire à néant le labeur des commerçants en les privant de leurs revenus ?

– Est-ce légitime de blesser par des tirs de mortiers et toutes sortes d’armes les forces de l’ordre qui s’interposent pour éviter le pire ?

– Est-ce légitime d’incendier une mairie ou de s’attaquer à des bâtiments publics, symboles de notre République ?

Non c’est illégitime. Et cette violence nous devons la dénoncer. Il nous faut distinguer entre les casseurs qui créent le chaos et les manifestants qui expriment leurs revendications.

Comment ne pas les entendre ? Nous voyons des jeunes descendre dans la rue, des lycéens exprimer leurs inquiétudes, des femmes et des hommes manifester leur colère. Nous avons encore en mémoire le mouvement des Gilets Jaunes qui relaient le cri de celles et ceux qui ne parviennent plus à vivre dignement de leur travail, qui se sentent oubliés, méprisés, éloignés des lieux où se prennent les décisions.

Derrière les manifestations, derrière les slogans, derrière parfois les excès il y a aussi des vies, des familles, des fins de mois difficiles, des inquiétudes pour l’avenir, et souvent le sentiment douloureux de ne pas être entendus. Nous n’avons pas à approuver toutes les revendications ni toutes les formes de contestation. Mais nous ne pouvons pas détourner le regard de la souffrance qu’elles expriment.

Quand la colère monte dans une société, la première question n’est pas seulement de savoir comment la faire taire. C’est aussi de comprendre ce qu’elle nous révèle. L’Évangile ne nous donne pas un programme politique. Il nous donne quelque chose de plus fondamental : un regard sur l’homme, une exigence de justice et un chemin de fraternité.

+Norbert TURINI, Archevêque de Montpellier