L’Évangile de ce dimanche nous présente Jésus comme la vigne et nous qui y croyons, comme ses sarments.
Bien sûr les sarments ne peuvent rien faire sans la vigne. Ils sont enracinés dans la vigne et ils y croissent. De là-bas viennent leur vie et leur force. Grâce à cet enracinement ou cette greffe les sarments sont capables de donner les fruits, c’est-à-dire les raisins. La vigne, c’est-à-dire cet arbrisseau sarmenteux qui produit des rameaux longs, souples et flexibles, est très souvent bien âgée (elle peut avoir plus que quarante ans). Le cep courbé et tordu a l’air disgracieux. Le cep est vieux et les sarments qui en sortent sont jeunes et verts.
Comment est-il possible que des rameaux tellement jeunes et gracieux poussent d’un arbrisseau tellement vieux, tordu, courbé et laid ?
En regardant un cep de vigne on peut penser à la mort de Jésus, celle sur la croix.
Comme le Psaume 22 décrit cela : Et moi, ver et non pas homme, risée des gens, mépris du peuple […]. Comme l’eau je m’écoule et tous mes os se disloquent ; mon cœur est pareil à la cire, il fond au milieu de mes viscères ; mon palais est sec comme un tesson, et ma langue collée à ma mâchoire. […] Je peux compter tous mes os …
Et encore le livre d’Isaïe : Comme un surgeon il a grandi devant lui, comme une racine en terre aride ; sans beauté ni éclat pour attirer nos regards, et sans apparence qui nous eût séduits ; objet de mépris, abandonné des hommes, homme de douleur, familier de la souffrance, comme quelqu’un devant qui on se voile la face, méprisé, nous n’en faisions aucun cas. […] Le Seigneur a voulu l’écraser par la souffrance ; s’il offre sa vie en sacrifice expiatoire, il verra une postérité, il prolongera ses jours, et par lui la volonté de Yahvé s’accomplira.

Nous sommes les sarments : jeunes, verts, pleins de fruits. Nous poussons du cep. Et le cep tordu et courbé constitue une image de la souffrance et la mort de Jésus sur la croix. Il est là-bas sans beauté et sans éclat, tordu, maltraité, objet de mépris, comme quelqu’un devant qui on se voile la face.
Sa souffrance et sa mort sont la source vitale pour nous , ses sarments. En effet, comme les sarments nous sommes greffés sur lui. Et quand on greffe un sarment, on blesse le cep et ainsi on fait entrer le sarment au-dedans du cep.
C’est pourquoi on peut dire après ce fameux cantique d’Isaïe : Dans ses blessures nous trouvons la guérison.
P.Christophe Paczos