Liturgie du dimanche 18 janvier 2026
« Voici l’Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde »
par Frère Franck Guyen Op
Jean le Baptiste a déclaré en voyant Jésus venir vers lui : « Voici l’Agneau de Dieu, qui enlève le péché du monde ». Cette déclaration est prononcée chaque jour dans le monde entier par le prêtre quand il présente aux fidèles l’hostie consacrée pendant la messe. Parvenus ici au cœur du mystère chrétien, nous devrions nous taire et adorer, mais puisqu’il faut parler, faisons-le avec l’humilité et la dévotion qui conviennent au cœur du mystère chrétien.
– « L’Agneau de Dieu » renvoie d’abord à l’agneau qui était immolé pendant la Pâque juive. Rappelons que dans l’évangile de Jean, Jésus meurt à Pâques le jour de l’immolation des agneaux. Pendant cette fête, le peuple juif rendait grâce à Dieu qui a sorti son peuple réduit en esclavage de l’Égypte pour le faire entrer dans le pays béni de la Terre promise.
De même, par son sang versé sur la croix, Jésus libère l’humanité captive de l’esclavage du péché et de la mort et, en ressuscitant et en montant au Ciel, il ouvre le chemin vers le Royaume de Dieu à son Église.
– « L’Agneau de Dieu » renvoie aussi à la figure du serviteur souffrant du prophète Isaïe. Isaïe le compare à un agneau qui ne dit rien alors qu’on le tond, à une brebis qui ne bronche pas alors qu’on la mène à l’abattoir. Dans la prophétie, les hommes méprisent et brutalisent le serviteur, et c’est seulement après l’avoir tué qu’ils comprennent sa véritable identité : il est le serviteur envoyé par Dieu pour sauver les multitudes de leur injustice et de leur méchanceté.
Cette figure, unique dans l’Ancien Testament, trouve son accomplissement en Jésus. Jésus garde le silence lors de son procès : les paroles sont inutiles face à ses détracteurs, et c’est au Père d’établir la justice de son Fils en le ressuscitant. « Voici l’homme », dira Ponce Pilate en exhibant un homme ligoté, bafoué, battu, fouetté. Jésus avait-il encore visage humain ?
« Seigneur, ils ne savent pas ce qu’ils font », dira Jésus à son Père à propos de ses bourreaux. Lui savait ce qu’il faisait, et quand il a prononcé les paroles sur le pain et le vin : « Ceci est mon corps, livré pour vous », « Ceci est mon sang, le sang versé pour vous », il savait ce qu’il allait endurer dans sa chair le lendemain et qui vaudrait le salut de beaucoup.
Nous voici de retour à la messe. Le prêtre élève l’hostie en disant : « Voici l’Agneau de Dieu qui enlève les péchés du monde ». Jésus vient vers nous. Il peut nous relever de nos péchés, de notre mort. Il a ce pouvoir, il est l’Agneau de Dieu.

