Donner la mort

Les débats sur l’euthanasie et le suicide assisté sont très préoccupants. Jusqu’à présent une limite est posée. On peut interrompre des soins qualifiés d’acharnement thérapeutique, d’obstination déraisonnable. On peut aussi tout faire pour soulager la douleur du malade jusqu’à une sédation profonde. Ces deux actes peuvent avoir pour effet indirect d’abréger la durée de vie du malade mais leur but n’est pas de provoquer la mort.

Franchir cette limite et autoriser des actes positifs pour mettre fin à une vie est extrêmement grave. Une nouvelle limite sera posée, mais elle sera relativement arbitraire et flottante. Elle changera à chaque renouvellement de la loi. La limite entre soigner et donner la mort est une limite objective, même s’il y a des zones de flou. La nouvelle limite sera subjective et changera avec les « mouvements d’opinions » comme l’on dit. Nous voyons bien cela avec les lois sur l’avortement.

Pour la foi chrétienne franchir cette limite c’est ne pas respecter la vie comme don de Dieu, c’est prendre une position de toute puissance. Les conséquences d’un tel positionnement sont toujours néfastes.

Le docteur Claire Fourcade écrit :

« Je t’ai promis que nous serions là jusqu’au bout quoi qu’il arrive, je ne peux pas t’abandonner pour protéger ma conscience mais je ne peux pas non plus être celle qui te fera mourir ».

 

Père Bernard Boissezon

La spiritualité des petites choses

On peut être spirituel et ancré dans la vie !
Jésus nous le montre bien, lui qui nous enseigne les mystères du Royaume à travers des exemples de la vie de tous les jours.
“Père, Seigneur du ciel et de la terre, je proclame ta louange : ce que tu as caché aux sages et aux savants, tu l’as révélé aux tout-petits.” (Matthieu 11,25)

Dans les évangiles, notamment celui de Matthieu, nous trouvons un grand nombre de paraboles que Jésus transmet à ses disciples. Elles viennent les interpeller à travers des exemples de la vie quotidienne ou de l’observation de la nature.
Et, en effet, chaque moment de notre journée, chacune de nos tâches quotidiennes peuvent être l’occasion de méditer les mystères de la foi et une façon de nous rapprocher du Ciel.

Image par Silvia de Pixabay

Par exemple :

  • Quand nous avons perdu un objet qui nous est cher, nous mettons toute notre énergie et passons beaucoup de temps à le rechercher. Grâce à la parabole de la drachme perdue, faisons-le maintenant en imaginant combien plus encore Dieu met tout son cœur à nous rechercher quand nous nous égarons. Que chacune de nos recherches nous fasse ressentir comme est grand l’amour que Dieu nous porte !
  • Lorsque nous cuisinons, nous observons comment une somme d’ingrédients disparates finissent (avec le travail de nos mains, mais aussi avec des choses qui nous dépassent : la force de la cuisson, l’alchimie des aliments …) à faire un plat, qui sera source de partage et de plaisir. Pendant que le gâteau lève dans le four, profitons-en pour méditer sur la croissance silencieuse mais certaine du Royaume de Dieu au cœur de nos vies avec la parabole du levain
  • Ranger, dépoussiérer, faire du tri dans la maison, désherber le jardin … sont des tâches nécessaires et que l’on sait bien devoir faire régulièrement. La parabole du semeur nous montre que notre cœur a tout aussi besoin de ce soin régulier pour accueillir la parole de Dieu. Et si à chaque coup de balai, ronce déracinée, nous demandions à l’Esprit Saint de venir prendre soin de notre intériorité ?

Alice Ollivier pour Hozana.org

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Accueillir le renouveau

Le dimanche 9 avril, nous célébrons la fête de Pâques, fête de la joie et de la Vie. La résurrection du Christ nous invite à un renouveau, à une vie nouvelle et éternelle. Cet appel à laisser éclater cette vie jusqu’ici en dormance, nous pouvons le ressentir à travers chaque nouvelle fleur, chaque bourgeon que le printemps nous dévoile.

En ce mois d’avril, laissons germer en nous ces versets bibliques qui nous parle de renouveau :

  • En accueillant l’Esprit de Dieu qui nous change intérieurement
    “Je vous donnerai un cœur nouveau, je mettrai en vous un esprit nouveau. J’ôterai de votre chair le cœur de pierre, je vous donnerai un cœur de chair.” (Ezechiel 36, 26)
  • En nous ouvrant à la vie nouvelle
    “Vois, l’hiver s’en est allé, les pluies ont cessé, elles se sont enfuies.
    Sur la terre apparaissent les fleurs, le temps des chansons est venu et la voix de la tourterelle s’entend sur notre terre.
    Le figuier a formé ses premiers fruits, la vigne fleurie exhale sa bonne odeur. Lève-toi, mon amie, ma toute belle, et viens…”
    (Cantique des cantiques 2, 11-13)
  • En laissant derrière nous ce qui n’est plus
    “Si donc quelqu’un est dans le Christ, il est une créature nouvelle. Le monde ancien s’en est allé, un monde nouveau est déjà né.” (2 Corinthiens 5, 17)
  • En participant, de tout notre être, à la gloire de Dieu !
    “Jérusalem, quitte ta robe de tristesse et de misère, et revêts la parure de la gloire de Dieu pour toujours, enveloppe-toi dans le manteau de la justice de Dieu, mets sur ta tête le diadème de la gloire de l’Éternel. Dieu va déployer ta splendeur partout sous le ciel.” (Baruch 5, 1-3)

Photo : #ArqTl sur Cathopic

Alice Ollivier pour Hozana.org

Journée internationale des droits des femmes

Journée internationale des droits des femmes

 

Dimanche nous honorions nos grands-mères et beaucoup ont su trouver les gestes et les formes pour rendre hommage à leurs grands-mères. Mercredi, journée internationale pour les droits des femmes verra des manifestations, des rassemblements, des prises de parole pour susciter le respect et pourquoi pas l’amour que l’on porte à celles qui nous ont portés et qui ont accompagné nos premiers pas dans la vie.

Dans nos villages c’est le cri des Sirènes que nous entendrons ce mercredi matin sur la plage de Valras. Quand vous lirez cet édito l’évènement sera passé certes mais son écho sera toujours là présent pour demander toujours plus d’attention, de respect, d’affection à celles qui sont nos mères, nos compagnes, nos filles et qui constituent plus de la moitié de notre humanité ! L’appel pour cet évènement dit : « rejoignez-nous pour montrer votre solidarité contre les violences faites aux femmes ».

Lutter contre les violences faites aux femmes, c’est bien là la question. Chaque jour les informations nous parlent de compagnes tuées, parfois même égorgées, lardées de coups de couteau, de professeures prises à partie, quelle violence ! Sans parler des jeunes filles incommodées par des émanations de gaz pour les empêcher d’étudier … Combien de femmes se retrouvent seules avec la charge de l’éducation des enfants ! Combien subissent les petits boulots mal rémunérés, incertains, sans faire état des différences de salaires ou des droits à la retraite !

Demander pardon ne suffit pas, nous sommes toutes et tous invités à trouver les moyens pour protéger, pour accompagner celles qui se sentent dans l’insécurité avant que l’irréparable ne survienne.

Comment accepter que des religieuses soient obligées de quitter leur lieu d’insertion, ne supportant plus les insultes, les voies de fait, les violences que le quotidien leur impose ?

La liste est malheureusement trop longue, à nous d’en prendre conscience … à nous de nous solidariser et de rejoindre celles et ceux qui font déjà quelque chose.

Nos fondamentaux, la bible et l’évangile, nous montrent de grandes figures féminines qui ont mené le combat du respect, de la reconnaissance, de l’égalité des personnes telles que nous le rapporte la genèse « femme et homme Il les créa ».

Jean Costes, prêtre, Sérignan.

C’est ta face Seigneur que je cherche

C’est ta face Seigneur que je cherche

Le carême nous offre 40 jours pour dépoussiérer notre foi, rompre nos attaches, revenir au fondement de notre vie.

Aujourd’hui nous affirmons : « je cherche ton visage, c’est ta face Seigneur que je cherche » (Chant d’entrée).

Aujourd’hui la Préface et l’Évangile nous disent le chemin de la vérité et de la vie : « Après avoir prédit sa mort à ses disciples, il leur a manifesté sa splendeur sur la montagne sainte » (Préface). « Son visage devint brillant comme le soleil et ses vêtements blancs comme la lumière … Moïse et Élie s’entretenaient avec Lui » (Évangile). « Ainsi la Loi et les Prophètes témoignaient qu’Il parviendrait par la Passion jusqu’à la gloire de la Résurrection » (Préface).

Aujourd’hui et pendant 40 jours notre chemin est celui d’Abraham, pour être entrainés par Jésus à la vie, à la gloire de sa résurrection : « quitte ton pays, ta parenté, la maison de ton père et va vers le pays que je te montrerai » (1ère lecture). « Une voix disait : celui-ci est mon Fils bien-aimé, écoutez-le » (évangile).

Aujourd’hui, que me dit le Fils bien-aimé ? Quelles habitudes quitter ? La tradition propose 3 têtes de chapitre à visiter « orgueil, avarice, luxure » Dans chacun de ces chapitres quel est mon péché ? … Celui qui me domine régulièrement ? … Celui qui m’empêche de vivre pleinement.

Sans remettre à demain, aller vers le neuf, vers l’inconnu de l’appel de Dieu, couper le lien qui m’attache, qui m’empêche d’avancer comme Abraham ; me défaire, faire un pas de côté, me mettre en retrait de l’ordinaire des jours, de mes habitudes même spirituelles, pour chercher en vérité la face de Dieu, Dieu lui-même dans ma vie.

C’est le sens du temps de retraite proposée par la père Jan et l’EAP, à En Calcat, du 13 au 15 mars : Vivre.

Pierre EAP

 

Soyez parfaits

Dans l’évangile de ce dimanche, Jésus dit : Soyez parfaits comme votre Père céleste est parfait (Mt 5, 48). Le mot parfait en grec téleiós signifie amené à sa fin, fini, accompli, mûr. On n’est pas mûr tant qu’on n’est pas comme Dieu, de plus, comme Dieu le Père. C’est parce que déjà, dans la vie biologique, être mûr signifie atteindre son plein développement en parlant d’un fruit ou d’une graine. C’est ainsi qu’un homme devient mûr biologiquement comme il devient père des enfants. Et par analogie dans la vie spirituelle c’est pareil, celui qui devient père devient mûr, adulte, accompli.

    Jésus dit : Aimez vos ennemis, et priez pour ceux qui vous persécutent, afin d’être vraiment les fils de votre Père qui est aux cieux. Dieu est le Père de tous. C’est un vrai père qui aime tous ses enfants et plus particulièrement ceux qui ont des problèmes, qui se sont perdus et qui – pour cette raison – ont davantage besoin de son aide. Dieu fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons, il fait tomber la pluie sur les justes et sur les injustes (Mt 5, 45). Autrement dit, Dieu est un père qui aime ses enfants, tous ses enfants, bons et méchants, justes et injustes.

    Être dans la maison du Père signifie être mûr comme Dieu le Père. On ne peut pas entrer dans sa maison sans être comme lui parce que sa maison n’est pas un bâtiment, mais c’est lui-même. Si nous n’aimons pas comme lui nous ne sommes pas encore comme lui. Il nous faut grandir. Nous aimons, nous croyons, nous espérons, mais dans notre amour, notre foi, notre espérance il y a toujours un manque. C’est pour cela qu’il nous faut prier comme ce père (sic !) d’un fils possédé : Je crois ! Viens au secours de mon manque de foi ! (Mc 9, 24)

 

P.Paczos

Se confier à saint Joseph !

Se confier à saint Joseph !

 

Le 19 mars, les catholiques fêtent saint Joseph, le père nourricier de Jésus. C’est d’ailleurs tout le mois de mars qui est consacré au saint patron de l’Église universelle. 

Le mois de mars est donc l’occasion de rentrer dans l’intimité de celui qui est avant tout un modèle de sainteté. L’observer nous permet de prendre exemple sur son humilité, son intériorité, son écoute de Dieu (il est plusieurs fois averti par songes de la conduite à mener), sa capacité à se mettre en action (lors de la fuite en Égypte par exemple), sa force tranquille. Il est un modèle proche de nous ; en effet, le plus grand saint de l’Église – avec la Vierge Marie – n’est pas un martyr, n’est pas un thaumaturge, n’est pas un évêque. C’est un charpentier silencieux, époux et père doux, qui a accueilli Dieu au cœur même de sa vie.

Le mois de mars est également l’occasion de prier saint Joseph, intercesseur puissant. Joseph a pris soin de Marie et de Jésus dans leurs besoins quotidiens. A lui, sont confiés les soucis et préoccupations matérielles : de logement, de travail, de santé, notamment à travers la prière du Je vous salue Joseph.

Protecteur de la sainte famille, il est également le saint patron de la famille

En ce mois de mars, confiez votre famille à saint Joseph et découvrez la recette d’une famille heureuse et rayonnante en vous inscrivant dès à présent à cette neuvaine en ligne sur Hozana qui se déroulera du 11 au 19 mars !

Alice Ollivier pour Hozana.org

6 vertus à faire fleurir pour Pâques !

6 vertus à faire fleurir pour Pâques !

Nous sommes entrés dans le temps du Carême depuis le mercredi 22 février, mercredi des Cendres. Le Carême est un temps de conversion et une occasion, pour les chrétiens, de cultiver leur jardin intérieur pour y faire fleurir des vertus. 

A travers nos relations aux autres durant cette période, à travers un effort de Carême offert à Dieu, et dans nos temps de prière, nous pouvons, cette année, nous concentrer sur une vertu particulière. Choisissons-en une qui nous fait plus particulièrement défaut et, avec l’aide de l’Esprit de Dieu, laissons-la se développer en nous. 

 

Cela peut être : 

  • l’humilité“Ne soyez jamais intrigants ni vaniteux, mais ayez assez d’humilité pour estimer les autres supérieurs à vous-mêmes.” (Philippiens 2, 3) 
  • la gratitude : “Rendez grâce en toute circonstance : c’est la volonté de Dieu à votre égard dans le Christ Jésus.” (1 Thessaloniciens 5, 18) 
  • le courage : “Ne t’ai-je pas commandé : “Sois fort et courageux !” ? Ne crains pas, ne t’effraie pas, car le Seigneur ton Dieu sera avec toi partout où tu iras.” (Josué 1, 7) 
  • la patience : “Mais je sais, moi, que mon rédempteur est vivant, que, le dernier, il se lèvera sur la poussière, et quand bien même on m’arracherait la peau, de ma chair je verrai Dieu.” (Job 19, 25-26) 
  • l’obéissance : “Ce n’est pas en me disant : “Seigneur, Seigneur !” qu’on entrera dans le royaume des Cieux, mais c’est en faisant la volonté de mon Père qui est aux cieux.” (Matthieu 7, 21) 
  • l’espérance : “Mais j’en suis sûr, je verrai les bontés du Seigneur sur la terre des vivants. * « Espère le Seigneur, sois fort et prends courage ; espère le Seigneur. »” (Psaumes 26, 13-14) 

Bon Carême à tous !

Alice Ollivier pour Hozana.org

 

Discerner…

“La vie et la mort sont proposées aux hommes, l’une ou l’autre leur est donnée selon leur choix.” nous dit Ben Sira le sage

Nous venons de l’entendre de la bouche d’un grand sage d’Israël, le fils de Sira : les choix fondamentaux de l’homme comme les petits choix pris dans le quotidien dépendent de sa liberté. Et avoir le choix donne surtout l’occasion d’exercer notre liberté.

Le pape François dans son dernier enseignement sur le discernement nous propose toute une réflexion sur ce sujet déjà mis en lumière par St Ignace de Loyola fondateur des Jésuites.

Je vous propose le 1er résumé de sa catéchèse sur le discernement.

Que signifie discerner ?

“Chers frères et sœurs,

Aujourd’hui, nous entamons un nouveau cycle de catéchèse sur le thème du discernement. Le discernement est un acte important qui concerne tout le monde, car les choix sont une partie essentielle de la vie, qu’il s’agisse de choisir un objet, un parcours d’étude ou une relation, et surtout notre relation avec Dieu.

Le discernement est difficile, mais indispensable pour vivre. Cela exige que je me connaisse, que je sache ce qui est bon pour moi ici et maintenant. Il exige avant tout une relation filiale avec Dieu. Dieu est Père et ne nous laisse pas seuls, il est toujours prêt à nous conseiller, à nous encourager, à nous accueillir. Mais il n’impose jamais sa volonté. Pourquoi ? Parce qu’il veut être aimé et non craint. Et Dieu veut aussi que nous soyons des enfants, et pas des esclaves : des enfants libres. Et l’amour ne peut être vécu que dans la liberté. Pour apprendre à vivre, il faut apprendre à aimer, et pour cela il faut discerner : que puis-je faire maintenant, face à cette alternative ? Que ce soit un signe de plus d’amour, de plus de maturité en amour. Demandons que le Saint-Esprit nous guide! Invoquons-le chaque jour, surtout quand nous devons faire des choix.”

Dans l’évangile d’aujourd’hui, le Seigneur nous invite à réfléchir à nos choix; cette catéchèse pourrait nous aider à répondre à sa demande pour que notre parole soit “oui’, si c’est “oui”, “non”, si c’est “non”.

 Dominique BREMOND EAP