Gardez confiance, j’ai vaincu le monde (Jn 16,33)

Paroles étonnantes de Celui qui, quelques heures après, va subir l’échec le plus complet qu’un homme puisse connaître. On dirait que c’est plutôt la victoire du monde. Le monde, non pas tel qu’il sort des mains du créateur, mais tel qu’il devient par nos actes et par la séduction du « prince de de monde ».

La situation actuelle de notre monde marqué par des conflits armés, des guerres économiques, des abus de toute sorte, des familles divisées… nous empêche de voir la victoire du bien, du vrai ou du beau. Mais, ne rêvons pas d’un paradis perdu, d’un temps passé où tout allait mieux.  Est-ce qu’il ne s’agit pas là du destin de toute l’humanité tout au long de l’histoire ? Souvent nous sommes tentés de conclure : « rien de nouveau sous le soleil ». Cela peut nous conduire au pessimisme, comme s’il n’y avait rien à faire.

Que faisons-nous alors de l’espérance ? Où est alors la victoire de Jésus ?

Il ne dispose pas d’une armée avec des avions, des cuirassés et des bombes. Jésus n’essaie pas de gagner des élections en faisant de grands meetings, en envahissant les media pour convaincre les foules. Jésus fait du « porte à porte », il nous invite à le suivre mais chacun à son rythme, respectant toujours notre liberté. Il parle aux foules, mais il invite chaque disciple à le suivre. Même s’il connaît notre faiblesse, nos manques il nous pose toujours la même question, comme à Pierre après la Résurrection : « M’aimes-tu ? » Comme Pierre nous pouvons répondre : « Seigneur, toi, tu sais tout. Tu sais bien que je t’aime » (Jn 21,17)

Il renouvelle sa confiance à Pierre et il nous confie aussi notre mission.  Il nous dit comme au début de notre chemin « suis-moi » (Jn 21,19)

Quelle est notre mission ?  Nous pourrions la résumer dans la devise que portaient certains jeunes à la Cathédrale de Béziers lors de la Messe Chrismale lundi 11 Avril dernier :

« Rencontrer Jésus, l’aimer et le faire aimer ».

Si chacun de nous fait entrer dans son cœur le règne de Dieu, alors son règne viendra.
Si chacun de nous fait sa volonté elle sera « faite sur la terre comme au ciel ».
Jésus a vaincu le monde et sa victoire devient concrète, réelle dans le cœur de chaque disciple.
Alors, dans la communion des saints nous serons tous reliés, nous nous entraiderons, chacun deviendra le gardien de ses frères. Comme dans une même cordée nous pourrons avancer même dans le brouillard et le temps gris.

Au matin dans la clarté Jésus est ressuscité, allons à sa rencontre pour l’aimer et le faire aimer. Alors sa victoire sera réelle et complète. Gardons confiance, il vient à nous chaque jour, à nous de lui ouvrir la porte.

 

Père Xavier ZABALETA

1Devise de Cap missio (P. René LUC)

Vais-je me laisser bouleverser par cet Amour Inouï

Jésus est lucide : ceux qui n’ont pas compris son message vont le mettre à mort. Il consent à cette épreuve, Il accepte ce qui est et s’avance délibérément vers Jérusalem !

Vendredi Saint : Ancré dans sa filiation à son Père, Jésus va vivre l’angoisse. Sur la croix il dira sa peur à Dieu.

Il va prendre soin de la relation entre Marie et Jean et demander à Dieu le pardon des malfaiteurs.

Samedi Saint : Jésus va porter sa présence jusqu’aux lieux les plus bas, les plus obscurs de notre humanité.

Y a-t-il un lieu en moi que je garde fermé à la Présence du Seigneur ?

Puis-je ouvrir ma confiance au Seigneur qui me rejoins jusqu’en ce lieu et me réoriente vers la Vie ?

Cette année, vais-je me laisser bouleverser par cet Amour Inouï ?

 

Bernadette L membre de l’EAP

Voir au-delà des apparences…

C’est une grâce que nous pourrions recevoir de Dieu ce dimanche et cette semaine : la grâce de l’espérance.

Pendant le carême le Père Christophe, nous propose trois conférences sur le thème : Une Église qui meurt

En 1943 on parlait d’Église malade. On a ensuite parlé de crises de l’Église. Aujourd’hui nous entendons dire « c’est la fin d’un monde », « notre monde a cessé d’être chrétien ». Dans sa première conférence le père Christophe nous a montré un triste tableau de l’avenir de l’Église avec des statiques implacables sur la fréquentation de nos églises et sur l’évolution du nombre des baptêmes célébrés sur Béziers. Si au-delà des statistiques nous extrapolons la courbe des baptêmes, nous pouvons imaginer que dans moins de dix ans il n’y aura plus de baptêmes dans nos églises.

Pourtant les sacrements et l’ensemble de la liturgie représente la raison unique de nos églises. Deux risques les menacent aujourd’hui : les réduire au rang de musées, les conserver comme simples témoignages du patrimoine.

Ce samedi 2 avril,  plus de 500 collégiens du diocèse  vont se retrouver sur le site de St Joseph de Mont-Rouge pour le rassemblement
Ichtus, Défie ton cœur, Challenge ta Foi”.

Présenté sous la forme d’une grande énigme à résoudre avec des ateliers alliant Corps & Esprit à relever en équipe, la journée aura pour finalité de découvrir celui qui nous unit tous : le Christ.

À la veillée de Pâques quatre personnes dont une lycéenne, Anaëlle, vont recevoir le baptême. Dans les collèges catholiques de Béziers plusieurs collégiens vont être baptisés et plusieurs écoliers dans les groupes de catéchismes.

Non, notre église n’est pas encore morte !

Mais il faut agir vite. Je me rappelle un jeune collégien catéchumène que j’avais accompagné à la messe paroissiale. À la sortie je lui ai demandé ses impressions, il m’avait répondu « on se lève, on écoute, on s’assoit, on écoute…» Il traduisait par cette phrase sibylline son inaction et son ennui pendant la messe.

Tant que les jeunes ne seront pas considérés et acteurs dans nos célébrations, ils n’auront pas envie d’y participer.

Monique Mollier – EAP

Un long dimanche de fête !

Qui n’a jamais souhaité que la fête continue encore un peu ? Que le dimanche dure toute une semaine ? Et bien à Pâques, c’est possible !

La résurrection du Christ est la source même de la joie des chrétiens et cette joie ne pourrait difficilement être célébrée qu’en une seule journée, ni même en deux jours, si nous comptons le lundi de Pâques. L’octave de Pâques nous invite donc à prolonger la fête pendant 8 jours !
Cette période commence le dimanche de Pâques et se termine avec le dimanche de la miséricorde divine.

Pendant une semaine, le temps s’arrête afin de nous laisser le loisir de goûter pleinement à ce mystère de la foi chrétienne, de savourer la victoire du Christ sur la mort.

Dans un monde où tout va toujours vite, quel bonheur de prendre son temps et de laisser ainsi la joie de Pâques s’ancrer profondément en nous. Célébrons donc encore un peu :

  • Pourquoi pas en retournant une fois à la messe durant cette période et en retrouvant ainsi les prières du jour de Pâques
  • ou peut-être en portant, chaque jour de cette semaine, une touche de blanc dans nos vêtements, en rappel de notre baptême et en signe d’accompagnement des nouveaux baptisés de la nuit pascale ?

Nous ne chômons plus toute la semaine, comme c’était le cas au Moyen Âge, permettant ainsi à certains de prendre leur bâton de pèlerins. Mais nous pouvons toutefois profiter du lundi de Pâques, pour prendre le temps d’un petit pèlerinage près de chez nous ou simplement d’une marche méditative sur le thème de la Résurrection.

 

 

Une prière qui nourrit !

Dans l’évangile de Matthieu, alors que Satan essayait de tenter Jésus dans le désert, celui-ci cite le Deutéronome :
“L’homme ne vivra pas de pain seulement, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu.”

La manducation – du latin manducare qui veut dire manger, mastiquer – est une forme de prière qui aide à se nourrir véritablement de la Parole de Dieu.

Elle rappelle ces paroles de Dieu au prophète Ezechiel :

“[Le Seigneur ] me dit : « Fils d’homme, remplis ton ventre, rassasie tes entrailles avec ce rouleau que je te donne. »
Je le mangeai, et dans ma bouche il fut doux comme du miel.”
(Ezechiel 3 ;3)

Cette prière méditative remonte aux tous premiers temps de l’Église chrétienne ; elle était notamment pratiquée par les Pères du désert. Simple et sobre, elle s’adapte aussi facilement à nos vies quotidiennes actuelles.
Il s’agit de répéter un verset biblique. Cette répétition n’a pas seulement pour objet la mémorisation de la Parole mais bien de la “manger” ; c’est-à- dire de la goûter, de la savourer, de l’absorber et de s’en nourrir.

“ De grâce, ne vous contentez pas de les regarder, ces adorables paroles. Il faut vous en nourrir, vous les assimiler ; la vraie cause de nos maux, c’est l’ignorance de la Parole de Dieu.” disait saint Jean Chrysostome

Chaque matin, nous pouvons choisir un verset à manduquer durant la journée. Tiré de la liturgie du jour ou en relation avec ce que l’on vit – face à une épreuve, pour apaiser sa colère, ou pour rendre grâce  – la Parole vivante de Dieu nous guérit et nous transforme intérieurement.

“Que la parole de Christ habite en vous dans toute sa richesse !” (Colossiens 3:16)

 

La paix que Dieu seul peut donner : Shalom. 

Depuis un mois, nous prions intensément pour la paix. La paix pour l’Ukraine et pour son peuple, la paix pour le monde. La paix que Dieu seul peut donner : Shalom. 


Cette paix est plus qu’une absence de la guerre et plus qu’un compromis. Elle est justice rendue et restauration des dommages, guérison du cœur et des relations, un nouvel engagement en faveur de l’autre. Plénitude et perfection dans l’amour.


C’est une telle paix que nous demandons à Dieu. Mais lui, en même temps, nous demande d’œuvrer pour sa paix, d’en être des artisans. De la créer, comme lui, à partir de rien ou plutôt de ce tohu-bohu que nous trouvons sous nos mains. Un travail que le Fils a achevé, mais non sans s’en faire percer les mains. Ceux qui se mettront au chantier à sa suite, mériteront le nom de fils à leur tour.

« Nous sommes appelés non seulement à prier pour la paix, mais à être prêts à activement nous lever en prophètes et à condamner l’injustice, à créer la paix même au prix de nos vies.  […] Le sacrifice et la prière pendant la liturgie, si nous ne sommes pas nous-mêmes prêts à un acte de sacrifice, conduisent à la condamnation […] Nous avertissons ceux qui prient pour la paix mais sont incapables de créer activement la paix par peur ou par manque de foi. »


Désirant la paix, je ne peux que prendre à mon compte ces lignes adressés par les théologiens orthodoxes à leur frère Cyrille, et les ajouter, en tremblant, à mon examen de conscience de Carême.

Quelle paix suis-je appelé à créer autour de moi aujourd’hui, aussi cher que ça puisse me coûter ? 


Nicolas, prêtre

« Dis-moi, qu’entends-tu faire de ton unique, sauvage et précieuse vie ? »

« Dis-moi, qu’entends-tu faire de ton unique, sauvage et précieuse vie ? », citation de Mary Oliver dans  La journée d’été qui conclut le film de Frédéric Tellier, Goliath, relatant les pressions des lobbyings, lutte acharnée du faible contre le fort !

   En dénonçant d’une manière très forte les différentes pressions qui empoisonnent et bien souvent orientent les décisions de celles et ceux qui gouvernent, la question de l’emploi des pesticides est clairement posée : comment empêcher une poignée de firmes de continuer à polluer et surtout de s’emparer de l’ensemble du vivant ?

   Devant la situation des hébreux esclaves en Égypte – situation o combien semblable à celle de nos sœurs et frères de l’Ukraine – et à l’écoute de leurs cris : « j’ai vu, oui j’ai entendu ses cris sous les coups, oui je connais ses souffrances … » Dieu s’adressant à Moïse l’envoie pour le délivrer de la main de ses oppresseurs. Ex 3, 1…

   Quelle actualité de ces textes vieux de quelques trois mille ans qui expriment les souffrances des exilés, des laisser pour compte, des opprimés de toutes les causes !

  La recherche de la justice et de la solidarité entre les hommes et femmes de ce temps est au cœur de l’action du CCFD-Terre solidaire pour la reconnaissance des droits fondamentaux de chaque peuple et la dignité de chaque personne.

   Ce samedi 19 mars Moussa Koné, partenaire CCFD du Mali, témoignera de l’action de son association pour le « droit à l’eau, à la terre et aux semences » – salle G Brassens à Portiragnes, de 18h à 20h – débat public ouvert à tous. Consultez l’affiche : https://paroisses-beziers-littoral.catholique.fr/images/Affiche_Portiragnes_%20jml.pdf.

 

« Dis-moi, qu’entends-tu faire de ton unique, sauvage et précieuse vie ? » – oui qu’entends-tu faire, qu’entendons-nous faire personnellement et collectivement pour que la vie, toute vie soit toujours la priorité de nos engagements ?

 

Bonne semaine à toutes et tous.

Jean Costes, prêtre, Sérignan.

Aucun autre nom n’est donné aux hommes …

Dans l’évangile de ce dimanche Jésus se transfigure devant ses disciples les plus proches : Pierre, Jacques et Jean. Comme nous le dit le texte, Jésus a gravi la montagne pour prier. La montagne est un lieu symbolique. Elle touche le ciel, donc c’est un endroit privilégié où l’homme peut rencontrer son Dieu.

 

Les disciples voient les effets de cette rencontre. L’aspect du visage de Jésus est devenu autre, et son vêtement se transforme en une blancheur éblouissante. Ils voient aussi Moïse et Élie, apparus dans la gloire qui s’entretiennent avec Jésus. Pierre veut faire trois tentes une pour toi, une pour Moïse, et une pour Élie. Mais il ne sait pas ce qu’il dit. C’est Jésus, lui-même, qui est celui qui parle maintenant avec Dieu et l’histoire du salut passe par lui. Avant c’était Moïse qui parlait avec Dieu dans la tente de la rencontre, après c’était Élie qui rencontrait Dieu sur la montagne, mais maintenant il n’y a qu’une seule tente de la rencontre, celle de Jésus. Dieu agit en lui et par lui. Maintenant si quelqu’un veut être sauvé il doit se confier totalement à Jésus.

Une voix, qui sort de la nuée, se fait entendre : Celui-ci est mon Fils, celui que j’ai choisi : écoutez-le !

 La transfiguration se passe juste avant la Pâque à Jérusalem. La scène explique ce qui doit se réaliser par la mort et la résurrection de Jésus. L’évangile nous montre que le salut consiste en la relation avec Jésus.

Comme le dit après saint Pierre : Sachez-le donc, vous tous, ainsi que tout le peuple d’Israël : c’est par le nom de Jésus le Nazaréen, lui que vous avez crucifié mais que Dieu a ressuscité d’entre les morts, c’est par lui que cet homme se trouve là, devant vous, bien portant. Ce Jésus est la pierre méprisée de vous, les bâtisseurs, mais devenue la pierre d’angle. En nul autre que lui, il n’y a de salut, car, sous le ciel, aucun autre nom n’est donné aux hommes, qui puisse nous sauver (Ac 4, 10-12).

P. Christophe Paczos

REMERCIEMENTS AUX DONATEURS DE LA COLLECTE POUR LES REFUGIES UKRAINIENS EN POLOGNE

La collecte pour les réfugiés ukrainiens accueillis en Pologne, organisée en urgence au St Curé d’Ars jeudi et vendredi derniers pour venir en aide à l’Association Moje Nowosiolki,  a fait l’objet d’un réel élan de solidarité. Elle a pu être acheminée au cours du week-end et nous sommes informés qu’elle est arrivée à destination. 

Les remerciements des organisateurs vont vers tous ceux qui ont répondu présent et qui ont permis soit par leur engagement et leur générosité, soit par leurs dons divers, d’apporter un soutien et du matériel pour répondre aux besoins de premières nécessités des victimes de ce conflit. 

La collecte a permis d’expédier approximativement : 

200 couvertures

50 sacs de couchage

20 matelas pneumatiques

200 biberons

 

400 paquets de couches de bébés

50 paquets de couches pour adultes

10 cartons de produits médicaux et hygiéniques pour les jeunes mamans et quelques cartons de compléments alimentaires pour adultes

 

 

500 euros avec lesquels on a  payé le chauffeur (400 euros) et 100 euros pour les sacs, cartons… etc…etc…

 

(images prises lors de la livraison des dons à bon port).

 

Le maire de la commune de Telatyn (à droite) et le président de l’association Moje Nowosiółki, Daniel Pawlowski (à gauche) remercient les donateurs.  

                                   

 

3 figures inspirantes en temps de Carême !

Le Carême commémore les 40 jours du Christ dans le désert. Nous sommes invités à sa suite à vivre un temps de prière, d’introspection et de conversion. Il n’est pas toujours facile d’aller dans nos déserts, dans nos silences pour se rapprocher de Dieu. Nous ne sommes pas seuls car Jésus nous y précède mais nous pouvons aussi choisir de marcher dans les pas de fameux guides !

En voici trois qui ont tracé de belles voies dans le désert :

 

  • Moïse et le chemin de la patience. Dans l’Ancien Testament, Moïse guida le peuple de Dieu pendant 40 ans dans le désert ; un exode fait de hauts et de bas … Nul doute qu’il peut nous aider à traverser notre désert pendant 40 jours ! Le Carême peut être l’occasion de revivre les grands moments de doutes et d’espérance du peuple juif, comme l’épisode du serpent de bronze avant de pouvoir nous aussi lever les yeux vers la Croix.
  • Jean-Baptiste et le chemin de la conversion. Le Carême s’ouvre avec cette phrase des évangiles “convertissez vous et croyez à l’évangile” ; or, Jean préparait le chemin de Jésus en proposant un baptême de conversion pour le pardon des péchés. Le dernier prophète, qui vécut longtemps dans le désert, nous guide sur un chemin d’humilité et de dépouillement ; “Jean était vêtu de poil de chameau, avec une ceinture de cuir autour des reins ; il se nourrissait de sauterelles et de miel sauvage.” (Marc 1 ; 6)
  • Charles de Foucauld et le chemin de l’Autre. Ce “frère universel” qui se révéla dans l’amour de son prochain au milieu du désert, nous montre comment dépasser nos propres frontières dans l’amour du Christ et de son prochain. Sa prochaine canonisation, le 15 mai 2022, est une bonne opportunité pour apprendre à mieux le connaître.