« Mais à quoi ça sert ? »

 

Il arrive quelquefois, surtout chez les enfants de poser la question : « mais à quoi cela sert-il ? Par exemple à quoi ça sert de prier ? est-ce nécessaire ? Dieu entend-il ma prière ? Pourquoi ne répond-il jamais ?

Peut-être tout simplement parce que la question est mal posée. Est-ce que je me demande à quoi ça sert de respirer ou à quoi ça sert d’aimer ? Je ne me pose même pas la question. Je le fais tout naturellement sans réfléchir. Et si la prière devenait, elle aussi toute naturelle.

 

Prier ce n’est pas se creuser la tête pour dire des choses qu’on invente ou qu’on récite. Prier c’est d’abord écouter, dans le silence. Car Dieu a des choses à nous dire, des paroles vitales à nous donner comme : « tu es mon fils, tu es ma fille, tu fais toute ma joie ! »

Prier ce n’est pas chercher à changer Dieu, à faire pression sur Lui. Dieu veut notre bien. Il sait ce qui est le meilleur pour nous. Il voit les choses à long terme, c’est-à-dire en vue du ciel. Il a donc décidé depuis toujours de nous donner ce qui nous convient. Mais il veut que nous lui demandions cela dans la prière. Donc lorsque nous prions nous entrons dans son plan. Et après cette prière, Dieu nous donne ce qu’il a décidé, même si ce n’est pas forcément ce que nous attendions. Et comme nous ne savons pas si notre demande est conforme au projet de Dieu, nous devons toujours nous soumettre d’avance à sa décision. Je te demande telle chose, si c’est bien cela que tu veux pour moi. J’accepte avec amour ce que tu vas me donner et déjà je te remercie. Que ta volonté soit faite.

Il faut donc prier sans cesse, avec persévérance sans se décourager. Dieu connaît nos besoins, il s’occupe toujours de nous, parfois de façon étonnante, inattendue. Il faudrait que nous fassions davantage attention à tout ce que Dieu nous donne, en permanence et faire de notre prière, une prière de louange et d’action de grâce. Dieu donne toujours, mais pas nécessairement ce que nous désirions, parce que lui seul sait ce qui est le mieux pour nous. Dieu est souvent déroutant. Ce n’est qu’après, que nous nous rendons compte des bienfaits du Seigneur. Alors, oui, sachons demander à Dieu, sans relâche au risque de lui « casser la tête ». Sachant que le temps de Dieu n’est pas le même que le nôtre et que tout ne se réalise pas dans l’immédiateté et de la manière que nous avions imaginée. Dieu qui voit tout, agit avec une sagesse que nous comprenons, bien souvent après coup.

Ayons foi en Lui et faisons Lui confiance !

Père Alain
Saint Joseph

Témoignage de foi et de vaillance

Sœur Gloria Cecilia Narvàez Argoty, franciscaine de Marie Immaculée, de nationalité colombienne et missionnaire au Mali, a été séquestrée le 4 octobre 2017 et libérée le 9 octobre 2021. En mars 2022, elle a été invitée à la Cathédrale de Madrid par le président de l’Église en détresse pour donner son témoignage de foi et de vaillance vécu dans ces 4 ans et 8 mois comme prisonnière.

Elle raconte ainsi : « Vers 21 heures, j’étais avec deux sœurs de la fraternité, en train de regarder les nouvelles à la télévision, quand quatre terroristes lourdement armés nous ont attaqué, ils voulaient prendre une des sœurs, j’ai offert ma vie pour que les deux autres ne soient pas blessées. Lorsque nous avons quitté la maison, les hommes m’ont mis une chaîne autour du cou avec un dispositif explosif et ils m’ont amené dans le désert. J’étais fréquemment changée de groupe et déplacée dans des endroits éloignés dans le sable du désert du Sahara.

Bien que ces années aient été difficiles, je peux dire avec certitude que mon esprit n’a pas été enlevé, j’ai été soutenu par ma foi et mon espérance contre le découragement parce que j’ai pu faire vivre ma spiritualité franciscaine en contemplant la nature, le soleil avec sa chaleur enveloppante, les couchers de soleil colorés, la diversité des oiseaux…J’ai récité les psaumes, j’ai invoqué mon ange gardien, j’ai plié les genoux et levé les mains au ciel, en nommant avec beaucoup d’amour le doux nom de Marie…Tous les matins, ils m’ont crié « l’Islam est la vraie religion » en me pressant de me convertir…mais Jésus-Christ est tout pour moi  je ne l’abandonnerai jamais je priais pour que Dieu convertisse leurs cœurs afin qu’ils se rendent compte du mal qu’ils faisaient, non seulement à moi, mais à de nombreuses personnes qu’ils avaient séquestrées.

J’ai ressenti la protection spéciale de Dieu, je peux affirmer que ma vie en captivité a été une expérience d’amour, d’espoir et de charité. Avec l’aide de Dieu, j’ai pu rester fidèle à mon engagement de disciple et de missionnaire de Jésus, ce qui a contribué à la croissance de la foi et à l’unité de l’Église catholique au Mali ».

Seigneur, augmente en nous la foi, fortifie là. Donne-nous ton Esprit Saint pour que nous puissions être de vrais témoins de la foi au cœur du monde.

Sœur Béatrice NTABAJANA (EAP)

Journée Mondiale du Migrant et du Réfugié

En tant qu’êtres humains nous sommes frères et sœurs vivants sur la même planète ! Tout être humain a une dignité inaliénable.

Lorsque le prochain est un migrant nous sommes face à des défis :

  • Si l’idéal est d’éviter les migrations inutiles et que chacun puisse vivre et grandir dans la dignité dans son pays d’origine, des progrès sont à faire.
  • Pouvons-nous respecter le droit de tout être humain de trouver un lieu où il puisse répondre à ses besoins fondamentaux et à ceux de sa famille, mais aussi se réaliser intégralement comme personne ?
  • Si notre réponse est ‘’oui’’ : nos efforts à faire sont de les accueillir, protéger, promouvoir, intégrer ! Pour cela, pouvons-nous élargir notre regard sur nos différences culturelles, religieuses, historiques ?
  • Pouvons-nous avoir un regard lavé de tout jugement sur celui qui a eu tant de peine à arriver jusque chez nous ? Même si on ne comprend pas les raisons de son exil.
  • Pouvons-nous croire que l’autre est une opportunité d’enrichissement et de croissance de tous ? Reflet de la richesse de toute vie humaine ?

Plus que jamais, notre interdépendance s’accroit avec la dégradation de la santé de la Terre, et nous ne pourrons nous sauver seuls. Nous avons reçu gratuitement la vie, donnons gratuitement ! (Mat10, 8)

Avec l’Esprit qui habite en chacun, nous sommes capables, personnellement et ensemble, d’oindre de dignité celui qui arrive sur notre sol.

Concrètement, nous pouvons soutenir les collectifs qui y participent sur le biterrois : Caritas, Cimade, Restau du cœur, St Vincent de Paul, 100pour1 vallée d’Orb…. Ou oser personnellement la rencontre avec une personne qui vient d’ailleurs.

Inspiré de l’encyclique 2020 sur la fraternité et l’amitié sociale

Bernadette Lefebvre membre de l’EAP

Dieu nous a confié sa création

Du 1er septembre au 4 octobre, le pape nous invite à prier et prendre soin de la création (voir son message du 1er septembre pour la célébration de la journée mondiale de prière pour la sauvegarde de la création).

Devant les manifestations de plus en plus évidentes de la crise climatique, on peut être tenté de tourner la tête et continuer comme si tout allait bien, ou de se réfugier dans la peur, l’impuissance, la culpabilité, ou encore de faire des petits gestes « pour la planète » pour se donner bonne conscience.

Dieu nous a confié sa création pour que nous en prenions soin. Il nous le demande à tous, pas seulement aux décideurs et aux puissants. Comment nous montrer dignes de Sa confiance, dont il est question dans l’évangile de ce jour ?

Il s’agit de nous convertir pour participer à la métamorphose indispensable de nos sociétés. Cela implique de ralentir notre vie, retrouver un lien avec la nature, accepter l’incertitude et parfois le manque, mettre la consommation et la satisfaction de nos besoins au second plan pour choisir la vie et privilégier les relations, changer de regard pour mettre en commun nos ressources plutôt que de protéger notre propriété.

Pour faire ce chemin exigeant, la parole de Dieu peut être un guide. Elle nous enseigne les lois de vie dont nous avons besoin et nous aide à trouver l’attitude juste. Prions pour que nous soyons capables d’entendre cette parole.

Denis Lefebvre

 

Desiderio Desideravi

Le jour de la solennité des apôtres Pierre et Paul (29 juin) le Pape François a publié une lettre apostolique sur la liturgie. Les premiers mots de ce texte sont les paroles de Jésus à son dernier repas (Luc 22/15) « J’ai désiré d’un grand désir manger cette Pâque avec vous avant de souffrir ! ».

C’est une belle méditation, exigeante, sur le sens profond de la liturgie et une invitation, adressée aux ministres et aux fidèles, à la vivre en vérité « pour notre bien et celui de toute l’Eglise ».

Aborder la liturgie par le grand désir du Christ de nous rencontrer et de partager sa Pâque avec nous n’est pas innocent. C’est nous situer non pas d’abord devant un précepte (qui demeure) mais dans la relation vivante à Jésus ressuscité. Dans cette relation le désir du Christ rejoint notre propre désir de le rencontrer, d’entrer en communion avec celui qui nous a dit : « Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis » Jn 15/13

Je vais proposer à l’Equipe d’Animation Pastorale de prévoir un travail sur ce message du Pape afin de renouveler, personnellement et en communauté, notre manière de vivre les liturgies et particulièrement l’eucharistie.

P.Bernard Boissezon.

Le Seigneur se repose le septième jour, prenons exemple !

Cette année a été dense. Nous avons avec tristesse confié au Père éternel quelques paroissiens et des prêtres chers à nos cœurs. Nous avons aussi célébré nombre d’entrées dans la vie chrétienne, avec l’accalmie de la pandémie, les baptêmes se sont succédé à un rythme soutenu dans nos églises, les familles pouvant enfin se réunir.

Nous terminons le mois de juin, comme tous les ans, par le rush final : 105 adultes du Diocèse confirmés en la Cathédrale de Montpellier, 60 jeunes confirmés à Béziers en deux vagues les 19 et 25 juin et je ne parle pas des multiples célébrations de première communion et profession de foi en paroisse qui se sont bousculées.

Nous avons consacré du temps à réfléchir au synode sur la synodalité. Ce nouveau synode n’aborde pas une question particulière mais nous invite à réfléchir à ce que Dieu appelle : « être l’Église aujourd’hui », la manière dont l’Église fait participer ses différents membres à l’ensemble de sa vie et de sa mission.

En cet été si nous le pouvons, reposons-nous bien ! Par des moments plus calmes et conviviaux qu’ils soient des moments de cœur à cœur avec les autres et le Christ en prenant le temps aux choses : lecture, balade, randonnée, sport, bon repas, attention aux autres et à soi. Le Seigneur se repose le septième jour, prenons exemple !

Monique Mollier – EAP

 

 

 

QUE MANGERONS-NOUS EN CE MIDI DE FÊTE ?

Dimanche 19 juin : Fête du Corps et du Sang du Seigneur – ANNÉE C

La question préoccupe d’abord la cuisinière mais aussi, et peut-être surtout, les convives ! Peut-être même nous distrait-elle pendant la messe, sans en arriver aux extrémités de gourmandise du « Curé de Cucugnan » !

ALIMENTER ET DÉSALTÉRER NOTRE CORPS EST UNE NÉCESSITE VITALE.

Aujourd’hui l’Église nous propose de vivre la fête du corps et du sang du Seigneur.
Après la multiplication des pains, Jésus explique, à ceux qui voudraient bien recevoir à nouveau du pain gratis, qu’Il est Pain d’une autre nature,

(Jn 6) « moi, je suis le pain de la vie … moi, je suis le pain vivant … Le pain que je donnerai c’est ma chair donnée pour la vie du monde … En vérité, en vérité, je vous le dis : si vous ne mangez pas ma chair et ne buvez pas mon sang, vous n’avez pas la vie en vous. Celui qui mange ma chair et boit mon sang a la vie éternelle … ».

Beaucoup de ses disciples … déclarèrent « Cette parole est rude ! Qui peut l’entendre ? ». Á partir de ce moment beaucoup … s’en retournèrent et cessèrent de le suivre ».

ET NOUS ? JUSQU’OÙ SUIVONS-NOUS ?

Nos repas de famille, nos repas de fête entre amis, sont le signe, l’image du banquet divin auquel nous sommes appelés à participer. La parole est comme un pain qui nourrit notre intérieur, qui alimente notre esprit.

Jésus est la Parole, le verbe de Dieu. Par la Parole du Christ ce pain de boulanger devient son corps livré, le vin devient son sang versé, « vraie nourriture, vraie boisson pour la Vie Éternelle ».

FÊTONS DONC CE JOUR DIGNEMENT ET JOYEUSEMENT !

Pierre Gondard (EAP)

Donner du fruit

Pendant les cents derniers jours, nous avons vécu dans l’Église une période extraordinaire, avec, au centre la fête de Pâques, entourée d’un côté par le temps de Carême, de l’autre, par le temps Pascal, se terminant avec la fête de la Pentecôte. Depuis la semaine qui se termine, nous vivons le temps dit Ordinaire. C’est le temps où nous sommes appelés à donner du fruit. Après avoir reçu, dans notre terre, le grain de la vie donné du Christ, après avoir été arrosés avec le don de l’Esprit, nous sommes appelés à faire fructifier maintenant notre vie avec le fruit de la lumière : la bonté, la justice, la vérité… Nous sommes appelés à pousser.

 

Pendant les dernières semaines, le terrain derrière le presbytère s’est couvert d’un abondant gazon. C’est comme si, profitant des dons spirituels que dimanche après dimanche nous célébrons dans l’Église, le terrain voulait donner du fruit à son tour. J’ai demandé au jardinier de le tondre, car il va bientôt servir aux différents rassemblements paroissiaux de fin d’année. J’ai émis toutefois un doute si, vu la dynamique extraordinaire de la croissance, l’herbe ne repoussait pas trop rapidement. « Ne vous inquiétez pas, dis dit le jardinier, maintenant, avec le soleil, ça va se calmer ».

 

Peut-être avons-nous déjà commencé à donner du fruit de la Lumière dans notre vie, inspirés par le temps de Pâques ? Ne nous calmons pas toute de suite. L’été sera chaud, le soleil n’aura pas de pitié pour le terrain de notre cœur. Pensons à bien l’arroser régulièrement. Que notre fruit de la lumière repousse abondamment après chaque tonte. Cultivons l’extraordinaire dans le temps ordinaire.

 

 

  1. Nicolas

Dieu dans la chair

Nous ne pouvons parler de Dieu qu’avec des images, et en ayant conscience que Dieu dépasse de beaucoup tout ce que nous disons de lui. L’image du Père nous est familière, l’image du Fils aussi. Nous savons ce qu’est un père et ce qu’est un fils. Nous comprenons un peu ce que signifie être fils de Dieu et frère de Jésus.


L’image de l’Esprit (que nous fêtons à Pentecôte) nous semble peut-être plus étrange. Dans les langues de la Bible le mot signifie « souffle » et donc nous renvoie à notre respiration. Bien sûr nous savons faire le lien entre le souffle et la vie. Nous avons en tête les expressions « avoir du souffle » ou « rendre son dernier souffle ». Mais parler de Dieu, de l’une des trois personnes de la trinité, à partir de l’air que nous respirons… n’est-ce pas un peu vaporeux ? Irréel ? Abstrait ?

Non, c’est le contraire, c’est mettre Dieu là où il est, c’est à dire dans la chair. Car il ne suffit pas de parler de Dieu, de mettre Dieu dans nos mots, dans nos paroles il nous faut l’éprouver dans la chair, là où il se tient. L’image de l’esprit nous invite à découvrir que Dieu est présent en notre être de chair, dans nos tripes plus que dans nos têtes.

Ce que je dis là de l’Esprit, il me faut le dire aussi du Père et du Fils. Notre expérience d’être fils ou fille, frère ou sœur n’est pas une expérience intellectuelle, une connaissance théorique, elle est une expérience charnelle que nous éprouvons particulièrement lorsque nous perdons nos proches. Il en va de même de l’expérience de Dieu, c’est pourquoi il vient à nous dans le pain qui est son corps et le vin qui est son sang. Malheureusement la culture qui nous imprègne aujourd’hui tend à nous dissocier de nous-même. De même que nous avons du mal à communier à la nature, nous éprouvons de la difficulté à communier avec Dieu. Mais le chemin de la foi vécue reste ouvert à qui veut l’emprunter, c’est un beau et long chemin.

Père Bernard Boissezon.

 

Un désir intolérable

 

Le livre de l’Apocalypse que nous lisons depuis quelques semaines, est un livre visionnaire, prophétique parce qu’il nous annonce de façon énigmatique, plein de symboles, le futur ultime.

C’est un livre de l’espérance parce qu’il annonce notre avenir comme un accomplissement de notre soif et notre désir les plus profonds. Celui qui anime ce désir, en fait cet amour lui-même, c’est l’Esprit Saint qui est répandu dans nos cœurs (Rm 5, 5). Ce qui est difficile c’est de ne pas étouffer, de ne pas refouler ce désir par des petits biens, des petits plaisirs. C’est difficile de rester non comblé, non rassasié, non satisfait, bref rester dans le vide intérieur.

Ainsi, paradoxalement, on reste en contact avec nos désirs les plus profonds. St. Jean de la Croix compare l’âme et ses puissances aux cavernes intérieures : « … quand elles ne sont pas vides, purifiées et exemptes de toute affection de créature, elles ne sentent pas le vide immense de leur profonde capacité… », mais quand elles « … sont complétement détachées et purifiées, la soif, la faim et le désir de leur sens spirituel est intolérable ».

Alors rester dans ce désir intolérable est paradoxalement un chemin vers Dieu. C’est la voie que propose St. Augustin dans son sermon sur la première lettre de st. Jean. Ce désir purifie et augmente notre capacité intérieure pour que nous puissions recevoir Dieu c’est-à-dire tout ce que nous attendons.

P.JAN JANKOWSKI