Desiderio Desideravi

Le jour de la solennité des apôtres Pierre et Paul (29 juin) le Pape François a publié une lettre apostolique sur la liturgie. Les premiers mots de ce texte sont les paroles de Jésus à son dernier repas (Luc 22/15) « J’ai désiré d’un grand désir manger cette Pâque avec vous avant de souffrir ! ».

C’est une belle méditation, exigeante, sur le sens profond de la liturgie et une invitation, adressée aux ministres et aux fidèles, à la vivre en vérité « pour notre bien et celui de toute l’Eglise ».

Aborder la liturgie par le grand désir du Christ de nous rencontrer et de partager sa Pâque avec nous n’est pas innocent. C’est nous situer non pas d’abord devant un précepte (qui demeure) mais dans la relation vivante à Jésus ressuscité. Dans cette relation le désir du Christ rejoint notre propre désir de le rencontrer, d’entrer en communion avec celui qui nous a dit : « Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis » Jn 15/13

Je vais proposer à l’Equipe d’Animation Pastorale de prévoir un travail sur ce message du Pape afin de renouveler, personnellement et en communauté, notre manière de vivre les liturgies et particulièrement l’eucharistie.

P.Bernard Boissezon.

Le Seigneur se repose le septième jour, prenons exemple !

Cette année a été dense. Nous avons avec tristesse confié au Père éternel quelques paroissiens et des prêtres chers à nos cœurs. Nous avons aussi célébré nombre d’entrées dans la vie chrétienne, avec l’accalmie de la pandémie, les baptêmes se sont succédé à un rythme soutenu dans nos églises, les familles pouvant enfin se réunir.

Nous terminons le mois de juin, comme tous les ans, par le rush final : 105 adultes du Diocèse confirmés en la Cathédrale de Montpellier, 60 jeunes confirmés à Béziers en deux vagues les 19 et 25 juin et je ne parle pas des multiples célébrations de première communion et profession de foi en paroisse qui se sont bousculées.

Nous avons consacré du temps à réfléchir au synode sur la synodalité. Ce nouveau synode n’aborde pas une question particulière mais nous invite à réfléchir à ce que Dieu appelle : « être l’Église aujourd’hui », la manière dont l’Église fait participer ses différents membres à l’ensemble de sa vie et de sa mission.

En cet été si nous le pouvons, reposons-nous bien ! Par des moments plus calmes et conviviaux qu’ils soient des moments de cœur à cœur avec les autres et le Christ en prenant le temps aux choses : lecture, balade, randonnée, sport, bon repas, attention aux autres et à soi. Le Seigneur se repose le septième jour, prenons exemple !

Monique Mollier – EAP

 

 

 

QUE MANGERONS-NOUS EN CE MIDI DE FÊTE ?

Dimanche 19 juin : Fête du Corps et du Sang du Seigneur – ANNÉE C

La question préoccupe d’abord la cuisinière mais aussi, et peut-être surtout, les convives ! Peut-être même nous distrait-elle pendant la messe, sans en arriver aux extrémités de gourmandise du « Curé de Cucugnan » !

ALIMENTER ET DÉSALTÉRER NOTRE CORPS EST UNE NÉCESSITE VITALE.

Aujourd’hui l’Église nous propose de vivre la fête du corps et du sang du Seigneur.
Après la multiplication des pains, Jésus explique, à ceux qui voudraient bien recevoir à nouveau du pain gratis, qu’Il est Pain d’une autre nature,

(Jn 6) « moi, je suis le pain de la vie … moi, je suis le pain vivant … Le pain que je donnerai c’est ma chair donnée pour la vie du monde … En vérité, en vérité, je vous le dis : si vous ne mangez pas ma chair et ne buvez pas mon sang, vous n’avez pas la vie en vous. Celui qui mange ma chair et boit mon sang a la vie éternelle … ».

Beaucoup de ses disciples … déclarèrent « Cette parole est rude ! Qui peut l’entendre ? ». Á partir de ce moment beaucoup … s’en retournèrent et cessèrent de le suivre ».

ET NOUS ? JUSQU’OÙ SUIVONS-NOUS ?

Nos repas de famille, nos repas de fête entre amis, sont le signe, l’image du banquet divin auquel nous sommes appelés à participer. La parole est comme un pain qui nourrit notre intérieur, qui alimente notre esprit.

Jésus est la Parole, le verbe de Dieu. Par la Parole du Christ ce pain de boulanger devient son corps livré, le vin devient son sang versé, « vraie nourriture, vraie boisson pour la Vie Éternelle ».

FÊTONS DONC CE JOUR DIGNEMENT ET JOYEUSEMENT !

Pierre Gondard (EAP)

Donner du fruit

Pendant les cents derniers jours, nous avons vécu dans l’Église une période extraordinaire, avec, au centre la fête de Pâques, entourée d’un côté par le temps de Carême, de l’autre, par le temps Pascal, se terminant avec la fête de la Pentecôte. Depuis la semaine qui se termine, nous vivons le temps dit Ordinaire. C’est le temps où nous sommes appelés à donner du fruit. Après avoir reçu, dans notre terre, le grain de la vie donné du Christ, après avoir été arrosés avec le don de l’Esprit, nous sommes appelés à faire fructifier maintenant notre vie avec le fruit de la lumière : la bonté, la justice, la vérité… Nous sommes appelés à pousser.

 

Pendant les dernières semaines, le terrain derrière le presbytère s’est couvert d’un abondant gazon. C’est comme si, profitant des dons spirituels que dimanche après dimanche nous célébrons dans l’Église, le terrain voulait donner du fruit à son tour. J’ai demandé au jardinier de le tondre, car il va bientôt servir aux différents rassemblements paroissiaux de fin d’année. J’ai émis toutefois un doute si, vu la dynamique extraordinaire de la croissance, l’herbe ne repoussait pas trop rapidement. « Ne vous inquiétez pas, dis dit le jardinier, maintenant, avec le soleil, ça va se calmer ».

 

Peut-être avons-nous déjà commencé à donner du fruit de la Lumière dans notre vie, inspirés par le temps de Pâques ? Ne nous calmons pas toute de suite. L’été sera chaud, le soleil n’aura pas de pitié pour le terrain de notre cœur. Pensons à bien l’arroser régulièrement. Que notre fruit de la lumière repousse abondamment après chaque tonte. Cultivons l’extraordinaire dans le temps ordinaire.

 

 

  1. Nicolas

Dieu dans la chair

Nous ne pouvons parler de Dieu qu’avec des images, et en ayant conscience que Dieu dépasse de beaucoup tout ce que nous disons de lui. L’image du Père nous est familière, l’image du Fils aussi. Nous savons ce qu’est un père et ce qu’est un fils. Nous comprenons un peu ce que signifie être fils de Dieu et frère de Jésus.


L’image de l’Esprit (que nous fêtons à Pentecôte) nous semble peut-être plus étrange. Dans les langues de la Bible le mot signifie « souffle » et donc nous renvoie à notre respiration. Bien sûr nous savons faire le lien entre le souffle et la vie. Nous avons en tête les expressions « avoir du souffle » ou « rendre son dernier souffle ». Mais parler de Dieu, de l’une des trois personnes de la trinité, à partir de l’air que nous respirons… n’est-ce pas un peu vaporeux ? Irréel ? Abstrait ?

Non, c’est le contraire, c’est mettre Dieu là où il est, c’est à dire dans la chair. Car il ne suffit pas de parler de Dieu, de mettre Dieu dans nos mots, dans nos paroles il nous faut l’éprouver dans la chair, là où il se tient. L’image de l’esprit nous invite à découvrir que Dieu est présent en notre être de chair, dans nos tripes plus que dans nos têtes.

Ce que je dis là de l’Esprit, il me faut le dire aussi du Père et du Fils. Notre expérience d’être fils ou fille, frère ou sœur n’est pas une expérience intellectuelle, une connaissance théorique, elle est une expérience charnelle que nous éprouvons particulièrement lorsque nous perdons nos proches. Il en va de même de l’expérience de Dieu, c’est pourquoi il vient à nous dans le pain qui est son corps et le vin qui est son sang. Malheureusement la culture qui nous imprègne aujourd’hui tend à nous dissocier de nous-même. De même que nous avons du mal à communier à la nature, nous éprouvons de la difficulté à communier avec Dieu. Mais le chemin de la foi vécue reste ouvert à qui veut l’emprunter, c’est un beau et long chemin.

Père Bernard Boissezon.

 

Un désir intolérable

 

Le livre de l’Apocalypse que nous lisons depuis quelques semaines, est un livre visionnaire, prophétique parce qu’il nous annonce de façon énigmatique, plein de symboles, le futur ultime.

C’est un livre de l’espérance parce qu’il annonce notre avenir comme un accomplissement de notre soif et notre désir les plus profonds. Celui qui anime ce désir, en fait cet amour lui-même, c’est l’Esprit Saint qui est répandu dans nos cœurs (Rm 5, 5). Ce qui est difficile c’est de ne pas étouffer, de ne pas refouler ce désir par des petits biens, des petits plaisirs. C’est difficile de rester non comblé, non rassasié, non satisfait, bref rester dans le vide intérieur.

Ainsi, paradoxalement, on reste en contact avec nos désirs les plus profonds. St. Jean de la Croix compare l’âme et ses puissances aux cavernes intérieures : « … quand elles ne sont pas vides, purifiées et exemptes de toute affection de créature, elles ne sentent pas le vide immense de leur profonde capacité… », mais quand elles « … sont complétement détachées et purifiées, la soif, la faim et le désir de leur sens spirituel est intolérable ».

Alors rester dans ce désir intolérable est paradoxalement un chemin vers Dieu. C’est la voie que propose St. Augustin dans son sermon sur la première lettre de st. Jean. Ce désir purifie et augmente notre capacité intérieure pour que nous puissions recevoir Dieu c’est-à-dire tout ce que nous attendons.

P.JAN JANKOWSKI

Canonisation de Charles de Foucauld

La Canonisation de Charles de Foucauld met en relief cette belle figure de notre Église française. Elle réjouit les congrégations et groupes de spiritualité qui s’inscrivent dans son lignage et qui disent tous les soirs la prière qu’il a formulée :

 « Mon Père,

Je m’abandonne à toi, fais de moi ce qu’il te plaira.
Quoi que tu fasses de moi, je te remercie.
Je suis prêt à tout, j’accepte tout. Pourvu que ta volonté se fasse en moi, en toutes tes créatures, je ne désire rien d’autre, mon Dieu.
Je remets mon âme entre tes mains. Je te la donne, mon Dieu, avec tout l’amour de mon cœur,
parce que je t’aime, et que ce m’est un besoin d’amour de me donner,
de me remettre entre tes mains, sans mesure, avec une infinie confiance,

car tu es mon Père. »

Le chemin de conversion du frère Charles a atteint cette radicalité dans le désir de se donner totalement au Père, dans une pleine confiance en sa bonté.

Père Bernard Boissezon.

Une façon d’aimer Jn 13, 31-35

Jésus prend congé de ses disciples. Dans peu de temps, ils ne l’auront plus avec eux. Jésus leur parle avec une tendresse particulière : « Mes petits-enfants, il me reste peu de temps à passer avec vous ». La communauté est fragile et petite. Elle vient de naître. Les disciples sont comme des bébés. Que deviendront-ils si le Maître leur manque ?

Jésus leur fait un cadeau :

« Je vous donne un commandement nouveau : «Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés». S’ils s’aiment mutuellement de l’amour même dont Jésus les a aimés, ils ne cesseront pas de le sentir vivant au milieu d’eux.

La manière d’aimer de Jésus est sans équivoque son amour a un caractère de service. Jésus se met au service de ceux qui ont peut-être le plus besoin de lui. Il fait de la place dans son cœur et dans sa vie pour ceux qui n’ont pas de place dans la société et dans les préoccupations des gens. Il prend la défense de ceux qui sont faibles et petits, de ceux qui n’ont pas le pouvoir de se défendre eux-mêmes, de ceux qui ne sont pas grands ou importants. Il se fait proche de ceux qui sont seuls et sans défense, de ceux qui ne connaissent ni l’amour ni l’amitié de personne.

Il ne pense qu’à faire le bien, à accueillir, à donner le meilleur de lui-même, à offrir son amitié, à aider les gens à vivre. C’est ainsi qu’on se souviendra de lui des années plus tard dans les premières communautés chrétiennes : « Il a passé toute sa vie à faire le bien ».

L’amour qu’ils ont reçu de Jésus continuera de se répandre parmi les siens. C’est pourquoi, Jésus ajoute :

« Le signe par lequel tous reconnaîtront que vous êtes mes disciples c’est que vous vous aimez les uns les autres ».

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Ce dimanche aura lieu la canonisation de Charles de Foucauld

« Mon Père, je m’abandonne à toi, fais de moi ce qu’il te plaira », écrivait Charles de Foucauld dans sa prière d’abandon. Volonté de tout donner, de tout laisser pour être à la « dernière place », comme Jésus. Charles est mort le 1er décembre 1916 après 30 ans d’une perpétuelle conversion.

P.Luis Iňiguez

« À mes brebis, je donne la vie éternelle »

« À mes brebis, je donne la vie éternelle » (Jn 10, 27-30)

 

La parabole de l’évangile de ce dimanche nous invite à devenir des intimes du Seigneur ; le récit nous en donne le chemin.

Les relations avec ses brebis commencent par l‘écoute, une écoute qui permet la connaissance, laquelle, à son tour établit la confiance : les brebis le suivent sur les chemins de vie.

La vie terrestre est la préfiguration de la vie éternelle, et la vocation du Christ est de nous conduire vers ce don du Père avec qui Il fait Un.

Pour accéder à la Vie éternelle, ce don irrévocable, le Christ nous invite à le suivre, à l’écouter, à le connaître, à lui donner notre confiance, à l’aimer…

Ce même évangile du bon pasteur éclaire la journée des Vocations.

Les défis de notre église aujourd’hui nous interrogent, en particulier sur la question des vocations sacerdotales.

Si nous ne sommes pas directement appelés au sacerdoce, nous devons nous demander comment soutenir nos prêtres dans leur mission ? Nous interroger aussi sur notre vocation personnelle ? Comment être un pasteur pour les autres ? Comment suis-je témoin de ce que je vis et qui peut donner envie de suivre le Christ ?

Comment assumer ma vocation pour que mon témoignage soit compris par les jeunes qui nous entourent ?

M.D Bremond (EAP)

 

 

 Pierre m’aimes-tu ?

 

 

 

Le psaume de ce dimanche (Ps 29) nous donne le fil conducteur d’une méditation des textes du jour.

 

 

 

Quand j’ai crié vers toi, Seigneur, mon Dieu, tu m’as guéri 

 Au bord du lac Jésus questionne Pierre par trois fois « Pierre m’aimes-tu ? » (Évangile) Il le fait revenir, il le fortifie dans sa foi et son amour, comme dimanche dernier il disait à Thomas, « cesse d’être incrédule, sois croyant ; »

                               Seigneur tu m’as fait revenir. Merci !

Seigneur tu m’as fait remonter de l’abîme et revivre quand je descendais à la fosse

Pierre et les apôtres déclarèrent : « Le Dieu de nos pères a ressuscité Jésus » (Actes)
Le Christ est ressuscité, le créateur de l’univers, le sauveur des hommes. (Alléluia)

                               Tu es vraiment ressuscité. Je le crois !

Sa colère ne dure qu’un instant, sa bonté toute la vie

 « Les enfants auriez-vous quelque chose à manger ? » « Non »
Ils aperçoivent, disposé là, un feu de braise avec du poisson posé dessus, et du pain.

« Venez manger » Puis il prend le pain et le leur donne, Alléluia. (Évangile, Communion)
Seigneur, que ton corps fasse grandir en moi la vie éternelle dès maintenant et qu’il s’épanouisse en joie éternelle I

Fêtez le Seigneur, vous, ses fidèles, rendez grâce en rappelant son nom très saint

« Il est digne, l’Agneau immolé, de recevoir puissance et richesse, sagesse et force, honneur, gloire et louange … Á celui qui siège sur le trône, et à l’Agneau, la louange, et l’honneur, la gloire et la souveraineté pour les siècles des siècles. » (Apocalypse)

                               Amen ! Amen ! Adorons ! …

 

1er mai, fête du travail et des travailleurs :

Joseph, juste parmi les justes, sage parmi les sages, n’était ni intellectuel, ni prêcheur, mais le grand silencieux des évangiles, père qui fit la volonté du Père. Dans l’église de Colombiers il est représenté un rabot à la main. C’est avec ce rabot, la scie, le marteau et l’équerre qu’il a fait l’éducation de Jésus, « le fils du charpentier ».

N’est-ce pas le contact de la matière, des épreuves, du réel qui ne se plient pas à nos vues, qui résistent à notre volonté, qui nous forment vraiment ?

Le viticulteur soumis aux caprices du temps : sècheresse, pluies, gel, grêle, qu’y peut-il ? Travaillant au rythme des saisons qui impose son tempo, il n’en avance ni n’en retarde le déroulement : n’y a-t-il pas un temps pour tailler et un temps pour vendanger ?

Joseph saisit à temps et dans le silence la volonté du Père et la met en œuvre au moment voulu.

La Sagesse est dans le concret, pas dans les fantasmes du virtuel, de l’imaginaire, fut-il religieux. La Sagesse n’est–elle pas un autre nom de la foi, un Nom de Dieu. ?

P.Gondard (EAP)