Pierre m’aimes-tu ?

 

 

 

Le psaume de ce dimanche (Ps 29) nous donne le fil conducteur d’une méditation des textes du jour.

 

 

 

Quand j’ai crié vers toi, Seigneur, mon Dieu, tu m’as guéri 

 Au bord du lac Jésus questionne Pierre par trois fois « Pierre m’aimes-tu ? » (Évangile) Il le fait revenir, il le fortifie dans sa foi et son amour, comme dimanche dernier il disait à Thomas, « cesse d’être incrédule, sois croyant ; »

                               Seigneur tu m’as fait revenir. Merci !

Seigneur tu m’as fait remonter de l’abîme et revivre quand je descendais à la fosse

Pierre et les apôtres déclarèrent : « Le Dieu de nos pères a ressuscité Jésus » (Actes)
Le Christ est ressuscité, le créateur de l’univers, le sauveur des hommes. (Alléluia)

                               Tu es vraiment ressuscité. Je le crois !

Sa colère ne dure qu’un instant, sa bonté toute la vie

 « Les enfants auriez-vous quelque chose à manger ? » « Non »
Ils aperçoivent, disposé là, un feu de braise avec du poisson posé dessus, et du pain.

« Venez manger » Puis il prend le pain et le leur donne, Alléluia. (Évangile, Communion)
Seigneur, que ton corps fasse grandir en moi la vie éternelle dès maintenant et qu’il s’épanouisse en joie éternelle I

Fêtez le Seigneur, vous, ses fidèles, rendez grâce en rappelant son nom très saint

« Il est digne, l’Agneau immolé, de recevoir puissance et richesse, sagesse et force, honneur, gloire et louange … Á celui qui siège sur le trône, et à l’Agneau, la louange, et l’honneur, la gloire et la souveraineté pour les siècles des siècles. » (Apocalypse)

                               Amen ! Amen ! Adorons ! …

 

1er mai, fête du travail et des travailleurs :

Joseph, juste parmi les justes, sage parmi les sages, n’était ni intellectuel, ni prêcheur, mais le grand silencieux des évangiles, père qui fit la volonté du Père. Dans l’église de Colombiers il est représenté un rabot à la main. C’est avec ce rabot, la scie, le marteau et l’équerre qu’il a fait l’éducation de Jésus, « le fils du charpentier ».

N’est-ce pas le contact de la matière, des épreuves, du réel qui ne se plient pas à nos vues, qui résistent à notre volonté, qui nous forment vraiment ?

Le viticulteur soumis aux caprices du temps : sècheresse, pluies, gel, grêle, qu’y peut-il ? Travaillant au rythme des saisons qui impose son tempo, il n’en avance ni n’en retarde le déroulement : n’y a-t-il pas un temps pour tailler et un temps pour vendanger ?

Joseph saisit à temps et dans le silence la volonté du Père et la met en œuvre au moment voulu.

La Sagesse est dans le concret, pas dans les fantasmes du virtuel, de l’imaginaire, fut-il religieux. La Sagesse n’est–elle pas un autre nom de la foi, un Nom de Dieu. ?

P.Gondard (EAP)

La fête de la Miséricorde Divine

En ce deuxième dimanche de pâques, l’Eglise universelle célèbre la fête de la Miséricorde Divine. En effet, la fête de la miséricorde divine a été instituée par le Saint pape Jean Paul II lors de la canonisation de la sœur Faustine Kowalska, le 30 avril 2000. Et c’est le dimanche 22 avril 2001 qu’elle a été célébrée pour la toute première fois. En célébrant en ce jour l’amour miséricordieux de Dieu, nous sommes invités à nous laisser envelopper par la bonté infinie du Père qui nous aime, Lui qui, par son amour miséricordieux pour l’humanité, a voulu que son Fils unique, Jésus Christ, subisse la passion et la mort pour enfin ressusciter en signe de la victoire de la vie sur la mort.

C’est à la demande de Jésus adressée à la Sœur Faustine Kowalska que la fête de la Miséricorde Divine est célébrée le premier dimanche après pâques. Dans le Petit Journal de la Sœur Faustine nous lisons ceci:

« La fête de la miséricorde est issue de mes entrailles et elle est confirmée dans les profondeurs de mon amour infini. Toute âme qui croit et a confiance en ma miséricorde, l’obtiendra » (Pj 420). 

Que l’amour miséricordieux de Dieu notre Père manifesté en son Fils bien-aimé, Jésus Christ, notre Sauveur, nous embrase tous et consolide notre foi et notre engagement chrétien en faveur de la paix et la concorde entre les hommes et les femmes de notre temps.   

Jésus j’ai confiance en Toi

Sœur Béatrice NTABAJANA (EAP)

Gardez confiance, j’ai vaincu le monde (Jn 16,33)

Paroles étonnantes de Celui qui, quelques heures après, va subir l’échec le plus complet qu’un homme puisse connaître. On dirait que c’est plutôt la victoire du monde. Le monde, non pas tel qu’il sort des mains du créateur, mais tel qu’il devient par nos actes et par la séduction du « prince de de monde ».

La situation actuelle de notre monde marqué par des conflits armés, des guerres économiques, des abus de toute sorte, des familles divisées… nous empêche de voir la victoire du bien, du vrai ou du beau. Mais, ne rêvons pas d’un paradis perdu, d’un temps passé où tout allait mieux.  Est-ce qu’il ne s’agit pas là du destin de toute l’humanité tout au long de l’histoire ? Souvent nous sommes tentés de conclure : « rien de nouveau sous le soleil ». Cela peut nous conduire au pessimisme, comme s’il n’y avait rien à faire.

Que faisons-nous alors de l’espérance ? Où est alors la victoire de Jésus ?

Il ne dispose pas d’une armée avec des avions, des cuirassés et des bombes. Jésus n’essaie pas de gagner des élections en faisant de grands meetings, en envahissant les media pour convaincre les foules. Jésus fait du « porte à porte », il nous invite à le suivre mais chacun à son rythme, respectant toujours notre liberté. Il parle aux foules, mais il invite chaque disciple à le suivre. Même s’il connaît notre faiblesse, nos manques il nous pose toujours la même question, comme à Pierre après la Résurrection : « M’aimes-tu ? » Comme Pierre nous pouvons répondre : « Seigneur, toi, tu sais tout. Tu sais bien que je t’aime » (Jn 21,17)

Il renouvelle sa confiance à Pierre et il nous confie aussi notre mission.  Il nous dit comme au début de notre chemin « suis-moi » (Jn 21,19)

Quelle est notre mission ?  Nous pourrions la résumer dans la devise que portaient certains jeunes à la Cathédrale de Béziers lors de la Messe Chrismale lundi 11 Avril dernier :

« Rencontrer Jésus, l’aimer et le faire aimer ».

Si chacun de nous fait entrer dans son cœur le règne de Dieu, alors son règne viendra.
Si chacun de nous fait sa volonté elle sera « faite sur la terre comme au ciel ».
Jésus a vaincu le monde et sa victoire devient concrète, réelle dans le cœur de chaque disciple.
Alors, dans la communion des saints nous serons tous reliés, nous nous entraiderons, chacun deviendra le gardien de ses frères. Comme dans une même cordée nous pourrons avancer même dans le brouillard et le temps gris.

Au matin dans la clarté Jésus est ressuscité, allons à sa rencontre pour l’aimer et le faire aimer. Alors sa victoire sera réelle et complète. Gardons confiance, il vient à nous chaque jour, à nous de lui ouvrir la porte.

 

Père Xavier ZABALETA

1Devise de Cap missio (P. René LUC)

Vais-je me laisser bouleverser par cet Amour Inouï

Jésus est lucide : ceux qui n’ont pas compris son message vont le mettre à mort. Il consent à cette épreuve, Il accepte ce qui est et s’avance délibérément vers Jérusalem !

Vendredi Saint : Ancré dans sa filiation à son Père, Jésus va vivre l’angoisse. Sur la croix il dira sa peur à Dieu.

Il va prendre soin de la relation entre Marie et Jean et demander à Dieu le pardon des malfaiteurs.

Samedi Saint : Jésus va porter sa présence jusqu’aux lieux les plus bas, les plus obscurs de notre humanité.

Y a-t-il un lieu en moi que je garde fermé à la Présence du Seigneur ?

Puis-je ouvrir ma confiance au Seigneur qui me rejoins jusqu’en ce lieu et me réoriente vers la Vie ?

Cette année, vais-je me laisser bouleverser par cet Amour Inouï ?

 

Bernadette L membre de l’EAP

Voir au-delà des apparences…

C’est une grâce que nous pourrions recevoir de Dieu ce dimanche et cette semaine : la grâce de l’espérance.

Pendant le carême le Père Christophe, nous propose trois conférences sur le thème : Une Église qui meurt

En 1943 on parlait d’Église malade. On a ensuite parlé de crises de l’Église. Aujourd’hui nous entendons dire « c’est la fin d’un monde », « notre monde a cessé d’être chrétien ». Dans sa première conférence le père Christophe nous a montré un triste tableau de l’avenir de l’Église avec des statiques implacables sur la fréquentation de nos églises et sur l’évolution du nombre des baptêmes célébrés sur Béziers. Si au-delà des statistiques nous extrapolons la courbe des baptêmes, nous pouvons imaginer que dans moins de dix ans il n’y aura plus de baptêmes dans nos églises.

Pourtant les sacrements et l’ensemble de la liturgie représente la raison unique de nos églises. Deux risques les menacent aujourd’hui : les réduire au rang de musées, les conserver comme simples témoignages du patrimoine.

Ce samedi 2 avril,  plus de 500 collégiens du diocèse  vont se retrouver sur le site de St Joseph de Mont-Rouge pour le rassemblement
Ichtus, Défie ton cœur, Challenge ta Foi”.

Présenté sous la forme d’une grande énigme à résoudre avec des ateliers alliant Corps & Esprit à relever en équipe, la journée aura pour finalité de découvrir celui qui nous unit tous : le Christ.

À la veillée de Pâques quatre personnes dont une lycéenne, Anaëlle, vont recevoir le baptême. Dans les collèges catholiques de Béziers plusieurs collégiens vont être baptisés et plusieurs écoliers dans les groupes de catéchismes.

Non, notre église n’est pas encore morte !

Mais il faut agir vite. Je me rappelle un jeune collégien catéchumène que j’avais accompagné à la messe paroissiale. À la sortie je lui ai demandé ses impressions, il m’avait répondu « on se lève, on écoute, on s’assoit, on écoute…» Il traduisait par cette phrase sibylline son inaction et son ennui pendant la messe.

Tant que les jeunes ne seront pas considérés et acteurs dans nos célébrations, ils n’auront pas envie d’y participer.

Monique Mollier – EAP

La paix que Dieu seul peut donner : Shalom. 

Depuis un mois, nous prions intensément pour la paix. La paix pour l’Ukraine et pour son peuple, la paix pour le monde. La paix que Dieu seul peut donner : Shalom. 


Cette paix est plus qu’une absence de la guerre et plus qu’un compromis. Elle est justice rendue et restauration des dommages, guérison du cœur et des relations, un nouvel engagement en faveur de l’autre. Plénitude et perfection dans l’amour.


C’est une telle paix que nous demandons à Dieu. Mais lui, en même temps, nous demande d’œuvrer pour sa paix, d’en être des artisans. De la créer, comme lui, à partir de rien ou plutôt de ce tohu-bohu que nous trouvons sous nos mains. Un travail que le Fils a achevé, mais non sans s’en faire percer les mains. Ceux qui se mettront au chantier à sa suite, mériteront le nom de fils à leur tour.

« Nous sommes appelés non seulement à prier pour la paix, mais à être prêts à activement nous lever en prophètes et à condamner l’injustice, à créer la paix même au prix de nos vies.  […] Le sacrifice et la prière pendant la liturgie, si nous ne sommes pas nous-mêmes prêts à un acte de sacrifice, conduisent à la condamnation […] Nous avertissons ceux qui prient pour la paix mais sont incapables de créer activement la paix par peur ou par manque de foi. »


Désirant la paix, je ne peux que prendre à mon compte ces lignes adressés par les théologiens orthodoxes à leur frère Cyrille, et les ajouter, en tremblant, à mon examen de conscience de Carême.

Quelle paix suis-je appelé à créer autour de moi aujourd’hui, aussi cher que ça puisse me coûter ? 


Nicolas, prêtre

« Dis-moi, qu’entends-tu faire de ton unique, sauvage et précieuse vie ? »

« Dis-moi, qu’entends-tu faire de ton unique, sauvage et précieuse vie ? », citation de Mary Oliver dans  La journée d’été qui conclut le film de Frédéric Tellier, Goliath, relatant les pressions des lobbyings, lutte acharnée du faible contre le fort !

   En dénonçant d’une manière très forte les différentes pressions qui empoisonnent et bien souvent orientent les décisions de celles et ceux qui gouvernent, la question de l’emploi des pesticides est clairement posée : comment empêcher une poignée de firmes de continuer à polluer et surtout de s’emparer de l’ensemble du vivant ?

   Devant la situation des hébreux esclaves en Égypte – situation o combien semblable à celle de nos sœurs et frères de l’Ukraine – et à l’écoute de leurs cris : « j’ai vu, oui j’ai entendu ses cris sous les coups, oui je connais ses souffrances … » Dieu s’adressant à Moïse l’envoie pour le délivrer de la main de ses oppresseurs. Ex 3, 1…

   Quelle actualité de ces textes vieux de quelques trois mille ans qui expriment les souffrances des exilés, des laisser pour compte, des opprimés de toutes les causes !

  La recherche de la justice et de la solidarité entre les hommes et femmes de ce temps est au cœur de l’action du CCFD-Terre solidaire pour la reconnaissance des droits fondamentaux de chaque peuple et la dignité de chaque personne.

   Ce samedi 19 mars Moussa Koné, partenaire CCFD du Mali, témoignera de l’action de son association pour le « droit à l’eau, à la terre et aux semences » – salle G Brassens à Portiragnes, de 18h à 20h – débat public ouvert à tous. Consultez l’affiche : https://paroisses-beziers-littoral.catholique.fr/images/Affiche_Portiragnes_%20jml.pdf.

 

« Dis-moi, qu’entends-tu faire de ton unique, sauvage et précieuse vie ? » – oui qu’entends-tu faire, qu’entendons-nous faire personnellement et collectivement pour que la vie, toute vie soit toujours la priorité de nos engagements ?

 

Bonne semaine à toutes et tous.

Jean Costes, prêtre, Sérignan.

Aucun autre nom n’est donné aux hommes …

Dans l’évangile de ce dimanche Jésus se transfigure devant ses disciples les plus proches : Pierre, Jacques et Jean. Comme nous le dit le texte, Jésus a gravi la montagne pour prier. La montagne est un lieu symbolique. Elle touche le ciel, donc c’est un endroit privilégié où l’homme peut rencontrer son Dieu.

 

Les disciples voient les effets de cette rencontre. L’aspect du visage de Jésus est devenu autre, et son vêtement se transforme en une blancheur éblouissante. Ils voient aussi Moïse et Élie, apparus dans la gloire qui s’entretiennent avec Jésus. Pierre veut faire trois tentes une pour toi, une pour Moïse, et une pour Élie. Mais il ne sait pas ce qu’il dit. C’est Jésus, lui-même, qui est celui qui parle maintenant avec Dieu et l’histoire du salut passe par lui. Avant c’était Moïse qui parlait avec Dieu dans la tente de la rencontre, après c’était Élie qui rencontrait Dieu sur la montagne, mais maintenant il n’y a qu’une seule tente de la rencontre, celle de Jésus. Dieu agit en lui et par lui. Maintenant si quelqu’un veut être sauvé il doit se confier totalement à Jésus.

Une voix, qui sort de la nuée, se fait entendre : Celui-ci est mon Fils, celui que j’ai choisi : écoutez-le !

 La transfiguration se passe juste avant la Pâque à Jérusalem. La scène explique ce qui doit se réaliser par la mort et la résurrection de Jésus. L’évangile nous montre que le salut consiste en la relation avec Jésus.

Comme le dit après saint Pierre : Sachez-le donc, vous tous, ainsi que tout le peuple d’Israël : c’est par le nom de Jésus le Nazaréen, lui que vous avez crucifié mais que Dieu a ressuscité d’entre les morts, c’est par lui que cet homme se trouve là, devant vous, bien portant. Ce Jésus est la pierre méprisée de vous, les bâtisseurs, mais devenue la pierre d’angle. En nul autre que lui, il n’y a de salut, car, sous le ciel, aucun autre nom n’est donné aux hommes, qui puisse nous sauver (Ac 4, 10-12).

P. Christophe Paczos

L’amour de Dieu a été répandu dans nos cœurs

Édito du dimanche 06 mars 2022

Comme à chaque carême, durant 40 jours nous revivons la longue marche des êtres humains en quête de la lumière et de l’amour !

Nous, baptisés récents ou de longue date, nous, futurs baptisés, sommes destinataires de l’amour de Dieu !

La tentation de nous croire indignes ne peut nous détourner de la JOYEUSE CERTITUDE d’être les BIEN AIMES de Dieu (Rom1, 7).

L’amour de Dieu a été répandu dans nos cœurs (Rom 5,5).

Nous recevons le don de l’amour de Dieu. Y croyons-nous ?

Dieu vient habiter en nous pour nous donner part à sa vie, et quoi que nous vivions d’heureux ou de malheureux, le Seigneur traverse avec nous notre présent !

Puissions-nous dans ce temps de préparation aux jours saints, nous exposer à recevoir le feu de cet amour, comme la terre s’expose chaque jour au soleil pour recevoir lumière, chaleur et vie.

Bernadette L membre de l’EAP

Soyez miséricordieux comme votre Père est miséricordieux

Voilà encore un texte qui nous sort de notre ronron coutumier. Réveillons-nous donc et poursuivons la lecture de l’évangile d’après saint Luc. La semaine dernière il nous donnait à entendre les béatitudes et les malédictions : Heureux ceux qui… Malheureux ceux qui…

Aujourd’hui Jésus enfonce le clou. Nous sommes confrontés à de nombreux défis « aimez vos ennemis … souhaitez du bien à ceux qui vous en veulent … ne réclame pas à qui prend ton bien… Quel mérite à aimer seulement ceux qui nous aiment ? Quel mérite à prêter seulement à ceux qui pourront nous rendre ? » Jésus nous dit de faire plus que ce que suggère une simple réciprocité humaine, et il n’y va pas avec le dos de la cuillère :

« soyez miséricordieux comme votre Père est miséricordieux ». Dans l’évangile selon saint Matthieu on lit : « Soyez parfait comme votre Père céleste est parfait » (Mt 5, 48) et dans l’Ancien Testament « Soyez saints car moi votre Dieu je suis saint »(Lv 19,2)

Oups ! Impossible Seigneur ! Qui suis-je pour que tu m’en demandes tant ? Et cependant nous répétons tous les jours pardonne-nous nos offenses comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensé. Le texte d’aujourd’hui insiste « car la mesure dont vous vous serez servi pour les autres servira de mesure aussi pour vous. » Alors ?

Voilà qu’apparaît la figure de David. Dans la première lecture, il est pourchassé par Saül qui veut l’éliminer pour l’empêcher d’être roi à sa place. Haine ordinaire dans les jeux de pouvoir. Or pendant la nuit, David accède auprès de Saül et au lieu de le tuer il ne fait que lui dérober sa lance et sa gourde, comme trace de son passage dans le camp des ennemis, tandis que « le Seigneur avait fait tomber sur eux un sommeil mystérieux. » 

On n’est ni dans les contes de Perrault, ni précisément dans la Belle au bois dormant. Ce sommeil mystérieux est le même qui était « tombé » sur Adam lors de la création d’Eve. Il signe la présence et l’action aimante de Dieu. David seul pouvait-il être si miséricordieux ?

David fut un grand pécheur :

« pitié pour moi mon Dieu dans ton amour, dans ta grande miséricorde efface mon péché … ma faute est toujours devant moi … » (Ps 50), David a été pardonné et a même reçu la promesse du Messie « c’est moi qui te construirai une maison » (2 Sam 7,16). « Si le Seigneur ne bâtit la maison, en vain peinent les bâtisseurs » (Ps 126, 1)

De nos seules forces nous ne pouvons être parfaits ; nous tendons à la perfection, nous efforçons vers la perfection, au jour le jour, malgré nos fautes, grâce à Dieu qui nous perfectionne, dans sa grande miséricorde. Soyons donc nous aussi, bons et miséricordieux avec tous.

Pierre