Soyez dans la joie car Il vient

Le cri de dimanche dernier retentit encore à nos oreilles et dans notre cœur
«soyez dans la joie, soyez dans la joie car Il vient
Oui, Il vient.
Les textes des prophètes que nous écoutons au long de ces 4 semaines nous mettent dans la dynamique de l’attente des Hébreux.
 
Mais il vient sans tambour ni trompette. Il vient «comme une rosée» délicate qui ne s’impose pas. Il vient «comme une pluie fine qui pénètre la terre», terre labourée qu’ouvrent nos pauvres efforts, sinon l’eau ruisselle et «les oiseaux mangent les graines tombées sur le bord du chemin.»
 
Sa bonté nous précède, Lui qui «fait entendre les sourds, voir les aveugles, bondir les estropiés»,
 
Lui qui nous dit
«c’est moi qui te construirai une maison»
Croire en sa venue «c’est déjà posséder ce que l’on espère»
Va et vient de péché, de repentir, de pardon, chemin de vérité et de vie par lequel Il vient.
 
Il est déjà là. Marie le porte, Jean-Baptiste tressaille dans le sein d’Élisabeth. Marie chante le Magnificat.
Dans l’Espérance, nous connaissons déjà la joie. Dans notre avent de prière et d’efforts pour lui permettre de naître
en nous, nous nous préparons à renaître avec Lui, par Lui, qui est déjà en nous, joyeux et paisibles.
Pierre G (EAP)

Soyez dans la joie

Soyez toujours dans la joie du Seigneur ; je le redis : soyez dans la joie.

Au milieu du temps de l’Avent le troisième dimanche est le dimanche « Gaudete » : « Soyez dans la joie » dit et redit Saint Paul dans la lettre aux Philippiens (seconde lecture). Quand nous écoutons ces paroles, en ce dimanche, il semblerait que la Parole de Dieu est une provocation, surtout si on regarde autour de nous, dans notre monde, avec tant des situations qui n’invitent précisément pas à la joie.

Et pourtant, l’appel à la Joie vient de St Paul, alors qu’il est en prison.

N’ayons pas peur d’écouter l’invitation à la joie, parce que la joie n’est pas fondée sur la réalité d’un monde parfait, ni même sur la solidité de notre foi. La raison de notre joie est dans le Seigneur qui vient, dans l’Amour qui vient nous visiter. Et c’est cet amour de Dieu qui est notre salut.

Alors, que devons-nous faire pour être à notre tour des témoins de cet amour et de ce salut de Dieu ?

Il faut aller demander à ceux qui en ont la réponse. Ils ne manquent pas. Il suffit d’écouter les annonces, la publicité et nous découvrirons le secret du bonheur, de la beauté, et de la réussite… Ou bien, adressons-nous plutôt à ce pauvre homme qui est dans le Jourdain : celui qui a reçu la Parole et qui ne la garde pas pour lui mais qui la proclame partout.

Alors, que devons-nous faire ? Jean nous répond :

  • Le partage : celui qui a deux vêtements qu’il partage avec celui qui n’en a pas.
  • La lutte pour la justice : n’exigez rien de plus que ce qui vous est fixé.
  • Construire la paix : ne faites ni violence, ni tort à personne.

Jean invite à la conversion : c’est-à-dire sortir de soi-même pour se tourner (convertir) vers celui qui vient « baptiser dans l’eau et dans l’Esprit pour une nouvelle création ».

Si cette réponse nous convient, même si nous sommes immergés dans les angoisses du monde, nous pouvons réserver en nous tout l’espace pour une Joie qui n’est pas ce monde, car nous avons reçu la Bonne Nouvelle.                

P.Luis

C’est l’Avent…et après ?

Voilà que s’ouvre à nous le temps de l’Avent. C’est une période qui se veut lumineuse voire féerique dans l’attente patiente et sans bruit du Seigneur qui vient.

Mais le Seigneur peut-il encore advenir dans notre société où nous courons, fatigués, en cette fin d’année ?

C’est une période où nous avons tellement à penser et à gesticuler pour ne rien avoir oublié au moment des fêtes, une phase compliquée avec la crise qui plonge tant de personnes dans la précarité, la difficulté à joindre les deux bouts chaque fin de mois et dans un contexte international, économique, écologique et humain souvent décourageant.

Comment allons-nous vivre ce temps de l’Avent et de Noël ?

Au-delà de la simple consommation, voulons-nous en faire un temps de Grâce où le Seigneur par le prophète Isaïe nous dit : « Venez à la montagne du Seigneur. Prenez de la hauteur. » Et par Jean Baptiste : « Changez vos cœurs ! » Laissons-nous conduire vers la joie de Noël. Le Seigneur Jésus vient dans l’aujourd’hui de nos vies.

Monique Mollier (membre de l’EAP)

Un nouveau missel ?

A partir du premier dimanche de l’Avent vous observerez sur votre Missel ou sur Magnificat ou Prions en Église quelques petits changements dans les paroles de la liturgie. Ce n’est pas un nouveau missel mais une nouvelle traduction du missel romain.

Les modifications sont peu importantes, nous nous y habituerons comme nous nous sommes habitués au changement intervenu dans la traduction du Notre Père.

 

  • L’acte pénitentiel, au début de la messe, est un peu modifié.
  • L’envoi, à la fin de la messe, pourra se faire selon 4 formules différentes mais les fidèles répondent toujours « Nous rendons grâce à Dieu ».
  • Dans le grand Credo un seul mot change, il faudra prendre le temps d’en expliquer le motif car le mot « consubstantiel » ne fait peut-être pas partie de notre vocabulaire quotidien !

Je vous donne un exemple de changement significatif, le dialogue qui termine la présentation des dons :
Le prêtre :

« Priez, frères et sœurs : que mon sacrifice, et le vôtre, soit agréable à Dieu le Père tout-puissant »

Les fidèles répondent :

« Que le Seigneur reçoive de vos mains ce sacrifice à la louange et à la gloire de son nom, pour notre bien et celui de toute l’Église ».

Ceux qui espéraient un véritable renouvellement du langage liturgique seront déçus. Ce n’est pas l’objet de cette réforme.

Père Bernard Boissezon.

Nous avons le sentiment que tout s’effondre ?

Aujourd’hui tout ce qui se passe dans ce monde devient très inquiétant, peut être nous avons le sentiment que tout s’effondre ?

Paix dans cette situation douloureuse où l’ennemi veut nous diviser, nous apeurer, nous séparer et fermer nos cœurs. Mais la bonne nouvelle de Jésus-Christ doit retentir en nous. Le Sauveur est tout proche.

Si nous restons dans l’attente de la venue de Jésus-Christ dans la prière et l’espérance, nous ne serons pas abattus. Nous serons debout devant le Fils de l’Homme. Nous pourrons aller à Lui parce que nous n’aurons cessé de l’attendre dans ce monde, sans être du monde.

Nous pouvons mettre en lumière la bonne nouvelle que suggère Jésus dans l’évangile de ce jour : le figuier dont les branches deviennent tendres au moment où sortent les feuilles qui annoncent que l’été est proche. Cette image de printemps, pleine d’espoirs et de promesses, Jésus l’applique à la fin des temps et à la proximité de sa venue.

« Lorsque vous verrez cela, sachez que le Fils de l’homme est proche ».

Certes la naissance du monde nouveau sera précédée d’un déchirement, d’un bouleversement mais n’est-ce pas le lot de toute naissance?

A travers tout ce qui peut nous contrarier c’est LUI que nous attendons, c’est LUI qui nous apporte la paix promise. Le Seigneur Jésus est de plus en plus proche.

Avec Saint Paul, dans l’épitre aux Romains, c’est dans l’espérance que nous vivons ce temps présent :

« j’estime qu’il n’y a pas de commune mesure entre les souffrances du temps présent et la gloire que Dieu va bientôt révéler en nous. En effet, la création aspire de toutes ses forces à voir la révélation du Fils de DIEU ».

Tenez-vous prêts : c ‘est à l’heure où vous n’y penserez pas, que le Fils de l’Homme viendra ( Lc 12).

Maranatha, viens Seigneur Jésus, nous t’attendons !

Marie-Line VIRASSAMY
(EAP)

Vainquons la peur par l’amour.

Que notre vie sur terre soit précieuse, voilà une évidence. Cette crise sanitaire nous a rendu conscients de ce que nous sommes capables de faire pour la préserver, même si cela implique faire des sacrifices, l’instinct de survie prime. Qu’elle ne soit pas une fin en soi, qu’elle puisse passer après un bien plus élevé encore, voilà une vérité moins évidente. Et pourtant c’est à peu près ce que les lectures d’aujourd’hui semblent nous suggérer.

D’abord à travers le récit d’un prophète qui, en temps de famine, insiste auprès d’une mère veuve et pauvre, à être abreuvé et nourri en premier.

Dans notre étonnement, regardons sa motivation qui justifie son agir.

“Car ainsi parle le Seigneur, Dieu d’Israël : Jarre de farine point ne s’épuisera…”.

Ainsi, en aimant Dieu par-dessus tout, en s’occupant en premier de l’envoyé de Dieu qu’était aussi son prochain, elle renonça à la peur de perdre sa vie et celle de son enfant, et recueillit le fruit de la promesse : l’abondance « infinie » d’huile et de farine, symboles de la vie éternelle.

Il en va de même dans l’Évangile, ce qu’aura mis la pauvre veuve, deux piécettes, pèsera plus dans le Trésor du Temple que tout ce qu’auront mis les riches.

“Car tous, ils ont pris sur leur superflu, mais elle, elle a pris sur son indigence : elle a mis tout ce qu’elle possédait, tout ce qu’elle avait pour vivre”.

De même que pour la veuve du premier récit, son amour pour Dieu, représenté par le Temple, est plus fort que la peur de perdre sa vie terrestre ; de même son geste est chargé d’une valeur infinie, de vie éternelle.

Le pourquoi de cette valeur infinie peut s’expliquer par la ressemblance au Christ : son amour pour nous a été plus fort que la condition qui l’égalait à Dieu, amour qui l’a conduit jusqu’à la mort sur la Croix. Contemplons l’Amour de Dieu crucifié pour nous, faisons le nôtre ; rendons-nous siens. Aimés ainsi par Dieu, nous aimerons Dieu à notre tour, nous ne craindrons plus de mourir à nos peurs, à nos enfermements, à nos apparences, à nos fausses idées de bonheur. Alors, configurés au Christ, nous ne craindrons plus d’aimer à travers la mort, et alors nous vivrons.

Daniel Esquivel Elizondo
séminariste du Diocèse de Montpellier

Un cœur tout entier

Il me semble que le plus souvent UNE partie (pas petite) de notre cœur est toujours en jachère. Pourquoi ? Uniquement l’amour, l’amour profond change notre vie et peut transformer vraiment notre cœur (il ne s’agit que des sentiments), sinon nous sommes toujours à demi morts ou autrement dit dans en dépression (plus ou moins consciente). Vivre en plénitude signifie vivre de tout son cœur. Cependant, pour cela il faut aimer totalement.

Aujourd’hui, Jésus nous rappelle le premier commandement de la Loi de Moïse :

« Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de tout ton esprit ».

Ce commandement sonne pour moi comme une promesse qui dit : Viendra un jour où tu pourras aimer de tout ton cœur, de tout ton être et ainsi tu pourras être vraiment heureux. C’est intéressant que dans l’Evangile de St. Luc à la fin du passage parallèle à celui de St. Marc que nous lisons aujourd’hui, Jésus dit :

« Fais ainsi et tu vivras » (Lc 10, 28).

Pour vivre effectivement il faut mettre en marche tout son cœur. Mais en même temps, c’est hors de notre propre portée. C’est uniquement la grâce qui peut bouleverser, bouger notre cœur pour qu’il puisse aimer entièrement.

Alors c’est une promesse de Dieu : mon cœur peut vivre parce qu’il peut aimer absolument ; enfin il peut s’engager tout entier. St. Bernard (+1153) dit que dans ce domaine nous pouvons être semblables même à Dieu seul parce que

« … même si la créature aime moins, en raison de ses limites, pourvu qu’elle aime de tout son être, il ne manque rien à son amour, puisqu’il constitue un tout ».

Aujourd’hui si la grâce nous touche suffisamment, nous pouvons avoir le désir d’aimer de tout notre cœur, de tout notre esprit, de toute notre âme. Paradoxalement, peut-être, seul le désir suffit pour l’instant parce qu’il montre déjà cette capacité énorme de notre cœur.

 P.Jan Jankowski.

 

dans 10 ans nos paroisses

Samedi dernier 16 octobre, l’assemblée diocésaine a, peut-être, renouée avec une pratique beaucoup plus ouverte du dialogue et de la responsabilité partagée au cœur même du fonctionnement de l’Église.

L’objectif affiché était de rendre compte des réponses envoyées à Pierre-Marie Carré, notre évêque, à la suite de son interpellation « dans 10 ans nos paroisses » et la 1ère partie de la rencontre a essayé de rendre compte du trop petit nombre de ces réponses.

Dommage que l’intervenant n’ai pas davantage appuyé son propos sur la constitution du Concile Vatican 2 qui parle de l’Église comme Peuple de Dieu, Corps du Christ et du sacerdoce commun des fidèles – Lumen Gentium.

L’après-midi nous a permis d’effleurer 2 points parmi les nombreuses questions que pose le « Rapport Sauvé » sur la pédocriminalité dans l’Église : comment mettre fin aux abus et comment renouveler la gouvernance dans l’institution-Eglise. Une tâche immense, mais qui peut se révéler, ô combien, salutaire. Assis 6/6 autour d’une table – laïcs et clercs mélangés -, la parole s’est quelque peu libérée et l’échange s’est montré intéressant ; il doit donner lieu à un livre « blanc » pour continuer la réflexion en paroisse… et une mise en œuvre ! En tout cas une expérience à renouveler chaque année, en faisant plus de place à aux « chrétiens de base ».

Avant l’assemblée de Lourdes, notre évêque nous invite à lui faire part de nos réflexions sur archeveque@diocese34.fr, à partir des N° 3 à 5, 12 et 34 à 36 du rapport de la Ciase – en lire un résumé sur  https://www.ciase.fr/rapport-final/.

Jean Costes, prêtre, Sérignan

la confiance en Dieu

Nous vivons une époque marquée par de nouveaux dangers, violences, précarisation du travail, incertitudes pour nos enfants et nos petits enfants face à un avenir complexe.

Que nous reste- t-il, à nous chrétiens, pour combattre cette incertitude qui annihile notre capacité à agir ?

L’exemple parait le plus important, la transmission déjà donnée par nos ainés c’est la confiance en l’autre et surtout la confiance en Dieu qui permet à l’homme de s’élever, de choisir, de donner un sens à sa vie. Le religieux est un chemin de vie qui n’exclut pas l’insécurité mais nous permet de progresser et d’affronter…

L’Église est malmenée, elle a reconnu publiquement la faiblesse des hommes, les manquements élémentaires qui transforment l’homme en agresseur…

Soyons solidaires des victimes, et prions. En nous confiant à Dieu et en l’Esprit Saint la Miséricorde descendra sur nous et sur ce monde qui a tant besoin d’amour pour se redresser… et laissons aux générations à venir l’espoir d’une vie meilleure.

Marie-Hélène Anglade
EAP

 

Commission indépendante sur les abus sexuels dans l’Église

A la suite du rapport de la Commission indépendante sur les abus sexuels dans l’Église.

Quel choc quand j’ai découvert les chiffres dramatiques révélés par la Commission Sauvé ! je n’aurais jamais imaginé cela ! C’est abominable.

Je pense d’abord à tous les enfants abusés. Leur vie en a été abimée pour toujours et souvent leur parole n’a pas été accueillie. Je veux dire avec force que ces personnes sont et seront accueillies, écoutées, aidées à se reconstruire. C’est très important de souligner cela car trop longtemps l’Église n’a pas su écouter les victimes.
Oui, je suis rempli de honte et même de dégoût et de colère quand je pense à tous ces abus. C’est terrifiant. J’avais les larmes aux yeux en découvrant ces données. C’est une trahison, un crime, et je reconnais la responsabilité de l’Église, car ces actes contredisent l’Évangile. Je voudrais demander humblement pardon aux victimes.

Nous nous engageons, plus résolument que jamais, à agir pour que cesse ce fléau :

  • code de bonne conduite ;
  • formation des prêtres ;
  • cellules d’écoute, ici avec le CRIAVS (Centre Ressource pour les Intervenants auprès des Auteurs de Violences Sexuelles)
  • coopération avec la justice.

Ce rapport nous demande d’agir de différentes manières :

D’abord en cherchant à analyser les causes de ces abus. Ils commencent souvent par un abus de pouvoir et un abus de conscience.

Ensuite en agissant résolument pour que cesse ce fléau. Ainsi, nous continuerons :

  • à coopérer avec la justice ;
  • à agir pour que les cellules d’écoute soient actives (ici à Montpellier, nous bénéficions de la compétence du CRIAVS) ;
  • à travailler à la formation des prêtres ;
  • à veiller à la mise en œuvre de bonnes pratiques qui conduiront à une véritable réforme de notre Église.

Tout cela est exigeant. Je compte sur vous, votre prière et votre engagement.

+ Pierre-Marie Carré
Archevêque de Montpellier

Voir l’article de la conférence des évêques