Nous avons le sentiment que tout s’effondre ?

Aujourd’hui tout ce qui se passe dans ce monde devient très inquiétant, peut être nous avons le sentiment que tout s’effondre ?

Paix dans cette situation douloureuse où l’ennemi veut nous diviser, nous apeurer, nous séparer et fermer nos cœurs. Mais la bonne nouvelle de Jésus-Christ doit retentir en nous. Le Sauveur est tout proche.

Si nous restons dans l’attente de la venue de Jésus-Christ dans la prière et l’espérance, nous ne serons pas abattus. Nous serons debout devant le Fils de l’Homme. Nous pourrons aller à Lui parce que nous n’aurons cessé de l’attendre dans ce monde, sans être du monde.

Nous pouvons mettre en lumière la bonne nouvelle que suggère Jésus dans l’évangile de ce jour : le figuier dont les branches deviennent tendres au moment où sortent les feuilles qui annoncent que l’été est proche. Cette image de printemps, pleine d’espoirs et de promesses, Jésus l’applique à la fin des temps et à la proximité de sa venue.

« Lorsque vous verrez cela, sachez que le Fils de l’homme est proche ».

Certes la naissance du monde nouveau sera précédée d’un déchirement, d’un bouleversement mais n’est-ce pas le lot de toute naissance?

A travers tout ce qui peut nous contrarier c’est LUI que nous attendons, c’est LUI qui nous apporte la paix promise. Le Seigneur Jésus est de plus en plus proche.

Avec Saint Paul, dans l’épitre aux Romains, c’est dans l’espérance que nous vivons ce temps présent :

« j’estime qu’il n’y a pas de commune mesure entre les souffrances du temps présent et la gloire que Dieu va bientôt révéler en nous. En effet, la création aspire de toutes ses forces à voir la révélation du Fils de DIEU ».

Tenez-vous prêts : c ‘est à l’heure où vous n’y penserez pas, que le Fils de l’Homme viendra ( Lc 12).

Maranatha, viens Seigneur Jésus, nous t’attendons !

Marie-Line VIRASSAMY
(EAP)

Vainquons la peur par l’amour.

Que notre vie sur terre soit précieuse, voilà une évidence. Cette crise sanitaire nous a rendu conscients de ce que nous sommes capables de faire pour la préserver, même si cela implique faire des sacrifices, l’instinct de survie prime. Qu’elle ne soit pas une fin en soi, qu’elle puisse passer après un bien plus élevé encore, voilà une vérité moins évidente. Et pourtant c’est à peu près ce que les lectures d’aujourd’hui semblent nous suggérer.

D’abord à travers le récit d’un prophète qui, en temps de famine, insiste auprès d’une mère veuve et pauvre, à être abreuvé et nourri en premier.

Dans notre étonnement, regardons sa motivation qui justifie son agir.

“Car ainsi parle le Seigneur, Dieu d’Israël : Jarre de farine point ne s’épuisera…”.

Ainsi, en aimant Dieu par-dessus tout, en s’occupant en premier de l’envoyé de Dieu qu’était aussi son prochain, elle renonça à la peur de perdre sa vie et celle de son enfant, et recueillit le fruit de la promesse : l’abondance « infinie » d’huile et de farine, symboles de la vie éternelle.

Il en va de même dans l’Évangile, ce qu’aura mis la pauvre veuve, deux piécettes, pèsera plus dans le Trésor du Temple que tout ce qu’auront mis les riches.

“Car tous, ils ont pris sur leur superflu, mais elle, elle a pris sur son indigence : elle a mis tout ce qu’elle possédait, tout ce qu’elle avait pour vivre”.

De même que pour la veuve du premier récit, son amour pour Dieu, représenté par le Temple, est plus fort que la peur de perdre sa vie terrestre ; de même son geste est chargé d’une valeur infinie, de vie éternelle.

Le pourquoi de cette valeur infinie peut s’expliquer par la ressemblance au Christ : son amour pour nous a été plus fort que la condition qui l’égalait à Dieu, amour qui l’a conduit jusqu’à la mort sur la Croix. Contemplons l’Amour de Dieu crucifié pour nous, faisons le nôtre ; rendons-nous siens. Aimés ainsi par Dieu, nous aimerons Dieu à notre tour, nous ne craindrons plus de mourir à nos peurs, à nos enfermements, à nos apparences, à nos fausses idées de bonheur. Alors, configurés au Christ, nous ne craindrons plus d’aimer à travers la mort, et alors nous vivrons.

Daniel Esquivel Elizondo
séminariste du Diocèse de Montpellier

Un cœur tout entier

Il me semble que le plus souvent UNE partie (pas petite) de notre cœur est toujours en jachère. Pourquoi ? Uniquement l’amour, l’amour profond change notre vie et peut transformer vraiment notre cœur (il ne s’agit que des sentiments), sinon nous sommes toujours à demi morts ou autrement dit dans en dépression (plus ou moins consciente). Vivre en plénitude signifie vivre de tout son cœur. Cependant, pour cela il faut aimer totalement.

Aujourd’hui, Jésus nous rappelle le premier commandement de la Loi de Moïse :

« Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de tout ton esprit ».

Ce commandement sonne pour moi comme une promesse qui dit : Viendra un jour où tu pourras aimer de tout ton cœur, de tout ton être et ainsi tu pourras être vraiment heureux. C’est intéressant que dans l’Evangile de St. Luc à la fin du passage parallèle à celui de St. Marc que nous lisons aujourd’hui, Jésus dit :

« Fais ainsi et tu vivras » (Lc 10, 28).

Pour vivre effectivement il faut mettre en marche tout son cœur. Mais en même temps, c’est hors de notre propre portée. C’est uniquement la grâce qui peut bouleverser, bouger notre cœur pour qu’il puisse aimer entièrement.

Alors c’est une promesse de Dieu : mon cœur peut vivre parce qu’il peut aimer absolument ; enfin il peut s’engager tout entier. St. Bernard (+1153) dit que dans ce domaine nous pouvons être semblables même à Dieu seul parce que

« … même si la créature aime moins, en raison de ses limites, pourvu qu’elle aime de tout son être, il ne manque rien à son amour, puisqu’il constitue un tout ».

Aujourd’hui si la grâce nous touche suffisamment, nous pouvons avoir le désir d’aimer de tout notre cœur, de tout notre esprit, de toute notre âme. Paradoxalement, peut-être, seul le désir suffit pour l’instant parce qu’il montre déjà cette capacité énorme de notre cœur.

 P.Jan Jankowski.

 

dans 10 ans nos paroisses

Samedi dernier 16 octobre, l’assemblée diocésaine a, peut-être, renouée avec une pratique beaucoup plus ouverte du dialogue et de la responsabilité partagée au cœur même du fonctionnement de l’Église.

L’objectif affiché était de rendre compte des réponses envoyées à Pierre-Marie Carré, notre évêque, à la suite de son interpellation « dans 10 ans nos paroisses » et la 1ère partie de la rencontre a essayé de rendre compte du trop petit nombre de ces réponses.

Dommage que l’intervenant n’ai pas davantage appuyé son propos sur la constitution du Concile Vatican 2 qui parle de l’Église comme Peuple de Dieu, Corps du Christ et du sacerdoce commun des fidèles – Lumen Gentium.

L’après-midi nous a permis d’effleurer 2 points parmi les nombreuses questions que pose le « Rapport Sauvé » sur la pédocriminalité dans l’Église : comment mettre fin aux abus et comment renouveler la gouvernance dans l’institution-Eglise. Une tâche immense, mais qui peut se révéler, ô combien, salutaire. Assis 6/6 autour d’une table – laïcs et clercs mélangés -, la parole s’est quelque peu libérée et l’échange s’est montré intéressant ; il doit donner lieu à un livre « blanc » pour continuer la réflexion en paroisse… et une mise en œuvre ! En tout cas une expérience à renouveler chaque année, en faisant plus de place à aux « chrétiens de base ».

Avant l’assemblée de Lourdes, notre évêque nous invite à lui faire part de nos réflexions sur archeveque@diocese34.fr, à partir des N° 3 à 5, 12 et 34 à 36 du rapport de la Ciase – en lire un résumé sur  https://www.ciase.fr/rapport-final/.

Jean Costes, prêtre, Sérignan

la confiance en Dieu

Nous vivons une époque marquée par de nouveaux dangers, violences, précarisation du travail, incertitudes pour nos enfants et nos petits enfants face à un avenir complexe.

Que nous reste- t-il, à nous chrétiens, pour combattre cette incertitude qui annihile notre capacité à agir ?

L’exemple parait le plus important, la transmission déjà donnée par nos ainés c’est la confiance en l’autre et surtout la confiance en Dieu qui permet à l’homme de s’élever, de choisir, de donner un sens à sa vie. Le religieux est un chemin de vie qui n’exclut pas l’insécurité mais nous permet de progresser et d’affronter…

L’Église est malmenée, elle a reconnu publiquement la faiblesse des hommes, les manquements élémentaires qui transforment l’homme en agresseur…

Soyons solidaires des victimes, et prions. En nous confiant à Dieu et en l’Esprit Saint la Miséricorde descendra sur nous et sur ce monde qui a tant besoin d’amour pour se redresser… et laissons aux générations à venir l’espoir d’une vie meilleure.

Marie-Hélène Anglade
EAP

 

Commission indépendante sur les abus sexuels dans l’Église

A la suite du rapport de la Commission indépendante sur les abus sexuels dans l’Église.

Quel choc quand j’ai découvert les chiffres dramatiques révélés par la Commission Sauvé ! je n’aurais jamais imaginé cela ! C’est abominable.

Je pense d’abord à tous les enfants abusés. Leur vie en a été abimée pour toujours et souvent leur parole n’a pas été accueillie. Je veux dire avec force que ces personnes sont et seront accueillies, écoutées, aidées à se reconstruire. C’est très important de souligner cela car trop longtemps l’Église n’a pas su écouter les victimes.
Oui, je suis rempli de honte et même de dégoût et de colère quand je pense à tous ces abus. C’est terrifiant. J’avais les larmes aux yeux en découvrant ces données. C’est une trahison, un crime, et je reconnais la responsabilité de l’Église, car ces actes contredisent l’Évangile. Je voudrais demander humblement pardon aux victimes.

Nous nous engageons, plus résolument que jamais, à agir pour que cesse ce fléau :

  • code de bonne conduite ;
  • formation des prêtres ;
  • cellules d’écoute, ici avec le CRIAVS (Centre Ressource pour les Intervenants auprès des Auteurs de Violences Sexuelles)
  • coopération avec la justice.

Ce rapport nous demande d’agir de différentes manières :

D’abord en cherchant à analyser les causes de ces abus. Ils commencent souvent par un abus de pouvoir et un abus de conscience.

Ensuite en agissant résolument pour que cesse ce fléau. Ainsi, nous continuerons :

  • à coopérer avec la justice ;
  • à agir pour que les cellules d’écoute soient actives (ici à Montpellier, nous bénéficions de la compétence du CRIAVS) ;
  • à travailler à la formation des prêtres ;
  • à veiller à la mise en œuvre de bonnes pratiques qui conduiront à une véritable réforme de notre Église.

Tout cela est exigeant. Je compte sur vous, votre prière et votre engagement.

+ Pierre-Marie Carré
Archevêque de Montpellier

Voir l’article de la conférence des évêques

 

Jésus est là, il nous appelle à davantage

L’évangile de ce dimanche nous plonge en plein paradoxe. Voilà un homme qui mène une vie droite, croyante. Il cherche la vie éternelle, qui l’en blâmerait ? Or quand Jésus l’a lui propose, il s’en va … Étrange. N’aurait-il pas saisi que la vie éternelle c’est de suivre Jésus, ce Jésus qui lui offre tout, son regard, son amour, sa confiance, son projet de vie. Il a frôlé la vie éternelle et s’en est allé. Combien cet épisode éclaire nos propres existences ! Nous aussi nous cherchons le bonheur, le sens de notre vie, la vie éternelle. Ne craignons donc pas de nous interroger sur ce qui nous retient, qui nous empêche d’ouvrir notre cœur plus largement. L’Evangile est une manière de vivre ensemble, de respecter et de promouvoir la dignité de toute personne, enfant de Dieu, d’établir du lien fécond, libre et vrai avec tous, enfants et adultes.

Nous avons la mission de façonner notre vie personnelle, sociale, chrétienne selon ce que nous avons reçu de Jésus-Christ qui nous regarde et nous aime. Il nous a annoncé être avec nous par la présence de son Esprit. Et si, justement, l’Esprit faisait partie du « centuple » promis par Jésus ? Demandons les uns pour les autres la grâce d’ouvrir les yeux dès maintenant pour une meilleure cohérence de notre vie avec l’Evangile. Nous découvrirons alors avec émerveillement le trésor qui s’offre à nous : Jésus est là, il nous appelle à davantage.

Thérèse-Marie Potelle,rscm. (EAP)

Deux aumôneries

En pensant aux jeunes étudiants et jeunes professionnels qui habitent et travaillent à Béziers nous voulons leur proposer deux aumôneries où ils pourraient approfondir leur foi chrétienne et rencontrer leurs frères et sœurs dans cette foi. La première démarre le 10 octobre et la seconde le 24 octobre. Les étudiants et les jeunes professionnels sont à l’âge où l’on prend la décision concernant sa vie la plus intime. Il faut discerner si l’on se marie et si oui avec qui. Cette décision qui n’est pas facile touche aussi la dimension religieuse de l’existence humaine. C’est Jésus dans l’évangile de ce dimanche qui nous en parle.

Il parle de mariage religieux, c’est-à-dire d’une alliance conclue devant Dieu. En effet, pour être marié il n’est pas nécessaire de passer par l’église. Il existe le mariage civil et il est traité par l’Église sérieusement. Elle sait que l’accord et la fécondité de l’homme et de la femme ne dépendent pas de la foi chrétienne de l’homme et la femme, mais de leur caractère, leur tempérament, leur santé etc. Si l’on parle cependant du mariage religieux (chrétien), c’est parce que ce genre de mariage ajoute quelque chose au mariage civil (non religieux). Par ce sacrement chrétien, Dieu lui-même entre dans la relation entre l’homme et femme, dans leur histoire.

Le mariage chrétien est une alliance, une union en vue du salut de deux humains liés par des liens invisibles de leur foi. Cette alliance ne peut être rompue, car Dieu lui-même la garantit. On peut se séparer ou même oublier, mais cela ne nie pas cette alliance. Dieu relie les gens sur leur chemin, relie leur destin. Ils restent l’un pour l’autre mutuellement un genre de miroir, un point de repère. Dieu les sauve par cette relation qui peut être pleine de joie ou douloureuse.

Pensons aux jeunes qui se trouvent devant la décision de leur vie. Et prions pour eux. Que leur choix contienne non seulement leur relation mutuelle, mais aussi leur relation avec Dieu ! C’est Dieu, en effet, qui sera présent parmi eux en tant qu’amour et dans l’amour, l’amour humain transformé par la foi, l’amour qui les reliera autrement, qui les inspirera, qui les guidera, qui les transformera et qui les sauvera parce que ce genre d’amour ne passera jamais (1 Co 13, 8).

P. Christophe PACZOS

« …faire de tout son peuple un peuple de prophètes » !

Notre Église biterroise vit une période de questionnements et de changements importants. La diminution du nombre de fidèles et celle encore plus visible de prêtres nous préoccupe. Elle ne doit pourtant pas nous faire perdre de vue la soif de sens de nos contemporains, les chemins de foi vrais vécus hors des sentiers ecclésiaux, les engagements au service de l’Homme et de la Terre, accordés à l’évangile même s’ils ne s’en réclament plus.

« Celui qui n’est pas contre nous est avec nous ».

La fragilité de notre Église est aussi l’occasion pour chaque baptisé de redécouvrir l’immense appel qui lui est adressé, à prendre soin de la vie de ses frères, à rayonner au jour le jour la joie de l’évangile, à mettre généreusement ses dons spirituels au service de la communauté. Pour l’Église c’est aussi un appel à accueillir tous ces dons, à les valoriser avec confiance. En Église enfin, c’est un appel à faire l’inventaire de nos habitudes, notre suffisance, nos accumulations inutiles… tout ce qui aujourd’hui entrave notre avancée dans la foi.

Devenir un peuple de prophètes habités par l’Esprit de Dieu, capables de le voir à l’œuvre partout autour de nous, de dire par nos actes ses merveilles et sa bonté pour tous, de le célébrer en toute occasion, d’abandonner nos « richesses pourries », si c’était notre grâce pour aujourd’hui ?

Vincent Leclair
E.A.P

Si quelqu’un veut être le premier…

Il y a quinze jours j’écrivais le dernier édito dans le bulletin mensuel de la paroisse St Fulcran en Lodévois et j’y résumais mon expérience et mes souvenirs depuis six ans de présence.

Dans cet édito je ne parlerai pas d’expérience mais de mission.

Ce mois de septembre est l’occasion de me rappeler septembre 1973, ma première arrivée à Béziers. Pour faire les vendanges et connaitre le monde de la migration saisonnière. Toujours en septembre 1973, j’ai été ordonné prêtre pour mon diocèse de Vitoria. Dix ans après toujours en septembre, j’arrive dans le diocèse de Montpellier qui demandait un aumônier des espagnols. Depuis, je venais au moins une fois par mois à Béziers, rue de la Rotonde, pour rencontrer les espagnols et y célébrer la messe dans le cadre de l’aumônerie des migrants.

Et voici septembre 2021, je suis envoyé par l’évêque comme vicaire des paroisses Mère Térèsa et ND de la Réconciliation, tout en gardant ma première mission : accompagner la communauté espagnole. Cette nouvelle nomination, je la vois comme un appel à suivre avec les paroissiens, les équipes et toutes les activités paroissiales, l’appel à être ensemble témoins de l’Evangile. Car cet appel est notre vocation à tous, même en ces temps pas faciles… Pour y répondre, l’évangile de ce dimanche nous donne déjà une piste :

Si quelqu’un veut être le premier, qu’il soit le dernier de tous et le serviteur de tous » (Marc ,9,35).

P.Luis Iňiguez