Les noces à Cana – le début des miracles

Dans l’évangile de ce dimanche nous voyons des noces à Cana. Ce sont les noces de qui ? Nous ne le savons pas. Jésus, juste au début de sa mission, est venu aux noces avec ses disciples qui – pourrons-nous le savoir plus tard – ne croient pas encore en lui. D’un autre côté, Marie, la Mère de Jésus, est venue aussi, mais séparément.

Jean Baptiste a appelé Jésus l’Époux et lui-même l’ami de l’Époux. Donc nous avons des noces, l’Époux qui vient avec ses invités et le manque du vin qui force tout le monde à jeûner pendant les noces. Mais – comme dit Jean – Les invités de la noce pourraient-ils jeûner, pendant que l’Époux est avec eux ? Tant qu’ils ont l’Époux avec eux, ils ne peuvent pas jeûner.

Jésus ne veut pas agir. Il ne veut pas faire des miracles. Dans un autre évangile des scribes et des pharisiens demandent à Jésus : Maître, nous voudrions voir un signe venant de toi. Et il leur répondit : Cette génération mauvaise et adultère réclame un signe, mais, en fait de signe, il ne sera donné que celui du prophète Jonas. Car Jonas est resté dans le ventre du monstre marin trois jours et trois nuits ; de même, le Fils de l’homme restera au cœur de la terre trois jours et trois nuits.

Il semble qu’au début de sa mission Jésus n’ait pas eu l’intention de faire des miracles sauf le seul miracle de son passage par la mort. C’est sa mère qui l’a incliné à les faire. Elle lui a montré que son séjour sur la terre est devenu des noces. Les noces, c’est le moment où les jeunes mariés sont après la cérémonie du mariage mais avant leur cohabitation. Et quand Jésus accomplit sa mission en proclamant sa Bonne Nouvelle et en cheminant vers la maison de son Père, il est dans ce moment-là.

Les noces ne doivent pas être un temps de tristesse ou un jeûne. Elles doivent être le temps de la joie. Et c’est le vin qui est le symbole de la joie, donc en changeant l’eau en vin Jésus exprime le sens de sa mission. Ce sont les noces qui se réalisent et elles doivent durer jusqu’à l’heure même de Jésus, l’heure de son passage à la maison auprès de son Père. Pas seulement ce changement de l’eau en vin mais aussi tous les miracles que Jésus fait après (les résurrections, les guérisons, les expulsions des démons…) sont une expression de cette joie, ils sont ce vin qui réjouit les cœurs des gens.

 

Christophe Paczos

Paix aux hommes de bonne volonté

Sur le site de la conférence épiscopale française (CEF) j’ai été interpellé par l’intention que le Pape nous offre ce mois-ci en faveur des victimes de la discrimination et de persécution religieuse, que le chant des anges « Paix aux hommes de bonne volonté » se concrétise dans cet immense chantier avec tous mes vœux de Bonne et Sainte Année.

Extraits de l’intention de prière de janvier 2022. Daniel Régent (sj) : 

« La douleur du pape est de voir des hommes et des femmes victimes de discrimination et de persécution religieuse, et ceci en contradiction avec les droits universels exprimés dans la déclaration des droits humains qui reconnait la liberté de religion. La croyance en Dieu, la liberté religieuse personnelle et collective avec leurs expressions publiques, font partie des droits humains fondamentaux. Les ignorer empêche les hommes de se poser les grandes questions humaines et d’y répondre…

Une religion peut faire peur à cause de groupes extrémistes qui la discréditent. En politique, la réciprocité est souvent la règle : le refus d’un pays d’accepter une religion sur son territoire est une raison pour ne pas admettre la sienne dans le pays concerné. Chacun est alors renvoyé au moins bon de ce qu’il porte. C’est aussi le devoir d’une collectivité de distinguer une religion pour l’autoriser, d’une secte pour l’empêcher de nuire. Un vrai courage politique est nécessaire. Cela est facilité si chaque citoyen s’ouvre au respect des droits de l’homme.

Les défis de l’intention sont grands. Pointons trois chantiers parmi d’autres :

  • Construire la fraternité dans le respect des différences. Le pape a pris son bâton de pèlerin pour rencontrer des dignitaires religieux. Des textes communs ont été écrits. L’encyclique Fratelli Tutti en donne un écho.
  • Veiller à ce que les communautés confessionnelles soient ouvertes sur le monde, et ne se confinent pas dans un entre soi guidé par la pensée unique. L’intolérance est un poison. Elle peut venir d’une communauté confessionnelle ; elle peut aussi être le fait d’une société.
  • Travailler à l’unité nationale en accueillant la diversité des croyances. La tentation peut être grande de limiter cette diversité. Les relations entre les États et les religions ne sont pas simples. Chacun doit y mettre du sien dans le respect des autres.

L’intention du pape s’adresse aux sociétés. Que la prière aide aussi chacun à développer des attitudes d’ouverture et de bienveillance pour progresser dans le respect et la fraternité. C’est la grâce que nous pouvons nous souhaiter en ce début d’année. »

Jean-Claude HUC

Promesse d’une Nouvelle Année remplie des Bénédictions du Seigneur !

A chacune, chacun, la Promesse d’une Nouvelle Année remplie des Bénédictions du Seigneur !

En naissant, chaque être humain a reçu sa part d’Être, indifféremment de ce qu’il a reçu comme dons extérieurs.

La vie est souvent malmenante et source de souffrances.

Or chaque matin, je peux recevoir intérieurement le souffle de ma vie, je peux goûter comment la vie se déploie en moi, même modestement, et je peux rendre grâce à Dieu pour cela !

Et même si je ne vois qu’une seule chose bonne et belle pour moi aujourd’hui, alors je peux être dans la gratitude de recevoir cette chose gratuitement !

Ce mouvement élargira mon cœur et me reliera au Créateur !

Bernadette Lefebvre membre de l’EAP.

LA SAINTE FAMILLE DE JÉSUS, MARIE ET JOSEPH: modèle de vie et de sainteté

Hier, 25 décembre 2021 nous avons célébré la solennité de la nativité de notre Seigneur: la fête de Noël. Dans la joie et l’allégresse de la naissance du Fils de Dieu au milieu de nous, nous avons chanté

Gloire à Dieu au plus haut des cieux et paix aux hommes qu’il aime”.

Par la grâce de ce grand mystère de l’incarnation du Fils de Dieu dans notre chair, Dieu se donne à nous en nous témoignant de sa proximité. En Jésus de Nazareth, Dieu se rend présent et nous rassure qu’il est désormais avec nous, d’où le sens même de son nom Emmanuel – Dieu avec nous.

Et voilà qu’au lendemain de cette grande joie de la nativité du fils de Dieu, l’Eglise, notre mère nous donne à célébrer la fête de la Sainte Famille de Nazareth composée de Jésus, Marie et Joseph. En effet, il  n’y a pas de hasard, mais une occasion de rendre grâce au Seigneur pour son amour et sa bonté pour nous les hommes. L’Église nous appelle en même temps, à nous regarder en tant que famille humaine et nous réjouir de ce que Dieu nous aime effectivement. En Jésus, Marie et Joseph, il nous est donné un modèle de vie et de Sainteté. 

 

L’épisode de l’évangile de Saint Luc, nous livre le secret de la Sainte famille qui, fidèle à la loi de Dieu, s’est pieusement rendue à Jérusalem pour célébrer la pâque comme elle en avait l’habitude de s’y rendre chaque année (Lc 2,41). Voilà la première qualité que nous apprend la Sainte Famille de Nazareth. La crainte de Dieu ou, en d’autres termes, l’adoration de Dieu. La mission accomplie et déjà de retour à Nazareth, c’est à ce moment que les parents constateront que l’enfant Jésus manquait. Cet incident, nous témoigne, de l’amour et du souci profond que les parents de Jésus avaient pour lui en remarquant son absence. Sa recherche qui dura trois jours exprime la détermination des parents de recouvrer leur fils. C’est effectivement au temple, au milieu des docteurs de la loi que l’enfant de douze ans sera retrouvé pleinement plongé dans l’explication des écritures à ceux censés les maîtriser.

En cette fête de la Sainte famille, un accent particulier est orienté vers l’enfant Jésus en relation avec ses parents. Ne disons-nous pas que la famille est composée du Père, de la mère et de l’enfant? Et de nos jours, qu’est-elle réellement devenue sous nos regards? Sa vocation, qui est celle de donner la vie, de la protéger et de la promouvoir, est-elle encore d’actualité? Et la question qui se pose aux familles chrétiennes aujourd’hui est celle-ci: le regard innocent de l’enfant, nous émerveille-t-il encore? Une chose est sûre, l’enfant est un don de Dieu. Le mystère de son être, sa croissance et son devenir sont entièrement entre les mains de Dieu. Aux parents de savoir qu’ils sont des intendants de ce mystère de la vie que Dieu leur confie. Malgré les péripéties et les déconvenues que les familles rencontrent dans l’exercice de leurs devoirs d’élever et d’éduquer leurs enfants, qu’ils soient rassurés que Dieu ne les abandonnera jamais.

Jésus, toi que Marie et Joseph ont cherché et retrouvé dans la maison du Père,
Apprends-nous à chercher d’abord le Royaume de Dieu dans notre vie quotidienne.

 

 Sr  NTABAJANA  Béatrice (EAP)

Soyez dans la joie car Il vient

Le cri de dimanche dernier retentit encore à nos oreilles et dans notre cœur
«soyez dans la joie, soyez dans la joie car Il vient
Oui, Il vient.
Les textes des prophètes que nous écoutons au long de ces 4 semaines nous mettent dans la dynamique de l’attente des Hébreux.
 
Mais il vient sans tambour ni trompette. Il vient «comme une rosée» délicate qui ne s’impose pas. Il vient «comme une pluie fine qui pénètre la terre», terre labourée qu’ouvrent nos pauvres efforts, sinon l’eau ruisselle et «les oiseaux mangent les graines tombées sur le bord du chemin.»
 
Sa bonté nous précède, Lui qui «fait entendre les sourds, voir les aveugles, bondir les estropiés»,
 
Lui qui nous dit
«c’est moi qui te construirai une maison»
Croire en sa venue «c’est déjà posséder ce que l’on espère»
Va et vient de péché, de repentir, de pardon, chemin de vérité et de vie par lequel Il vient.
 
Il est déjà là. Marie le porte, Jean-Baptiste tressaille dans le sein d’Élisabeth. Marie chante le Magnificat.
Dans l’Espérance, nous connaissons déjà la joie. Dans notre avent de prière et d’efforts pour lui permettre de naître
en nous, nous nous préparons à renaître avec Lui, par Lui, qui est déjà en nous, joyeux et paisibles.
Pierre G (EAP)

Soyez dans la joie

Soyez toujours dans la joie du Seigneur ; je le redis : soyez dans la joie.

Au milieu du temps de l’Avent le troisième dimanche est le dimanche « Gaudete » : « Soyez dans la joie » dit et redit Saint Paul dans la lettre aux Philippiens (seconde lecture). Quand nous écoutons ces paroles, en ce dimanche, il semblerait que la Parole de Dieu est une provocation, surtout si on regarde autour de nous, dans notre monde, avec tant des situations qui n’invitent précisément pas à la joie.

Et pourtant, l’appel à la Joie vient de St Paul, alors qu’il est en prison.

N’ayons pas peur d’écouter l’invitation à la joie, parce que la joie n’est pas fondée sur la réalité d’un monde parfait, ni même sur la solidité de notre foi. La raison de notre joie est dans le Seigneur qui vient, dans l’Amour qui vient nous visiter. Et c’est cet amour de Dieu qui est notre salut.

Alors, que devons-nous faire pour être à notre tour des témoins de cet amour et de ce salut de Dieu ?

Il faut aller demander à ceux qui en ont la réponse. Ils ne manquent pas. Il suffit d’écouter les annonces, la publicité et nous découvrirons le secret du bonheur, de la beauté, et de la réussite… Ou bien, adressons-nous plutôt à ce pauvre homme qui est dans le Jourdain : celui qui a reçu la Parole et qui ne la garde pas pour lui mais qui la proclame partout.

Alors, que devons-nous faire ? Jean nous répond :

  • Le partage : celui qui a deux vêtements qu’il partage avec celui qui n’en a pas.
  • La lutte pour la justice : n’exigez rien de plus que ce qui vous est fixé.
  • Construire la paix : ne faites ni violence, ni tort à personne.

Jean invite à la conversion : c’est-à-dire sortir de soi-même pour se tourner (convertir) vers celui qui vient « baptiser dans l’eau et dans l’Esprit pour une nouvelle création ».

Si cette réponse nous convient, même si nous sommes immergés dans les angoisses du monde, nous pouvons réserver en nous tout l’espace pour une Joie qui n’est pas ce monde, car nous avons reçu la Bonne Nouvelle.                

P.Luis

C’est l’Avent…et après ?

Voilà que s’ouvre à nous le temps de l’Avent. C’est une période qui se veut lumineuse voire féerique dans l’attente patiente et sans bruit du Seigneur qui vient.

Mais le Seigneur peut-il encore advenir dans notre société où nous courons, fatigués, en cette fin d’année ?

C’est une période où nous avons tellement à penser et à gesticuler pour ne rien avoir oublié au moment des fêtes, une phase compliquée avec la crise qui plonge tant de personnes dans la précarité, la difficulté à joindre les deux bouts chaque fin de mois et dans un contexte international, économique, écologique et humain souvent décourageant.

Comment allons-nous vivre ce temps de l’Avent et de Noël ?

Au-delà de la simple consommation, voulons-nous en faire un temps de Grâce où le Seigneur par le prophète Isaïe nous dit : « Venez à la montagne du Seigneur. Prenez de la hauteur. » Et par Jean Baptiste : « Changez vos cœurs ! » Laissons-nous conduire vers la joie de Noël. Le Seigneur Jésus vient dans l’aujourd’hui de nos vies.

Monique Mollier (membre de l’EAP)

Nous avons le sentiment que tout s’effondre ?

Aujourd’hui tout ce qui se passe dans ce monde devient très inquiétant, peut être nous avons le sentiment que tout s’effondre ?

Paix dans cette situation douloureuse où l’ennemi veut nous diviser, nous apeurer, nous séparer et fermer nos cœurs. Mais la bonne nouvelle de Jésus-Christ doit retentir en nous. Le Sauveur est tout proche.

Si nous restons dans l’attente de la venue de Jésus-Christ dans la prière et l’espérance, nous ne serons pas abattus. Nous serons debout devant le Fils de l’Homme. Nous pourrons aller à Lui parce que nous n’aurons cessé de l’attendre dans ce monde, sans être du monde.

Nous pouvons mettre en lumière la bonne nouvelle que suggère Jésus dans l’évangile de ce jour : le figuier dont les branches deviennent tendres au moment où sortent les feuilles qui annoncent que l’été est proche. Cette image de printemps, pleine d’espoirs et de promesses, Jésus l’applique à la fin des temps et à la proximité de sa venue.

« Lorsque vous verrez cela, sachez que le Fils de l’homme est proche ».

Certes la naissance du monde nouveau sera précédée d’un déchirement, d’un bouleversement mais n’est-ce pas le lot de toute naissance?

A travers tout ce qui peut nous contrarier c’est LUI que nous attendons, c’est LUI qui nous apporte la paix promise. Le Seigneur Jésus est de plus en plus proche.

Avec Saint Paul, dans l’épitre aux Romains, c’est dans l’espérance que nous vivons ce temps présent :

« j’estime qu’il n’y a pas de commune mesure entre les souffrances du temps présent et la gloire que Dieu va bientôt révéler en nous. En effet, la création aspire de toutes ses forces à voir la révélation du Fils de DIEU ».

Tenez-vous prêts : c ‘est à l’heure où vous n’y penserez pas, que le Fils de l’Homme viendra ( Lc 12).

Maranatha, viens Seigneur Jésus, nous t’attendons !

Marie-Line VIRASSAMY
(EAP)

Vainquons la peur par l’amour.

Que notre vie sur terre soit précieuse, voilà une évidence. Cette crise sanitaire nous a rendu conscients de ce que nous sommes capables de faire pour la préserver, même si cela implique faire des sacrifices, l’instinct de survie prime. Qu’elle ne soit pas une fin en soi, qu’elle puisse passer après un bien plus élevé encore, voilà une vérité moins évidente. Et pourtant c’est à peu près ce que les lectures d’aujourd’hui semblent nous suggérer.

D’abord à travers le récit d’un prophète qui, en temps de famine, insiste auprès d’une mère veuve et pauvre, à être abreuvé et nourri en premier.

Dans notre étonnement, regardons sa motivation qui justifie son agir.

“Car ainsi parle le Seigneur, Dieu d’Israël : Jarre de farine point ne s’épuisera…”.

Ainsi, en aimant Dieu par-dessus tout, en s’occupant en premier de l’envoyé de Dieu qu’était aussi son prochain, elle renonça à la peur de perdre sa vie et celle de son enfant, et recueillit le fruit de la promesse : l’abondance « infinie » d’huile et de farine, symboles de la vie éternelle.

Il en va de même dans l’Évangile, ce qu’aura mis la pauvre veuve, deux piécettes, pèsera plus dans le Trésor du Temple que tout ce qu’auront mis les riches.

“Car tous, ils ont pris sur leur superflu, mais elle, elle a pris sur son indigence : elle a mis tout ce qu’elle possédait, tout ce qu’elle avait pour vivre”.

De même que pour la veuve du premier récit, son amour pour Dieu, représenté par le Temple, est plus fort que la peur de perdre sa vie terrestre ; de même son geste est chargé d’une valeur infinie, de vie éternelle.

Le pourquoi de cette valeur infinie peut s’expliquer par la ressemblance au Christ : son amour pour nous a été plus fort que la condition qui l’égalait à Dieu, amour qui l’a conduit jusqu’à la mort sur la Croix. Contemplons l’Amour de Dieu crucifié pour nous, faisons le nôtre ; rendons-nous siens. Aimés ainsi par Dieu, nous aimerons Dieu à notre tour, nous ne craindrons plus de mourir à nos peurs, à nos enfermements, à nos apparences, à nos fausses idées de bonheur. Alors, configurés au Christ, nous ne craindrons plus d’aimer à travers la mort, et alors nous vivrons.

Daniel Esquivel Elizondo
séminariste du Diocèse de Montpellier

Un cœur tout entier

Il me semble que le plus souvent UNE partie (pas petite) de notre cœur est toujours en jachère. Pourquoi ? Uniquement l’amour, l’amour profond change notre vie et peut transformer vraiment notre cœur (il ne s’agit que des sentiments), sinon nous sommes toujours à demi morts ou autrement dit dans en dépression (plus ou moins consciente). Vivre en plénitude signifie vivre de tout son cœur. Cependant, pour cela il faut aimer totalement.

Aujourd’hui, Jésus nous rappelle le premier commandement de la Loi de Moïse :

« Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de tout ton esprit ».

Ce commandement sonne pour moi comme une promesse qui dit : Viendra un jour où tu pourras aimer de tout ton cœur, de tout ton être et ainsi tu pourras être vraiment heureux. C’est intéressant que dans l’Evangile de St. Luc à la fin du passage parallèle à celui de St. Marc que nous lisons aujourd’hui, Jésus dit :

« Fais ainsi et tu vivras » (Lc 10, 28).

Pour vivre effectivement il faut mettre en marche tout son cœur. Mais en même temps, c’est hors de notre propre portée. C’est uniquement la grâce qui peut bouleverser, bouger notre cœur pour qu’il puisse aimer entièrement.

Alors c’est une promesse de Dieu : mon cœur peut vivre parce qu’il peut aimer absolument ; enfin il peut s’engager tout entier. St. Bernard (+1153) dit que dans ce domaine nous pouvons être semblables même à Dieu seul parce que

« … même si la créature aime moins, en raison de ses limites, pourvu qu’elle aime de tout son être, il ne manque rien à son amour, puisqu’il constitue un tout ».

Aujourd’hui si la grâce nous touche suffisamment, nous pouvons avoir le désir d’aimer de tout notre cœur, de tout notre esprit, de toute notre âme. Paradoxalement, peut-être, seul le désir suffit pour l’instant parce qu’il montre déjà cette capacité énorme de notre cœur.

 P.Jan Jankowski.