Jésus est là, il nous appelle à davantage

L’évangile de ce dimanche nous plonge en plein paradoxe. Voilà un homme qui mène une vie droite, croyante. Il cherche la vie éternelle, qui l’en blâmerait ? Or quand Jésus l’a lui propose, il s’en va … Étrange. N’aurait-il pas saisi que la vie éternelle c’est de suivre Jésus, ce Jésus qui lui offre tout, son regard, son amour, sa confiance, son projet de vie. Il a frôlé la vie éternelle et s’en est allé. Combien cet épisode éclaire nos propres existences ! Nous aussi nous cherchons le bonheur, le sens de notre vie, la vie éternelle. Ne craignons donc pas de nous interroger sur ce qui nous retient, qui nous empêche d’ouvrir notre cœur plus largement. L’Evangile est une manière de vivre ensemble, de respecter et de promouvoir la dignité de toute personne, enfant de Dieu, d’établir du lien fécond, libre et vrai avec tous, enfants et adultes.

Nous avons la mission de façonner notre vie personnelle, sociale, chrétienne selon ce que nous avons reçu de Jésus-Christ qui nous regarde et nous aime. Il nous a annoncé être avec nous par la présence de son Esprit. Et si, justement, l’Esprit faisait partie du « centuple » promis par Jésus ? Demandons les uns pour les autres la grâce d’ouvrir les yeux dès maintenant pour une meilleure cohérence de notre vie avec l’Evangile. Nous découvrirons alors avec émerveillement le trésor qui s’offre à nous : Jésus est là, il nous appelle à davantage.

Thérèse-Marie Potelle,rscm. (EAP)

Deux aumôneries

En pensant aux jeunes étudiants et jeunes professionnels qui habitent et travaillent à Béziers nous voulons leur proposer deux aumôneries où ils pourraient approfondir leur foi chrétienne et rencontrer leurs frères et sœurs dans cette foi. La première démarre le 10 octobre et la seconde le 24 octobre. Les étudiants et les jeunes professionnels sont à l’âge où l’on prend la décision concernant sa vie la plus intime. Il faut discerner si l’on se marie et si oui avec qui. Cette décision qui n’est pas facile touche aussi la dimension religieuse de l’existence humaine. C’est Jésus dans l’évangile de ce dimanche qui nous en parle.

Il parle de mariage religieux, c’est-à-dire d’une alliance conclue devant Dieu. En effet, pour être marié il n’est pas nécessaire de passer par l’église. Il existe le mariage civil et il est traité par l’Église sérieusement. Elle sait que l’accord et la fécondité de l’homme et de la femme ne dépendent pas de la foi chrétienne de l’homme et la femme, mais de leur caractère, leur tempérament, leur santé etc. Si l’on parle cependant du mariage religieux (chrétien), c’est parce que ce genre de mariage ajoute quelque chose au mariage civil (non religieux). Par ce sacrement chrétien, Dieu lui-même entre dans la relation entre l’homme et femme, dans leur histoire.

Le mariage chrétien est une alliance, une union en vue du salut de deux humains liés par des liens invisibles de leur foi. Cette alliance ne peut être rompue, car Dieu lui-même la garantit. On peut se séparer ou même oublier, mais cela ne nie pas cette alliance. Dieu relie les gens sur leur chemin, relie leur destin. Ils restent l’un pour l’autre mutuellement un genre de miroir, un point de repère. Dieu les sauve par cette relation qui peut être pleine de joie ou douloureuse.

Pensons aux jeunes qui se trouvent devant la décision de leur vie. Et prions pour eux. Que leur choix contienne non seulement leur relation mutuelle, mais aussi leur relation avec Dieu ! C’est Dieu, en effet, qui sera présent parmi eux en tant qu’amour et dans l’amour, l’amour humain transformé par la foi, l’amour qui les reliera autrement, qui les inspirera, qui les guidera, qui les transformera et qui les sauvera parce que ce genre d’amour ne passera jamais (1 Co 13, 8).

P. Christophe PACZOS

« …faire de tout son peuple un peuple de prophètes » !

Notre Église biterroise vit une période de questionnements et de changements importants. La diminution du nombre de fidèles et celle encore plus visible de prêtres nous préoccupe. Elle ne doit pourtant pas nous faire perdre de vue la soif de sens de nos contemporains, les chemins de foi vrais vécus hors des sentiers ecclésiaux, les engagements au service de l’Homme et de la Terre, accordés à l’évangile même s’ils ne s’en réclament plus.

« Celui qui n’est pas contre nous est avec nous ».

La fragilité de notre Église est aussi l’occasion pour chaque baptisé de redécouvrir l’immense appel qui lui est adressé, à prendre soin de la vie de ses frères, à rayonner au jour le jour la joie de l’évangile, à mettre généreusement ses dons spirituels au service de la communauté. Pour l’Église c’est aussi un appel à accueillir tous ces dons, à les valoriser avec confiance. En Église enfin, c’est un appel à faire l’inventaire de nos habitudes, notre suffisance, nos accumulations inutiles… tout ce qui aujourd’hui entrave notre avancée dans la foi.

Devenir un peuple de prophètes habités par l’Esprit de Dieu, capables de le voir à l’œuvre partout autour de nous, de dire par nos actes ses merveilles et sa bonté pour tous, de le célébrer en toute occasion, d’abandonner nos « richesses pourries », si c’était notre grâce pour aujourd’hui ?

Vincent Leclair
E.A.P

Si quelqu’un veut être le premier…

Il y a quinze jours j’écrivais le dernier édito dans le bulletin mensuel de la paroisse St Fulcran en Lodévois et j’y résumais mon expérience et mes souvenirs depuis six ans de présence.

Dans cet édito je ne parlerai pas d’expérience mais de mission.

Ce mois de septembre est l’occasion de me rappeler septembre 1973, ma première arrivée à Béziers. Pour faire les vendanges et connaitre le monde de la migration saisonnière. Toujours en septembre 1973, j’ai été ordonné prêtre pour mon diocèse de Vitoria. Dix ans après toujours en septembre, j’arrive dans le diocèse de Montpellier qui demandait un aumônier des espagnols. Depuis, je venais au moins une fois par mois à Béziers, rue de la Rotonde, pour rencontrer les espagnols et y célébrer la messe dans le cadre de l’aumônerie des migrants.

Et voici septembre 2021, je suis envoyé par l’évêque comme vicaire des paroisses Mère Térèsa et ND de la Réconciliation, tout en gardant ma première mission : accompagner la communauté espagnole. Cette nouvelle nomination, je la vois comme un appel à suivre avec les paroissiens, les équipes et toutes les activités paroissiales, l’appel à être ensemble témoins de l’Evangile. Car cet appel est notre vocation à tous, même en ces temps pas faciles… Pour y répondre, l’évangile de ce dimanche nous donne déjà une piste :

Si quelqu’un veut être le premier, qu’il soit le dernier de tous et le serviteur de tous » (Marc ,9,35).

P.Luis Iňiguez

« Et vous, que dites-vous ? Pour vous, qui suis-je ? »

« Et vous, que dites-vous ? Pour vous, qui suis-je ? » (Mc 8,29)

La question de Jésus est posée au pluriel mais concerne chacun de nous, tout comme la réponse donnée par chacun l’engage personnellement.  

Fraîchement arrivé dans la ville de Béziers rejoindre l’équipe des prêtres, c’est déjà le deuxième dimanche que je récite le Credo à l’unisson avec les chrétiens biterrois. Et aujourd’hui je le fais en espérant, qu’une fois j’aurai souhaité « Bon dimanche » à tout le monde, le Seigneur m’aidera à mettre en œuvre cette foi que je professe si allègrement avec vous à la messe, et de la montrer, au moins un tout petit peu, dans mes actes envers tous ceux que je rencontrerai au long de la semaine qui commence. Jusqu’au prochain jour du Seigneur !

P. Nicolas Pietruch
vicaire des paroisses Mère Térésa et ND de la Réconciliation.

 

La rentrée et le discernement

Même pour ceux qui ne vont plus en classe depuis longtemps… la rentrée reste un temps de reprise, de nouveau départ.

Pour les uns ce sera l’occasion d’arrêter une activité, un engagement qu’ils ont depuis longtemps. C’est bien de savoir s’arrêter et si possible passer la main.

Pour d’autres ce sera l’occasion de renouveler une fidélité ou s’engager dans un nouveau service. C’est bien de savoir mettre ses talents au service du bien commun et pourquoi pas dans sa communauté chrétienne ?

Le temps de la rentrée est un temps favorable au discernement. Discerner c’est choisir, et pour un chrétien, choisir le chemin par lequel il répondra à l’appel de Dieu. Discerner demande de savoir écouter, écouter les sollicitations, les appels, écouter aussi ce qui résonne en nous de la Parole de Dieu. Discerner demande une certaine lucidité sur soi-même, ses possibilités et ses limites. Discerner suppose de se décentrer de soi-même mais pour s’ouvrir à ce qui met dans la paix et dans la joie.

Viens Esprit Saint éclairer le cœur de tes fidèles, qu’ils discernent les chemins du Seigneur, qu’ils aient la générosité de s’y laisser conduire.

« Fais confiance au Seigneur, agis bien, habite la terre et reste fidèle; mets ta joie dans le Seigneur: il comblera les désirs de ton cœur. Dirige ton chemin vers le Seigneur, fais-lui confiance, et lui, il agira. » Ps 36.

Père Bernard Boissezon.

La fin d’année est toujours l’heure du bilan.

Voici bientôt un an que je suis arrivé sur Béziers à votre service et c’est déjà l’heure de faire le bilan. Je rends grâce au Seigneur pour les belles rencontres que j’ai pu faire : les enfants, les jeunes et les parents dans les différents groupes de catéchèse et d’aumônerie que j’ai animés et qui ont une soif de découvrir les mystères de Dieu, les servants d’autel qui sont présents chaque dimanche pour aider l’assemblée à prier et qui s’investissent toujours davantage au service de la communauté, le P. Robert Sautereau dont je me suis occupé avant sa longue hospitalisation, les personnes qui donnent de leur temps au service de la cathédrale, les jeunes adultes du groupe de partage biblique que j’accompagne, mais aussi les familles endeuillées avec lesquelles je prépare et je célèbre les obsèques au Pech Bleu chaque semaine.

Le Seigneur vous a mis sur ma route, il m’a demandé de me mettre au service de cette communauté au nom du Christ et c’est pourquoi je rends grâce pour cela, pour les liens tissés qui porteront du fruit si Dieu le veut.

Notre évêque nous a alerté dans sa récente lettre pastorale sur les difficultés que vit notre Église diocésaine et nous appelle à nous engager dans l’Église. Être chrétien c’est être actif, c’est être acteur de notre foi, c’est être ouvert à l’autre. Osons la rencontre. L’inconnu peut faire peur mais avec la foi et la grâce de Dieu, nous pouvons répondre à l’appel que nous lance le Seigneur et vivre des expériences qui nous font être de vrais enfants de Dieu.

Ainsi, moi aussi je dois répondre à un nouvel appel que je viens de recevoir de notre évêque qui m’envoie finir ma formation en vue du presbytérat au séminaire des Carmes à Paris à partir de la prochaine rentrée universitaire. Paris est pour moi une ville que je redoute pour sa grandeur, pour son climat, mais que j’accueille avec joie car le Seigneur est notre Berger et qu’il nous mène sur le Chemin de Dieu. Je vous dis donc au revoir et j’espère pouvoir rester en contact avec nombre d’entre vous.

Notre évêque m’a aussi appelé à recevoir les institutions du lectorat et de l’acolytat, passage obligatoire sur le chemin de l’ordination. Contrairement à ce qui avait été récemment annoncé, je ne serai pas institué lecteur à la cathédrale de Béziers mais je le serai en même temps que l’acolytat le 31 août prochain en la basilique Notre-Dame des Tables à Montpellier, jour de la fête du diocèse. Je vous demanderai donc de bien vouloir prier pour moi ce jour là ainsi que pour la suite de ma formation pour toujours être au service du Christ.

Bon été, et bonnes vacances à toutes et à tous chers amis.

Christophe Privat
séminariste.

La vie n’est pas toujours un long fleuve tranquille…

La tempête déclenchée par la pandémie s’est apaisée. Justement l’évangile de ce 12ème dimanche du temps ordinaire est celui de Marc : La tempête apaisée.

Ce récit commence par cette invitation de Jésus, « Passons sur l’autre rive », une initiative qui marque une rupture, Jésus invite ses disciples à un déplacement, à un changement.

Nos églises se réveillent. Des baptêmes de jeunes enfants sont célébrés tous les week-ends. Les sacrements qui marquent la fin de l’année de catéchèse, premières communions, professions de foi peuvent avoir lieu contrairement à l’an passé où les confinements et les couvre-feux successifs nous avaient contraints à reporter toutes ces célébrations.

Ce samedi 19 juin Monseigneur Carré célèbrera la confirmation des adolescents en la cathédrale St Nazaire de Béziers en deux vagues de 38 jeunes chacune. Ils viennent des collèges Ste Madeleine et Fénelon, Pic La Salle, lycée de la Trinité et des aumôneries de l’enseignement public. Ces jeunes qui seront confirmés gardent foi en Jésus aidés par l’Esprit Saint qu’ils vont recevoir. Peut-être que Jésus dans le récit de Saint Marc, veut-il simplement leur montrer que la foi est indépendante de notre conscience du monde extérieur, elle est le seul moyen pour traverser les tempêtes de la vie

Finalement, être disciple du Christ, c’est peut-être tout simplement ne pas se focaliser sur la manifestation du mal et retrouver ainsi un état d’innocence. Alors nous ne nous laisserons pas impressionner par les tempêtes et nous continuerons à vivre dans la sérénité que Jésus-Christ nous a promis.

Monique Mollier – EAP

A quoi pouvons-nous comparer le règne de Dieu ?

 

Ce ne sont pas les hommes qui construisent le règne de Dieu, pas même les disciples, mais c’est Dieu lui-même qui lui donne vie et croissance. De même que l’homme qui sème une graine en terre ne peut la faire pousser par son désir ou ses propres forces, ni par ses efforts donner une fécondité particulière telle que celle que connaît la graine de moutarde, de même, le règne de Dieu n’est pas au bout de nos efforts. Il n’est pas l’application de nos principes et de nos règles pour transformer la société selon nos désirs.

Il est une force considérable si l’on considère ce qui va être produit à partir de la graine de moutarde, mais il est une force mystérieuse si l’on considère comment la graine plantée en terre pousse et donne du grain. Force mystérieuse et puissante, qui traverse les événements et le cours de l’histoire des hommes, sans la transformer de manière visible immédiatement.

 

Il y a en effet bien des aspects de notre foi que nous n’arrivons pas à percevoir ou à comprendre. Il y a mille circonstances de notre vie où nous n’arrivons pas à y voir clair.

Saint Augustin marchait un jour sur une plage et il a vu un enfant qui jouait au bord de l’eau. Il le regardait prendre de l’eau dans la mer et la jeter dans un trou creusé dans le sable. Saint Augustin lui demanda ce qu’il faisait. L’enfant lui répondit qu’il essayait de mettre toute l’eau de la mer dans le trou. Saint Augustin lui expliqua alors que c’était impossible. A quoi l’enfant lui rétorqua que pourtant, lui, saint Augustin, faisait la même chose en essayant de comprendre tout le mystère de Dieu.

Dieu est maître de l’univers; il a son plan divin et sa pédagogie divine pour nous mener jusqu’au terme de notre vocation, le salut, l’union intime avec la Trinité tout entière. Nous n’apercevons ou ne percevons ici-bas qu’une infime partie de ce plan divin. Mais ce que nous voyons nous fait nous émerveiller devant la puissance et l’amour de Dieu. Redécouvrons donc notre capacité de nous émerveiller. Laissons-nous être étonnés par la joie et l’amour pour pouvoir nous même en rayonner, en témoigner, par le Christ et dans l’Esprit. Amen.

Abbé Frank Condi +

Que de sang !!

Oui, que de sang !! Dans l’actualité de notre monde, ici, dans notre société de violence et là-bas… en Israël, en Birmanie, au Yémen, en Colombie, en Méditerranée…

Oui, que de sang, signe de mort !!

Et voilà que la liturgie de ce dimanche nous parle aussi de sang. Ce Corps ET ce Sang que nous fêtons m’apportent-ils un plus de vie ?

Certainement parce qu’au cœur de la foi de l’Église et de la nôtre ils signent une alliance perpétuelle d’amour. Au désert du Sinaï, après la proclamation des commandements, une première alliance scellée dans le sang des taureaux par Moïse. Sacrifice de la nouvelle alliance scellée une fois pour toute par le sang de Jésus sur la croix. Mémoire de la dernière Cène, une parole dite sur du pain et du vin et nous croyons alors « corps et sang du Christ »

Nourris et abreuvés de la vie de Dieu à chaque eucharistie, nous devenons les contemporains à la fois de l’alliance du Sinaï, de l’alliance conclue dans le sang de Jésus lors de la dernière Cène et de l’alliance éternelle que nous célèbrerons un jour dans l’éternité.

Comme Jésus l’a promis, le fait de manger son corps et boire son sang sous les réalités du pain et du vin de l’eucharistie nous ouvre à sa présence et nous assure de sa demeure en nous, comme notre demeure en lui. Une vie nouvelle nous est donnée. Nous faisons partie de ce peuple dont le Dieu est aussi proche puisqu’intérieur à chacun de nous. Des enfants et des adultes, nouveaux croyants, vont être accueillis dans nos eucharisties au cours de ces dimanches. Tous ensemble, ayons un cœur plein de gratitude pour le don de la Vie qu’Il nous offre. La Fête-Dieu, fête du corps donné et du sang versé, est une fête joyeuse, joyeuse sur la terre comme au ciel. Fête aussi avec Ludovic, nouvellement ordonné prêtre pour le service de l’eucharistie et parmi nous aujourd’hui.

Thérèse-Marie Potelle, rscm.
Équipe d’Animation Pastorale