Autrement

 

Alors, encore une fois, les fêtes sont passées. Encore l’Épiphanie, et il faudra penser à sortir le sapin avant que les aiguilles commencent à tomber partout. La crèche, elle, restera encore quelques semaines avec nous – cela nous a pris tant de travail de l’installer, et puis, c’est beau, et tant de souvenirs liés à chacun des santons. Les chansons de Noël, en tout cas, ne nous accompagnent plus en boucle dans les centres commerciaux. Dans l’une d’elles, John Lennon chantait : “Voici Noël, et qu’as tu fait – encore un an est passé…”. Mettant un nouveau calendrier sur le mur de la cuisine, nous nous sommes peut-être posé la question : “Noël passé, l’année commence, et que vais-je faire ?” 

Justement, comment sortons-nous de ces fêtes? Comment repartons-nous, après la rencontre avec Dieu fait homme, vécue à la messe de Noël, ou lors des retrouvailles familiales, etc ? Même si la reprise, soyons honnêtes, ne nous inspire pas toujours la louange dont tressaillaient les bergers repartant de la crêche la nuit de Noël, les fêtes passées nous laissent de quoi retenir et méditer dans notre coeur, à l’instar de Marie. Et nous sommes invités à repartir vers cette nouvelle année, comme les mages ayant rendu hommage à l’Enfant Jésus : prenant un autre chemin. Sans repasser chez Hérode, dont les mages ont perçu la ruse, sans revenir à nos vieilles habitudes et façons de vivre, lesquelles, nous le savons bien, nous font mal. Commencer à vivre autrement. Comme quelqu’un qui a reconnu Dieu dans le signe d’un enfant vulnérable. Comme quelqu’un qui a reconnu l’amour que Dieu a pour nous, et qui y a cru (cf. 1 Jn 4, 16).

 
Bonne nouvelle année, qu’elle soit vraiment nouvelle !
p. Nicolas

Dieu est en toute chose. Le voyons-nous ?

 

Dieu est en toute chose. Le voyons-nous ?

Le monde lui-même est le lieu où Dieu se laisse connaître, le Christ y est à l’œuvre et demande au disciple de l’y rejoindre pour soulager avec lui la souffrance de l’humanité. Dieu a besoin de notre collaboration.

De même que dans son sommeil, Samuel a répondu à l’appel de Dieu, les disciples de Jean Baptiste sont émus par le regard et la Parole du Christ juste après son baptême, au point de venir et voir et reconnaître ce messie tant attendu.

De bouche à oreille nous avons entendu parler de ce messie.

Chacun reçoit un appel de Dieu personnel et unique, Dieu invite chaque individu à construire une relation de proximité avec lui.

Comme Jésus le dira plus tard : Vous ne m’avez pas choisi, c’est moi qui vous ai choisi et vous ai désigné pour aller porter du fruit.

Quelle sera ce fruit pour 2024 ?

 

Bernadette Lefebvre
EAP

 LA SAINTE FAMILLE

 LA SAINTE FAMILLE

En ce dimanche après Noël, l’Église nous offre l’heureuse occasion de célébrer la bonté et l’amour de Dieu à travers les personnages de la Sainte famille de Nazareth : Jésus, Marie et Joseph.

La naissance d’un enfant en tant que fruit de l’amour des conjoints les qualifie en leur donnant l’honneur d’être parents. Pour ce faire, trois aspects importants qui entourent la naissance d’un enfant dans la famille attirent notre attention et nous aident à saisir la grandeur et la vocation de la famille humaine. La naissance d’un enfant dans une famille est toujours et partout entourée d’un mystère, elle représente un symbole et constitue enfin une source de joie.

En effet, la naissance d’un enfant est pour ses parents un mystère qui témoigne de l’amour de Dieu au-delà de ce que pensent les parents. Aux parents, Dieu a donné le pouvoir de concevoir et de donner la vie. Oui, Dieu a partagé avec les parents son pouvoir créateur et cela constitue un mystère aux yeux des hommes. L’enfant dans les bras des parents et de tous ceux qui les entourent, est objet d’émerveillement qui s’exprime en ces termes : « que sera cet enfant ? » (Lc 1, 66). Sans aucun doute, la présence du nouveau-né est un mystère dont seul Dieu connait le secret, et en face de ce don gratuit de Dieu, nous nous émerveillons tous. Voilà le mystère !

Le deuxième aspect nous donne à saisir que la naissance d’un enfant est un symbole de la vie qui se transmet et se perpétue dans l’avenir et le destin d’une famille. Voilà pourquoi le nom qu’on donne au nouveau-né porte en lui l’intention profonde qui habite les parents. Marie et  Joseph ont appelé leur fils, « Jésus »qui signifie « Dieu sauve ». Élisabeth et Zacharie, ont donné à leur fils le nom de « Jean » qui veut dire « Dieu fait grâce » (Lc 1, 57). Et nous ? Quel symbole constitue les noms que nous donnons à nos enfants aujourd’hui ?

Enfin, le troisième aspect que nous apporte la naissance d’un enfant, c’est la joie. Car l’enfant est une promesse, une assurance de la continuité de la famille à travers le temps. D’où la joie que nous éprouvons en face du visage angélique et pourtant fragile du nouveau-né d’une part, et d’autre part, le devoir et l’engagement de tous en termes d’amour, de protection et d’éducation.

En ce temps de Noël, soyons dans la joie, engageons-nous à la mesure de nos possibilités, à préserver la vie, l’amour et l´unité au sein de nos familles respectives pour témoigner toujours de la grandeur de Dieu. Prions aussi pour toutes les familles en difficulté pour que la présence de Jésus-Christ les réconforte. 

Bonne fête de la Sainte Famille à toutes et à tous.

 

 Sœur Béatrice NTABAJANA
(EAP)

L’Invisible se rend Visible

Nos yeux sont toujours émerveillés de voir les illuminations de Noël, les sapins majestueusement décorés, les parades festives ou les crèches chez nous, dans les églises ou ailleurs… La présence de Noël est forte…

pourtant il y a un peu plus de deux mille ans…. lorsque l’Invisible se rend Visible, il n’est pas dans le féerique, il est plutôt dans la simplicité, pour ne pas dire dans la beauté de la naissance et de la vie.

L’Enfant Roi, le Prince de la Paix se donne à voir alors que jusqu’à présent il était caché depuis toute éternité en Dieu. Il se donne à voir, il se donne à aimer, il se donne à être adoré. La venue du messie s’exprime totalement à travers les 4 messes de la Nativité.

Tout d’abord, la messe de la veille au soir ou la généalogie du Christ nous est donnée se concluant par la belle phrase  » Joseph époux de Marie de laquelle naîtra Jésus ». Puis, nous avons la belle messe de la Nuit où les « Anges dans nos campagnes chantent l’hymne des Cieux ». Pour celles et ceux qui aiment le calme du début de la journée… il y a la messe de l’aurore… où comme les bergers nous irons adorer à la crèche. Enfin, la messe du jour dans laquelle nous entendons le superbe évangile de St Jean « le Verbe s’est fait chair et il a habité parmi nous ».

Quoiqu’il en soit, que vous ayez une âme de généalogiste, d’ange, de berger, d’évangéliste, ou simplement de chrétien … n’oubliez pas que dans cette nuit froide et obscure, dans cette terre qui par sa naissance est devenue sainte, l’Invisible s’est rendu Visible pour que tous nous puissions avoir une vie qui ne finit pas !

Bon et saint Noël à Tous
Bonne Année 2024

Abbé Dusseĺ Hervé

«Gaudete», réjouissez-vous dans le Seigneur !

Le Temps Liturgique rythme le temps de l’Église pèlerine. Après la grandiose fin par la Solennité du Christ Roi où nous contemplons l’accomplissement du Royaume de Dieu en nos cœurs, par le Temps de l’Avent, nous voilà revenus à l’humilité d’un nouveau commencement. Humble oui, mais non moins grand, ce que nous attendons : l’heureux avènement du Christ, du Messie Libérateur, Sauveur.

Prions frères et sœurs, pour que notre attente ne soit passive, puérile; qu’elle ne ressemble pas à celle de ceux qui croit que tout leur ai dû sans effort, comme ces enfants capricieux voire dictateurs qui veulent «tout-tout-de-suite»; mais qu’elle soit plutôt une attente diligente, filiale, celle des enfants respectueux et reconnaissants qui ont appris à insérer leur action dans le flux puissant de la grâce de Jésus-Christ qui nous précède, qui nous surpasse, comme des fils qui sont honorés de faire la volonté de Dieu «comme-et-quand-tu-veux».

Voilà la source de notre joie ! Se réjouir dans le Seigneur c’est tout recevoir de Dieu, et en tout rendre grâce à Dieu. Voilà la clé du bonheur, celle dont le Christ est venu témoigner par ses paroles et ses actes : (Jn6,38) «je suis descendu du ciel, non pour faire ma volonté, mais la volonté de celui qui m’a envoyé»; celle de Marie (Lc1,26) «voici la servante du Seigneur, qu’il me soit fait selon ta parole»; celle de Jean le Baptiste, celui (Jn1,6) «qui est venu rendre témoignage à la Lumière».

Je me réjouis dans le Seigneur chaque fois que je rends grâce à Dieu pour tout bien : la maison, la nourriture, le chauffage, l’éducation, l’amour dont je suis aimé. Et que faire de tout mal ? la maladie, les incompréhensions, les calomnies, les médisances, le mépris, la mort ; répondons avec les paroles du Christ: (Mt26,39) «Père, si cette coupe peut passer à côté de moi, mais non pas comme je veux, mais comme tu veux», confiants que si Dieu le permet, c’est qu’il pourra en tirer un bien plus grand.

Remarquons que cette joie est imprenable, dès lors qu’elle est enfouie dans le Cœur de Dieu, elle n’offre aucune prise à notre ennemi qui se sert de la faiblesse de notre chair et du monde. Heureux, bienheureux ceux qui éprouvent cette joie, celle des enfants qui font la Volonté de Dieu ! Cheminons ensemble sur le chemin du bonheur.

Daniel Esquivel Elizondo

Diacre en vue du sacerdoce aux paroisses de Béziers

 
 

Rendre droits les chemins tordus

Ce temps de l’Avent nous met dans l’attente de Dieu qui nous sauve en son Fils. Ce Fils venu nous montrer l’exemple de la victoire par l’amour.

 

Confrontés nous-même à notre volonté de puissance qui nous empêche d’aimer, Jésus précédé de Jean Baptiste nous invite à donner notre mesure personnelle pour faire advenir un monde avec plus de paix.

Nous le savons que notre monde en manque. Alors la paix du monde ne commence-t-elle pas par notre paix intérieure individuelle ?

Est-ce cela rendre droits les chemins tordus ?

Laisserons nous le souffle de l’Esprit éclairer les profondeurs de notre humanité, pour choisir la paix tout simplement, en commençant par l’intonation de notre voix, la sincérité de nos gestes, la justesse de nos comportements, le sens donné à chacune de nos années ?

L’incarnation du Fils de l’homme vient illuminer le quotidien de toute notre vie. Il vient rejoindre notre désir de complétude et de transcendance.

Oui, Jésus est venu avec sa bonne nouvelle donner une nouvelle boussole à tous les habitants de la Terre. La choisirons-nous ?

 

Bernadette Lefebvre

« Veillez »

Aujourd’hui, premier dimanche de l’Avent, commence une nouvelle année liturgique. Nous entrons dans le temps de l’attente.

Jésus dans le l’Évangile du jour nous interpelle : « veillez ».

Une parole qui demande toute notre attention et c’est bien à cela que nous sommes invités dès aujourd’hui : à être des veilleurs. Un temps de vigilance pour changer nos habitudes. L’Avent nous met en mouvement.

 « Si quelqu’un me suit, il ne marchera pas dans la nuit, mais il aura la lumière qui donne la Vie » (Jn8,12)

Les bougies de l’Avent allumées progressivement nous met en marche d’approche vers l’Incarnation, l’apparition de la Lumière de Dieu sur terre.  

Comme beaucoup de familles, je vais allumer la première bougie de l’Avent, elle représente l’ESPOIR. Que la flamme si fragile de l’Espérance nous habite tout au long de la semaine pour aller vers le 2ème dimanche… Ce sera la bougie de la FOI. Nous sommes appelés à vivre dans la confiance. A être toujours en chemin pour grandir dans l’amour du Père.

La 3ème bougie sera la JOIE que nous partagerons avec d’autres. Cette joie que nous devons entretenir chaque jour pour qu’elle rayonne.

La 4ème enfin, sera la lumière de la PAIX. Elle sera allumée la veille de NOEL. Combien aujourd’hui nous avons besoin de croire en cette Paix. Jésus tout au long de sa vie n’a cessé de la donner. Il nous en montre la « voie »..

Bon temps de l’Avent …

D.BREMOND, membre de l’EAP

« Deviens ce que tu es ! »

« Deviens ce que tu es ! »

Cette phrase de Saint Augustin exprime tout le potentiel, les capacités que Dieu a déposées en chacun de nous, comme on le constate dans l’Évangile des talents (Mt 25, 14-30).

« Deviens ce que tu es » c’est donc laisser Jésus nous modeler, nous rendre disponibles à son action en nous. Il y a une astuce pour être connecté à Jésus. Ce sont trois verbes : Prie – Réfléchis – Agis !

Demande la grâce de discerner à chaque instant ce que Jésus attend de toi ! Pense, à partir de ton expérience et les conseils de tes amis, à l’objectif et les moyens pour le réaliser ! Enfin, agis ! Ne reste pas collé à l’écran de ton portable ou allongé dans ton fauteuil à laisser le temps qui t’est donné s’écouler comme de l’eau entre les doigts. Agis, prends des risques, ose, et même dans les obstacles, les amertumes, les déceptions, les échecs, tu te rendras compte que tu es fait pour créer, pour servir, pour aimer parce que tu es fait pour cela, toi image de Dieu ! 

Oui, créer en faisant le Bien autour de toi donne de la joie ; servir la Vérité en la pratiquant loin du mensonge ou du double jeu donne de la paix ; et Aimer c’est-à-dire contempler les personnes qui t’entourent, les aimer comme Dieu les aime nous écarte des jugements, des commérages, des médisances.

La Neuvaine préparatoire à la solennité de l’Immaculée Conception à partir du 30 novembre est l’occasion de demander à la Mère de Dieu de vivre ce processus de transformation de notre manière de vivre quotidiennement. Deviens ce que tu es c’est donc laisser l’Amour du Christ demeurer en nous et agir par nous.

P. Forel

En 2023, 800ème anniversaire de la crèche de Noël

Le 25 décembre 2023, nous fêterons le 800ème anniversaire de la crèche initiée par saint François d’Assise, en 1223, à Greccio. Elle est à la fois un objet cultuel, témoin de la foi chrétienne qui traverse les âges, et un objet culturel permettant à tous les peuples du monde d’y exprimer leurs traditions et leur art. C’est pourquoi ce 800ème anniversaire va particulièrement être fêté à plusieurs endroits dans le monde et notamment en Italie, pays ayant accueilli la toute première crèche de Noël. De nombreuses crèches seront installées dans les églises mais aussi devant.  Cette tradition est pleine de sens pour les chrétiens.

Préparer la crèche c’est préparer son cœur, pendant la période de l’Avent, à la nativité du Christ Sauveur. Qu’elle soit pour nous, cette année d’autant plus, une belle occasion de prière !

« Seigneur, fais-moi répondre à l’appel de la crèche, cet appel à me faire petit et tout simple, à accepter la nuit, à chercher le silence où apparaît l’étoile qui mène jusqu’à toi.

Seigneur, fais-moi répondre à l’appel de la crèche, à te contempler, toi, l’Enfant-Dieu sur la paille ; faire taire un instant le tumulte du monde et goûter ta présence.

Seigneur, fais que ma vie entière devienne crèche, crèche pour accueillir le monde tout entier, du plus grand des rois mages au plus humble berger.

Que ma vie soit ce lieu qui sans cesse t’accueille et sans cesse te chante.

Viens l’ouvrir assez grand pour que tu puisses y naître et y renaître chaque jour.

Seigneur, fais-moi répondre à l’appel de la crèche. »

Prière de la paroisse de Notre-Dame du Rosaire

 

Fêtons cet anniversaire avec saint François d’Assise
et préparons notre cœur à la venue de l’enfant Jésus en priant en communauté grâce à Hozana !

 

Éléonore Fleury pour Hozana.org

Un et Différents

Entre la fête de Tous les Saints et la fête du Christ Roi de l’univers, voici qu’il nous est donné d’écouter la parabole du maître qui distribue des talents à ses serviteurs.

            Il n’y a pas 2 saints identiques puisque leur sainteté, leurs talents, se sont développés en réponse à l’appel de Dieu à travers le tempérament de chacun, leurs qualités et leurs défauts. Que de réponses différentes dans notre Église ! Voyez les bénédictins, les franciscains, les dominicains, les jésuites, les carmélites, les clarisses et tant d’autres, les charismatiques, et ceux qui sont attachés aux rites anciens, le canon romain et les rites orientaux, tous membres égaux en dignité de fils de Dieu, tous différents dans la forme de leur réponse, dans la mise en valeur de leurs talents. C’est pareil pour nous, tous égaux en dignité de fils de Dieu, tous différents aux multiples talents, tous appelés à être citoyens de l’unique Royaume.

            Que ce mot de royaume est piégé pour nous français : le Royauté puis la République se sont fondés sur les conquêtes, les dominations et la centralisation. L’unité du Royaume de Dieu n’est le fruit ni de conquêtes sur les autres, ni de l’injonction quasi militaire : « je ne veux voir qu’une seule tête ! » Il se fonde sur l’écoute attentive de la Parole et son accueil, le salut gratuit vient de Dieu.

Combien de fois Jésus a dit « mon royaume n’est pas de ce monde ! »

            Le salut est donné pour tous, différents mais égaux, absolument égaux, fils du Père, frères dans le christ Jésus, mais tellement différents. Dans l’apocalypse Jean rapporte sa vision : «  J’ai vu … une foule immense  de toutes les nations, tribus, peuples et langues … Ils ont lavé leurs robes, ils les ont blanchis dans le sang de l’Agneau. » C’est là le vrai Royaume.

M.Gondard EAP