SUGER DIEU ET LA LUMIÈRE

Texte lu par Laurent Pascal

SUGER est né en 1080, au Nord de Paris. Il mourra en 1151 dans son abbaye de Saint Denis

Il est âgé de dix ans quand sa mère décède. Son père le fait alors accepter comme écolier à l’abbaye de Saint Denis où il se lie d’amitié avec des fils de familles importantes du royaume, notamment le Prince Louis, le futur roi de France Louis VI.

Après de brillantes études il devint moine. Ses supérieurs lui confient des missions d’administration de prévôtés en Normandie puis dans la Beauce.

Il sera élu abbé de Saint Denis à 42 ans, selon les procédures de la réforme grégorienne, c’est à dire sans que l’on ait sollicité l’accord du Roi.

SUGER sut apaiser ce qui aurait pu envenimer les relations de l’Église et de la Royauté.

Ce différent n’avait pas empêché que le Roi Louis VI en fasse son conseiller et l’avait chargé de missions diplomatiques, des missions souvent de nature militaire pour assurer la défense de plusieurs cités.

Une mission d’une toute autre nature lui fut confiée en 1137 : conduire Louis, le fils du roi et futur roi lui-même, à sa future épouse, Aliénor d’Aquitaine.

Le roi Louis VII, malgré le conseil de SUGER de ne pas l’entreprendre, décida de partir pour la deuxième croisade et lui confia la régence de la France. Il gouverna la France pendant deux ans, de 1147 à 1149.

Ces ambassades et cette régence disent l’importance du rôle de SUGER dans la vie politique française du XIIème siècle.

Dans un tout autre domaine, celui de l’architecture, SUGER fut un novateur exceptionnel. Nous avons vu combien ses conceptions architecturales étaient à l’opposé de celles de son ami Bernard de Clairvaux.

Il refusait la pénombre et l’austérité cisterciennes.

L’architecture devait frapper les fidèles par sa beauté issue de la lumière.

Car pour lui « Dieu est lumière ».

L’architecture devait exalter la magnificence de Dieu.

La basilique devait s’offrir à nos regards comme une image de la cité de Dieu :

La Jérusalem Céleste,

 

Une image symbolique qui renvoie au-delà d’elle-même, une image qui tente de rendre l’invisible visible et de dire l’indicible.

L’art ogival se développa rapidement dans cette région de l’Ile de France, ce qui lui donna son nom : L’Art Français. Il se répandit bien au-delà de l’Ile de France, dans toutes les provinces du royaume et dans toute l’Europe, jusqu’au XVème siècle.

Après la transition du roman au gothique de base pendant les XIIème et XIIIème siècles, on vit le passage au gothique rayonnant au XIVème siècle, encore à partir de Saint Denis dont on suréleva le chœur.

Vint ensuite le Gothique Flamboyant, une forme très sophistique imitant des flammes. C’était une étape vers des surcharges décoratives qui annonçaient un déclin.

La Renaissance du XVIème siècle balaya ce style. Par mépris, on lui donna le nom « d’art gothique » c’est à dire issu de tribus barbares réputées sans culture…

Notre cathédrale, dans les des époques successives de sa construction, est un exemple typique de l’évolution des style architecturaux :

– le romans, avec ses restes dans la première travée

– le gothique de base, dans les transepts, la croisée centrale et les voutes de la première travée.

– le gothique rayonnant dans le chœur

– un glissement progressif vers le gothique flamboyant des deux dernière travées et, plus clairement affirmé, dans le portail occidental et la chapelle servant aujourd’hui de sacristie.

 

JE VOUS REMERCIE…

 

LE SENS DE LA LUMIÈRE DANS L’ART GOTHIQUE

Texte lu par Marie-Hélène Soyer

Les grandes églises de pèlerinage devaient accueillir les pèlerins dans un lieu bien éclairé pour faciliter leur déambulation d’adoration des reliques conservées dans ces sanctuaires.

Avant même que ne s’ouvre l’époque gothique, la Lumière devient de plus en plus recherchée dans l’architecture au cours du XIIème siècle, comme à Saint Sernin de Toulouse, Saint Jacques de Compostelle, ou encore l’abbaye de Conques. Ces sanctuaires de grands rendez-vous des « romieux » deviennent des espaces de lumière.

En même temps, la pensée du XIème siècle évolue : la perception des réalités terrestres prends davantage en compte l’individu. L’abstraction difficile et exigeante de l’ombre des chapelles romanes fait place à une recherche du lumineux.

Dans ce contexte culturel, la rigueur cistercienne prônée par Bernard de Clairvaux n’était pas acceptée par tous les religieux.

Le débat sur la conception des églises s’établira entre Bernard et le nouvel abbé de Saint Denis, son ami SUGER. Ces deux hommes étaient parmi les plus importants de ce XIIème siècle. Le premier joua un rôle de guide spirituel auprès du Pape et des Rois. Le second, habile gestionnaire, avait toute la confiance de Louis VI, auprès duquel il joue un rôle proche de celui, aujourd’hui, d’un Premier ministre.

Bernard et SUGER avaient en commun d’être très religieux. Ils s’imposaient une vie personnelle très austère, mais, ils s’opposaient radicalement en matière d’architecture.

Alors que Bernard prônait le plus grand dépouillement, Suger avait le souci de magnifier la gloire de Dieu :

« Pour moi, je le déclare, ce qui m’a paru juste avant tout, c’est que tout ce qu’il y a de plus précieux doit servir d’abord à la célébration de la sainte Eucharistie »

La passion pour l’art chrétien de la part d’un homme voué à l’humilité et à la pauvreté bénédictines était profonde chez lui. Une inscription sur les portails de Saint Denis donne la clé de sa philosophie concernant le Beau :

« Notre pauvre esprit est si faible, que ce n’est qu’à travers les réalités sensibles qu’il s’élève jusqu’au vrai »

Il eut l’intuition géniale des possibilités architecturales de la voute sur croisées d’ogives dont les premières avaient été réalisées à Morienval. Depuis quelques années, les maîtres d’œuvre romans avaient peu à peu mis au point des systèmes de voûtes avec une ossature faite de deux arcs de pierre en diagonale sur le carré qu’il fallait couvrir.

La structure gothique, avec son squelette de pierres, les croisées d’ogives, va libérer les murs de leur fonction porteuse, laisser la place à des verrières et ainsi s’ouvrir à la lumière. C’est ainsi qu’il fait agrandir la basilique de Saint-Denis en faisant entrer la lumière par un grand nombre de vitraux qui illuminent le chœur et la nef de l’église.

Il faut que le nouveau bâtiment soit le reflet d’une idée moins matérielle et plus durable :

Saint-Denis, abbaye et nécropole royale officieuse depuis les Mérovingiens, doit le devenir officiellement. Suger reconstruit alors le chœur de l’abbatiale dans ce style nouveau, que l’on appellera plus tard « gothique » : une voûte de grande hauteur, des structures légères ajourées de somptueux vitraux.

Cette « architecture de lumière » éblouit les fidèles et les élève vers Dieu.

Ce sanctuaire va offrir une représentation de la Jérusalem Céleste.

C’est l’image d’une magnifique cité :

– à l’extérieur, par ses pinacles, comme les nombreuses tours d’une ville formidable, symboliquement invincible.

– à l’intérieur, un espace défini par des vitraux aux mille couleurs.

Une Jérusalem Céleste qui s’inspire de la description donnée par Saint Jean dans l’Apocalypse (21, 18-22) :

«… La ville sainte, Jérusalem qui descend du ciel, envoyée par Dieu.

La gloire de Dieu l’éclaire de sa lumière…

… Les murs de la ville sont posés sur 12 pierres de fondation, et sur ces pierres, il y a les noms des 12 apôtres de l’Agneau.

… Le rempart est construit en jaspe et la ville est de l’or pur, comme du cristal bien pur.

… Les assises de son rempart sont rehaussées de pierreries de toutes sortes :

Douze pierres précieuses sont nommées par Saint Jean :

« …jaspe, saphir, calcédoine, émeraude, sardoine, cornaline, chrysolite, béryl, topaze, chrysoprase, hyacinthe et, la douzième, ’améthyste. »

Ces douze pierres, reprennent celles du plastron que le Grand Prêtre, dans l’Ancien Testament, devait revêtir avant d’entrer dans le Saint des Saints.

Ces pierres rappelaient les douze tribus d’Israël, sacralisées par la Promesse de la Première Alliance.

Maintenant, dans la Nouvelle Alliance, l’Église accueille l’assemblée des Chrétiens, les pierres vivantes du Temple. Cette église, parée de pierreries, devient le symbole de la Jérusalem Céleste…

Sur les vitraux, figurent des scènes de la Bible ou de la vie des saints.

Il n’est pas du tout sûr que ces images aient pu constituer un grand livre de catéchèse, car elles sont très difficiles à déchiffrer ; c’est trop loin ; sauf exception pour les plus basses parfois.

Ces image bibliques avaient une autre finalité :

  • En passant à travers ces scènes bibliques, la lumière « profane » devenait « lumière sacrée ».
  • La lumière qui baigne la Jérusalem céleste, c’est la Lumière divine.

Pour ceux qui, parmi nous, ne sont pas dans une démarche de Foi, nous espérons vous avoir aidé à comprendre la profondeur des motivations des constructeurs de nos églises.

Pour ceux qui sont en marche dans la Foi : vous pouvez expérimenter cette dynamique fructueuse entre Foi et Symboles :

  • Notre Foi nous aide à lire les Symboles,
  • La force révélatrice de ces Symboles nous affermit dans la Foi

 

MERCI

 

OMBRE ET LUMIÈRE POUR SAINT BERNARD

Texte lu par Sœur Françoise Wyckaert

Saint Bernard, un personnage emblématique du XIIème siècle.

Bernard est né en 1090, dans une famille de moyenne noblesse bourguignonne. À 10 ans la mort de sa mère le blesse profondément.

Après avoir connu une vie mondaine, il prend la décision, au printemps 1112, à 22 ans de rentrer à l’abbaye de Citeaux qui s’est détachée de l’Ordre de Cluny, pour vivre plus rigoureusement la règle de Saint Benoit.

Très vite, le jeune moine devient un élément essentiel de l’ordre. Il a seulement 25 ans quand le père abbé l’envoie fonder une nouvelle maison cistercienne, ce sera la célèbre abbaye de Clairvaux.

Sous son autorité, le rayonnement cistercien fut considérable. Pendant ses 38 ans d’abbatiat, Bernard contribue à la création de 68 abbayes-filles de Clairvaux, dont 35 pour la France, qui à leur tour vont essaimer.

Au milieu du XIIème siècle, Cîteaux compte, dans tout le monde chrétien, 343 établissements, soit plus que Cluny (environ 300). Prônant une doctrine du dépouillement artistique, il défend une application stricte de la Règle de saint Benoît. Il s’oppose en cela au modèle clunisien, à qui il reproche notamment d’avoir abandonné le travail manuel et le silence et, surtout, de mener grand train.

Tout à l’heure, l’importance de Saint Bernard dans le développement de l’architecture cistercienne nous a été rappelée. Les moines cisterciens sont arrivés à une exigence de pureté qui marque profondément l’architecture de leurs abbayes.

Ils avaient adopté ce précepte philosophique de l’Antiquité :

Il faut ouvrir les yeux de l’âme en fermant ceux du corps.

Pour mieux comprendre sa pensée sur l’ombre et la lumière, nous vous proposons d’entendre ce que nous en dit un cistercien contemporain, le frère JOÊL, moine de Citeaux. Ce texte nous aidera à pénétrer plus profondément dans les intentions architecturales des constructeurs romans cisterciens du XIIème siècle :

L’IMAGE DE L’OMBRE, SELON SAINT BERNARD

Elle est d’abord l’ombre de l’esprit qui couvre Marie à l’Incarnation.

Mais selon une interprétation originale de Saint Bernard, cette même ombre est aussi l’humanité de Jésus.

Elle comporte deux aspects :

  • elle est le lieu de la présence divine et personnelle du Verbe,
  • elle est protectrice car elle tamise l’éclat divin, impossible à supporter pour une simple créature, fut-elle toute pure comme Marie. 

L’ombre est donc le lieu de la présence de Dieu adaptée à nous…

Bernard dira que l’ombre c’est la Foi. Nous trouvons là une clé d’interprétation pour l’architecture cistercienne, comme art de l’Incarnation et non pas, comme il pourrait sembler au premier abord, dépouillement exprimant l’inaccessibilité de Dieu.

Tout au contraire, la présence du Dieu proche y est sans cesse suggérée, par le jeu de l’ombre et de la lumière qui correspond si bien à celui de la présence et de l’absence dans le dialogue d’Amour de l’Époux et de l’Épouse du Cantique.

Au Sermon 56 sur le Cantique (n° 1) Saint Bernard parle de l’Époux qui s’approche derrière le mur, et cette approche c’est l’Incarnation.

L’Épouse perçoit sa présence, il s’infiltre à travers les fissures du mur, les fenêtres et les grillages qui sont les sens charnels et les affections humaines au moyen des quelles il fait l’expérience de notre humanité.

Comment ne pas penser aux fenêtres, qui percent les murs des abbatiales cisterciennes?

(Frère JOËL, de CÎTEAUX)

Fin de citation

Son austérité de vie, son souci d’une architecture dépouillée pour ne pas distraire les moines, ce goût de la discrétion, cette rigoureuse révérence à l’ombre, exprimaient la force de sa quête de la lumière intérieure, lumière spirituelle de sa Foi.

Foi illuminative dans l’Incarnation, la Passion et la Résurrection du Christ

 MERCI

 

L’OMBRE ET LA LUMIÈRE DANS L’ARCHITECTURE ROMANE

Texte lu par Maïté Biau

 

La plupart des premières chapelles romanes sont très sombres. Les ouvertures romanes sont très étroites, comme on peut le voir ici dans la première travée.

Pour les moines la chapelle était comme un sépulcre.

Cette ombre était vaincue chaque matin avec l’apparition de la lumière du levant, par

la fenêtre centrale de l’abside. La vie surgissait avec la lumière.

Pour bien capter le soleil levant, les maîtres d’œuvre prenaient grand soin de déterminer les axes cardinaux sur le terrain afin d’implanter correctement le sanctuaire qu’ils avaient le charge de construire.

On plantait une belle perche au centre de l’emplacement de la construction et on marquait au sol l’extrémité de l’ombre du bâton au sol. Tous les matins, les rayons du soleil disaient, symboliquement, la Résurrection du Christ. L’autel était disposé de telle sorte que ces rayons venaient l’illuminer au moment de l’Eucharistie matinale.

Une finalité symbolique, qui se superposait à ce que nous venons d’entendre sur le schéma basilical. Le chœur inondé de lumière donnait vie à toute la chapelle. Le sépulcre n’était plus mort, il disait la Résurrection.

Dans le déroulement du rythme des offices des heures, les Laudes, premier office du jour, comportent le chant de la prière de Zacharie, le Benedictus, qui, après la présentation de Jésus au Temple, évoque :

l’effet de la tendre miséricorde de notre Dieu,

Grâce à laquelle nous a visités, d’en haut, le Soleil levant,

Pour éclairer ceux qui sont assis dans les ténèbres et l’ombre de la mort,

Pour diriger nos pas dans la voie de la paix. « 

La pensée symbolique sur l’ombre et la lumière a marqué profondément le travail des architectes Romans. Ici, dans notre cathédrale, nous ne pouvons plus en lire l’expression romane.

À Saint Guilhem du Désert, la lumière de l’aube illumine l’autel. Mais il y a plus : au solstice d’été, à midi, les taches de lumière des baies de la façade Sud viennent au milieu de la nef ponctuer exactement l’axe de montée vers l’autel. Une lumière qui guide sur le chemin du salut.

À Béziers, trois églises romanes :

  • Saint Aphrodise n’a plus son chœur roman, remplacé par ce grand chœur gothique au XIVème siècle.
  • La Madeleine : deux des trois ouvertures romanes ont été agrandies au XVème siècle, mais on peut encore apprécier la lumière du Levant dans sa finalité symbolique de la venue du Ressuscité.
  • Saint Jacques : les embrasures initiales ont été élargies au XVIIIème siècle, mais on peut encore contempler le « miracle » du Levant .

Il faut surtout admirer le somptueux décor extérieur de l’abside réalisé pour donner toute sa solennité à l’entrée du Christ au matin de sa Pâque, renouvelé chaque jour. C’est cette « porte solennelle » qui justifie l’existence de cette église et en donne tout le sens pour les fidèles. Une finalité symbolique qui permet de comprendre la raison profonde de cette abside si richement parée.

 

On ne peut parler de l’architecture romane sans évoquer Bernard de Clairvaux (1090-1153).

Il va imposer à ses moines de Clairvaux une grande austérité. Il veut une architecture dépouillée dont rien ne viendrait distraire la vie des moines.

Cela aboutira à ces magnifiques abbayes cisterciennes dont la rigueur et la sobriété laissera resplendir la magnificence des proportions, les remarquables qualités acoustiques et ces subtils jeux de lumière.

Nous pouvons admirer ces précieuses qualités dans ces chefs d’œuvres que sont les trois sœurs provençales : les abbayes du Thoronet, de Sénanque et de Sylvacane.

Pour terminer cette première séquence, une citation de Saint Paul, dans sa lettre aux Éphésiens (5, 8) :

Autrefois vous étiez ténèbres,

et maintenant vous êtes lumière dans le Seigneur.

Marchez comme des enfants de lumière!

 

MERCI DE VOTRE ATTENTION

L’ÉGLISE MAISON DE DIEU

SYMBOLIQUE DU PLAN BASILICAL

Texte lu par Sébastien Kaiser

Les décideurs de la construction de nos chapelles et de nos églises étaient imprégnés d’une culture médiévale différente de la nôtre.

L’Abbé du monastère ou l’Évêque de la cathédrale, exprimaient leurs souhaits auprès du Maître d’œuvre choisi pour la construction.

Leur « commande » comportait des attentes fonctionnelles :

– les dimensions, en fonction du nombre de moines, de chanoines ou de fidèles

– les dispositions pratiques liées aux liturgies…

Mais ils demandaient que l’architecture exprime une signification symbolique liée à la mission spirituelle de l’évêque, finalité mystique de la « maison de Dieu » pour l’accueil et la prière des fidèles.

Nos cathédrales sont pétries de symboles, pour dire ces réalités éternelles promises

aux fidèles dans l’au-delà.

Pour les hommes du Moyen Âge, le monde visible était symbole du monde invisible.

L’univers créé est le symbole des réalités spirituelles.

La contemplation du monde mène à la connaissance de Dieu.

L’ordre et l’harmonie de cet univers étaient image de beauté, dans laquelle l’homme saisit la présence du Créateur.

Rappelez-vous la Genèse :

« Quand Dieu créa le monde, il le regarda
et l’ayant regardé il le jugea parfait.
L’œuvre des six jours était belle :
le ciel et la terre et tout ce qui l’ornait »

 La vie après la mort, le salut éternel, ultime but du passage sur terre, devait être obtenu pour ne pas subir les supplices de l’Enfer.

C’est donc dans ce contexte différent du notre, culturellement et socialement, que se sont réalisées nos églises médiévales. Et on en construisit un grand nombre.

Après la grande peur de l’An Mille, l’occident se couvrit d’églises.

En deux siècles, du XIème au XIIIème, dans notre région du Bas Languedoc, on a recensé la construction d’environs 5000 lieux de culte : monastères, prieurés, chapelles, églises, cathédrales… Soit une consécration tous les quinze jours !!!

On appelle communément ces édifices « les Maisons de Dieu ».

Nos églises sont le lieu du rassemblement de la communauté des Chrétiens, c’est le sens même de « ECCLESIA », en grec, qui a donné ÉGLISE. Le lieu où les fidèles sont invités à rencontrer et à demeurer ensembles avec Dieu.

Écoutons ce que nous dit Guillaume Durand.

Né à PUIMISSON en 1230, il fut chanoine de la cathédrale de Maguelone, puis enseignant de droit civil et canonique à Paris et en Italie et finit Évêque de Mende de 1285 à sa mort en 1296.

Voici ce qu’il écrit en 1284, au début de son ouvrage le RATIONAL, pour exposer la double signification d’une « Église » :

« … Il faut remarquer, touchant les Églises, que l’une est corporelle, c’est à savoir celle dans laquelle on célèbre les Divins Offices ; l’autre est spirituelle, et c’est l’assemblée des fidèles ou le peuple convoqué parles ministres du Christ, et rassemblé dans un même lieu par celui qui fait habiter dans sa maison tous ceux qui professent le même culte et les mêmes sentiments.

Et, de même que l’église corporelle ou matérielle et construite de pierres jointes ensemble ; ainsi, l’église spirituelle forme un tout composé d’un grand nombre d’hommes différents d’âge et de rang »

Il fallait donc que le bâtiment « église » témoigne du Christ, au moyen du langage symbolique de son architecture.

Avant d’évoquer les spécificités romanes puis gothiques, nous devons comprendre comment le plan de la plupart de nos églises médiévales, le plan basilical, est un symbole profond du mystère de la double nature du Christ, humaine et divine.

Dans l’antiquité, « la Basilique » était un lieu de réunion, d’assemblée, sur l’agora, plus tard sur le forum, pour traiter des affaires de la ville, parfois pour rendre la justice.

Après son accès à l’« imperium » en 311, Constantin décida de la construction de la première église monumentale à Rome. Ce fut la première Basilique Chrétienne : Saint Jean de Latran.

Elle sera la résidence du Pape pendant plusieurs siècles avant d’être établie au Vatican.  Cette basilique va devenir le modèle des églises en occident :

un rectangle, la nef, accolé à un demi-cercle, le chœur.

 Le carré représente la TERRE, l’espace de vie des hommes.

Il est tracé par les quatre directions : devant, derrière, à droite, à gauche.

Le carré « orienté » se positionne par rapport à la course du soleil (levant, midi, couchant, nuit), c’est le temps qui passe, le temps de l’histoire des hommes

 Le cercle est le symbole du CIEL

Depuis très longtemps, le cercle, figure circulaire de la voûte céleste, est devenu symbole du domaine Divin.

De dimension infinie, inaccessible, il est au-delà de l’espace. De plus, parcourez le cercle, il n’a ni début ni fin : il est hors du temps.

Hors de l’espace, hors du temps.

La juxtaposition de la terre et du ciel en un seul lieu, c’est la représentation symbolique du mystère de l’Incarnation : Jésus, une seule personne unifiant la nature humaine et la nature divine.

La nef avec son axe horizontal figure le chemin du Chrétien sur terre vers son Salut. Le pèlerinage terrestre vers le salut.

Le chœur offre son axe vertical jusqu’à la clé de voûte en « cul de four ». C’est l’axe

– ascendant de la prière des hommes vers le ciel.

– descendant du regard miséricordieux du Seigneur vers l’homme

A la jonction de l’espace-temps des hommes avec le hors du temps et de l’espace du ciel, les deux axes, de la nef et du chœur se rencontrent sur l’autel, le lieu de l’Eucharistie. 

Nous avons une confirmation éclairante de ces lectures symboliques par le chapiteau au-dessus de la chaire. Il représente les Mages venus adorer Jésus à Bethléem. À l’époque Romane, il était placé à la jonction de la nef-terre avec le chœur-ciel.

La lecture symbolique est lumineuse : c’est l’INCARNATION qui assure la promesse du lien de l’humanité avec la vie en Dieu dans l’au-delà.

 MERCI

 

PRÉSENTATION GÉNÉRALE

par Joseph Bremond

Quand vous aménagez votre appartement ou votre maison, vous faites des choix selon vos besoins, vos goûts et vos moyens.

Mais en même temps vous pensez au regard des amis que vous recevrez : vous savez que votre cadre de vie leur parlera de vous.

Pour nos églises, les commanditaires qui les ont voulues et les maîtres d’œuvre qui les ont conçues, ont, eux aussi voulu que ces sanctuaires expriment les liens entre leur apparence et les motivations profondes de leur élévation.

Vous savez distinguer les structures architecturale de diverses époques de l’histoire de l’Art.

Nous allons tenter de vous éclairer sur le langage symbolique de notre ancienne cathédrale.

Notre souhait est de vous faire découvrir, ou reconnaître, les contenus symboliques des étapes de la construction.

Ce sont des messages qui révèlent le cœur de la foi chrétienne :

Dieu est amour

Il s’est fait homme pour que l’homme soit divinisé

Pour l’essentiel, les bâtiments d’églises, proclament la double nature de Jésus Christ, son humanité et sa divinité.

Ce soir nous évoquerons successivement :

  • la symbolique du plan basilical, adopté par le plus grand nombre de nos églises d’occident
  • la lumière de la Résurrection à l’époque romane
  • la Jérusalem Céleste ogivale, lieu symbolique de la Nouvelle Alliance
  • la montée dans la Gloire de Dieu des saints patrons Nazaire et Celse, de la période baroque, réalisation effective d’une Vie après la mort.

Bonne soirée

 

PRESENTATION DU CLOÎTRE

LECTURE SYMBOLIQUE

 Texte lu dans le cloître par Pascal Maisondieu

Dans la vie de la cathédrale le cloître est, comme dans un monastère, un lieu de passage régulier pour les diverses activités canoniales et épiscopale.

C’était l’accès normal à la cathédrale pour les chanoines et pour l’évêque, et même pour les fidèles jusqu’au XVIIème siècle, car ils passaient par la cour du palais médiéval, avant l’incendie de 1664 (Ouverture de la porte Nord). Les petits chanteurs passaient aussi par le cloître depuis leur « école » à l’Ouest

Les entrées solennelles à la cathédrale se faisaient par la porte occidentale

Quatre murs cernent ce lieu, aucune vue vers l’horizon, seule ouverture, généreuse, vers le ciel, et depuis le Sud, les hauteurs de la cathédrale, la représentation de la Jérusalem Céleste.

Les quatre galeries, abritant de la pluie et un peu du soleil, invitent à la déambulation lente… Sous la pleine lumière de Dieu

Lieu de prière individuelle (le bréviaire)… Lieu de rencontre et d’échange par deux ou trois, à voix basse.

Importance de se souvenir de l’époque, la lutte contre l’hérésie cathare, marquée par le dualisme : monde du bien, l’Esprit de Dieu, le monde spirituel, monde du mal : la…création matérielle, à commencer par notre corps

L’Église affiche que le Bien et le Mal sont en nous et il faut lutter contre ce mal en nous… La création n’est pas l’œuvre du Mal : « Le Mal n’est pas une force créatrice, mais une force de «division» de «séparation»

Contre les Cathares qui nient la double nature du Christ, l’Église met en exergue le mystère de cette double nature divine et humaine : on l’a vu dans la forme de la porte solennelle ou dans le plan basilical de l’église… Ce thème est plusieurs fois repris ici, dans le cloître. À commencer par la porte.

Mais regardez les deux figures qui évoquent un appel au silence, mais aussi les deux usages – le bon et le mauvais – de la Parole divine que l’on va écouter.

Extrait du Psaume 141

Éternel, je t’ai invoqué ; hâte-toi [de venir] vers moi

Prête l’oreille à ma voix, quand je crie vers toi

Que ma prière vienne devant toi comme l’encens l’élévation de mes mains comme l’offrande du soir.

Mets, ô Éternel, une garde à ma bouche

veille sur l’entrée de mes lèvres

N’incline mon cœur à aucune chose mauvaise, à des actions coupables avec les hommes qui font le mal, Et que je ne prenne aucune part à leurs festins et que je ne mange pas de leurs friandises

 

Un autre thème se superpose au premier que je viens d’évoquer. Il organise les décors des supports des ogives des travées du cloître

C’est « ma lecture », je vous la propose.

La seule vue, depuis le cloître, c’est la Cathédrale, l’image symbolique de la Jérusalem Céleste

Elle constitue comme une finalité dans notre passage dans le cloître, image symbolique de notre passage sur terre (un carré, l’espace et le temps de notre vie terrestre).

Nous devons traverser les épreuves de la vie et triompher des embuches pour accéder au « salut », à la Jérusalem Céleste, au Royaume de Dieu, où nous sommes appelés à vivre éternellement après notre résurrection à la fin du temps.

Au Sud : face à la cathédrale – le ciel – les anges chantent la gloire de Dieu qu’ils peuvent contempler de là où ils sont.

À l’Est : les combats terrestres. Essentiellement des guerriers, des chevaliers, des « duels contre un ennemi, le « Malin

Images du combat spirituel .

Ce côté se termine au Nord, par l’homme seul, consacré à Dieu, le moine, le chanoine, tout près de l’entrée dans la salle du Chapitre

À l’Ouest : c’est plutôt la vie de l’homme et de la femme, l’amour humain et ses pièges. Les difficultés de la vie conjugale « Les tentations des pêchés de « chair ». Ici la luxure avec cette femme dont les seins sont dévorés par un monstre… la luxure

Il faut passer par le discernement intérieur entre Bien et Mal .

Cette série se termine, au Nord, par l’amour heureux de ce beau couple, tendrement enlacé.

Le cloître, illuminé par la lumière du ciel, facilement identifiable comme symbole de la lumière divine.

Lumière qui montre le but de la vie sur terre, préparer le « salut », la Vie dans la Jérusalem Céleste

Les chemins pour y parvenir sont multiples .

Il faudra traverser des épreuves, triompher dans des combats difficiles…

Mais la sérénité, la paix, le bonheur est au bout du chemin.

Chacun doit choisir sa voie.

Lumière aussi qui est la source de la Vie

La présentation des cloches

LE DIT DES CLOCHES

 19 h texte lu à l’extérieur par Camille Migliassio et Madeleine Aimes

Les cloches sont des messagères.

Qu’elles soient dans les horloges pour dire l’heure, sur un bateau pour dire les manoeuvres, dans l’école pour la récréation, ou, encore, à la Bourse pour ouvrir la séance des cotations…

Tout en haut du clocher une cloche sonne les heures, elle a été fondue en 1788. Dans le clocher, au dernier étage, cinq cloches annoncent habituellement les offices et parfois des évènements concernant la communauté.

Trois cloches de dimension modeste : Alexandrine, Gabrielle et Isabelle ont été fondues à la fin du 18ème siècle.

Deux autres, le gros bourdon , Marie, avec la petite Bernadette, ont été fondues par Joseph GRANIER, en 1939.

Une histoire bien mouvementée.

Lors du sac de Béziers en 1209, la Chanson de la Croisade précise que les Biterrois poursuivis par les ribauds de l’armée des croisés …« Van sen a la gleiza et fan los senhs sonar »

Il y avait donc des cloches…

Ce clocher roman s’est effondré, la nuit de Noël, en 1354, par suite d’un incendie. L’ensemble des instruments de la sonnerie, le « classicum », s’est brisé.

Le nouveau clocher, élargi et surélevé, a été construit avant la fin du XIVème siècle avec une grande chambre pour les cloches. Il est raisonnable de penser que les chanoines ont reconstitué leurs «campanes» pour rythmer les heures des offices.

En ce début du XVème siècle, parmi ces nouvelles cloches, devait figurer une « senh mage », ancêtre de notre bourdon.

Au cours des guerres de religion, au milieu du XVI e siècle, les cloches furent mises à mal. En 1615, le chapitre décide de remettre la sonnerie en état.

Le procès-verbal de visite pastorale de Clément de BONSI, en 1633, fait état de six cloches : la grande cloche (le bourdon), la seconde, le « Dominicat » et trois « terciales ».

La « grande cloche » s’est cassée ultérieurement et sa refonte est signalée en 1650, par un certain DAIGNAC, qui le fit dans le jardin du Saint Esprit.

Le 15 août 1663, en sonnant la grand-messe, nouvel accident. On ne retrouve pas la date de refonte.

En 1723, des Biterrois, grands esprits férus de science, utilisent le bourdon pour des expériences acoustiques. Leur zèle a été fatal au bourdon. Le chapitre passa un marché avec Jacques GOR, maître fondeur de Pézenas, en 1724.

Le bourdon fut démoli dans le clocher, les morceaux descendus et pesés pour 114 quintaux. Le nouveau bourdon ne pesait que 90 quintaux !!! Le chapitre engagea un procès contre le fondeur…

Soixante ans plus tard, en 1785, pour fêter la naissance du deuxième fils de Louis XVI, sonnerie des cloches à toutes volées, le bourdon est encore fêlé !!!

Il ne sera à nouveau refondu qu’en 1789, quelques mois avant la Révolution, par Claude BRENEL ; il avait installé son atelier dans les jardins des prisons du Roi (actuel Musée FABREGAT). Son poids de 114 quintaux (4 936 kilos) était spécifié dans la commande et a été bien vérifié !!!

Pendant la Révolution, les cloches furent cassées et le bronze récupéré pour couler des canons pour la jeune armée de la République, mais, raconte l’historien FABREGAT, un accident est arrivé à l’homme qui voulait arracher de son poste le bourdon, « La Marie ». Les démolisseurs furent effrayés par cet avertissement. Seule « La Marie » survécut à la destruction.

Dernier avatar, à ce jour, une nouvelle fêlure la nuit de Noël 1937 !!!

Monseigneur BLAQUIÈRE lance une souscription auprès des Biterrois. Les résultats dépassent les besoins et l’on a pu, en plus de la refonte du bourdon, fondre une nouvelle cloche, LA BERNADETTE.

Les cloches de notre église sont chargées de messages sacrés. Elles ont été bénies deux fois : la première lors de leur coulage, dans l’atelier du fondeur, et une deuxième fois lors de leur « baptême » à l’église, au cours d’une messe.

Pour cette cérémonie, qui n’est pas vraiment un baptême, même si elle a Parrain et Marraine, la Cloche reçoit un nom, est encensée et bénie solennellement.

La prière de bénédiction exprime bien sa vocation particulière :

Pour rassembler ton peuple,

tu as ordonné à Moïse ton serviteur

d’utiliser des trompettes d’argent.

Tu ne refuses pas que, dans ton Eglise,

des cloches de bronze invitent ton peuple à la prière.

Bénis cette nouvelle cloche

et fait que tous tes fils,

en entendant sa voix,

élèvent vers toi leur coeur

et se hâtent vers ta maison,

pour y découvrir la présence du Christ,

écouter ta parole

et t’offrir leur hommage.

Par Jésus, le Christ, notre Seigneur.

Ancrées dans l’histoire de MOÏSE, les cloches sont des « messagères sacrées » pour inviter les Chrétiens à la rencontre du Christ.

Au long de tous les siècles où un Chapitre entourait l’Évêque, jusqu’à la Révolution, des sonneries particulières rassemblaient les chanoines pour les offices des heures :

Matines, Sexte, Nonne, Vêpres, Complies, Vigile…

Aujourd’hui, la cloche de l’horloge, dit le temps qui s‘écoule, vous avez entendu sonner dix-neuf heures…

Les sonneries sont différentes suivant ce qu’elles annoncent :

L’Angélus, est une très ancienne pratique.

Cette prière à Marie, rappelle l’Annonciation : « l’ange du Seigneur dit à Marie… ».

C’est le rappel trois fois par jour du mystère de l’Incarnation de Jésus, Fils de Dieu, inauguration de la Nouvelle Alliance, fondement de la vie Chrétienne.

Les Messes,

Trois sonneries : une demi-heure et un quart d’heure avant la Messe, la troisième à

l’heure juste.

Pour les grandes fêtes, les cloches sonnent à toutes volées, ce sont les Fêtes Carillonnées,

Noël, Pâques, Pentecôte, assomption, Toussaint.

Le Glas,

Il annonçait un décès, mais aujourd’hui, il n’est plus sonné que pour la messe

d’enterrement, avec deux cloches, une grave et une plus aigüe, des séries de cinq

coups, lentes, espacées :

pour une femme deux coups grave et trois coups aigus,

pour un homme trois coups graves, deux coups aigus.

Le Tocsin :

Une sonnerie non consacrée à une cérémonie, une sonnerie de catastrophe.

Le tocsin a été sonné au point du jour du 22 juillet pendant que sonnaient les

trompettes dans le camp des « croisés ».

Il est rarement sonné actuellement. Pratiquement remplacé par la sirène municipale.

On le sonnait pour un incendie et ameuter les secours.

On l’a entendu pour la déclaration de guerre le 3 septembre 1939.

On le sonnait à Béziers pour annoncer une grave crue de l’Orb…

Il a sonné en décembre 1954 quand l’Orb est sorti deux fois en trois jours…

C’est la plus grosse cloche qui sonne le Tocsin, pendant près d’un quart d’heure, sur

un rythme régulier de 60 coups à la minute.

6 belles expressions bibliques


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De très nombreuses expressions de la vie courante sont tirées de la Bible, des récits ou des personnages bibliques (la pomme d’Adam, pleurer comme une Madeleine, être ravitaillé par les corbeaux…) ; certaines mêmes reprennent, quasiment à la lettre, une partie d’un verset. Il nous arrive donc de citer – plus souvent que nous le croyons – la Parole de Dieu.          
Voici 6 expressions qui peuvent nous aider à distiller, l’air de rien, un peu de la sagesse de Dieu dans nos conversations quotidiennes !

“Rien de nouveau sous le soleil” … En effet, rien de neuf, puisque cette expression provient de livre de l’Ecclésiaste (ou le Qohélet) qui date de plusieurs siècles avant Jésus Christ :  “Ce qui a existé, c’est cela qui existera ; ce qui s’est fait, c’est cela qui se fera ; rien de nouveau sous le soleil.” (Ecclésiaste 1, 9). Une bonne façon de prendre un peu de recul !

“A chaque jour suffit sa peine” : Voici une belle expression qui nous invite à abandonner nos projections angoissantes et à vivre le moment présent. C’est un discours très actuel et pourtant c’est bien Jésus, lui-même, qui nous le délivre dans son sermon sur la montagne : “ Ne vous faites pas de souci pour demain : demain aura souci de lui-même ; à chaque jour suffit sa peine.” (Matthieu 6, 34)

“Nul n’est prophète en son pays” peut on se dire quand nous pouvons manquer de reconnaissance auprès de nos proches. Jésus nous avait prévenus ! « Amen, je vous le dis : aucun prophète ne trouve un accueil favorable dans son pays.” (Luc 4, 24)

“Tu es la prunelle de mes yeux”. Une jolie phrase à adresser à ceux qui nous sont précieux. C’est d’ailleurs comme cela qu’est qualifiée, à plusieurs reprises dans la Bible, la relation de Dieu à son peuple “Il l’entoure [son peuple], il l’élève, il le garde comme la prunelle de son œil.” (Deutéronome 32,10)

“Deux poids, deux mesures”. Cette expression du livre des Proverbes, qui illustre le manque d’équité, nous rappelle que Dieu le premier rejette l’injustice et la malhonnêteté. “Deux poids, deux mesures : le Seigneur en a horreur !” (Proverbes 20,10)

“Qui sème le vent, récolte la tempête”. Cette expression imagée est aussi belle que forte. Elle reprend les mots du prophète Osée, qui parlait ainsi du peuple d’Israël se détournant de Dieu. « Ils ont semé le vent, ils récolteront la tempête. » (Osée 8, 7)

Alice Ollivier pour Hozana.org

La prière des parents : pourquoi, comment ?

Pourquoi prier pour ses enfants ? Nous avons déjà beaucoup d’injonctions, de choses que nous nous sentons obligés de faire pour être un bon parent, pour offrir à nos enfants le meilleur. La prière des parents n’est pas là pour alourdir notre journée mais, au contraire, pour l’alléger ; elle ne fera pas de nous un parent parfait, mais nous permettra d’accepter joyeusement de ne pas l’être.

Nous avons la chance d’avoir un Dieu qui est un Père et dont les enfants ne sont pas tous – encore ? – des saints. Qui mieux que lui peut accueillir nos soucis, nos joies, nos questions, nos émerveillements, nos colères de mère et de père ?

  • Prier pour partager. Ne pas rester seul avec nos difficultés, face à nos défis de parents. La prière permet d’exprimer, ne serait-ce que dans le secret de notre cœur, ce que l’on vit. En se confiant au Seigneur – seul ou en groupe (par exemple, avec les groupes de prières des mères ou des pères présents dans de nombreuses paroisses), nous nous ouvrons à la grâce.
  • Prier pour déléguer. Un proverbe africain dit qu’il faut tout un village pour élever un enfant. En tant que chrétien, nous avons de la chance : nous avons tout un Ciel pour accompagner les nôtres. Laissons nous guider par l’Esprit-Saint, demandons à la Sainte Vierge de dénouer les nœuds, laissons saint Joseph et les saints patrons de nos enfants nous aider, et demandons à nos anges gardiens de veiller sur nos enfants.
  • Prier pour se ressourcer : pour donner beaucoup d’amour, il faut nous même en être emplis. N’oublions pas, tout parent que nous sommes, de nous placer régulièrement en enfant de Dieu et de nous laisser toucher par l’amour infini et miséricordieux du Père. Pourquoi pas en nous tournant simplement vers Lui, en l’appelant “Abba, Père”, quand nous avons besoin de regonfler notre cœur de parent ?

Alice Ollivier pour Hozana.org