La vie n’est pas toujours un long fleuve tranquille…

La tempête déclenchée par la pandémie s’est apaisée. Justement l’évangile de ce 12ème dimanche du temps ordinaire est celui de Marc : La tempête apaisée.

Ce récit commence par cette invitation de Jésus, « Passons sur l’autre rive », une initiative qui marque une rupture, Jésus invite ses disciples à un déplacement, à un changement.

Nos églises se réveillent. Des baptêmes de jeunes enfants sont célébrés tous les week-ends. Les sacrements qui marquent la fin de l’année de catéchèse, premières communions, professions de foi peuvent avoir lieu contrairement à l’an passé où les confinements et les couvre-feux successifs nous avaient contraints à reporter toutes ces célébrations.

Ce samedi 19 juin Monseigneur Carré célèbrera la confirmation des adolescents en la cathédrale St Nazaire de Béziers en deux vagues de 38 jeunes chacune. Ils viennent des collèges Ste Madeleine et Fénelon, Pic La Salle, lycée de la Trinité et des aumôneries de l’enseignement public. Ces jeunes qui seront confirmés gardent foi en Jésus aidés par l’Esprit Saint qu’ils vont recevoir. Peut-être que Jésus dans le récit de Saint Marc, veut-il simplement leur montrer que la foi est indépendante de notre conscience du monde extérieur, elle est le seul moyen pour traverser les tempêtes de la vie

Finalement, être disciple du Christ, c’est peut-être tout simplement ne pas se focaliser sur la manifestation du mal et retrouver ainsi un état d’innocence. Alors nous ne nous laisserons pas impressionner par les tempêtes et nous continuerons à vivre dans la sérénité que Jésus-Christ nous a promis.

Monique Mollier – EAP

A quoi pouvons-nous comparer le règne de Dieu ?

 

Ce ne sont pas les hommes qui construisent le règne de Dieu, pas même les disciples, mais c’est Dieu lui-même qui lui donne vie et croissance. De même que l’homme qui sème une graine en terre ne peut la faire pousser par son désir ou ses propres forces, ni par ses efforts donner une fécondité particulière telle que celle que connaît la graine de moutarde, de même, le règne de Dieu n’est pas au bout de nos efforts. Il n’est pas l’application de nos principes et de nos règles pour transformer la société selon nos désirs.

Il est une force considérable si l’on considère ce qui va être produit à partir de la graine de moutarde, mais il est une force mystérieuse si l’on considère comment la graine plantée en terre pousse et donne du grain. Force mystérieuse et puissante, qui traverse les événements et le cours de l’histoire des hommes, sans la transformer de manière visible immédiatement.

 

Il y a en effet bien des aspects de notre foi que nous n’arrivons pas à percevoir ou à comprendre. Il y a mille circonstances de notre vie où nous n’arrivons pas à y voir clair.

Saint Augustin marchait un jour sur une plage et il a vu un enfant qui jouait au bord de l’eau. Il le regardait prendre de l’eau dans la mer et la jeter dans un trou creusé dans le sable. Saint Augustin lui demanda ce qu’il faisait. L’enfant lui répondit qu’il essayait de mettre toute l’eau de la mer dans le trou. Saint Augustin lui expliqua alors que c’était impossible. A quoi l’enfant lui rétorqua que pourtant, lui, saint Augustin, faisait la même chose en essayant de comprendre tout le mystère de Dieu.

Dieu est maître de l’univers; il a son plan divin et sa pédagogie divine pour nous mener jusqu’au terme de notre vocation, le salut, l’union intime avec la Trinité tout entière. Nous n’apercevons ou ne percevons ici-bas qu’une infime partie de ce plan divin. Mais ce que nous voyons nous fait nous émerveiller devant la puissance et l’amour de Dieu. Redécouvrons donc notre capacité de nous émerveiller. Laissons-nous être étonnés par la joie et l’amour pour pouvoir nous même en rayonner, en témoigner, par le Christ et dans l’Esprit. Amen.

Abbé Frank Condi +

Que de sang !!

Oui, que de sang !! Dans l’actualité de notre monde, ici, dans notre société de violence et là-bas… en Israël, en Birmanie, au Yémen, en Colombie, en Méditerranée…

Oui, que de sang, signe de mort !!

Et voilà que la liturgie de ce dimanche nous parle aussi de sang. Ce Corps ET ce Sang que nous fêtons m’apportent-ils un plus de vie ?

Certainement parce qu’au cœur de la foi de l’Église et de la nôtre ils signent une alliance perpétuelle d’amour. Au désert du Sinaï, après la proclamation des commandements, une première alliance scellée dans le sang des taureaux par Moïse. Sacrifice de la nouvelle alliance scellée une fois pour toute par le sang de Jésus sur la croix. Mémoire de la dernière Cène, une parole dite sur du pain et du vin et nous croyons alors « corps et sang du Christ »

Nourris et abreuvés de la vie de Dieu à chaque eucharistie, nous devenons les contemporains à la fois de l’alliance du Sinaï, de l’alliance conclue dans le sang de Jésus lors de la dernière Cène et de l’alliance éternelle que nous célèbrerons un jour dans l’éternité.

Comme Jésus l’a promis, le fait de manger son corps et boire son sang sous les réalités du pain et du vin de l’eucharistie nous ouvre à sa présence et nous assure de sa demeure en nous, comme notre demeure en lui. Une vie nouvelle nous est donnée. Nous faisons partie de ce peuple dont le Dieu est aussi proche puisqu’intérieur à chacun de nous. Des enfants et des adultes, nouveaux croyants, vont être accueillis dans nos eucharisties au cours de ces dimanches. Tous ensemble, ayons un cœur plein de gratitude pour le don de la Vie qu’Il nous offre. La Fête-Dieu, fête du corps donné et du sang versé, est une fête joyeuse, joyeuse sur la terre comme au ciel. Fête aussi avec Ludovic, nouvellement ordonné prêtre pour le service de l’eucharistie et parmi nous aujourd’hui.

Thérèse-Marie Potelle, rscm.
Équipe d’Animation Pastorale

Trinité et nous

Personnellement j’aime beaucoup ce dogme de la Trinité. Je l’aime parce que d’abord cela nous parle de la vie intérieure de Dieu, lui est une communauté, il est – comme disent certains théologiens – un Être relationnel c’est-à-dire les relations constituent ce qu’il est. Cependant quelle sorte de relations ?

Dans la première lettre de St. Jean il y a une phrase qui est le sommet de la révélation biblique : « Dieu est amour (1 Jn 4, 16) ».

Le dogme de la Trinité nous enseigne que Dieu est en trois personnes. Il est un Être relationnel dans ce sens qu’en Dieu existent des relations si profondes qu’on ne peut pas comprendre Dieu sans elles c’est-à-dire sans les relations entre le Père, le Fils et l’Esprit Saint. Ces relations expriment l’amour ou autrement dit la vie intérieure de Dieu. Dieu n’est pas solitaire, il est toujours en compagnie des trois personnes qui sont réunies par un amour si grand et si profond qu’elles ne font essentiellement qu’un.

 

En lui se réalise une union parfaite.

Et nous, si nous sommes créés à son image qui sommes-nous ? Justement je suis persuadé que le dogme de la Trinité de Dieu nous parle aussi sur nous, sur notre condition humaine. Très concrètement il s’agit de cette dimension en nous qui s’appelle sociale. Néanmoins à mon avis il y a ici quelque chose de plus que le besoin de la socialisation, le besoin de l’Autre en vue de protéger et développer la vie biologique, psychique, intellectuelle. En nous il y a ce « besoin » plus profond de se confier à l’Autre, de se donner. Nous sommes justement les êtres relationnels dans ce sens – que sans l’Autre, sans relation profonde avec lui – je n’arrive pas à me comprendre. Nous sommes marqués au fond de nous-mêmes par l’Autre, par la relation avec l’Autre.

Comme dit le philosophe Gabriel Marcel la présence de l’Autre, la relation profonde avec l’Autre me dévoile mon propre mystère, qui suis-je.

Remarquons que dans l’amour on cherche toujours une union avec l’Autre. Peut-être l’union entre l’époux et l’épouse – bien sur si elle est véritable – exprime le mieux l’union entre les personnes humaines. Surtout l’union dans la chair entre un homme et une femme doit manifester visiblement ce qui se passe intérieurement c’est-à-dire une reconnaissance mutuelle entre l’homme et la femme. L’union dans la chair veut exprimer qu’ils sont vraiment un. Bien sûr on peut être dans l’union avec quelqu’un pas forcément en union charnelle et inversement : l’union charnelle n’exprime malheureusement pas toujours l’union au niveau le plus profond. Cependant en principe l’amour vrai nous mène toujours à être un, de façon vraiment profonde avec celui que nous aimons. Dans chaque union profonde, non dans la fusion, (dans la fusion on se perd, dans la relation profonde on se retrouve) que nous pouvons expérimenter sur la terre, on peut voir un reflet de ce qui se passe justement en Dieu, lui-même. Donc la vérité de la Trinité n’est pas qu’abstraite parce qu’elle nous fait découvrir notre propre vérité de la condition humaine.

 P.JAN JANKOWSKI

Viens lumière dans nos cœurs

Voilà à nouveau le conflit israélo-palestinien qui est revenu sur le devant de la scène internationale. On a comme l’impression que les choses se répètent et se renouvellent année après année ! Peut-être parce qu’on n’a jamais pris le temps d’aller au fond du problème pour le régler ?

Il est vrai que depuis 1947/48, marqué par l’arrivée des juifs en Palestine les conflits n’ont jamais cessé d’exister. Ont-ils seulement cessé avant ? Avant la 2ème guerre mondiale, dans les années 1936/39 de nombreuses émeutes ont eu lieu et de nombreux massacres ont été perpétrés. Et c’est bien parce que les britanniques ne pouvaient plus gérer ces conflits qu’ils ont transmis le dossier aux Nations Unies qui ont émis, à ce jour, plus de 100 résolutions restées pratiquement sans effet !

Après la guerre des 6 jours en 1967, il y a eu la 1ère « intifada » en 1980, les accords d’Oslo en 1993, le sommet de « Camp David » en 2000, puis la 2nd « intifada » jusqu’en 2012, le sommet de « Sharm el-Sheikh en 2005, de nombreuses tensions depuis 2014, et aujourd’hui ce que nous connaissons ! Y-aura-t-il la paix un jour ? Avec raison nous pouvons nous le demander ! Les prises de positions et les actes du président Trump n’ont sûrement rien fait pour y parvenir.

Pourtant il existe un large consensus international, notamment à l’ONU, sur la manière de régler le conflit. De nombreuses résolutions ont été prises, qui sont restées lettres mortes ! Pendant ce temps des populations souffrent, des parents, des enfants sont laissés pour compte et sont massacrés. Ce sont toujours les pauvres et les petits qui trinquent !

Nos communautés vont célébrer la Pentecôte dans la joie, tant mieux.

Demandons simplement à Dieu de mettre dans le cœur des hommes et surtout des politiques son Esprit, Esprit de sagesse et de force,
« qu’il assouplisse ce qui est raide, qu’il réchauffe ce qui est froid, qu’il rende droit ce qui est faussé »
comme le dit l’hymne à l’Esprit Saint de la Pentecôte.

Bonne fête à tous dans la « jouvence » de l’Esprit Saint.

Jean C. Sérignan.

REGARDER VERS LE CIEL

Le jour de l’Ascension les disciples sont là, à regarder le ciel vers où Jésus semble être parti.

L’attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est Ascension-Day-images-1024x998.jpg.C’est la dernière fois qu’ils le voient, ils l’ont enfin compris, et leurs cœurs sont partagés : aller avec lui ou bien rester et mettre en œuvre la mission reçue.

Un peu comme Paul, quelques années plus tard, ils auraient pu dire :
« Je suis pris dans ce dilemme : j’ai le désir de m’en aller et d’être avec le Christ, et c’est de beaucoup préférable, mais demeurer ici-bas est plus nécessaire à cause de vous. » (Ph 1,23-24).

Ils ont presque oublié la parole de Jésus :

« Je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin des temps. » (Mt 28,20).

Et nous, qu’aurions-nous fait ? Serions-nous partagés entre le ciel et la terre ? De nos jours, notre désir d’être unis à Jésus-Christ « en direct », sans médiations, semble assez faible. Nous aimons bien la vie et nous sommes convaincus de l’importance de notre mission.

Nous sommes un peu comme l’enfant dans le ventre de sa mère. Tout est prêt pour la vie dehors, mais, qu’est-ce qu’on est bien dedans !

Nous oublions souvent que le sommet de notre vie chrétienne c’est d’être en communion avec Dieu qui nous aime.

P. Xavier

initiatives pour les familles en questionnement

Les services diocésains de la pastorale familiale de l’Hérault et du Gard ont, parmi leurs projets, de monter des initiatives (groupe de parole, conférence, évènements divers…) pour les familles en questionnement, voire en souffrance, du fait d’un proche homosexuel (parents, frère, sœur…).

Si vous êtes concernés par ces situations, il vous est proposé de remplir un questionnaire pour leur permettre de cerner vos besoins et d’affiner les projets à mettre en place :

Merci pour votre participation !

Le cep et les sarments

L’Évangile de ce dimanche nous présente Jésus comme la vigne et nous qui y croyons, comme ses sarments.

Bien sûr les sarments ne peuvent rien faire sans la vigne. Ils sont enracinés dans la vigne et ils y croissent. De là-bas viennent leur vie et leur force. Grâce à cet enracinement ou cette greffe les sarments sont capables de donner les fruits, c’est-à-dire les raisins. La vigne, c’est-à-dire cet arbrisseau sarmenteux qui produit des rameaux longs, souples et flexibles, est très souvent bien âgée (elle peut avoir plus que quarante ans). Le cep courbé et tordu a l’air disgracieux. Le cep est vieux et les sarments qui en sortent sont jeunes et verts.

Comment est-il possible que des rameaux tellement jeunes et gracieux poussent d’un arbrisseau tellement vieux, tordu, courbé et laid ?

 En regardant un cep de vigne on peut penser à la mort de Jésus, celle sur la croix.

Comme le Psaume 22 décrit cela : Et moi, ver et non pas homme, risée des gens, mépris du peuple […]. Comme l’eau je m’écoule et tous mes os se disloquent ; mon cœur est pareil à la cire, il fond au milieu de mes viscères ; mon palais est sec comme un tesson, et ma langue collée à ma mâchoire. […] Je peux compter tous mes os …

Et encore le livre d’Isaïe : Comme un surgeon il a grandi devant lui, comme une racine en terre aride ; sans beauté ni éclat pour attirer nos regards, et sans apparence qui nous eût séduits ; objet de mépris, abandonné des hommes, homme de douleur, familier de la souffrance, comme quelqu’un devant qui on se voile la face, méprisé, nous n’en faisions aucun cas. […] Le Seigneur a voulu l’écraser par la souffrance ; s’il offre sa vie en sacrifice expiatoire, il verra une postérité, il prolongera ses jours, et par lui la volonté de Yahvé s’accomplira.

Nous sommes les sarments : jeunes, verts, pleins de fruits. Nous poussons du cep. Et le cep tordu et courbé constitue une image de la souffrance et la mort de Jésus sur la croix. Il est là-bas sans beauté et sans éclat, tordu, maltraité, objet de mépris, comme quelqu’un devant qui on se voile la face.

Sa souffrance et sa mort sont la source vitale pour nous , ses sarments. En effet, comme les sarments nous sommes greffés sur lui. Et quand on greffe un sarment, on blesse le cep et ainsi on fait entrer le sarment au-dedans du cep.

C’est pourquoi on peut dire après ce fameux cantique d’Isaïe : Dans ses blessures nous trouvons la guérison.

P.Christophe Paczos