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Le carême vient de commencer. Nous allons vivre un temps privilégié. En Saint Mathieu, tout commence par le désert. Jésus se laisse conduire par l’Esprit Saint au désert pour y être mis à l’épreuve. Il a quelque chose à expérimenter de notre condition humaine. Comme nous, il est tenté par le diable, le diviseur, et face à lui, Jésus reste ferme dans ses propos. Il ne se laisse pas déporter de la route empruntée par l’interprétation fausse des Écritures.

Non, il ne cèdera pas à la tentation du pouvoir ni à celle des compromis. Dans ce combat Jésus résiste au démon, il répond en citant les Écritures, en nous rappelant que l’homme ne vit pas seulement de pain mais de toutes paroles venant de Dieu, que nous devons adorer Dieu seul et que nous ne devons pas mettre Dieu à l’épreuve.

 

Ce combat nous le vivons nous aussi. Chaque jour nous avons à dire oui à Dieu et non au malin. Jésus n’est pas venu pour mettre fin au combat mais pour nous montrer comment le vivre et surtout pour le mener avec nous et en nous. Jésus vient à notre rencontre, là où nous sommes dans notre quotidien, il nous invite à changer quelque chose afin de mieux l’aimer et de mieux aimer les autres.

 

Jésus fait route avec nous, il combat avec nous, il prie pour nous, il est notre appui et notre défenseur. Profitons de ce temps des 40 jours pour descendre humblement en nous-mêmes, pour nous revivifier de l’intérieur, pour faire peau neuve et cœur neuf et ainsi aller davantage vers Dieu et vers les autres. Prenons le temps de regarder avec un regard neuf, un regard rempli d’amour et de tendresse. Chassons de notre bouche les mots blessants et offensants. Passons de l’ingratitude à la gratitude, de la colère à la douceur et à la patience, du pessimisme à l’optimisme, de la peur à la confiance en Dieu, de la tristesse à la joie, de l’égoïsme à l’ouverture aux autres et à la compassion.

N’est-ce pas un beau programme pour notre montée vers Pâques ?  Avec courage et surtout Ensemble, grimpons pour aimer davantage. Je ne sais pas si 40 jours suffiront, mais….

                                                                                                             Père Alain

Le programme exigeant de Jésus sur la pratique de la Loi du Seigneur

Edito :      Le  programme exigeant de Jésus sur la pratique de la Loi du Seigneur

 

Le ministère public de Jésus et sa prédication débutent dans l’évangile de Matthieu par ce que nous nommons « le sermon sur la montagne » qui commence avec les Béatitudes.

Moïse est monté sur la montagne pour y recevoir la Loi de Dieu, et Jésus monte sur la montagne pour faire savoir qu’il n’est pas venu pour modifier la Loi, mais pour l’accomplir. Il s’inscrit donc dans la continuité de la Loi de Moïse, qui indique ce que Dieu attend de nous. Jésus nous fait savoir que notre vie doit être en cohérence avec les commandements.

Aux disciples réunis autour de Lui, Il demande non seulement d’observer les principales lois de la religion juive, « Vous avez appris », mais également de les affiner, « Eh bien ! Moi je vous dis ». Les exemples donnés par le Christ ont pour but de rappeler le sens profond des commandements. En effet, si les premiers commandements avaient pour objectif de fixer des règles de vie en société : ne pas tuer, ne pas voler, ne pas tromper…Ils ont été étoffés et précisés par les rabbins, au fur et à mesure que les exigences morales progressaient.

Jésus s’inscrit dans cette progression : il ne supprime pas les acquis précédents, il les peaufine encore plus, nous indiquant comment être justes aux yeux de Dieu, et trouver ainsi le chemin qui mène vers le Royaume divin, en harmonie avec le Père et nos frères humains.

Car curieusement, mais c’est bien conforme à toute la tradition biblique, ces commandements renouvelés de Jésus visent tous les relations avec les autres.

Si l’on y réfléchit, ce n’est pas étonnant : si le dessein bienveillant de Dieu, comme dit saint Paul, c’est de nous réunir tous en Jésus-Christ, tout effort que nous tentons vers l’unité fraternelle contribue à l’accomplissement du projet de Dieu, c’est-à-dire à la venue de son Règne. Il ne suffit pas de dire « Que ton Règne vienne », Jésus nous dit comment, petitement mais sûrement, on peut y contribuer.

 

Anne-Marie Berthomieu

 

Fin des Temps

Dans l’Évangile de ce dimanche, face aux disciples qui admirent le temple, œuvre des hommes, Jésus prononce des paroles apocalyptiques.

Il annonce que ce magnifique temple sera détruit.

Et quand les disciples lui demandent quand, Jésus ne répond pas à leur question. Car il juge beaucoup plus important de les préparer, ainsi que tous les chrétiens, à vivre cette période dont nous ne connaissons pas la durée et qui s’étend entre son Ascension et son retour à la fin des temps.

Il répond aux disciples par une prédication, et annonce des guerres, des catastrophes, des signes effrayants.

En fait, il nous annonce que notre chemin de chrétiens sera semé d’embûches, et que nous devrons nous battre pour continuer à vivre notre foi, et persévérer malgré l’hostilité de ceux qui ne veulent pas entendre parler de Jésus, et qui ne supportent pas que nous croyions en lui.

Il nous fait comprendre que nous ne devons pas nous laisser décourager, que nous ne devons pas cacher notre foi, mais au contraire la clamer, pour que l’Évangile porte du fruit.

En effet, l’Évangile se réalise si nous sommes fidèles à la Parole du Christ, si nous ne laissons pas l’indifférence ambiante devenir plus forte que notre foi.

Mais Jésus dit aussi que nous ne devons pas être effrayés, et que même si certains de nous souffrent ou meurent à cause de son Nom, cela ne nous portera pas préjudice, car «pas un cheveu de votre tête ne sera perdu».

Il nous annonce ainsi une nouvelle naissance dans son Royaume.

Jésus nous exhorte donc à persévérer dans notre foi.

Pour cela, nous devons lui faire confiance, même dans les pires moments, car c’est lui qui nous donne la force et la sagesse dont nous avons besoin.

 

La persévérance est impossible sans cette confiance en lui, en son amour incommensurable, et sans cette espérance du ciel.

 

«Cette espérance continue à indiquer comme véritable horizon de la vie les « cieux nouveaux » et la « terre nouvelle » (2 P 3, 13), où l’existence de toutes les créatures trouvera son sens authentique, car notre véritable patrie est dans les cieux (cf. Ph 3, 20).» Message du Saint-Père pour la 9ème Journée Mondiale des Pauvres.

 

Anne-Marie Berthomieu

Membre du CPP de Bonne Nouvelle

L’humilité, une révolution silencieuse

L’humilité, une révolution silencieuse

Dans un monde qui célèbre la performance, l’image et la réussite, les paroles de Jésus résonnent comme une douce provocation : « Quiconque s’élève sera abaissé, qui s’abaisse sera élevé. » À contre-courant des logiques dominantes, l’Évangile nous propose une autre voie — celle de l’humilité, du service, et du don gratuit.

L’illusion des premières places… Nous vivons dans une société où l’on apprend très tôt à se battre pour les premières places : à l’école, au travail, dans les cercles sociaux. Être vu, reconnu, valorisé semble être une nécessité vitale. Pourtant, cette course effrénée nous éloigne souvent de nous-mêmes, et des autres. Jésus, lors d’un repas chez un notable, observe ce besoin de briller. Et il le déconstruit avec une simplicité désarmante.

S’abaisser, ce n’est pas disparaître… L’humilité n’est pas une posture de faiblesse. Elle est une force tranquille, une manière de se tenir dans le monde sans chercher à dominer. S’abaisser, c’est faire de la place à l’autre. C’est reconnaître que notre valeur ne dépend pas de notre rang, mais de notre capacité à aimer, à écouter, à servir.

Dans le regard de Dieu, les grandeurs humaines s’effacent. Ce qui compte, c’est la vérité du cœur. Et c’est là que l’humilité devient une révolution : elle renverse les hiérarchies, elle libère des masques, elle ouvre à une joie profonde.

L’amour sans retour… Jésus va plus loin : il nous invite à inviter ceux qui ne peuvent rien nous rendre. Les pauvres, les estropiés, les oubliés. Il nous appelle à une charité sans calcul, à une générosité qui ne cherche pas de retour. C’est dans ce don gratuit que se révèle la grandeur véritable.

À l’heure où tant cherchent à s’élever… peut-être est-il temps de redécouvrir la beauté de l’abaissement. Non pas pour s’effacer, mais pour laisser Dieu nous élever à sa manière — dans la discrétion, dans la fidélité, dans l’amour.

L’humilité n’est pas une stratégie. C’est une lumière. Et elle éclaire ceux qui marchent sans bruit, mais avec foi.

TOUT N’EST PAS VALABLE

TOUT N’EST PAS VALABLE

 

Jésus est en route vers Jérusalem. Sa marche n’est pas celle d’un pèlerin qui monte au temple pour y accomplir ses devoirs religieux. D’après Luc, Jésus parcourt villes et hameaux «en enseignant». Il a besoin de communiquer quelque chose à ces gens-là: Dieu est un Père bon qui offre à tous son salut. Tous sont invités à accueillir son pardon.
Son message surprend tout le monde. Les pécheurs sont remplis de joie en l’entendant parler de la bonté insondable de Dieu: eux aussi peuvent espérer le salut. Dans les cercles pharisiens, par contre, on critique son message ainsi que l’accueil qu’il réserve aux collecteurs d’impôts, aux prostituées et aux pécheurs: Jésus, n’est-il pas en train d’ouvrir le chemin vers un relâchement moral et religieux inacceptable?
D’après Luc, un inconnu interrompt sa marche et lui pose la question de savoir le nombre de ceux qui seront sauvés: seront-ils peu, beaucoup? seront-ils tous sauvés? ou seulement les justes? Jésus ne répond pas directement à sa question. Ce n’est pas le fait de savoir le nombre de ceux qui seront sauvés qui est important. Ce qui est décisif, c’est de vivre dans une attitude lucide et responsable afin d’accueillir le salut offert par ce Dieu Bon. Jésus le rappelle à tous: «Efforcez-vous d’entrer par la porte étroite».
C’est ainsi qu’il coupe court à la réaction de ceux qui comprennent son message comme une invitation au laxisme. Ce serait se moquer du Père. Le salut n’est pas quelque chose que l’on reçoit de façon irresponsable d’un Dieu permissif. Ce n’est pas non plus le privilège de quelques élus. Il ne suffit pas d’être des fils d’Abraham ou d’avoir connu le Messie.
Pour accueillir le salut de Dieu il faut faire des efforts, lutter, imiter le Père et croire à son pardon. Jésus ne rabaisse pas ses exigences: «Soyez miséricordieux comme votre Père est miséricordieux». «Ne jugez pas et vous ne serez pas jugés»; «Pardonnez jusqu’à soixante-dix-sept fois sept fois»comme votre Père; «Cherchez le royaume de Dieu et sa justice».
Pour comprendre correctement l’invitation à «entrer par la porte étroite», nous devons rappeler les paroles de Jésus que nous pouvons lire dans l’évangile de Jean: «Je suis la porte: si quelqu’un entre par moi il sera sauvé» (Jean 10,9). Entrer par la porte étroite c’est «suivre Jésus»; apprendre à vivre comme lui; prendre sa croix et faire confiance au Père qui l’a ressuscité.
Dans cette suite de Jesus, tout n’est pas valable ou indifférent: il nous faut répondre à l’amour du Père avec fidélité. Ce que Jésus demande n’est pas un rigorisme légaliste mais un amour radical envers Dieu et envers son frère. C’est pourquoi, son appel est source d’exigence et non d’angoisse. Jésus Christ est une porte toujours ouverte. Personne ne peut la fermer, sauf nous seuls si nous nous fermons à son pardon.

José Antonio Pagola
Traducteur: Carlos Orduna

NE PAS VIVRE ENDORMIS

NE PAS VIVRE ENDORMIS

L’un des risques qui nous menacent aujourd’hui est de tomber dans une vie superficielle, mécanique, routinière, massifiée…
Il n’est pas facile d’y échapper. Au fil des années, les projets, les objectifs et les idéaux de nombreuses personnes finissent par s’estomper.
Nombreux sont ceux qui finissent par se lever chaque jour rien que pour «vivoter».
Où trouver un principe humanisant, un principe qui puisse nous libérer de la superficialité, de l’encombrement, de la routine ou du vide intérieur?
L’insistance avec laquelle Jésus parle de vigilance est surprenante. On peut dire qu’il comprend la foi comme une attitude vigilante qui nous libère de ce non-sens qui domine beaucoup d’hommes et de femmes, qui marchent dans la vie sans but ni objectif.
Habitués à vivre la foi comme une tradition familiale, un héritage ou une coutume de plus, nous ne sommes pas capables de découvrir tout le pouvoir qu’elle contient pour nous humaniser et donner un nouveau sens à notre vie.
C’est pourquoi il est triste d’observer combien d’hommes et de femmes abandonnent une foi vécue de manière inconsciente et irresponsable pour adopter une attitude de non-croyance aussi inconsciente et irresponsable que leur position précédente.
L’appel de Jésus à la vigilance nous invite à nous réveiller de l’indifférence, de la passivité ou de l’insouciance avec lesquelles nous vivons souvent notre foi. Pour la vivre lucidement, nous avons be-soin de la connaître plus profondément, de la confronter à d’autres attitudes possibles face à la vie, d’en être reconnaissants et d’essayer de la vivre avec toutes ses conséquences.
La foi est alors la lumière qui inspire nos critères d’action, la force qui anime notre engagement pour construire une société plus humaine, une espérance qui anime toute notre vie quotidienne.

José Antonio Pagola
Traductor: Carlos Orduña

D’UNE MANIÈRE PLUS SAINE

D’UNE MANIÈRE PLUS SAINE

«Couche toi, mange, bois et mène la belle vie»: cette devise de l’homme riche de la parabole de l’Évangile n’est pas nouvelle. Elle a été l’idéal de beaucoup au cours de l’histoire, mais aujourd’hui elle est vécue à si grande échelle et sous une pression sociale si forte qu’il est difficile de cultiver un style de vie plus sobre et plus sain.
La société moderne a depuis longtemps institutionnalisé la consommation: presque tout est orienté vers la jouissance de produits, de services et d’expériences toujours nouvelles. Le slogan du bien-être est clair: «Mène la belle vie». La publicité nous propose la jeunesse, l’élégance, la sécurité, le naturel, la puissance, le bien-être, le bonheur. La vie doit être nourrie par la consommation.
Un autre facteur décisif dans la société actuelle est la mode. Dans l’histoire de l’humanité, il y a toujours eu des tendances et des goûts fluctuants. Ce qui est nouveau, c’est «l’empire de la mode», qui est devenu le principal guide de la société moderne. Ce ne sont plus les religions ou les idéologies qui guident le comportement de la majorité. La publicité et la séduction de la mode remplacent l’église, la famille ou l’école. C’est la mode qui nous apprend à vivre et à satisfaire les «besoins artificiels» du moment.
Une autre caractéristique du style de vie moderne est la séduction des sens et le soin de l’extérieur. Nous devons faire attention à notre corps, à notre silhouette, à notre poids, à la gymnastique et aux contrôles; nous devons apprendre de nouvelles thérapies et de nouveaux remèdes; nous devons suivre de près les conseils médicaux et culinaires. Il faut apprendre à «se sentir bien» dans sa peau et dans les relations avec les autres; il faut savoir se conduire habilement dans le domaine de la sexualité: connaître toutes les formes de plaisir possibles, jouir et accumuler de nouvelles expériences.
Ce serait une erreur de «diaboliser» cette société qui offre tant de possibilités de prendre soin des différentes dimensions de l’être humain et de développer une vie intégrale et intégratrice. Mais il serait tout aussi erroné de se laisser entraîner frivolement par n’importe quelle mode ou revendication, en réduisant l’existence à un bien-être purement matériel. La parabole de l’Évangile nous invite à découvrir la stupidité que peut contenir cette manière d’envisager la vie.
Pour réussir dans la vie, il ne suffit pas de se la couler douce. L’être humain n’est pas seulement un animal avide de plaisir et de bien-être. Il est aussi fait pour cultiver l’esprit, pour connaître l’amitié, pour expérimenter le mystère de la transcendance, pour être reconnaissant de la vie, pour vivre dans la solidarité. Il est inutile de se plaindre de la société actuelle. L’important est d’agir de manière intelligente.

José Antonio Pagola
Traductor: Carlos Orduña

« Le Kit du Missionnaire »

Le kit du missionnaire

Frères et sœurs, Amis en Christ,

Ils étaient 72. Pas des apôtres de « première ligne » comme Pierre, Jacques, Jean ou Matthieu. Non, de ces 72 là, on a oublié le nom. Et pourtant ce sont eux que Jésus a envoyés pour porter son message. Des gens de la base, des visages ordinaires. Un peu comme toi, comme moi. Nous ne sommes pas des stars de l’Évangile, ni des Mère Teresa, ni des sœur Emmanuelle… Plutôt des Jeanne, des Sébastien, des Louane… Et pourtant, aujourd’hui, les 72 c’est nous.

Quelle confiance folle Jésus nous fait, en nous envoyant là où nous vivons : sur nos lieux de travail, d’études, de loisirs, de courses, dans nos immeubles, nos maisons de retraite. La mission commence dès qu’on passe la porte de chez soi. C’est fou, non ?

Jésus nous confie son message, à nous, malgré nos fragilités, nos blessures, nos limites, pour être ses ambassadeurs. Mais que voulez-vous, Dieu est amoureux de l’humanité. Et pour le manifester, il a besoin de nos mains, de nos voix, de nos cœurs. Mais la toute première chose qu’il nous demande c’est de prier. Oui prier, parce que nous sommes associés aux préoccupations du « Patron », le Seigneur de la moisson. Et ce n’est pas tout : Jésus nous demande même de sensibiliser le Patron au recrutement ! Prier pour que d’autres se lèvent et prennent part à la mission.

C’est beau, non ? Même ceux qui ne peuvent plus rien offrir, si ce n’est leur prière unie à leur souffrance, font déjà œuvre de missionnaire. Prier c’est déjà annoncer l’Evangile. Et on l’a trop oublié.

Puis vient l’envoi, un envoi un peu déroutant « comme des agneaux au milieu des loups ». Tu parles d’une offre d’emploi… !

Imaginez une boîte qui recrute en disant « on cherche des hommes ou des femmes prêts à se faire dévorer par plus forts qu’eux ». Et pourtant c’est bien ça.

Dans un monde d’indifférence, d’individualisme et de violence, témoigner devient un vrai défi. Mais Jésus ne nous envoie pas pour convaincre ou convertir à coups de discours, Il nous envoie pour aimer, pour témoigner simplement, avec tendresse, dans le respect de l’autre.

Et il va encore plus loin : pas de sac, pas d’argent, pas de sandale de rechange. Même le kit de survie du voyageur, il l’écarte. Pourquoi ? Parce qu’il veut qu’on fasse confiance à l’hospitalité des frères rencontrés en chemin. Qu’on vive léger, simple, accueillant.

Frères et sœurs, quelle remise en question pour nos communautés d’aujourd’hui, parfois lentes et lourdes à bouger, trop structurées, avec nos réunions bien ficelées, nos plannings bien remplis. Mais attention, à force de tout vouloir cadrer dans une bureaucratie cléricale, on risque d’étouffer le souffle de l’Esprit, coincé entre deux classeurs ou perdu dans un tableau Excel. Et vous remarquez, Jésus ne leur précise aucun contenu du message à annoncer, pas de dogme à répéter, rien à imposer. Notre monde n’a pas besoin de grandes déclarations, il a soif de paix, pas la paix des armes, mais la paix de Dieu.

Et quand Jésus nous dit : « mangez ce qu’on vous servira », il nous invite à nous adapter, à rejoindre l’autre tel qu’il est, dans sa culture, son mode de vie, à ne pas laisser nos différences paralyser l’amour. En nous demandant de « guérir les malades », il nous demande d’être proche de ceux qui souffrent, d’accompagner les solitudes. Le christianisme n’est pas une religion de « vœux pieux », mais une religion de fraternité, d’entraide, de partage.

Et vous savez quoi ? Les 72 reviennent tout joyeux. Peut-être un peu trop fiers d’eux. Mais Jésus les recentre: ce que vous avez fait, vous ne l’avez pas fait seuls. C’est la tendresse de Dieu qui a agi à travers vous et la vraie joie c’est que « vos noms soient inscrits dans le cœur de Dieu ».

Alors oui, frère, sœur, ami, toi aussi tu fais partie des 72. A toi de discerner ton don, ton charisme, ta manière unique d’être envoyé. A toi d’avoir l’audace, l’initiative, la créativité pour aimer à ta manière et devenir une preuve vivante que Dieu n’est pas mort.

Ami, en ce début de vacances, prépare ton sac de missionnaire. Glisse dedans une pincée de prière, une vague de douceur, un zeste de simplicité, un parfum de paix et cette proximité qui fait toute la différence: c’est ça le kit du missionnaire.

Alors belle baignade, bonne plongée dans le réel et surtout belles rencontres.

Amen

Homélie du6 juillet à Valras-Plage

Absence ou Présence ?

Absence ou Présence  ?

« Je m’en vais, je pars vers le Père » nous dit St Jean dans l’Évangile de ce jour, préparant la grande Fête de l’Ascension, qui rappelle la montée au ciel de Jésus, son départ définitif de cette terre.
Jésus s’en va. Il le sait, il le dit : « Vous me chercherez, mais comme je l’ai dit aux juifs, là où je vais, vous ne pouvez venir maintenant. Plus tard vous viendrez, je m’en vais vous préparer une place et là où je suis vous y serez aussi. »

Le monde contemporain se pose avec acuité le problème de l’absence apparente de Dieu. Jésus va laisser ses Apôtres seuls, sans sa présence physique, sensible, humaine et visible. Ce sera le temps de l’absence, mais pour une présence différente et plus forte. Au fond, Jésus s’en va pour laisser place à l’Esprit-Saint et à l’Église.

 

Aujourd’hui Jésus est présent dans son Église, Corps du Christ, où chaque baptisé est membre de ce Corps et donc présence vivante de Jésus. Jésus, nous le savons, est présent dans sa Parole, la Bonne Nouvelle de l’Évangile. Jésus est présent dans les sacrements et tout particulièrement dans l’Eucharistie : présence réelle de Jésus au milieu de nous et pour nous. Jésus est présent quand nous sommes réunis en son nom comme le Dimanche à la messe. Et Jésus est présent aussi dans le Frère. Comme disent les Pères du désert :« en Dieu, vois ton frère, en ton frère vois Dieu » ! Chaque personne est pour moi signe de la présence de Dieu. Mais moi, suis-je signe de la présence de Dieu pour les autres ?

 

Absence apparente de Dieu dans notre monde pour certains, mais présence réelle de Dieu dans notre monde pour d’autres. Des millions de personnes et pas que des cathos, ont suivi les funérailles du Pape François, des millions de personnes ont suivi avec attention l’élection du nouveau Pape.

 

L’Église serait-elle finie ? L’Esprit Saint ne serait-il plus au travail ? Bien sûr que non ! Dieu est bien là, présent discret et caché certes, mais bien là à l’œuvre aujourd’hui et il compte sur nous pour continuer la mission de Jésus. L’Église n’a pas besoin de « missionnaires spécialisés ». C’est chaque chrétien qui, de par son baptême et sa confirmation, est mandaté pour annoncer la Bonne Nouvelle du salut. Alors, as-tu tendu la perche à ton voisin de palier, ton copain de classe, ton collègue de travail, ton ami, ton frère ou ta sœur ou même la personne rencontrée dans le bus ou le tram ?

 

Absence ou présence de Dieu ? Au fond cela dépend de moi, de toi, de nous tous. Aide-nous Seigneur, habité de ton Esprit d’amour, à être Ta présence, là où nous sommes, dans notre quotidien, à être un rayon de lumière et d’amour pour les autres, pour ceux qui ne te connaissent pas encore.

 

Merci Seigneur, de nous faire une telle confiance dans cette responsabilité de chrétien qui est la nôtre. Aide-nous à prendre notre part dans la vie de l’Église et dans le travail d’évangélisation – Sachant que nous ne sommes pas seuls mais que nous avançons ensemble, en Église.

Belle montée vers la Pentecôte.

Père Alain (St Joseph)

En ce 5ème dimanche de Pâques, les chrétiens sont dans la joie

En ce 5ème dimanche de Pâques, les chrétiens sont dans la joie : Le Christ est ressuscité et nous avons un pape !

 

Un pape qui nous demande de vivre dans la paix intérieure et de travailler à établir entre nous des liens de paix.

Ses paroles font écho aux textes du jour : Apocalypse 21 « Et celui qui siégeait sur le Trône déclara : Voici que je fais toutes choses nouvelles ».  Tout comme Jésus [nous] « donne un commandement nouveau : c’est de vous aimer les uns les autres. » Jean, 13, 34.

Nous pouvons nous demander en quoi tout cela est nouveau puisqu’après tout nous aimons notre famille, notre cercle d’amis et même notre entourage. Mais Jésus nous demande d’aller au-delà de ces relations proches et plutôt évidentes, comme Paul et Barnabé sont partis vers des villes lointaines, où ils étaient inconnus, pour apporter une foi nouvelle, au risque de la contradiction voire de la condamnation à mort.

Nous sommes appelés à aimer, sans nous soucier de la couleur de la peau, ni de l’éducation, ni de l’apparence sociale : à aimer sans condition comme Jésus nous a aimés.

Saint Jean, dans sa première lettre nous guide : 3, 16 Voici comment nous avons reconnu l’amour : lui, Jésus, a donné sa vie pour nous. Nous aussi, nous devons donner notre vie pour nos frères. 17 Celui qui a de quoi vivre en ce monde, s’il voit son frère dans le besoin sans faire preuve de compassion, comment l’amour de Dieu pourrait-il demeurer en lui ? 18 Petits enfants, n’aimons pas en paroles ni par des discours, mais par des actes et en vérité.

Aimer en vérité, c’est aimer non pas pour soi, pour améliorer son image sociale, pour une satisfaction personnelle, mais permettre à l’autre de grandir dans sa vie, dans sa foi.

Esprit Saint, apprends-nous à aimer en vérité, aide-nous à accomplir la volonté du Père.

Monique Tarayre, membre du CPP de Bonne Nouvelle