Commission indépendante sur les abus sexuels dans l’Église

A la suite du rapport de la Commission indépendante sur les abus sexuels dans l’Église.

Quel choc quand j’ai découvert les chiffres dramatiques révélés par la Commission Sauvé ! je n’aurais jamais imaginé cela ! C’est abominable.

Je pense d’abord à tous les enfants abusés. Leur vie en a été abimée pour toujours et souvent leur parole n’a pas été accueillie. Je veux dire avec force que ces personnes sont et seront accueillies, écoutées, aidées à se reconstruire. C’est très important de souligner cela car trop longtemps l’Église n’a pas su écouter les victimes.
Oui, je suis rempli de honte et même de dégoût et de colère quand je pense à tous ces abus. C’est terrifiant. J’avais les larmes aux yeux en découvrant ces données. C’est une trahison, un crime, et je reconnais la responsabilité de l’Église, car ces actes contredisent l’Évangile. Je voudrais demander humblement pardon aux victimes.

Nous nous engageons, plus résolument que jamais, à agir pour que cesse ce fléau :

  • code de bonne conduite ;
  • formation des prêtres ;
  • cellules d’écoute, ici avec le CRIAVS (Centre Ressource pour les Intervenants auprès des Auteurs de Violences Sexuelles)
  • coopération avec la justice.

Ce rapport nous demande d’agir de différentes manières :

D’abord en cherchant à analyser les causes de ces abus. Ils commencent souvent par un abus de pouvoir et un abus de conscience.

Ensuite en agissant résolument pour que cesse ce fléau. Ainsi, nous continuerons :

  • à coopérer avec la justice ;
  • à agir pour que les cellules d’écoute soient actives (ici à Montpellier, nous bénéficions de la compétence du CRIAVS) ;
  • à travailler à la formation des prêtres ;
  • à veiller à la mise en œuvre de bonnes pratiques qui conduiront à une véritable réforme de notre Église.

Tout cela est exigeant. Je compte sur vous, votre prière et votre engagement.

+ Pierre-Marie Carré
Archevêque de Montpellier

Voir l’article de la conférence des évêques

 

Jésus est là, il nous appelle à davantage

L’évangile de ce dimanche nous plonge en plein paradoxe. Voilà un homme qui mène une vie droite, croyante. Il cherche la vie éternelle, qui l’en blâmerait ? Or quand Jésus l’a lui propose, il s’en va … Étrange. N’aurait-il pas saisi que la vie éternelle c’est de suivre Jésus, ce Jésus qui lui offre tout, son regard, son amour, sa confiance, son projet de vie. Il a frôlé la vie éternelle et s’en est allé. Combien cet épisode éclaire nos propres existences ! Nous aussi nous cherchons le bonheur, le sens de notre vie, la vie éternelle. Ne craignons donc pas de nous interroger sur ce qui nous retient, qui nous empêche d’ouvrir notre cœur plus largement. L’Evangile est une manière de vivre ensemble, de respecter et de promouvoir la dignité de toute personne, enfant de Dieu, d’établir du lien fécond, libre et vrai avec tous, enfants et adultes.

Nous avons la mission de façonner notre vie personnelle, sociale, chrétienne selon ce que nous avons reçu de Jésus-Christ qui nous regarde et nous aime. Il nous a annoncé être avec nous par la présence de son Esprit. Et si, justement, l’Esprit faisait partie du « centuple » promis par Jésus ? Demandons les uns pour les autres la grâce d’ouvrir les yeux dès maintenant pour une meilleure cohérence de notre vie avec l’Evangile. Nous découvrirons alors avec émerveillement le trésor qui s’offre à nous : Jésus est là, il nous appelle à davantage.

Thérèse-Marie Potelle,rscm. (EAP)

Deux aumôneries

En pensant aux jeunes étudiants et jeunes professionnels qui habitent et travaillent à Béziers nous voulons leur proposer deux aumôneries où ils pourraient approfondir leur foi chrétienne et rencontrer leurs frères et sœurs dans cette foi. La première démarre le 10 octobre et la seconde le 24 octobre. Les étudiants et les jeunes professionnels sont à l’âge où l’on prend la décision concernant sa vie la plus intime. Il faut discerner si l’on se marie et si oui avec qui. Cette décision qui n’est pas facile touche aussi la dimension religieuse de l’existence humaine. C’est Jésus dans l’évangile de ce dimanche qui nous en parle.

Il parle de mariage religieux, c’est-à-dire d’une alliance conclue devant Dieu. En effet, pour être marié il n’est pas nécessaire de passer par l’église. Il existe le mariage civil et il est traité par l’Église sérieusement. Elle sait que l’accord et la fécondité de l’homme et de la femme ne dépendent pas de la foi chrétienne de l’homme et la femme, mais de leur caractère, leur tempérament, leur santé etc. Si l’on parle cependant du mariage religieux (chrétien), c’est parce que ce genre de mariage ajoute quelque chose au mariage civil (non religieux). Par ce sacrement chrétien, Dieu lui-même entre dans la relation entre l’homme et femme, dans leur histoire.

Le mariage chrétien est une alliance, une union en vue du salut de deux humains liés par des liens invisibles de leur foi. Cette alliance ne peut être rompue, car Dieu lui-même la garantit. On peut se séparer ou même oublier, mais cela ne nie pas cette alliance. Dieu relie les gens sur leur chemin, relie leur destin. Ils restent l’un pour l’autre mutuellement un genre de miroir, un point de repère. Dieu les sauve par cette relation qui peut être pleine de joie ou douloureuse.

Pensons aux jeunes qui se trouvent devant la décision de leur vie. Et prions pour eux. Que leur choix contienne non seulement leur relation mutuelle, mais aussi leur relation avec Dieu ! C’est Dieu, en effet, qui sera présent parmi eux en tant qu’amour et dans l’amour, l’amour humain transformé par la foi, l’amour qui les reliera autrement, qui les inspirera, qui les guidera, qui les transformera et qui les sauvera parce que ce genre d’amour ne passera jamais (1 Co 13, 8).

P. Christophe PACZOS

Prions les saints de demain !

Il existe de très nombreux saints reconnus par l’Église. Mais à l’occasion de la fête de la Toussaint, fête de tous les saints, nous pouvons également penser à tous ces saints “en devenir”. Avant d’être canonisés, il y a tout un processus ; et avant de le démarrer – en étant déclaré vénérable, puis béatifié – il y a tout une vie et donc tout un chemin à parcourir !

“Vous êtes la lumière du monde” (Matthieu 5, 14). Regardons toutes ces lumières, petites et grandes, qui nous éclairent sur notre route :

 

  • Les bienheureux : Ils ne sont qu’à une marche d’être déclarés saints ! Parmi eux, Chiara Luce Badano ou Carlo Acutis nous apprennent que la valeur n’attend pas le nombre des années. A respectivement 18 et 15 ans, leurs vies n’étaient qu’une louange à Dieu.
    “Les jeunes sont l’avenir. Je ne peux plus courir, mais je voudrais leur passer le flambeau, comme aux Jeux Olympiques. Ils n’ont qu’une vie, et cela vaut bien la peine de la vivre” a dit la bienheureuse Chiara Luce.
  • Les vénérables : Parmi la longue liste, Robert Schuman, Marthe Robin, Claire de Castelbajac entre autres … nous montrent que les chemins de sainteté sont aussi variés que les vocations et les personnalités !
    “Il faut absolument que je témoigne de Dieu dans la joie … suffit pas de belles phrases.” (Claire de Castelbajac)
  • Les méconnus : Alors là, la liste est très longue ! On en a tous au moins un dans notre entourage. Un indice ? En général, il faut les chercher parmi les personnes les plus humbles, pas celles qui brillent mais celles qui illuminent et qui réchauffent, celles qui prennent le temps, qui prennent soin des autres. Peut-être cela nous rappelle-t-il quelqu’un que nous avons, ou avons eu, la chance de connaître ?
    Alors pour la fête de tous les saints, prions plus spécialement pour cette sainte ou ce saint inconnu que le Seigneur a mis un jour sur notre chemin pour nous éclairer.

7 versets de psaumes pour la journée

Les psaumes font partie des textes poétiques de la Bible. Écrits sous forme de chants, ils sont en partie attribués au roi David. Ils sont très présents dans la prière chrétienne ; on les retrouve notamment dans la liturgie de la Parole à la messe et dans la liturgie des heures.

 

Avec les 150 psaumes, nous voyageons au travers d’une large palette de sentiments et d’états d’âmes qui agitent l’homme depuis toujours. Ils nous permettent, entre autres, de sublimer nos émotions et de les offrir à Dieu. En mémorisant quelques versets, ils peuvent nous accompagner tout au long de la journée, dans toutes les circonstances de notre quotidien :

 

  • Dès le lever, pour commencer la journée dans la joie et la louange !
    “De tout mon cœur, Seigneur, je rendrai grâce, je dirai tes innombrables merveilles ; pour toi, j’exulterai, je danserai, je fêterai ton nom, Dieu Très-Haut.” (psaume 9)
  • Puis, en se préparant, pour se rappeler notre dignité d’enfant de Dieu
    “Je te bénis, mon Créateur pour la merveille que je suis ; tous ces trésors au fond de moi que tu as mis sans faire de bruit !” (psaume 139)
  • Pour rendre grâce à Dieu, le remercier tout au long du jour pour les grâces qu’il nous envoie
    “Bénis le Seigneur, ô mon âme, bénis son nom très saint, tout mon être ! Bénis le Seigneur, ô mon âme, n’oublie aucun de ses bienfaits !” (psaume 102)
  • Face à une épreuve, pour se donner du courage et se rappeler que nous ne sommes pas seuls
    “Si je traverse les ravins de la mort, je ne crains aucun mal, car tu es avec moi : ton bâton me guide et me rassure.” (psaume 22)
  • Quand la peur ou la crainte nous envahissent
    “Le Seigneur est ma lumière et mon salut ; de qui aurais-je crainte ? Le Seigneur est le rempart de ma vie ; devant qui tremblerais-je ?” (psaume 27)
  • Devant une injustice, pour éviter que la colère ne s’installe
    “Laisse ta colère, calme ta fièvre, ne t’indigne pas : il n’en viendrait que du mal ; les méchants seront déracinés, mais qui espère le Seigneur possédera la terre.” (psaume 36)
  • Enfin, pour terminer sa journée et s’endormir en paix
    “Dans la paix moi aussi, je me couche et je dors, car tu me donnes d’habiter, Seigneur, seul, dans la confiance.” (psaumes 4)

« …faire de tout son peuple un peuple de prophètes » !

Notre Église biterroise vit une période de questionnements et de changements importants. La diminution du nombre de fidèles et celle encore plus visible de prêtres nous préoccupe. Elle ne doit pourtant pas nous faire perdre de vue la soif de sens de nos contemporains, les chemins de foi vrais vécus hors des sentiers ecclésiaux, les engagements au service de l’Homme et de la Terre, accordés à l’évangile même s’ils ne s’en réclament plus.

« Celui qui n’est pas contre nous est avec nous ».

La fragilité de notre Église est aussi l’occasion pour chaque baptisé de redécouvrir l’immense appel qui lui est adressé, à prendre soin de la vie de ses frères, à rayonner au jour le jour la joie de l’évangile, à mettre généreusement ses dons spirituels au service de la communauté. Pour l’Église c’est aussi un appel à accueillir tous ces dons, à les valoriser avec confiance. En Église enfin, c’est un appel à faire l’inventaire de nos habitudes, notre suffisance, nos accumulations inutiles… tout ce qui aujourd’hui entrave notre avancée dans la foi.

Devenir un peuple de prophètes habités par l’Esprit de Dieu, capables de le voir à l’œuvre partout autour de nous, de dire par nos actes ses merveilles et sa bonté pour tous, de le célébrer en toute occasion, d’abandonner nos « richesses pourries », si c’était notre grâce pour aujourd’hui ?

Vincent Leclair
E.A.P