Le Seigneur se repose le septième jour, prenons exemple !

Cette année a été dense. Nous avons avec tristesse confié au Père éternel quelques paroissiens et des prêtres chers à nos cœurs. Nous avons aussi célébré nombre d’entrées dans la vie chrétienne, avec l’accalmie de la pandémie, les baptêmes se sont succédé à un rythme soutenu dans nos églises, les familles pouvant enfin se réunir.

Nous terminons le mois de juin, comme tous les ans, par le rush final : 105 adultes du Diocèse confirmés en la Cathédrale de Montpellier, 60 jeunes confirmés à Béziers en deux vagues les 19 et 25 juin et je ne parle pas des multiples célébrations de première communion et profession de foi en paroisse qui se sont bousculées.

Nous avons consacré du temps à réfléchir au synode sur la synodalité. Ce nouveau synode n’aborde pas une question particulière mais nous invite à réfléchir à ce que Dieu appelle : « être l’Église aujourd’hui », la manière dont l’Église fait participer ses différents membres à l’ensemble de sa vie et de sa mission.

En cet été si nous le pouvons, reposons-nous bien ! Par des moments plus calmes et conviviaux qu’ils soient des moments de cœur à cœur avec les autres et le Christ en prenant le temps aux choses : lecture, balade, randonnée, sport, bon repas, attention aux autres et à soi. Le Seigneur se repose le septième jour, prenons exemple !

Monique Mollier – EAP

 

 

 

QUE MANGERONS-NOUS EN CE MIDI DE FÊTE ?

Dimanche 19 juin : Fête du Corps et du Sang du Seigneur – ANNÉE C

La question préoccupe d’abord la cuisinière mais aussi, et peut-être surtout, les convives ! Peut-être même nous distrait-elle pendant la messe, sans en arriver aux extrémités de gourmandise du « Curé de Cucugnan » !

ALIMENTER ET DÉSALTÉRER NOTRE CORPS EST UNE NÉCESSITE VITALE.

Aujourd’hui l’Église nous propose de vivre la fête du corps et du sang du Seigneur.
Après la multiplication des pains, Jésus explique, à ceux qui voudraient bien recevoir à nouveau du pain gratis, qu’Il est Pain d’une autre nature,

(Jn 6) « moi, je suis le pain de la vie … moi, je suis le pain vivant … Le pain que je donnerai c’est ma chair donnée pour la vie du monde … En vérité, en vérité, je vous le dis : si vous ne mangez pas ma chair et ne buvez pas mon sang, vous n’avez pas la vie en vous. Celui qui mange ma chair et boit mon sang a la vie éternelle … ».

Beaucoup de ses disciples … déclarèrent « Cette parole est rude ! Qui peut l’entendre ? ». Á partir de ce moment beaucoup … s’en retournèrent et cessèrent de le suivre ».

ET NOUS ? JUSQU’OÙ SUIVONS-NOUS ?

Nos repas de famille, nos repas de fête entre amis, sont le signe, l’image du banquet divin auquel nous sommes appelés à participer. La parole est comme un pain qui nourrit notre intérieur, qui alimente notre esprit.

Jésus est la Parole, le verbe de Dieu. Par la Parole du Christ ce pain de boulanger devient son corps livré, le vin devient son sang versé, « vraie nourriture, vraie boisson pour la Vie Éternelle ».

FÊTONS DONC CE JOUR DIGNEMENT ET JOYEUSEMENT !

Pierre Gondard (EAP)

Donner du fruit

Pendant les cents derniers jours, nous avons vécu dans l’Église une période extraordinaire, avec, au centre la fête de Pâques, entourée d’un côté par le temps de Carême, de l’autre, par le temps Pascal, se terminant avec la fête de la Pentecôte. Depuis la semaine qui se termine, nous vivons le temps dit Ordinaire. C’est le temps où nous sommes appelés à donner du fruit. Après avoir reçu, dans notre terre, le grain de la vie donné du Christ, après avoir été arrosés avec le don de l’Esprit, nous sommes appelés à faire fructifier maintenant notre vie avec le fruit de la lumière : la bonté, la justice, la vérité… Nous sommes appelés à pousser.

 

Pendant les dernières semaines, le terrain derrière le presbytère s’est couvert d’un abondant gazon. C’est comme si, profitant des dons spirituels que dimanche après dimanche nous célébrons dans l’Église, le terrain voulait donner du fruit à son tour. J’ai demandé au jardinier de le tondre, car il va bientôt servir aux différents rassemblements paroissiaux de fin d’année. J’ai émis toutefois un doute si, vu la dynamique extraordinaire de la croissance, l’herbe ne repoussait pas trop rapidement. « Ne vous inquiétez pas, dis dit le jardinier, maintenant, avec le soleil, ça va se calmer ».

 

Peut-être avons-nous déjà commencé à donner du fruit de la Lumière dans notre vie, inspirés par le temps de Pâques ? Ne nous calmons pas toute de suite. L’été sera chaud, le soleil n’aura pas de pitié pour le terrain de notre cœur. Pensons à bien l’arroser régulièrement. Que notre fruit de la lumière repousse abondamment après chaque tonte. Cultivons l’extraordinaire dans le temps ordinaire.

 

 

  1. Nicolas

Dieu dans la chair

Nous ne pouvons parler de Dieu qu’avec des images, et en ayant conscience que Dieu dépasse de beaucoup tout ce que nous disons de lui. L’image du Père nous est familière, l’image du Fils aussi. Nous savons ce qu’est un père et ce qu’est un fils. Nous comprenons un peu ce que signifie être fils de Dieu et frère de Jésus.


L’image de l’Esprit (que nous fêtons à Pentecôte) nous semble peut-être plus étrange. Dans les langues de la Bible le mot signifie « souffle » et donc nous renvoie à notre respiration. Bien sûr nous savons faire le lien entre le souffle et la vie. Nous avons en tête les expressions « avoir du souffle » ou « rendre son dernier souffle ». Mais parler de Dieu, de l’une des trois personnes de la trinité, à partir de l’air que nous respirons… n’est-ce pas un peu vaporeux ? Irréel ? Abstrait ?

Non, c’est le contraire, c’est mettre Dieu là où il est, c’est à dire dans la chair. Car il ne suffit pas de parler de Dieu, de mettre Dieu dans nos mots, dans nos paroles il nous faut l’éprouver dans la chair, là où il se tient. L’image de l’esprit nous invite à découvrir que Dieu est présent en notre être de chair, dans nos tripes plus que dans nos têtes.

Ce que je dis là de l’Esprit, il me faut le dire aussi du Père et du Fils. Notre expérience d’être fils ou fille, frère ou sœur n’est pas une expérience intellectuelle, une connaissance théorique, elle est une expérience charnelle que nous éprouvons particulièrement lorsque nous perdons nos proches. Il en va de même de l’expérience de Dieu, c’est pourquoi il vient à nous dans le pain qui est son corps et le vin qui est son sang. Malheureusement la culture qui nous imprègne aujourd’hui tend à nous dissocier de nous-même. De même que nous avons du mal à communier à la nature, nous éprouvons de la difficulté à communier avec Dieu. Mais le chemin de la foi vécue reste ouvert à qui veut l’emprunter, c’est un beau et long chemin.

Père Bernard Boissezon.

 

Quatre façons de prier avec les psaumes

Le livre des Psaumes dans la Bible est un trésor pour chaque chrétien. Ce recueil poétique dont les textes sont principalement attribués au roi David, peut être un véritable soutien dans ce que nous vivons chaque jour.

Si le contexte de certains psaumes peut nous sembler bien éloigné de notre quotidien ; les sentiments et émotions décrites par le psalmiste sont universels : joie, émerveillement, gratitude, désespoir, colère, interrogations, peur … A travers les psaumes, Dieu nous prête ses mots pour décrire ce qui parfois a tant de mal à s’exprimer en nous.

  • A travers ce langage imagée et poétique, certains versets nous touchent tout particulièrement. En les retenant, en les répétant, nous les faisons nôtres et sentons combien Dieu est proche de nous, jusqu’à l’intime.
    “C’est toi qui as formé mes reins, Qui m’as tissé dans le sein de ma mère.” (psaume 139, 13)
  • En les méditant, à partir d’une lectio divina par exemple, nous pouvons entrer plus profondément dans ces textes et mieux comprendre pourquoi et comment ces textes résonnent pour nous. Qu’est ce que cela m’apprend sur mes propres combats, mes propres blessures, mes propres questions ?
  • Les psaumes font partie de la liturgie et nous sommes invités, collectivement, à les chanter, à leur donner voix. Ils permettent ainsi une prière incarnée notamment pour la louange et l’action de grâce.
  • Certains psaumes sont de véritables prières de guérison, de délivranc Ils nous offrent un chemin intérieur passant de l’expression de notre souffrance, à l’acceptation de nos limites et à la reconnaissance de nos manquements pour finir par l’abandon confiant entre les mains du Seigneur. Ils nous offrent alors la possibilité de nous ouvrir à la paix de Dieu en nous.

Alice Ollivier pour Hozana.org

Quand et comment invoquer l’Esprit Saint ? 

Aussi souvent qu’on le souhaite bien sûr !
Mais nous pouvons prendre de bonnes et saines habitudes pour en faire notre compagnon quotidien. Un geste simple, que nous avons (ré)-appris pendant cette pandémie, est d’aérer, d’ouvrir régulièrement la fenêtre. Cela paraît évident mais avons-nous le même sain(t) réflexe quand il s’agit d’aérer, de purifier, de renouveler l’atmosphère de notre cœur ? Invoquer l’Esprit-Saint c’est ouvrir grand nos fenêtres intérieures.

  • Chaque matin, au saut du lit, au moment d’ouvrir la fenêtre de notre chambre et de sentir l’odeur de ce nouveau jour, ouvrons également notre cœur au souffle de vie.

“Viens Esprit-Saint, viens me renouveler !”.

Nous pouvons caler l’invocation sur le rythme de notre respiration pour s’offrir corps et âme à ce renouveau.

  • Avant une nouvelle tâche, une réunion, une discussion, prenons une minute pour faire rentrer le souffle vivifiant, pur et apaisant de l’Esprit de Dieu. Qu’il souffle ainsi sur la fatigue, les idées toutes faites, le stress … toute cette poussière intérieure qui empêche écoute et créativité.

“Viens Esprit-Saint, Viens nous inspirer !”

  • Au moment d’un choix, d’une prise de décision, prenons le temps de renouveler entièrement l’air de notre cœur. Laissons l’Esprit de Vérité chasser ce qui nous hante, assouplir ce qui nous bloque, soigner ce qui est blessé afin de pouvoir réellement discerner le chemin à prendre.

“Viens Esprit-Saint, viens m’éclairer”

  • Dans les moments difficiles, les épreuves, pensons à laisser la fenêtre toujours suffisamment entrebâillée, afin que le consolateur vienne, tout doucement, nous apaiser, nous rafraîchir, nous réchauffer … Dans nos tristesses, nos colères, nos douleurs, laissons nous toucher par la divine caresse.

“Viens Esprit-Saint, viens me consoler”

Alice Ollivier pour Hozana.org

Un désir intolérable

 

Le livre de l’Apocalypse que nous lisons depuis quelques semaines, est un livre visionnaire, prophétique parce qu’il nous annonce de façon énigmatique, plein de symboles, le futur ultime.

C’est un livre de l’espérance parce qu’il annonce notre avenir comme un accomplissement de notre soif et notre désir les plus profonds. Celui qui anime ce désir, en fait cet amour lui-même, c’est l’Esprit Saint qui est répandu dans nos cœurs (Rm 5, 5). Ce qui est difficile c’est de ne pas étouffer, de ne pas refouler ce désir par des petits biens, des petits plaisirs. C’est difficile de rester non comblé, non rassasié, non satisfait, bref rester dans le vide intérieur.

Ainsi, paradoxalement, on reste en contact avec nos désirs les plus profonds. St. Jean de la Croix compare l’âme et ses puissances aux cavernes intérieures : « … quand elles ne sont pas vides, purifiées et exemptes de toute affection de créature, elles ne sentent pas le vide immense de leur profonde capacité… », mais quand elles « … sont complétement détachées et purifiées, la soif, la faim et le désir de leur sens spirituel est intolérable ».

Alors rester dans ce désir intolérable est paradoxalement un chemin vers Dieu. C’est la voie que propose St. Augustin dans son sermon sur la première lettre de st. Jean. Ce désir purifie et augmente notre capacité intérieure pour que nous puissions recevoir Dieu c’est-à-dire tout ce que nous attendons.

P.JAN JANKOWSKI

Jeudi 26 mai 2022 – Ascension du Seigneur

Lectures de la messe

Première lecture

« Tandis que les Apôtres le regardaient, il s’éleva » (Ac 1, 1-11)

Lecture du livre des Actes des Apôtres

Cher Théophile,
dans mon premier livre
j’ai parlé de tout ce que Jésus a fait et enseigné
depuis le moment où il commença,
    jusqu’au jour où il fut enlevé au ciel,
après avoir, par l’Esprit Saint, donné ses instructions
aux Apôtres qu’il avait choisis.
    C’est à eux qu’il s’est présenté vivant après sa Passion ;
il leur en a donné bien des preuves,
puisque, pendant quarante jours, il leur est apparu
et leur a parlé du royaume de Dieu.

    Au cours d’un repas qu’il prenait avec eux,
il leur donna l’ordre de ne pas quitter Jérusalem,
mais d’y attendre que s’accomplisse la promesse du Père.
Il déclara :
« Cette promesse, vous l’avez entendue de ma bouche :
    alors que Jean a baptisé avec l’eau,
vous, c’est dans l’Esprit Saint
que vous serez baptisés d’ici peu de jours. »
    Ainsi réunis, les Apôtres l’interrogeaient :
« Seigneur, est-ce maintenant le temps
où tu vas rétablir le royaume pour Israël ? »
    Jésus leur répondit :
« Il ne vous appartient pas de connaître les temps et les moments
que le Père a fixés de sa propre autorité.
    Mais vous allez recevoir une force
quand le Saint-Esprit viendra sur vous ;
vous serez alors mes témoins
à Jérusalem,
dans toute la Judée et la Samarie,
et jusqu’aux extrémités de la terre. »

    Après ces paroles, tandis que les Apôtres le regardaient,
il s’éleva,
et une nuée vint le soustraire à leurs yeux.
    Et comme ils fixaient encore le ciel
où Jésus s’en allait,
voici que, devant eux,
se tenaient deux hommes en vêtements blancs,
    qui leur dirent :
« Galiléens,
pourquoi restez-vous là à regarder vers le ciel ?
Ce Jésus qui a été enlevé au ciel d’auprès de vous,
viendra de la même manière
que vous l’avez vu s’en aller vers le ciel. »

    – Parole du Seigneur.

Psaume

(Ps 46 (47), 2-3, 6-7, 8-9)

R/ Dieu s’élève parmi les ovations,
le Seigneur, aux éclats du cor.
ou : Alléluia !
(Ps 46, 6)

Tous les peuples, battez des mains,
acclamez Dieu par vos cris de joie !
Car le Seigneur est le Très-Haut, le redoutable,
le grand roi sur toute la terre.

Dieu s’élève parmi les ovations,
le Seigneur, aux éclats du cor.
Sonnez pour notre Dieu, sonnez,
sonnez pour notre roi, sonnez !

Car Dieu est le roi de la terre :
que vos musiques l’annoncent !
Il règne, Dieu, sur les païens,
Dieu est assis sur son trône sacré.

Deuxième lecture

« Le Christ est entré dans le ciel lui-même » (He 9, 24-28 ; 10, 19-23)

Lecture de la lettre aux Hébreux

    Le Christ n’est pas entré
dans un sanctuaire fait de main d’homme,
figure du sanctuaire véritable ;
il est entré dans le ciel même,
afin de se tenir maintenant pour nous
devant la face de Dieu.
    Il n’a pas à s’offrir lui-même plusieurs fois,
comme le grand prêtre qui, tous les ans,
entrait dans le sanctuaire
en offrant un sang qui n’était pas le sien ;
    car alors, le Christ aurait dû plusieurs fois souffrir la Passion
depuis la fondation du monde.
Mais en fait, c’est une fois pour toutes,
à la fin des temps,
qu’il s’est manifesté
pour détruire le péché par son sacrifice.
    Et, comme le sort des hommes est de mourir une seule fois
et puis d’être jugés,
    ainsi le Christ s’est-il offert une seule fois
pour enlever les péchés de la multitude ;
il apparaîtra une seconde fois,
non plus à cause du péché,
mais pour le salut de ceux qui l’attendent.

     Frères, c’est avec assurance
que nous pouvons entrer dans le véritable sanctuaire
grâce au sang de Jésus :
    nous avons là un chemin nouveau et vivant
qu’il a inauguré en franchissant le rideau du Sanctuaire ;
or, ce rideau est sa chair.
    Et nous avons le prêtre par excellence,
celui qui est établi sur la maison de Dieu.
    Avançons-nous donc vers Dieu
avec un cœur sincère
et dans la plénitude de la foi,
le cœur purifié de ce qui souille notre conscience,
le corps lavé par une eau pure.
    Continuons sans fléchir d’affirmer notre espérance,
car il est fidèle, celui qui a promis.

    – Parole du Seigneur.

Évangile

« Tandis qu’il les bénissait, il était emporté au ciel » (Lc 24, 46-53)

Alléluia. Alléluia.
De toutes les nations, faites des disciples,
dit le Seigneur.
Moi, je suis avec vous tous les jours
jusqu’à la fin du monde.
Alléluia. (Mt 28, 19a.20b)

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

En ce temps-là,
Jésus ressuscité, apparaissant à ses disciples,
            leur dit :
« Il est écrit que le Christ souffrirait,
qu’il ressusciterait d’entre les morts le troisième jour,
    et que la conversion serait proclamée en son nom,
pour le pardon des péchés,
à toutes les nations,
en commençant par Jérusalem.
    à vous d’en être les témoins.
    Et moi, je vais envoyer sur vous
ce que mon Père a promis.
Quant à vous, demeurez dans la ville
jusqu’à ce que vous soyez revêtus
d’une puissance venue d’en haut. »
    Puis Jésus les emmena au dehors, jusque vers Béthanie ;
et, levant les mains, il les bénit.
    Or, tandis qu’il les bénissait,
il se sépara d’eux
et il était emporté au ciel.
    Ils se prosternèrent devant lui,
puis ils retournèrent à Jérusalem, en grande joie.
    Et ils étaient sans cesse dans le Temple
à bénir Dieu.

    – Acclamons la Parole de Dieu.

Canonisation de Charles de Foucauld

La Canonisation de Charles de Foucauld met en relief cette belle figure de notre Église française. Elle réjouit les congrégations et groupes de spiritualité qui s’inscrivent dans son lignage et qui disent tous les soirs la prière qu’il a formulée :

 « Mon Père,

Je m’abandonne à toi, fais de moi ce qu’il te plaira.
Quoi que tu fasses de moi, je te remercie.
Je suis prêt à tout, j’accepte tout. Pourvu que ta volonté se fasse en moi, en toutes tes créatures, je ne désire rien d’autre, mon Dieu.
Je remets mon âme entre tes mains. Je te la donne, mon Dieu, avec tout l’amour de mon cœur,
parce que je t’aime, et que ce m’est un besoin d’amour de me donner,
de me remettre entre tes mains, sans mesure, avec une infinie confiance,

car tu es mon Père. »

Le chemin de conversion du frère Charles a atteint cette radicalité dans le désir de se donner totalement au Père, dans une pleine confiance en sa bonté.

Père Bernard Boissezon.

Une façon d’aimer Jn 13, 31-35

Jésus prend congé de ses disciples. Dans peu de temps, ils ne l’auront plus avec eux. Jésus leur parle avec une tendresse particulière : « Mes petits-enfants, il me reste peu de temps à passer avec vous ». La communauté est fragile et petite. Elle vient de naître. Les disciples sont comme des bébés. Que deviendront-ils si le Maître leur manque ?

Jésus leur fait un cadeau :

« Je vous donne un commandement nouveau : «Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés». S’ils s’aiment mutuellement de l’amour même dont Jésus les a aimés, ils ne cesseront pas de le sentir vivant au milieu d’eux.

La manière d’aimer de Jésus est sans équivoque son amour a un caractère de service. Jésus se met au service de ceux qui ont peut-être le plus besoin de lui. Il fait de la place dans son cœur et dans sa vie pour ceux qui n’ont pas de place dans la société et dans les préoccupations des gens. Il prend la défense de ceux qui sont faibles et petits, de ceux qui n’ont pas le pouvoir de se défendre eux-mêmes, de ceux qui ne sont pas grands ou importants. Il se fait proche de ceux qui sont seuls et sans défense, de ceux qui ne connaissent ni l’amour ni l’amitié de personne.

Il ne pense qu’à faire le bien, à accueillir, à donner le meilleur de lui-même, à offrir son amitié, à aider les gens à vivre. C’est ainsi qu’on se souviendra de lui des années plus tard dans les premières communautés chrétiennes : « Il a passé toute sa vie à faire le bien ».

L’amour qu’ils ont reçu de Jésus continuera de se répandre parmi les siens. C’est pourquoi, Jésus ajoute :

« Le signe par lequel tous reconnaîtront que vous êtes mes disciples c’est que vous vous aimez les uns les autres ».

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Ce dimanche aura lieu la canonisation de Charles de Foucauld

« Mon Père, je m’abandonne à toi, fais de moi ce qu’il te plaira », écrivait Charles de Foucauld dans sa prière d’abandon. Volonté de tout donner, de tout laisser pour être à la « dernière place », comme Jésus. Charles est mort le 1er décembre 1916 après 30 ans d’une perpétuelle conversion.

P.Luis Iňiguez